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31 octobre 2009

Contre La nuit sécuritaire — Collectif des 39 Antoine Machto, texte présenté par Philippe Grauer

Antoine Machto, texte présenté par Philippe Grauer

Nous ne travaillons pas du même côté du Carré psy. Nous nous tenons solidaires de nos collègues psychiatres qui militent pour une psychiatrie relationnelle. Nos professions sont solidaires, qui démantèle l’une d’entre elles s’attaque à toutes les autres.

Nous œuvrons souvent en réseau. Nous ne délivrons pas de soin, les gens qui s’adressent à nous viennent auprès de nous prendre soin d’eux-mêmes — version non médicale du soin : le souci de soi. Notre pratique professionnelle, axée sur le principe relationnel, nous place au lieu même où la personne est conduite à s’interroger sur ses valeurs et le sens de sa vie, à les définir et redéfinir en fonction de son histoire et situation psychosociale, souverainement. Nous avons besoin d’œuvrer dans le cadre d’un paradigme libre, prenant en compte le processus de subjectivation, non dans le contexte d’une psychothérapie d’État d’inspiration comportementaliste et sécuritaire.

Notre pratique clinique a besoin du voisinage d’une psychiatrie non idéologisée.

Philippe Grauer


Gardiens de l’ordre social ?

La psychiatrie se verrait-elle expropriée de sa fonction soignante, pour – redevenir la gardienne de l’ordre social ? Nous, citoyens, professionnels du soin, du travail social, refusons de servir de caution à cette dérive idéologique de notre société.

Non

– au retour des gardiens de fous

– au grand renfermement

– à l’abandon, au tri, à la mise à l’écart.

Au programme

La question de l’industrialisation de la santé, l’évaluation, les protocoles, la déshumanisation, puis un temps sur les soins contraints et les dérives sécuritaires, l’usage systématisé des chambres d’isolement et enfin la réflexion sur les moyens de résistance, de coordination, pour défendre nos pratiques cliniques.


SAMEDI 28 NOVEMBRE 2009

À la maison de l’arbre et de la parole errante

9, rue François Debergues, à Montreuil, Métro Croix de Chavaux(métro ligne 9).
Inscriptions

Plus d’infos dans les prochains bulletins d’information.


Hospitalisations sans consentement : soins ambulatoires « sous contrainte »

En prévision de la Journée nationale du 28 novembre à Montreuil, nous voulons soulever plusieurs questions touchant directement aux conditions des pratiques en psychiatrie. Il y a certainement de nombreux aspects à rénover, à réformer, reste à penser dans quelles conditions et pour quelles pratiques de demain ?

Depuis plusieurs mois, les conditions de sortie se sont durcies dans de nombreux hôpitaux, du fait d’une pression de plus en plus vive de la part des préfets. Une réforme de la Loi de 1990 est à prévoir dans les prochains mois. Dans le contexte actuel, il est à craindre un durcissement de cette Loi concernant les hospitalisations sans consentement. Nous en reparlerons.

La notion de « soins ambulatoires sous contrainte » est parallèle à la question de l’hospitalisation sous contrainte. Elle pose des questions éminemment épineuses sur la pratique extra hospitalière et l’interaction avec l’intra hospitalier.

Dans une conception du soin et d’une pratique thérapeutique, la dimension relationnelle est primordiale. Que ce soit en pédopsychiatrie ou en psychiatrie adulte, il est naturel de s’interroger sur les conséquences d’un dispositif de contrainte en extra hospitalier. L’obligation de se rendre dans un lieu d’accueil et de soins en ville condamne toute possibilité de résistance, d’ambivalence chez les sujets en souffrance. Inévitablement vient à l’esprit la nature « des soins » « proposés ». Peut-on être obligé de participer à un repas thérapeutique ? à une réunion soignants-soignés ?

Nous connaissons le sens des mots « soin ambulatoire ». Les pratiques sont certainement diverses et variées. Nous connaissons tout autant la réalité de la contrainte, dont il est parfois nécessaire d’user, toujours dans un soucis de contenance. Mais l’association de ces termes perturbe toute la représentation du dispositif central dans la politique de secteur qu’est le soin ambulatoire.

Proposer ou contraindre

Aurait-on décidé de faire disparaître la résistance de transfert ? Celle qui nous conduit dans nos pratiques quotidiennes, à innover, à créer de nouveaux dispositifs soignants, parfois au cas par cas, pour « proposer » une rencontre et non « contraindre ».

Le réalisme et la lucidité face au contexte actuel nous oblige, nous, professionnels et familles, à réfléchir profondément aux décisions que nous prendrons pour demain.

Le soin ambulatoire sous contrainte risque de se révéler véritablement contraignant pour tous les acteurs du soin psychique, les professionnels du sanitaire et du médico social, comme les patients. Une fois que tous les moyens les plus modernes nous seront mis à disposition pour assurer notre mission de « bonne administration » de ces soins obligatoires, quel écart de liberté nous restera-t-il ? Est-ce cela la nouvelle norme du soin, de l’engagement soignant ?

Docilité obligatoire — biopolitique à l’horizon

La complience au soin devient obligatoire. Que fait-on de la singularité de chaque sujet ? Une source d’insécurité et d’approximation inadéquate à la bonne gestion ? Une « bonne évaluation » (de la qualité et des risques) implique la réduction maximale des incertitudes. Le facteur humain est effectivement l’un des critères les plus contraignant car imprévisible, sans parler du « transfert ».

La plus grande responsabilité est celle qui repose sur l’engagement de chacun en tant que soignant. Toute contrainte instituée induit un renversement de la responsabilité sur le patient. Il se retrouve par obligation au centre d’un dispositif. Un soin régi par la Loi ne nous dispenserait-il pas de tout engagement ? Le contrat de soin n’est-il pas avant tout un contrat moral à construire entre un sujet et une équipe ?

Certains perçoivent dans cette idée une utopie, une déraison. Au contraire, la pratique clinique donne la lucidité et le réalisme qui confèrent à nos connaissances une modestie. La psychiatrie de la contrainte, peut se perdre dans d’obscures convictions. L’utilisation d’un savoir médical comme d’une science exacte, pour légitimer, avec le recours à la Loi, un traitement sans l’accord du sujet, sort le sujet du soin pour le mettre au centre d’un système de contrôle social : le biopolitique.

Par Antoine Machto, du groupe des 39.


Montreuil le 7 février 2009, à la maison de l’arbre à Montreuil, le MEETING du groupe de 39 avait réuni 1789 participants.

La revue Sud / Nord vient d’en éditer tous les textes
http://www.editions-eres.com/resultat.php?Id=2369

Les Forums itinérants du collectif des 39 — Contre la nuit sécuritaire continuent.

Dans toutes les régions, des colloques, des journées d’études, des associations réservent une partie de leur temps pour un forum Contre la nuit sécuritaire.

– 29-31 octobre : à Arles au colloque initié par l’point de capiton qui commencera par un forum intitulé Pour une relation humaine dans les dispositifs de soin : une psychiatrie sans transfert est-elle viable ?à la salle polyvalente de Le Thor


2ème Forum : CONTRAINTES ET RESPONSABILITÉS

Mercredi 11 Novembre 2009 de 15 à 19:00

A la Maison de l’Arbre – La parole errante

9 rue François Debergue 93100 – Montreuil-sous-Bois,

Débat public avec

– Philippe Rappard, psychiatre honoraire des hôpitaux, Monique Thizon, psychiatre des hôpitaux

– Équipe infirmière du 14ème secteur (Bondy)

– Association Advocacy avec Martine Dutoit

– Équipe de psychiatrie infanto-juvénile de Saint Denis,

– Appel des 39, Didier Boillet et Pedro Serra, psychiatres de Seine Saint Denis
Anne Corlaix, éducatrice.


Continuez de SIGNER LA PÉTITION et diffuser cette lettre autour de vous.
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