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3 septembre 2018

Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité APPEL NATIONAL. D’Alain Delon à Patti Smith, tous ont répondu à l’appel de Juliette Binoche et de l’astrophysicien Aurélien Barrau pour une action politique « ferme et immédiate » face au changement climatique. Le Monde du 3 septembre 2018.

la psychothérapie relationnelle solidaire de la cause écologique

par Philippe Grauer

Il y a le feu à la planète, un ministre s’en va écœuré, aucun pompier ne bouge et toujours pas d’eau dans les bouches d’incendie. — Les intertitres de la pétition sont de notre Rédaction.


la psychothérapie relationnelle solidaire de la cause écologique

Mots clés : écologie, planète, 6ème extinction, relation.

Plus de 200 artistes, écrivains et scientifiques appellent à une action politique « ferme et immédiate » face au changement climatique.

6ème extinction en vue droit devant

Quelques jours après la démission de Nicolas Hulot, nous lançons cet appel : face au plus grand défi de l’histoire de l’humanité, le pouvoir politique doit agir fermement et immédiatement. Il est temps d’être sérieux. Nous vivons un cataclysme planétaire. Réchauffement climatique, diminution drastique des espaces de vie, effondrement de la biodiversité, pollution profonde des sols, de l’eau et de l’air, déforestation rapide : tous les indicateurs sont alarmants. Au rythme actuel, dans quelques décennies, il ne restera presque plus rien. Les humains et la plupart des espèces vivantes sont en situation critique.

dernière sortie avant l’enfer : pas trop tard pour éviter le pire

Il est trop tard pour que rien ne se soit passé : l’effondrement est en cours. La sixième extinction massive se déroule à une vitesse sans précédent. Mais il n’est pas trop tard pour éviter le pire.

Si ce combat est perdu, aucun autre ne pourra être mené

Nous considérons donc que toute action politique qui ne ferait pas de la lutte contre ce cataclysme sa priorité concrète, annoncée et assumée ne serait plus crédible. Nous considérons qu’un gouvernement qui ne ferait pas du sauvetage de ce qui peut encore l’être son objectif premier et revendiqué ne saurait être pris au sérieux. Nous proposons le choix du politique – loin des lobbys – et des mesures potentiellement impopulaires qui en résulteront. C’est une question de survie. Elle ne peut, par essence, pas être considérée comme secondaire. De très nombreux autres combats sont légitimes. Mais, si celui-ci est perdu, aucun ne pourra plus être mené.

sauvons l’humanité, en nous et autour de nous

par Philippe Grauer

Tout le monde aura vu ce texte, partout, placardé en première page du Monde. Un texte à certains moment, comme le J’accuse ! de Zola, c’est un acte. Si toi, lectrice, toi, lecteur, tu ne bouges pas davantage que d’habitude, dis adieux à tes habitudes, elles n’auront plus lieu d’être, nous disparus. Cela peut aller, comme la fonte des glaces, très vite. Mieux vaut paniquer maintenant — et se mobiliser, que trop tard.

la relation, toujours elle

La psychothérapie relationnelle fait partie de l’écologie, de la mésologie comme disent les psycho-écolos. Il s’agit ici de la relation — encore elle, cette fois-ci à la planète. Cela se jouera, se joue, dès maintenant ! à la première personne. La nôtre. Du singulier, sur le mode Je, du pluriel, sur le mode Nous.

Psychothérapie certes, mais d’ici peu il n’y aura plus rien à guérir, et plus de relation à réparer. Les bactéries survivront, côté relation, à leur échelle, elles se démerdent déjà pas mal. Et d’ici une trentaine de millions d’années avec un peu de chance car ce n’est pas fatal, la terre aura accouché d’une nouvelle ère zoologique. Passionnant mais puisque nous y sommes, pourquoi pas nous ? Sans compter que même cette hypothèse du grand remplacement (pour le coup) n’est pas certaine, les bactéries suffisant largement au bonheur de l’expansion du vivant.

en route vers l’anthropocide

Mais l’humanité, cette espèce terrible et terriblement intéressante à nos yeux, se sera auto liquidée. Un éminent scientifique interrogé sur le fait que nous ne recevions pas de nouvelles de civilisations évoluées avait eu cette réponse, à partir d’un certain degré de développement, les civilisations avancées ne dominent plus leur puissance et s’auto-détruisent. Nous avons fait jusqu’ici l’expérience de génocides limités, suffisamment avertisseurs de nos capacités ravageuses. Nous avons la capacité de procéder maintenant à un anthropocide. Pas mal ! Si nous voulons stopper cela, c’est maintenant. Le souhaitez-vous ? Alors réveillez-vous. Pas demain, aujourd’hui.

Nous voici au bord du gouffre et les politiques continuent leurs petits calculs, peu soucieux de véritable intelligence politique, irresponsables au fond : mais qui donc va remplacer Hulot ? Qui va faire illusion pour les prochains 18 mois ? Or il ne s’agit plus de se montrer malin mais d’une intelligence politique courageuse, comparable à celle que sut déployer Margaret Thatcher, qui, chimiste de formation, avait compris, face au trou d’ozone. Il ne s’agit pas de changer son fusil d’épaule mais de fusil et de cible. Sans quoi il n’y aura plus d’épaules. Le mythe d’une « croissance » modulo Lehman Brothers, avec à la clé un développement glyphosaté à la Monsanto, puissamment porté par les lobbys, est aussi radicalement déraisonnable et périmé que simplement criminel.

encore tout juste temps

La catastrophe, en route, fond sur nous. Les porteurs d’alertes font leur devoir. Notre modeste site fait le sien. Vous qui lirez ceci, occupez-vous du vôtre. Sursaut sans délai, vous devez bien ça à vos enfants et petits-enfants. À l’humanité, en vous et autour de vous. Faisons montre d’un ultime réflexe de sauvegarde. Trouvez moyen de vous faire entendre, souvenez-vous de cet appel lors des prochaines élections européennes. Ensemble, sauvons notre planète et notre espèce, activons le principe Espérance pendant qu’il en est encore juste temps.


APPEL NATIONAL. D’Alain Delon à Patti Smith, tous ont répondu à l’appel de Juliette Binoche et de l’astrophysicien Aurélien Barrau pour une action politique « ferme et immédiate » face au changement climatique. Le Monde du 3 septembre 2018.

 

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