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29 avril 2011

Psychologues freudiens : pratique aux CMPP menacée CMPP de Laval (53)

CMPP de Laval (53)

Nous avons combattu côte à côte, du temps de la Coordination psy, des années durant avec les psychologues freudiens (affiliés à la Cause freudienne) contre la loi Accoyer. Nous restons intéressés par leur combat sur le lieu de leur travail, en institution hospitalière et hospitalo pédagogique. Ce document permet de mieux comprendre leur spécificité et le sens de leur combat pour une pratique restée inspirée par la psychanalyse dans les institutions de secteur.

Nos psychopraticiens relationnels travaillent différemment et en cabinet privé pour la plupart. Ceux qui y ont accès peuvent demander le bénéfice du titre de psychothérapeute, qui leur permet de continuer un travail en institution.

{On comprend mieux, si on rapporte ce texte à la figure du Carré psy, la nature de la diversité de nos professions, clairement distinctes.

Nous restons attentifs à la militance pour une pratique humaniste fondée sur le principe de la dynamique de subjectivation, qu’ils conduisent sur leur terrain propre, et solidaires de leur lutte, le Carré psy souffrant dans son ensemble dès qu’il est menacé sur un de ses côtés, n’importe lequel. }

Philippe Grauer


jeudi 28 avril 2011

Voici donc le trois-centième Instantanés .

C’est un appel à la mobilisation contre l’entreprise en cours de la normalisation des CMPP. Nous le devons à Frédérique Bouvet. Dès le jeudi 4 mars 2004 la question des CMPP avait fait l’objet de l’Instantanés n°5.

C’est aussi un appel en faveur du maintien de la possibilité pour les équipes de chaque CMPP de déterminer son orientation de travail et les modalités de sa mise en oeuvre.

On se souvient que l’orientation psychanalytique a été présente quand, dans l’immédiat après-guerre, les CMPP ont été portés sur les fonts baptismaux. Elle y reste largement représentée aujourd’hui. Jusqu’à quand ?

Vous pourrez lire une introduction par Frédérique et un texte émanant du CMPP de Laval (Mayenne).

Jean-François Cottes


Appel à la mobilisation

Par Frédérique Bouvet

Jusqu’en 2003, les CMPP – Centres médico psycho pédagogiques – étaient représentés par trois associations qui constituaient la Fédération des associations nationales des CMPP. En 2004, l’association des CMPP territoriaux est venue rejoindre la Fédération. En 2009, ces associations ont décidé de créer une association unique, la FDCMPP (fédération des CMPP). Fin 2010, un mail provenant de la FDCMPP a été adressé dans les CMPP indiquant qu’il paraissait « important qu’une réflexion soit menée dans les CMPP au sujet de l’Annexe 32 », Annexe qui régit les CMPP. Y étaient joints, le texte de l’Annexe 32 ainsi que celui réalisé par la commission Annexe 32 de la FDCMPP. Il était aussi indiqué que chaque CMPP pouvait travailler seul ou en groupe régional s’il était constitué. Cette réflexion devait s’appuyer sur un travail en groupe régional ou interrégional.

Contactant des collègues travaillant dans d’autres CMPP, nous avons constaté que si le mail était bien parvenu, il était resté pour la plupart dans les bureaux des directeurs administratifs qui bien souvent font partie de l’Éducation nationale. Ce que propose la commission Annexe 32 est choquant : standardisation des CMPP, « Pratiques validées par la communauté scientifique » et les CMPP comme « centre de ressources » notamment pour l’Éducation nationale.

En févier 2011, la FDCMPP a rencontré Madame Montchamp, Secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la cohésion sociale pour lui demander la réécriture de l’Annexe 32. Le CMPP de Laval a donc écrit un texte à ce sujet et l’a transmis à la déléguée régionale de la FDCMPP.

Si les ARS – Agences régionales de la Santé – se demandent ce qui différencie les CMPP des CMP (Centre Médico-psychologique), pour autant les CMPP doivent-ils devenir « Centres de ressources » pour l’Éducation nationale ? Les postes détachés de l’Éducation nationale dans les CMPP sont remis en question pour des raisons budgétaires en témoigne la pétition de la FDCMPP cette semaine. Ces postes sont à défendre comme tous ceux des praticiens travaillant dans un CMPP. Pour rappel, tous les CMPP n’accueillent pas non plus du personnel de l’Éducation nationale. L’Annexe 32 est très précise sur ce point-là.

Il est urgent de se mobiliser.

Le plus simple est d’envoyer les écrits à chaque représentant régional de la FDCMPP qui sont bien connus des directeurs des CMPP.


Réflexions au sujet d’une « probable réécriture » de l’Annexe 32

Les travaux d’une commission « Annexe 32 » de la FDCMPP nous sont parvenus, et, après une lecture attentive du travail réalisé par celle-ci, nous souhaitons lui adresser quelques remarques.

Avant tout, nous nous demandons ce qui, pour la commission et la FDCMPP, rend « probable » une réécriture prochaine de l’Annexe 32. Celle-ci encadre le fonctionnement des CMPP, et le fait qu’elle n’ait pas été modifiée jusqu’alors nous paraît démontrer sa pertinence.

Nous souhaiterions également savoir qui participe à cette commission, afin de transmettre à ses membres nos préoccupations, le document qui nous est parvenu n’étant pas signé.


Quatre points cruciaux ont particulièrement retenu notre attention : ils remettent nettement en question l’efficacité de l’annexe 32 : celle-ci permet que, si tous les CMPP sont régis par l’Annexe 32, chaque CMPP ait son fonctionnement propre, sous responsabilité médicale. Le texte actuel est assez souple pour que le fonctionnement des CMPP ne soit pas fixé à un modèle standard.

Premièrement

Les points 5 et 6, concernant la composition d’une équipe de CMPP, ne tiennent pas compte des spécificités et de la pluralité des choix institutionnels : ainsi tous les CMPP ne souhaitent pas faire appel à des psychopédagogues, par exemple. Quant à la codirection médicale, pédagogique et administrative, elle est actuellement une possibilité offerte par l’Annexe 32, mais non une obligation : les CMPP qui le souhaitent, conservent une direction médicale, qui assume également la direction administrative, sans nécessairement faire institutionnellement le choix d’une codirection, médicale d’une part, et pédagogique et administrative, d’autre part. Il y a sur ce point une diversité des pratiques qui n’est pas prise en compte dans les travaux de la commission.

Deuxième point

vous notez, aux points 4 et 5, la diversité des orientations théoriques. Nous constatons également qu’il n’y a pas de CMPP standard, et que chaque CMPP a la responsabilité de décider de son orientation théorique. L’Annexe 32 permet cela, et garantit cette « ouverture à la diversité des champs théoriques et des pratiques » que la commission appelle de ses vœux. Pourtant, cette même commission préconise que les pratiques soient « validées par la communauté scientifique ».

Nous pensons que c’est un leurre de croire que les pratiques cliniques puissent être validées par « une communauté scientifique ». Il y a des précédents, quant à ce à quoi peut mener une telle croyance : l’INSERM a publié en février 2004, un rapport intitulé « Psychothérapies, trois approches évaluées », présenté comme un ouvrage d’expertise collective, scientifique. Or, les méthodes de validation des pratiques utilisées par « la communauté scientifique » ont été dénoncées, et le rapport, retiré.

La neutralité de l’Annexe 32 est précieuse : elle permet la diversité des orientations théoriques, en faisant appel à la responsabilité des praticiens, et non à une standardisation des pratiques par « la communauté scientifique ».

Troisièmement

La commission note au point 7 : « Historiquement, les CMPP sont nés du pari qu’un travail articulant soins et apprentissages scolaires est possible (…) Cet intérêt est toujours d’actualité et est même réactivé avec la loi du 11 février 2005 et l’accompagnement en milieu ordinaire des élèves en situation de handicap ou à besoins spécifiques ». C’est effectivement essentiellement l’école qui adresse des enfants, des adolescents au CMPP, souvent pour des difficultés d’apprentissages scolaires, ou bien de comportement. Nous souhaitons insister, comme le fait d’ailleurs la commission en préambule, sur le libre accès au CMPP. Nous rappelons également que les consultants ont la possibilité de choisir le praticien qu’ils souhaitent rencontrer. Cela conditionne directement notre pratique : en effet, si c’est à la demande de l’école que nous recevons des enfants, des adolescents et leurs familles, ce n’est pas la demande scolaire que nous traitons, mais celle du sujet, qui témoigne à chaque fois différemment de ce qu’il rencontre comme difficulté, dans son lien social, dans son rapport aux apprentissages, dans sa famille, dans le plus singulier du rapport à lui-même.

Quatrièmement

« (…) Le projet du CMPP articulé autour des pôles médico-psychologiques et psychopédagogiques peut prétendre à une double orientation de son travail : l’une centrée sur l’enfant sous forme de soins en cure ambulatoire telle que décrit dans les points précédents. L’autre où le CMPP doit pouvoir être considéré comme un centre de ressources en particulier pour l’éducation nationale : travail avec les équipes et ateliers relais, participation à la formation continue des personnels de l’éducation nationale, des AVS, participation à la formation initiale de professionnels en particulier en accueillant des stagiaires, aide ponctuelle aux équipes en crises, conduites de groupe d’analyse de la pratique, organisation de groupes de réflexions, de Séminaires, de journée d’études etc. Que ce soit à propos d’un travail centré sur l’enfant ou dans son rôle de centre de ressources, le CMPP travaille en réseau avec ses partenaires, en particulier l’éducation nationale (dans le cadre si possible de conventions) mais aussi avec ceux des champs du social, du médico-social, du sanitaire, de la prévention et de la protection de la jeunesse. »

Tous les CMPP ne peuvent être considérés comme un centre de ressources pour l’éducation nationale qui a déjà ses professionnels : enseignants, psychologues scolaires, rééducateurs etc. Les CMPP ne sont pas là pour pallier aux manques des autres institutions. C’est à chaque CMPP de déterminer à la fois son orientation de travail et s’il souhaite ou non passer des conventions avec l’éducation nationale. Cette dernière n’est pas non plus, le seul partenaire des CMPP. Être partenaire ne signifie pas être prestataire de services.

Il est nécessaire que chaque CMPP garde sa spécificité, sa liberté afin de pouvoir continuer à réfléchir sur les patients accueillis, sur les missions du CMPP, sa place dans la cité et le nouveau qu’il rencontre.

Pour conclure momentanément, chaque CMPP doit pouvoir déterminer les modalités d’accueil et de « prises en charges » des enfants, des adolescents.

Février 2011

Pour le CMPP de Laval (53)

Frédérique Bouvet

Sébastien Disdet

Psychologues

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