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14 avril 2017

« Rupture historique de la démocratie » ou tournant du jeu politique ?

par Philippe Grauer

« Hollande déguisé en « ennemi de la finance ? »

Cette élection passionnante et passionnée ferait-elle charnière ? les deux extrêmes, avec leur vitalité propre, dont une part d' »extrême » lassitude devant le désolant sur-place d’un gouvernement centre droit d’une gauche arrivée au pouvoir avec un discours marketing contre la « finance ennemie ».

double extrémisme souverainiste

Nombreux sont les français qui ne veulent plus de promesses en bois, comme les chèques ou la langue du même nom, et qui d’autre part n’en peuvent plus d’une Europe bruxello merkelienne, Bruxelles pour la bureaucratie d’expertise hors la vue du contrôle démocratique, Merkel pour la ligne économique d’écrasement des peuples sous le rouleau compresseur d’une administration implacable de la dette à laquelle il va bientôt falloir mettre la majuscule des vérités transcendantales. Ce double extrémisme souverainiste est à prendre en considération car il manifeste que la crise atteint une intensité qu’il faut d’urgence prendre en considération, non par de nouvelles promesses mais par une orientation politique résolue. Selon nous pour réorienter l’Europe et non pour en sortir, remède largement pire que le mal.

& droite & gauche ?

Alors, la balle au Centre ? centre creux ou dynamique ? Centre ou carrefour ? paradoxalement l’idée d’un ni droite ni gauche qui ne s’énonce pas comme un & droite & gauche, crée la confusion, à un moment où nous avons autant besoin pour y voir clair de les distinguer clairement que de les conjuguer partiellement. Comme en psychothérapie intégrative tenter le composite (multiréférentielle c’est quand on ne peut pas les deux en même temps) ? voyez le petit malin Macron marcher sur la corde raide en pleins courants d’air. Mais y a-t-il une autre voie si on veut maintenir (en l’amendant) l’institution européenne ?

Moyen-Orient

Avec à nos portes en effet la misère du monde et l’horreur de la guerre moyen-orientale (Merci Bush pour la mise à feu de la seconde guerre d’Irak, merci Brejnev pour l’Afghanistan, merci pour les accords Sykes-Picot), avec son cortège d’horreurs et de réfugiés par millions.

Populisme tout azimut

Ajouter à cela l’épineuse question du populisme, candidat naturel à la succession des totalitarismes, et l’aspect 6ème République, démonarchiser le régime, y revitaliser le dialogue citoyen, y réintroduire la proportionnelle de toute justice et de tous les dangers de déstabilisation.  Décidément une période nouvelle semble bien cette fois s’inaugurer.

tournant des Sysiphes ?

Ce qu’on appelle un tournant. Moment d’imprévisibilité où bien penser (et pas seulement bien ressentir) est difficile mais nécessaire. Dans le Nouvel Obs en date du 06 04 2017 intitulé : ”Nous vivons une rupture historique de la démocratie” Pierre Rosanvallon interviewé par François Armanet et Véronique Radier s’efforce de contribuer au repérage. Impossible d’obtenir le texte, reste à acheter un vieux nouvelobs. Voici un résumé qu’en livre Politic région.

« disparition d’une démocratie de représentation au profit d’une démocratie d’identification »

« Pierre Rosanvallon considère que « nous vivons une rupture historique de la démocratie, cette élection étant une élection historique de rupture démocratique avec la disparition d’une démocratie de représentation au profit d’une démocratie d’identification radicalement différente », ajoutant que « la démocratie s’appuie désormais plus sur la manipulation des sentiments, l’identification à celui qui possède la posture ». Le débat, dès lors, ne porte plus sur les idées mais vire au pur volontarisme alors que le vrai débat « ce n’est pas de mettre face à face des opinions constituées, c’est la possibilité de changer de point de vue après un échange d’arguments ». Pierre Rosanvallon nous rappelle aussi que « le totalitarisme est une pathologie interne de la démocratie comme le populisme qui prétend rétablir une démocratie fragilisée par le vie politique, les inégalités sociales, le chômage ». Et de conclure son propos par cette affirmation inquiétante : « Les populismes seront au XXIème siècle ce que les totalitarismes ont été au XXème siècle ».

en place pour le quadrille

L’inquiétude est en place. Mais pas seulement. Demain du changement peut-être. Nous changeons d’époque. D’où la grande tergiversation. C’est qu’il faut s’y retrouver dans le jeu politique en train de bouger. Ces quadrangulaires constituent une nouveauté. Une populiste facho dont la haine recommence à devenir attractive, un orateur hors pair au programme un brin bousculateur universel on va voir ce qu’on va voir, un socialiste rêveur maladroit qui n’a pas su regrouper un parti mal parti, sans oublier l’inoubliable homme aux costumes si chics qu’il a dû les refuser après les avoir endossés, un OVNI politique sur lequel on n’aurait pas parié deux kopeks qui joue les outsiders. Quelle élection ! Et quelle suite ensuite ? Cohn Bendit et Villepin autour de Macron, ceci n’est ni une pipe ni une non pipe, ceci est une vraie élection présidentielle inédite avec avertissement fort à l’Europe de changer d’allure.

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