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Bibliographie enrichie de l’ouvrage « Psychothérapie relationnelle »

par Philippe Grauer

BIBLIOGRAPHIE DE BASE  DE LA PSYCHOTHÉRAPIE RELATIONNELLE

On mesure par ces éléments bibliographiques l’importance du champ de recherche que constitue la psychothérapie en tant que relationnelle. Nous n’avons pas couvert l’ensemble du champ, mais seulement un canevas de premières références qui serviront de repères de base au chercheur, au curieux, au public.

Comme indiqué dans l’ouvrage le positionnement de la relationnellité relativement à la psychanalyse l’inscrit pour une part dans la généalogie de cette dernière, et pour une part importante dans une identité épistémologique nettement distincte d’elle,  se  déployant selon la logique existentielle de l’empathie. Les deux galaxies constituant l’amas désigné sous le vocable de disciplines de la dynamique de subjectivation.

Nous avons raisonné certaines entrées. Ce travail se poursuit. Rectifiant certaines omissions par erreur ou simplement complétant le travail, viennent s’ajouter de nouveaux titres. Indexés d’un *.

février 2018


ALLPORT Gordon, FEIFEL Herman, MASLOW Abraham, MAY Rollo, ROGERS Carl, Psychologie existentielle, [Existential Psychology, 1965], Paris, Épi, 1971, 107 p.- Parmi les plus éminents psychologues des États-Unis collaborent à cet important manifeste. Devenu la référence de la psychologie humaniste (noter psychologie, et non psychothérapie ; le flottement entre les deux termes se maintiendra longtemps).

ARVEILLER Jacques (dir.), Psychiatries dans l’histoire, Actes du 6è Congrès de l’Association européenne pour l’histoire de la psychiatrie, Caen, 2008, 478 p.-

ASSAGIOLI Roberto, Le développement transpersonnel [posthume 1988], Paris, Desclée de Brouwer, 1994, 316 p.- Formé par le premier Jung, ayant connu Maslow, c’est un pionnier de sa Méthode. Évidemment spiritualiste.

ATLAN Henri, Croyances, comment expliquer le monde ? Paris, Autrement, 2014, 371 p.- Incontournable brillant exposé en termes clairs en philosophie des sciences. Quand on a lu ça on est immunisé relativement au virus « c’est-ta-croyance ».

BACHELART Maximilien, L’approche intégrative en psychothérapie. Anti-manuel à l’usage des thérapeutes. Esf, Paris, 2017, 303 p.- Un ouvrage important. Fait avancer la question qu’il expose. Reste à poursuivre le travail, ce que nous envisageons sérieusement. La question de la multiréférentialité doit servir à augmenter le discernement critique.

BAKEWELL Sarah, Au café existentialiste, A. Michel, 2018, 505 p.-*

Excellent ouvrage pour s’introduire à ce mouvement qui domina le XXè siècle et poursuit sur sa lancée au XXIè. Simple à lire, plein d’informations délivrées de façon fluide, au fil d’un récit agréable. Les grandes questions y sont abordées, pas en casse-tête.  Une bonne introduction au domaine.

C’est Brentano qui a mis le feu aux poudres, ça a commencé de bonne heure, 1862, avec un écrit sur Aristote et la signification de l’être. Avant, il y avait eu Kierkegaard, dans les années 1840, avec le concept d’angoisse et la fondation de l’existentialisme avant la lettre.

Il faudrait savoir distinguer, pour commencer entre être phénoménologue (Husserl), philosophe rigoureusement descriptiviste soucieux d’atteindre le cœur des choses, à l’articulation de la philosophie et d’une théorie plus psychologique de la perception (qui rapidement avoisinera une théorie de la forme), ou se dire existentialiste, années 30 au Bec de gaz rue Montparnasse (Aron retour de Berlin informe Sartre et Beauvoir). Le XXè siècle repose sur trois piliers. Le développement de l’univers psy (psychiatrie, psychologie, psychanalyse, puis psychologie humaniste américaine, puis psychothérapie relationnelle), le déploiement des totalitarismes, enfin la phénoménologie. Ne pas omettre d’autre part les trois autres piliers, la nouvelle théorie de la gravitation où la masse pèse sur le temps, ni le Sacre du printemps et les Demoiselles d’Avignon, ni le cinéma bien entendu.

presque un roman

C’est au bistrot Le Bec de gaz que Sarah Bakewell démarre son roman de l’existentialisme. Presque. Presque un roman. Le roman de l’intentionnalité ou le roman de l’existence ? et d’abord qu’est-ce qu’être au monde ? qu’est-ce qu’être ? qu’est-ce qu’un étant ? un bout d’être, de l’êtritude immédiate. Que serait l’existentialité ? pas simple en français mais quand ça se met à emprunter à un allemand philosophico poétique très contourné si réputé incontournable ! déjà nous avons eu nos lacaneries. Avec les heideggeraneries nous voici resservis. Traductions à l’appui, avec introduction de termes réputés intraduisibles, toujours la même chanson, Dasein ça veut dire quoi au juste ? existence ? alors disons existence. Et cela se tient à la frontière entre psychisme et philosophie. Tout ça pour dire en termes simples que le clivage à l’occidentale sujet/objet peut se transcender (!) en passant de un objet dans une conscience à une conscience de quelque chose. Sartre a paraît-il beaucoup regretté que L’existentialisme est un humanisme soit si simple. Pourtant, s’engager en situation, son maître mot, mû par le souci constant d’user de sa liberté à tout moment, c’est bien ce qu’il a su faire de sa vie, et nous invite, prêchant d’exemple, à faire à notre tour, pourvu que le cœur nous en dise, ce cœur qui veut dire courage, le courage d’agir selon ses valeurs parmi les autres.

Sarah Bakewell vous fait comprendre tout cela comme si vous y étiez. C’est son talent de conteuse. Un historien c’est quelqu’un qui sait raconter des histoires et vous fait passer l’Histoire comme ça, en vous la racontant. Tout en restant rigoureusement exacte et critique.

Cf. également à ce sujet impératif pour tout relationnelliste, de Yaqui MARTINEZ, Philosophie existentielle pour psychothérapeutes et autres curieux.

BALINT Michael, Le défaut fondamental, aspects thérapeutiques de la régression [The basic fault], Paris, Payot, 2003, 324 p.- Livre phare de la question.

BARRUCAND Dominique, La catharsis dans le théâtre, la psychanalyse et la psychothérapie de groupe, Paris, Épi, 1970, 394 p.- La catharsis, un grand concept clé de la psychothérapie relationnelle.

BENASAYAG Miguel, Critique du bonheur, Paris, La Découverte [1989], 2016, 190 p.- Édition numérique réalisée à partir d’un support physique, parfois ancien, conservé au sein du dépôt légal de la Bibliothèque nationale de France, conformément à la loi n° 2012-287 du 1er mars 2012 relative à l’exploitation des Livres indisponibles du XXe siècle.*

BENASAYAG Miguel, Le mythe de l’individu. Paris, La Découverte, 1998, 177 p.- La question de l’individu, de l’individualisme et de la subjectivité admirablement traitée par Alain Renaut, prend ici une couleur libertariste. L’individualisme s’y voit décrit comme impasse, que le psy devrait se garder de considérer du haut de son mirador. Car la situation de la massification néolibérale en cours impose au psy non de faire avec mais de Résister.

BENASAYAG Miguel, collab. DEL REY Angélique, Clinique du mal-être, la « psy » face aux nouvelles souffrances psychiques, Paris, 2015, La Découverte, 173 p.-

BENASAYAG Miguel, Cerveau augmenté, homme diminué, [El cerebro aumentado, el hombre disminuido, Buenos Aires, ed. Pidos, 2015.], Paris, La Découverte, 2016, 201 p.- Thèmes : cerveau, transhumanisme, neurosciences cognitives, philosophie et neurosciences, biomédicalisme, ordinateur et réseaux neuronaux.*

BENSLAMA Fehti, Un furieux désir de sacrifice, le surmusulman, Seuil, 2016, 148 p.- Intéressante contribution psychanalytique à la dimension psychique et psychosociale du terrorisme islamo fasciste. Figure produite par près d’un siècle d’islamisme, le désir sacrificiel moteur de la radicalisation est un fait religieux et un symptôme psychosocial. Quand la fureur réputée invincible transforme l’humilité en arrogance. Voici que réapparaît le mélange toxique espagnol, terrible mixture de religion ultra réac et de fascisme, voué à la pulsion de mort et à un nouveau théâtre de la cruauté. On a parlé de guerre d’Espagne inversée, mais c’est la même – côté Franco !

BESSON Jacqueline, BRAULT Yves, La relation psychothérapeutique. Existence, identité, histoire, Paris, L’Harmattan, 2012, 239 p.- Deux psys psychocorporéistes témoignent de 40 ans de pratique Boyesen.

BILLETER Jean-François, Contre François Jullien, Paris, Allia, 2014, 123 p.- Il faut lire l’un et l’autre, Jullien et Billeter, pour se faire à l’idée de la Chine pour un occidental. Pour nous faire saisir à l’occasion une différence utile et difficile à qualifier. Pour comprendre, à rebours du message jésuite, que la Chine et les chinois sont aussi du même monde que nous, et aspirent comme nous à la démocratie et la liberté. Des valeurs décidément universelles.

BILLETER Jean-François, Leçons sur Tchouang-Tseu, Paris, Allia, 2010, 153 p.-

BING François et al (dir.), Actualité de Georges Canguilhem — Le normal et le pathologique. Actes du Xè colloque de la Société internationale d’histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse, Paris, Empêcheurs de penser en rond, 1998, 135 p.- Faire de la Résistance et avoir la chance de n’en pas mourir, comme les copains. Puis rester actuel longtemps après sa mort. Pas mal. Une pensée aussi forte a besoin d’être cultivée.

BION Wilfrid R., Recherches sur les petits groupes, Paris, PUF, [1961, Experiences in Groups]1991, VIII-140 p.- Pour mémoire, un grand classique. Il y eut aussi Kurt Lewin, puis Rogers, ne l’oublions pas.

BINSWANGER Ludwig, Phénoménologie, psychologie, psychiatrie, Paris, Vrin, 2016, 280 p.- Comprendre et expliquer, la psychothérapie comme métier, événement et vécu, tout un programme. Un détail, Dasein veut dire Existence.

BINSWANGER Ludwig, Analyse existentielle et psychanalyse freudienne, discours parcours et Freud, Paris, Gallimard, 1981, 378p.- Textes de 1920 à 1956.  » Freud écrivit un jour à Biswanger : « Nous ne pouvons probablement pas établir de dialogue entre nous et il se passera des siècles avant que notre querelle soit close. » Pourtant, ce dialogue impossible, ils n’ont cessé l’un et l’autre de le maintenir. » 1934, Binswanger met au point l’analyse existentielle. Foucault fait traduire (Jacqueline Verdeaux) et publier le Rêve et existence datant de 1930 (1954, DDB puis Minuit), avec des notes et une préface plus longue que le livre lui-même.

BERTHOZ Alain, JORLAND Gérard (dir.), L’empathie, O. Jacob, 2004, 308 p.- Cognitivisme, philosophie, éthologie, mécanismes de destruction de l’autre, esquisse d’une théorie de l’empathie, intéressant tour d’horizon de la pitié humaine. Penser à lire, de François Jullien, Fonder la morale, pendant que vous y serez.

Cf. également sur le sujet HOCHMANN, fondamental, PINOTTI,  TISSERON. Évidemment on trouvera chez Carl ROGERS une ample réflexion théorique et clinique, littéralement fondatrice de la renaissance psychothérapique de la psychologie humaniste.

BESNIER Jean-Michel, KLEIN Étienne, LE GUYADER Hervé, WISMANN Heinz, La Science en jeu, Actes sud, 2010, 320 p.- Qu’est-ce que la science ? que peut-elle, que vaut-elle ? et peut-être que vouloir, qu’attendre d’elle ?

BLAIZE Jacques, Ne plus savoir. Phénoménologie et éthique de la psychothérapie, Bordeaux, L’Exprimerie, 2001, 225 p.- Arrêtez de comprendre et d’être intelligent/e, mettez vous à vous tenir là, présent/e. Le plus difficile. Inaccessible à notre université en son état actuel. Quel dommage. Quelle belle occasion.

BLANQUET Édith, Apprendre à philosopher avec Heidegger, Ellipses, 2012, 256 p.- Excellent ouvrage d’une psychologue clinicienne gestaltiste qui introduit bien à l’œuvre de Heidegger, « un salaud de génie », ce dont elle n’est pas près de convenir, comme tant de philosophes français, pris dans l’idolâtrie du « renard » éthiquement peu recommandable. Or l’éthique, en psychothérapie, il paraîtrait que ça importe. Au moins convenir de l’inconvenance du petit Monsieur (qui lui n’était que philosophe mais c’est pas une excuse). Tout peut se vivre sinon s’admettre, si au moins c’est dit. Sinon, complicité de malfaiteurs. Apprendre à philosopher certainement, mais pas à n’importe quel prix, en tout cas pas au prix de la vérité si l’on est psy, donc moral.

BLIN Bernadette, CHAVAS Brigitte, Manuel de psychothérapie transpersonnelle, Paris, Interéditions, 2011, 352 p.- Typiquement psychothérapie intégrative Jung-Grof, psychocorporel à travail de souffle. Bernadette Blin, comme JMarie Delacroix, est orientée psycho spiritualité. Clairement affiché. Compétente et sérieuse dans l’exercice de son métier. Il faut savoir qu’une frange du métier se profile ainsi. Cela dure au moins depuis l’attelage Maslow-Grof et la « 4ème Force ». Faudrait-il parler de double métier ? La collection dans laquelle est publié l’ouvrage s’appelle Nouvelles évidences. Évidence et croyance, tout est là. Cf. ATLAN, sur la croyance.

BLOCH Ernst, Le Principe espérance, tome III, partie V, Les images-souhaits de l’instant exaucé, Paris, Galimard 1991, 563 p.- Le devoir d’utopie. Un maître livre. Ses idées datent du début du XXe siècle. Œuvre-système, Le Principe Espérance remet en cause toute idée de système, tout système culminant en une Idée. Il s’ouvre sur l’avenir de l’homme et du monde. Influence considérable sur plusieurs de ses contemporains, tels Bertolt Brecht, Kurt Weil, Walter Benjamin et Theodor W. Adorno. Contre le marxisme officiel il dit la dynamique positive d’une fonction utopie à visage humain (et quitte la DDR pour Tübingen).

BRISSAUD Frédéric, Pour un renouveau de la psychothérapie. Mutations. Paris, L’Harmattan, 2010, 188 p.-

BRISSAUD Frédéric, Approches du métier de gestalt-thérapeute. Orientation, maïeutique, compétences, formation, évaluation, La pensée vagabonde, 2012, 150 p.

BRISSAUD Frédéric, Éclairer l’existence et cultiver la croissance, T. 1, Métier altruiste, La pensée vagabonde, 2016, 186 p.-*  Six compétences de base : écoute et accueil ; présence à la situation ; engagement dans le lien (investissement) ; authenticité dans la rencontre ; développement de la conscience ; mise en œuvre du cadre professionnel.

BRUSSET Bernard, Psychanalyse du lien, Paris, PUF, 2007, 281 p.-

BUBER Martin, Je et Tu, Paris, Aubier, 1969 [éd. allemande, 1923], 173 p.- Fondateur et fondamental. Classique de base.

CANGUILHEM Georges, Le normal et le pathologique, Paris, PUF, 2017 [thèse de 1943], 290 p.- Bachelard, Canguilhem, Foucault, Bourdieu, voici la chaîne de filiations. Pour « le Cang »,  » l’objet d’étude de la biologie est irréductible à l’analyse et à la décomposition logico-mathématique. » Canguilhem dénonce « une psychologie où le mot âme fait fuir et le mot conscience rire », dans laquelle « la vérité de l’homme est donnée dans le fait qu’il n’y a plus d’idée d’homme, en tant que valeur différente de celle d’un outil » (Conférence au Collège philosophique de France (1958) : »qu’est-ce que la psychologie ?

CHAMBON Olivier, MARIE-CARDINE Michel, Les bases de la psychothérapie. Approche intégrative et éclectique, Paris, Dunod, 2003, VIII-349 p.-*

Important ouvrage, victime d’un oubli technique lors de la première édition.

Pour les auteurs « le processus relationnel [en psychothérapie], en lui-même n’a rien de spécifique. Il [serait] au contraire très général, bien que dans sa généralité même il présente déjà des potentialités thérapeutiques. Mais il tire toute sa force, sa concentration et son orientation thérapeutique, du cadre qui le limite, et, en le limitant, lui donne sa spécificité, le différencie donc très nettement du reste des autres processus environnementaux. […] Le cadre est porteur de la théorie, de la technique, mais également de la réalité et des modalités pratiques. »

Nous nous efforçons quant à nous (PHG) d’apporter le concept de relationnellité, qui spécifie les propriétés du cadre lorsqu’on a affaire à la psychothérapie relationnelle, par différenciation paradigmatique avec les déclinaisons de la psychothérapie qui ne le sont pas précisément.

« Toute psychothérapie agit sur l’une des cinq cibles […] : le contexte social et interpersonnel, les cognitions, les affects, et les émotions, les comportements et les sensations. Même si la plupart des psychothérapies expliquent, leur efficacité par leur action privilégiée sur l’un de ces aspects, chacun d’eux est en interaction dynamique avec les autres et chaque type de psychothérapie, en agissant initialement sur un seul de ces facteurs, agit finalement sur l’ensemble de ceux-ci. »

Deux remarques. D’abord l’analyse multifactorielle du fait psychothérapique (non médical) et psychothérapeutique (à composante médicale) que produisent les auteurs les rapproche de celle, plus approfondie, que produit Nicolas Duruz vers une définition du psychothérapique (cette fois-ci au masculin). Mais une conception universalisatrice ne devrait pas dissoudre les spécificités qu’elle discerne. Certes on peut soutenir qu’un facteur mis en avant, les autres jouent toujours comme harmoniques. Cela vaut, parfois, partiellement, mais prévient toute différentiation critique, tout étant dans tout et réciproquement, ce qui floute l’image et par là finit par laisser à désirer. Ah ! l’éclectisme !

Ouvrage de référence, réflexion unificatrice du champ, avec son intérêt et ses limites. Chambon et Cardine ont par ailleurs beaucoup fait pour introduire un enseignement de LA psychothérapieau demeurant mise au pluriel (voir la question de cette mise à plat dans notre ouvrage) : LES psychothérapiesauprès des étudiants en médecine et en psychiatrie, qui en manquent cruellement.

CHAMPY Philippe, ÉTÉVÉ Christiane, Dictionnaire encyclopédique de l’éducation et de la formation, Nathan, 1998, 1167 p.-

CHENG Françoise, Histoire de la pensée chinoise, Paris, Seuil, 1997, 696 p.- Fabuleuse synthèse. Écrit élégamment, un « sans faute » du genre, et un plaisir.

CLAIR André, Sens de l’existence, Paris, A. Colin, 2002, 251 p.-* Concept d’existence (Kierkegaard dans le texte) ; unité et identité d’existence ; conscience, subjectivité ; existence, interprétation, histoire ; existence, communauté, singularité. Kierkegaard, Jaspers, Ricœur, excellent ouvrage, dont le programme du titre remplit sa promesse. Avec l’angoisse, on se tient aux racines du sensible, à l’archéo émotionnel, au seuil de la liberté, éthique à la clé. Raison et existence, « expériences cardinales de l’individu » (Jaspers), un grand livre qui permet d’accéder à la problématique existentielle contemporaine. Passionnant. Difficile à ignorer pour un relationnelliste. Si vous ne l’avez pas lu, quelle chance d’avoir à le découvrir !

COMTE-SPONVILLE André, L’esprit de l’athéisme. Introduction à une spiritualité sans Dieu. Paris, A. Michel, 2006, 220 p.- Facile d’accès, ouvre des portes, n’en ferme aucune. « Nous sommes des êtes finis ouverts sur l’infini, éphémères ouverts sur l’éternité, relatifs ouverts sur l’absolu. Cette ouverture c’est l’esprit même. La métaphysique consiste à la penser ; la spiritualité, à l’expérimenter, à l’exercer, à la vivre ». Ce propos d’un philosophe est parfait. Un psy peut être philosophe par devers soi, il y a même intérêt pour comprendre ce qu’il fabrique. Mais il n’a pas à s’instituer en Maître là où il n’est que serviteur.

DE GAULEJAC Vincent, Les sources de la honte, Paris, Points, 2011, 315 p.- Quand la relation devient psychosociale. L’approche de la sociologie clinique distingue ce qui relève des déterminations du milieu et des composantes personnelles. Socialement (l’anglais shame comporte la racine indo européenne cacher, ce qu’on ne doit ni montrer ni voir) se définit la déficience génératrice de honte, psychiquement s’effectue le processus de dégradation de l’image de soi.

DE GAULEJAC Vincent, La société malade de la gestion : idéologie gestionnaire, pouvoir managérial et harcèlement social, Paris, Points, 2014, 345 p.- « Contre-relation » comme on dirait contre-révolution. Devenez les entrepreneurs de votre existence, puisque de nos jours on gère tout. La relation, l’anti-relation plutôt, là-dedans ? dans les « façons d’organiser les choses qui s’appliquent à l’humain. » Manières relationnelles perverses. Selon une vision du monde implicite littéralement contraire à l’idée même de relation telle qu’on la rencontre dans la pratique psychothérapique, voici les « relations et ressources humaines », l’idéologie et les pratiques imposées par le système entrepreneurial du capital financier. Dont l’auteur, formé par Max Pagès à Paris IX-Dauphine (le pendant chic de Paris VIII-Vincennes), fait la critique. Cf. également Christophe Dejours, Souffrir au travail n’est pas une fatalité, Bayard, 2015.

DEJOURS Christoph, Souffrir au travail n’est pas une fatalité, Bayard, 2015.- Quand la relation dans sa quotidienneté pratique se voit endommagée par le cadre du travail lui-même. Question concernant classiquement la psychologie sociale, atteignant la dimension psychothérapique par contre coup.*

DELACROIX Jean-Marie, La troisième histoire. Patient-psychothérapeute : fonds et formes du processus relationnel, St. Jean de Braye, Dangles, 2006, 477 p.- La relation comme co-construction, à partir du champ organisme-environnement gestaltiste. Que se tisse-t-il dans ces rencontres hebdomadaires durant des mois, des années ? il s’y déroule la troisième histoire, dont les protagonistes sont le patient, le thérapeute et la relation. Avec Delacroix cela peut aller de la connaissance de soi à la connaissance du soi, jusqu’à la dimension transpersonnelle.

DELISLE Gilles, La psychothérapie du lien. Genèse et continuité, Montréal, Éditions du CIG, 2012, 336 p.- La PGRO (psychothérapie gestaltiste des relations d’objet), bel exemple de méthode intégrative (Perls-Fairbairn-neurosciences), renommée en psychothérapie du lien. Relation phénoménologique et psychanalytique, cognitivisme. Un courant gestaltiste intégratif qui fait montre d’une vitalité notable [en France avec Champ-G].

DELION Pierre avec COUPECHOUX Patrick, Mon combat pour une psychiatrie humaine, Paris, A. Michel, 2016, 273 p.- Une vie entière consacrée à la psychanalyse et à la psychothérapie institutionnelle. Un témoignage essentiel. Parle de façon attachante et compétente, en termes simples des grandes questions psys de la seconde partie du XXè siècle. A su travailler « au corps » (packing) avec une grande élégance, sachant conjoindre les méthodes, notamment en matière d’autisme. Époque révolue ou incitation à poursuivre le combat ?

DELOURME Alain, MARC Edmond, Pratiquer la psychothérapie, Paris, Dunod, 290 p.- Deux bons auteurs.

DELOURME (dir.), Pour une psychothérapie plurielle, Paris, RETZ, 2000, 282 p. Ouvrage dans lequel on trouve parmi d’autres bien intéressants, dont un beau chapitre de Roustang qui n’a pas pris une ride,  de Philippe Grauer, « Pratique du multiple », consultable à : http://cifpr.fr/texte_document/pratique-du-multiple/

DELOURME Alain, BLIN Bernadette, et al, Quand la conscience s’éveillera, Accompagnements psycho-spirituels, Paris, 2016, 281 p.- Le titre de l’ouvrage indique clairement le programme. À l’horizon, la divinité. Référence, le trio Jung-Assagioli-Grof, en passant par le second Maslow, celui de la « 4ème Force » (1969), en fait la 5ème si l’on compte juste, que nomme ainsi Ken Wilber (en 1983 il la rebaptise « psychologie intégrale »). On procèdera par niveaux. Le Soi jungien se veut accomplissement, une fois vidangé le premier bassin du psychisme.

Le débat est presque aussi infini que l’Infini, celui qui porte la majuscule de la transcendance. Là où l’ange, un doigt sur la bouche, [jette] à l’heure où le soleil se couche, des pétales sur la mer (MacOrlan). La psycho-spiritualité prend la responsabilité professionnelle d’aventurer la psychothérapie jusque là. Passant outre les limites. Demeure une différence entre énigme à résoudre (passion pour la découverte) et mystère de l’inconnaissable à éprouver en transe (entrance), intuition mystique de soi comme divin, fascination éblouie inclinant au mutisme méditatif lors de la contemplation de l’univers, à la joie sans nom, au ravissement, voire à la haine exaspérée de soi. Catherine Clément parle très bien de cela dans Faire l’amour avec Dieu, Albin Michel, 208 p.-

Après tout qu’est-ce que Dieu ? une question que se posent les humains. Que ceux qui veulent la mâchouiller jusqu’à ce que les dents leur en tombent le fassent. Cette affaire relève-t-elle du champ de la psychothérapie ? rencontre avec soi à l’occasion d’un autre, d’un Autre, d’un Tout autre ? Savoir entendre cela. Y guider les gens relève-t-il du même métier ? les auteurs le soutiennent. Ce point de désaccord, à tout le moins d’interrogation relève en tout cas de la problématique du monde psy comme laïc, et traverse toute l’histoire de la psychologie humaniste. Psy vous saviez ! débat probablement insoluble. Donc mal posé ?

DEMAILLY Lise, Politiques de la relation. Approche sociologique des métiers et activités professionnelles relationnelles, Villeneuve d’Asq, Presses universitaires du septentrion, 2008, 373 p.- Entre autre, elle parle de nous en détail dans la crise dite Accoyer.

DESHAYS Catherine, Trouver la bonne distance avec l’autre grâce au curseur relationnel, Paris, Interéditions, 2010, 206 p.- Rare une psychiatre qui se forme en gestalt-thérapie au lieu de se référer comme tout le monde dans ce milieu à la psychanalyse. Catherine Deshays, qui fut formatrice au CIFPR, apprécie la multiréférentialité, et est une pédagogue sensible et fine sur les concepts à transmettre autrement que sur le mode académique. Son livre est particulièrement adapté à la formation des futurs psychopraticiens, bourré de schémas et d’explications claires du matériau complexe toujours en mouvement que constitue le processus relationnel, dont savoir manœuvrer le curseur à tout moment de la séance.

DE PERETTI André, Présence de Carl Rogers, Toulouse, 1997, Erès, 293 p.- Très belle présentation. Excellent travail sur Rogers par l’un de ses introducteurs en France, un extraordinaire et vigoureux honnête homme. Les rencontres de Dourdan et d’Iéna permettent de se rendre compte de l’ambiance française de l’époque, crispée à l’idée d’une quelconque ouverture au monde de l’éprouvé. Il restait beaucoup à faire en 1966. Pourtant, en 68 ça basculait.

DILTHEY Wilhelm, Introduction à l’étude des sciences humaines, [Einleitung in die Geisteswissenschaften], essai sur le fondement qu’on pourrait donner à l’étude de la société et de l’histoire, PUF, 1942, VII-526 p.- Édition allemande : 1883 !

DUFLOT Colette, Le psychologue clinicien. L’invention d’une profession, Paris, 2008, Anthropos, 225 p.- Une psychologue-psychanalyste en institution décrit sa profession de façon conformiste. Tout va normalement dans l’exercice de ce métier patchwork paradoxal.

DURAND-DASSIER Jacques, Psychothérapies sans psychothérapeute, communautés de drogués et de psychotiques, Paris, Épi, 1970, 222 p.- Deux années d’immersion dans le système Synanon et sous l’influence du Dr. Casriel (N-Y). Durand-Dassier fut d’abord un chercheur engagé, observateur participant, s’efforçant de construire des concepts pour saisir la structure de son objet, exploré en position de sujet.

DURAND-DASSIER Jacques, Structure et épistémologie de la relation, Paris, Épi, 1971, 203 p.- La partie II, à partir de p. 111, s’intitule Groupes de psychothérapie relationnelle. Ce qui fait de JDD le parrain de l’appellation. Le programme : transparence, indépendance, ouverture, amour, liberté, bonheur. Tout y est. Ou presque. On voit l’innovation, et la nécessité ultérieurement, d’articuler ce nouveau savoir faire être avec le message psychanalytique. La réunion en bouquet de l’ensemble du paradigme psy contemporain, à un ou deux éléments près, pose la question de l’intégrativisme et de la multiréférentialité, la question du multiple et du complexe (attention l’éclectisme c’est encore autre chose), autre débat, autre ouvrage à venir chez le même éditeur.

DURUZ Nicolas, Psychothérapie et psychothérapies, prolégomènes à une analyse comparative, Lausanne, Delachaux et Niestlé, 1994, 249 p.- Nous le déclarons à l’unanimité de notre seule voix le livre phare de sa décennie en matière de psychothérapie. Las ! pas de réédition. Procurez-vous le par tous les moyens (dans les limites de la légalité bien sûr).

DURUZ Nicolas, GENNART Michèle, (dir.), Traité de psychothérapie comparée, Paris, Médecine & hygiène, 2002, 425 p.- Très bon tour d’horizon.

ELLENBERGER Henri, Histoire de la découverte de l’inconscient [The Discovery of the Un conscious. The History and evolution of dynamic psychiatry, NY, Basic Bools, 1970], présentation par Élisabeth Roudinesco, Paris, Fayard, [1974] 2001, 975 p.- Fondamental, se lit comme un roman. Incontournable.

FELDMAN Jacqueline & CANTER KOHN Ruth (dir.), L’éthique dans la pratique des sciences humaines : dilemmes, Paris, L’Harmattan, 2000, 300 p.-

FEYS Jean-Louis, Quel système pour quelle psychiatrie ? Paris, PUF, 368 p.- La psychiatrie conglomérat de techniques diagnostiques et recettes thérapeutiques. dépourvue de conceptualisation, elle collectionne des concepts disparates, issus des neurosciences, de l’Evidence Based Medecine, cognitivo-comportementalisme, psychanalyse, psychothérapie institutionnelle, phénoménologie, ethnopsychiatrie, antipsychiatrie, psychothérapie institutionnelle, etc. Bel exemple d’éclectisme très éclairé. Or derrière chaque courant réside un système philosophique. À la clé, une épistémologie, débouchant sur une approche de la pathologie mentale. L’auteur en conclut que, « les symptômes psychiatriques étant de l’ordre du relationnel », seul le modèle intuitionniste kantien, qui pose le diagnostic comme acte de soin, peut fonder le soin psychiatrique. La relation comme avatar de la position critique, au service d’un psychiatre expert étant allé voir du côté des philosophes. Une réflexion originale, fondée sur l’anthropopsychiatrie de Jacques Schotte — n’ignorant pas Szondi.

FISCHMAN Georges (dir.), L’évaluation des thérapies et de la psychanalyse. Fondements et enjeux, Issy les Moulineaux, Masson, 2009, 286 p.-

FONAGY Peter, Théorie de l’attachement et psychanalyse, Toulouse, Érès, 2008, 271 p.- Disciple de Bowlby, il se situe à l’articulation de l’inter et de l’intrapsychique. Le maintien du degré désiré de proximité, qu’on observe dans la relation mère-enfant, va loin, très loin, jusque vers l’éthologie. La relation et l’attachement ont partie liée (!). La théorie de l’attachement intéresse de plus en plus les chercheurs et les praticiens. Cela procède du développement dans le milieu psy (et ailleurs) du principe relationnel.

FOUCAULT Michel, Histoire de la folie à l’âge classique, Paris, Gallimard [1972], 2015, 688 p.- Classique, ici pour mémoire. Cf. ici même MARTIN Jean-Clet, Comprendre Foucault.

FOULKES Sigmund H., ANTHONY E. James, [1957] Psychothérapie de groupe, approche psychanalytique, Paris, Épi, 1969, 357 p.-

FOULKES S. H., KADIS Asya L., KRASNER Jack D., WINICK Charles, Guide du psychothérapeute de groupe, Paris, Épi, 1971, 253 p.-

FOULKES Sigmund H, Le groupe-analyse, psychothérapie et analyse de groupe [Therapeutic Group Analysis, New-York, 1964], Payot, 2004, 478 p.- Qualifié de base incontournable par Edmond Marc.

FOURCADE Jean-Michel, Les patients-limites, psychanalyse intégrative et psychothérapie, Toulouse, Érès, 2012, 406 p.- Sa thèse, soutenant que le bon usage de la relation régressée permet un travail associant catharsis et psychanalyse à dimension intégrative psychocorporelle. Jean-Michel Fourcade, l’un des trois mousquetaires de l’introduction du Mouvement du Potentiel humain par Max Pagès en 1969 au château de Charbonnières. Il est l’un des piliers institutionnels de la psychothérapie relationnelle. C’est à partir d’un texte de lui et avec son appui que Philippe Grauer a « mis en service » scientifiquement et institutionnellement le concept de psychothérapie relationnelle juste un peu avant l’orée du siècle. Jean-Michel Fourcade compte parmi les personnalités de base de la psychothérapie relationnelle en France. Son actuel engagement dans la psychanalyse intégrative, qu’il a créée, ne doit pas masquer que cette île se situe dans les eaux territoriales du continent Psychothérapie relationnelle.

FOURCADE Jean-Michel, Les patients-limites, hypersensibles, à fleur de peau, écorchés vifs… tous borderlines ? Paris, Eyrolles, 2017, VIII-188 p.- En général bien adaptées socialement, les personnalités limites savent dissimuler leurs fragilités et souffrent en silence ou dans l’intimité. Les crises émotionnelles (exaltation, colère, désespoir) imprévisibles et destructrices dont elles sont régulièrement victimes trahissent cependant leur extrême sensibilité. Au fil de nombreux portraits, l’auteur s’attache à décrire les traits caractéristiques de ces personnalités de plus en plus nombreuses dans notre société en mal de repères. Un sujet d’actualité traité de façon très accessible.

FRANK J.D. (1981), « Therapeutic components shared by all psychotherapies », dans J.H. Harvey, M.M. Parks (ED.), Psychotherapy Research and Behavior Change, Washington D.C., American psychological association.

La grande tradition, avec Olivier Chambon & Michel Marie-Cardine, comme avec Nicolas Duruz, des facteurs communs.

FRANK J.D., FRANK J.B. (1991), Persuasion and Healing, Baltimore, MD, John Hopkins University Press.

GAUCHET Marcel, SWAIN Gladys, La pratique de l’esprit humain [1980], Paris, Gallimard, 2007, 519 p.- Maître livre. L’institution asilaire depuis le tournant du « moment 1800 », et la révolution démocratique. La folie réintégrée ? ré-inclusion de la folie et non mise à l’écart par la raison selon la thèse du grand renfermement foucaldien. Le mirage de l’homme nouveau vient de l’asile. Interrogation sur le rapport de l’individu à lui-même en post modernité. Comme quoi décidément il faut faire de l’histoire et de la philosophie pour comprendre quelque chose au monde psy. Marcel Gauchet, un auteur à la hauteur des sujets qu’il aborde.

GILLIÉRON Edmond, Manuel de psychothérapies brèves, Paris, Dunod, 1997, 232 p.-

GIARD Luce (dir.), Michel Foucault. Lire l’œuvre, Grenoble, Jérôme Million, 2012, 236 p.- Bien utile.

GINGER Serge, MARC Edmond, TARPINIAN Armen (dir.), Être pychothérapeute. Questions, pratiques, enjeux, préface de Pierre Angel, Paris, Dunod, 2006, 251 p.-

GINGER Serge, Psychothérapie, 100 réponses pour en finir avec les idées reçues, Paris, Dunod, 273 p.-

GINGER Serge et Anne, Guide pratique du psychothérapeute humaniste, Préface de Mony Elkaïm, Paris, Dunod, 2008, 241 p.-

GODET Marie-Noël, De la réglementation du titre de psychothérapeute. La santé mentale, une affaire d’État, Paris, L’Harmattan, Psychanalyse et civilisation, 2009, 247 p.-

« Diverses prises de positions ont émergé au sein de la corporation freudienne [c’est nous qui soulignons], mettant à jour des divergences quant à la façon de considérer la loi comme un abri ou un danger » dit la 4è de couv. En fait une niche abri idéale pour les psychologues-psychanalytes.

La 4è de couv poursuit : « La médicalisation des pratiques de soins aboutissant à dissoudre la psychiatrie dans la neurobiologie et à remplacer la psychologie par des thérapies cognitivo-comportementales et des protocoles de soins présente le danger de rapatrier la psychanalyse dans le pli du médical ou de la psychothérapie comme ailleurs en Europe. » Le discours psychologo-psychanalytique dans son emblématique ambiguïté passe-partout. Remplacer la psychologie par des thérapies [l’italiqualisation est de nous], tout un programme d’embrouillaminis terminologique. Ensuite, la psychanalyse dans le pli du médical. La terminologie du psychologue-psychanalyste Gori, médicalisation de l’existence, elle, est claire. Mais ici une psychologue proteste de voir la psychologie-psychanalyse passer du pavillon psychologie à celui de la médecine. Vieux conflit identitaire des tout nouveaux psychologues vs. psychiatres. Ça aboutit au comble : « dans le pli du médical » pas terrible, mais dans celui de la psychothérapie, le camp ennemi ainsi désigné par Lacan ! de fait la disjonction s’était déjà opérée plus tôt, alors que d’origine Freud réputait la psychanalyse comme relevant du champ de la psychothérapie (sans du tout mettre ce terme au pluriel). De droit, on notera que les États-généraux de la psychanalyse (8-11 juillet 2000), organisés par René Major soutenu par Élisabeth Roudinesco, publieront une Déclaration sur la spécificité de la psychanalyse affirmant d’abord « l’autonomie de leur discipline par rapport à toutes les formes de psychothérapie qui se pratiquent aujourd’hui », ensuite « leur indépendance par rapport aux pouvoirs publics et à une réglementation par l’État, quelle qu’elle soit, fût-ce par le biais des psychothérapies dites relationnelles. » Merci pour l’apport de cette précision, l’année même de la déclaration de la psychothérapie relationnelle (au singulier).

Tout cela débouche sur une interrogation qui a reçu depuis sa réponse. Oui les psychanalystes-psychologues se sont convertis massivement à l’idée de s’inscrire au Registre des psychothérapeutes, le titre d’exercice éponyme leur servant de sauf-conduit pour continuer d’exercer. Bien décidés à tout faire pour éliminer la concurrence de ceux qui se dénomment depuis psychopraticiens relationnels.

L’ouvrage est intéressant, retraçant les péripéties internationales du conflit psy et du concept de soin de la première décennie du siècle. Analysant le cas de la britannique UKCP, on peut lire : »quand l’État se veut gérant de l’intime, c’est l’intime des groupes d’analystes qui vole en éclats, à la fois sous l’effet de divisions internes et sous la pression des décisions législatives. Et la réflexion sur l aanture de l’acte analystique se dissout dans les batailles politiques. » L’idée de profession de soin non médical n’est cependant pas dégagée.

GODIN Jean, La nouvelle hypnose. Vocabulaire, principes et méthodes, 1992, Paris, 459 p.- Définit une hypnose renouvelée, à deux protagonistes.

GOLDSTEIN Kurt, La structure de l’organisme, introduction à la biologie à partir de la pathologie humaine = Der Aufbau des Organismus [1934], Paris, Gallimard [1951], 1989, 446 p.- Œuvre capitale du XXè siècle. Nettement inspiré de la théorie de la forme (gestaltisme) en plein développement alors, Goldstein renouvelle le champ théorique de la compréhension des organismes en intégrant les plis de l’éventail de la biologie, de la médecine, de la neurologie, de la psychiatrie, jusqu’à la psychanalyse. Une théorie de l’organisme comme totalité. Goodman prendra le relais en écrivant la théorie de base de la gestalt-thérapie. Goldstein était le coéditeur du Journal of Humanistic Psychology.

Introduite en France par les travaux de Maurice Merleau-Ponty notamment dans La structure du comportement mais également par Georges Canguilhem dans Le normal et le pathologique, la pensée de Kurt Goldstein compte parmi celles qui auront préparé le structuralisme tel qu’il a émergé dans les années 60 comme relais de la pensée existentialiste d’après guerre.

GOMBROWICZ Witold, Cours de philosophie en six heures et quart, Paris, Payot, 2001, 147 p.- Quand l’auteur du rabelaisien Ferdydurke aborde la philosophie et décrit comment les relations inter-personnelles façonnent les personnes. Pour ce romancier et philosophe existentialiste, la philosophie doit partir de notre sensibilité avant d’être intellectuelle. « Plus c’est savant plus c’est bête » déclara-t-il un jour, rejoignant les intuitions de la psychologie humaniste à l’origine de la psychothérapie relationnelle.

GORI Roland, DEL VOLGO Marie-José, La santé totalitaire. Essai sur la médicalisation de l’existence, 2005, 270 p.- Son sous-titre, un programme idéologique militant toujours actuel. Psychanalyste, Roland Gori a promu avec Stéphane Chedri le mouvement dénommé Appel des appels (80 000 signatures), qui dénonce dans le milieu psy (et dans la société) un « phénomène idéologique et de convergence de méthodes qui vise à araser l’humain au profit des logiques comptables et marchandes. » Et, faudrait-il ajouter, réglementaristes et administratives.

Marie-José del Volgo est rédactrice en chef de la revue Clinique méditerranéennes.

GORI Roland, L’individu ingouvernable, Les liens qui libèrent, 2015, 350 p.-

GORI Roland, La fabrique des imposteurs, Paris, Les liens qui libèrent, 2013.- Danger du totalitarisme soft de l’invasion de l’intime par le scientisme.

GORI Roland, Faut-il renoncer à la liberté pour être heureux ? Paris, Les liens qui libèrent, 2013, 223 p.- Antique culpabilité, moderne dépendance, la technique disculpe, ne requérant que l’exécution – sans états d’âme. Quantité vs. qualité, crise des valeurs qui menace l’humanité de l’homme.

GRAUER Philippe (édit.), Les « Nouvelles Thérapies », Recherches de pointe ou phénomène social ? Paris, La documentation française,  N° 390, 1980, 47 p.-

GRAUER Philippe, « La psychothérapie en France et en Europe », Regards sur l’actualité, la Documentation française, N° 241, mai 1998, pp. 43-54.-

GRAUER Philippe, « Régression, décharge émotionnelle, catharsis », Gestalt N° 23, octobre 2002. Article fondamental sur la question des émotions en psychothérapie relationnelle, resituée à partir de Robert Plutchik, infléchie par Philippe Grauer vers une application pratique (les psys, selon la mode psychologue, disent clinique, ça fait médical donc plus chic) en psychothérapie, qu’il serait réducteur de qualifier d’émotionnelle. En attendant la publication d’un ouvrage en cours sur ce thème, amis professionnels, sans plus tarder visitez cet article.*

GROSBOIS Philippe, La transmission de la clinique à l’université, Paris, L’Harmattan, 2008, 201 p.- Dans un remarquable article en ligne sur le site cifpr.fr, Philippe Grosbois épingle la supercherie éthique de la formation des psychologues en matière de psychothérapie relationnelle : « Éthique et psychothérapie : principe de parité versus principe de compétence « 

GROF Stanislas, Théorie et pratique de la respiration holotropique, une nouvelle approche de l’exploration de soi et de la thérapie, Paris, Dervy, 2014, 268 p.-

GRUNBERGER Béla, Le narcissisme, essai de psychanalyse, Paris, Payot, 2003, 401 p.-

HARARI, Homo Deus. Une brève histoire de l’avenir, Paris, A. Michel, 2015, 463 p.- On redoutait Big Brother, voici venir Big Data. Le dataïsme met fin inéluctablement à l’anthropocentrisme sous sa forme actuelle. Algorithmes vs. affectivité : à nous les humains de jouer, la partie s’avère serrée. La question des émotions, au sens plutchikéen de système d’évaluation immédiat des qualités sensibles vitales de l’environnement pour tout ce qui vit, reste centrale. Ne pas oublier de lire Plutchik.

HELLER Michel, Révisé par COLLIARD Claire, Psychothérapies corporelles. Fondement et méthodes, Bruxelles, De Boeck Université, 2008, 671 p.- Monumental. Une mine intelligente.

HOCHMANN Jacques, Une histoire de l’empathie. Connaissance d’autrui, souci du prochain, Paris, 2012, O. Jacob, 219 p.- Mais d’où vient ce « concept » (comme on dirait en marketing), philosophie, psychologie, psychanalyse, neurosciences, tout le monde empathise de nos jours. N’empêche, avec son fort gradient d’authenticité relationnelle de base, elle est l’outil roi, un outil non outil, un engagement plutôt, pour atteindre les inatteignables.

Hochmann parmi les chercheurs contemporains sur le sujet vient en premier. Voir également BERTHOZ Alain et JORLAND Gérard (dir.), PINOTTI,  TISSERON. Évidemment on trouvera chez Carl ROGERS une ample réflexion théorique et clinique, littéralement fondatrice de la renaissance psychothérapique de la psychologie humaniste.

HOUSSET Emmanuel, La Vocation de la personne, l’histoire du concept de personne, de sa naissance augustinienne à sa redécouverte phénoménologique,  Paris, PUF, 2014, 514 p.-

IONESCU Serban, Les 14 approches de la psychopathologie, Paris, Nathan, 1991, A. Colin 2012, 256 p.- Et encore il en manque, dont le Szondi auquel aime se référer Jacques Tosquellas.

JALENQUES Étienne, La thérapie du bonheur. Expressions, émotions, peurs, remise en question, Marabout/Hachette Livre, 2002, 255 p.- Avec Jacques Durand-Dassier, un autre disciple du Dr. Daniel Casriel, opérant à New York, promoteur d’une méthode de soin communautaire spécifique apporté aux drogués, utilisant une psychothérapie de groupe hyper encadrée, de style autoritaire collective, n’épargnant pas la confrontation la plus dure, eu égard aux caractéristiques particulières de cette pathologie. Le récit de son parcours et de sa méthodologie, dans une langue alerte et simple, rend bien le ton des années 70.

JONAS Hans, Le principe responsabilité [Das Prinzip Verantwortung], une éthique pour la civilisation technologique, Paris, Flammarion, 2013, 470 p.-

Le premier philosophe à avoir exprimé des critiques sur le pouvoir démesuré de la technoscience « Pourquoi l’humanité doit exister ? »Une philosophie de l’espérance responsable, fondée sur le respect. Jonas est aussi l’auteur du Concept de Dieu après Auschwitz, quand même tout autre chose que le toujours nocif Heidegger !

JULLIEN François, Fonder la morale, Dialogue de Mencius avec un philosophe des lumières, Paris, Grasset, 1995, 219 p.- Y joindre la lecture du Contre François Jullien de Jean-François Billeter, éd. Allia, 2006.-

La grande question de la pitié comme invariant du genre humain, couplée avec un comparatisme aiguisé Méditerranée/Chine. Y joindre la lecture critique de Contre François Jullien, qui désexotise et déjésuitise la question de la civilisation chinoise vue par les occidentaux. Sans la connaissance de ces textes, on risque à tout moment de basculer dans un bouddhisme à tout faire.

JUNG Carl G., La guérison psychologique, [I, Un demi siècle de psychothérapie], Préface et adaptation du Dr. Roland Cahen, Genève, Librairie de l’université Georg et Cie,1953, XXX-337 p.- L’univers jungien a beaucoup pénétré les Nouvelles Thérapies, particulièrement celles sensibles à l’orientation mystique.

Kinget Marian, Rogers Carl, Psychothérapie et relations humaines, Vol. I, Théorie de la thérapie centrée sur la personne, préface d’André de Peretti ; avant-propos d’André Botteman. Vol II, La pratique : théorie et pratique de la thérapie non-directive, Paris, Nauwelaerts, 1962.- Tout le système Rogers comme si vous y étiez, méthodologiquement et humainement parlant.

KLEIN Étienne, Petit voyage dans le monde des quantas, Paris, Flammarion, 2004, 193 p.- Ah ! l’aveuglante proximité du réel » ! (Michel Bitbol). Ni tais-toi et calcule positiviste ni dogmatisme métaphysique. Grâce à la décohérence le chat de Schrödinger est bien soit mort soit vivant, et non les deux à la fois. Houffe !

KLEIN Étienne, MARINOPOULOS Sophie, WIEVIORKA Michel, Que cherchons-nous dans nos origines ? Belin, 2015, 186 p.-

KLEIN Étienne, Le facteur temps ne sonne jamais deux fois, Paris, Flammarion, 2016, 266 p.-

KLEIN Étienne, En cherchant Majorana, le physicien absolu, Paris, Flammarion, 2013, rééd. 2015 – élu meilleur livre 2013 dans la catégorie Sciences par le magazine Lire.

KLEIN Étienne, Tout n’est pas relatif, Paris, Flammarion, 2017, 157 p.-

Le relatif et le relationnel, même mot même combat. Si vous voulez aborder la question de la physique à sa mitoyenneté avec la philosophie, faites-le avec un physicien qui a gardé sa tête sur ses épaules, et qui explique clairement des questions complexes. C’est passionnant, ça rend intelligent et modeste (ça doit aller avec), ça coupe net l’envie de mettre toute question obscurément spirituelle à la sauce quanta, quanto médiatique plutôt. La littérature de qualité sur la question est presque aussi infinie que celui dont elle traite. Ici n’est que le lieu de la mentionner.

KLEIN Mélanie, Deuil et dépression, Paris, Payot, 1968, 145 p.-

KLEIN Mélanie, JONES Ernest, BARANGER Willy, Développements de la psychanalyse, in Paris, PUF, 2009, VI-343 p.-

LAING Ronald D., La politique de l’expérience, Paris, Stock, 1969, 129 p.- Cet ouvrage de référence écrit simplement expose des concepts clairs sur la relation comme matière première psychosociale. « Le comportement d’autrui est l’objet de mon expérience et réciproquement. Le rôle de la phénoménologie sociale est de rattacher mon expérience du comportement d’autrui à l’expérience que fait autrui de mon comportement. Son but est d’étudier la relation entre expérience et expérience ; son véritable terrain est l’inter-expérience. » Lumineux.

LAING Ronald, ESTERSON Aaron, L’équilibre mental, la folie et la famille, [1964] Paris, Maspero, 1971, 223 p.-

LAING ET COOPER, Raison et violence, préface de J-P Sartre, Paris, Payot, 1972, 203 p.-

LAING RONALD D., Sagesse, déraison et folie : la fabrication d’un psychiatre, 1985, 181 p.- La question de l’antipsychiatrie.

LANDMAN Patrick, LIPPI Sylvia, Marx, Lacan, l’acte révolutionnaire et l’acte analytique, Paris, Point, 2013, 350 p.

LANDMAN Patrick, Tristesse business, le scandale du DSM 5, Milo éd., 2013, 127 p.- Petit livre grand combat. DSM veut dire Diagnostic and statistical manual of mental disorders = Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Un monstre tentaculaire mondialisateur sans pitié à l’horizon scientifique biaisé. Les professionnels comme le public ont intérêt à lire Patrick Landman. Il organise régulièrement des soirées ouvertes à tous les courants psychiatriques sur des débats à thème passionnants. L’étudiant psy comme le professionnel y trouveront leur compte. Vive le militantisme psychiatrique, voire antipsychiatrique, éclairé et tolérant.

LANTERI-LAURA Georges, La Psychiatrie phénoménologique, fondements philosophiques, PUF, 1963, 204 p.-

LANTERI-LAURA Georges, Phénoménologie de la subjectivité, PUF, 1968, 354 p.-

LANTERI-LAURA Georges, La chronicité en psychiatrie, Les empêcheurs de penser en rond / Synthélabo, 1997, 94 p.-

LAURENT Éric, Lost in cognition. Psychanalyse et sciences cognitives, Nantes, Cécile Defaut, 2008, 137 p.- L’inconscient ne relève d’aucun apprentissage. La confusion constante entre (ré)éducation et psychothérapie examinée depuis le centre de gravité psychanalytique lacanien. Certaines différences doivent être repérées. Que faire quand psychothérapie pour ceux qui la font, est polysémique ? Bien définir la nôtre et les laisser vivre avec la leur. Diversité obligée, psychodiversité oblige. Confusion non obligatoire.

LEFEBVRE Yves (dir.), Profession psychothérapeute, ouvrage collectif publié sous l’égide du Syndicat national des praticiens en psychothérapie, Paris, 1996, 365 p. Un livre événement à l’époque. Analyses et témoignages de praticiens d’avant-garde fin de siècle.

LEFEBVRE Yves, la foi au miroir de la psychanalyse, Paris, Salvator 2012, 235 p. Difficile dans cette bibliographie de ne pas en dire tout le bien qu’on en pense. Foi et psychanalyse, un thème revisité après Dolto.

LENHARDT Vincent, Au cœur de la relation d’aide. Réflexion sur des fondamentaux de la thérapie et du coaching, Paris, Interéditions, 2008, 228 p.- Excellente pédagogie introductive.

LOBROT Michel, La pédagogie institutionnelle, l’école vers l’autogestion, Paris, Gauthier-Villars, 1980, XXX-288 p. Psychologue militant libertaire, l’un des premiers introducteurs sur le terrain puis à l’université de la non directivité rogerienne et des groupes d’évolution. Membre du Groupe de pédagogie institutionnelle (Lapassade, Lourau, Grauer), a contribué à l’introduction à l’université des Nouvelles Thérapies, puis au développement d’une sexologie non médicale.

LOBROT Michel, Le choc des émotions, sexothérapie, psychothérapie et somatothérapie, La Louvière, 1993, XII-283 p.- Témoigne de décennies de réflexion psycho libertaire.

LOWEN Alexandre, Le langage du corps, Paris, Tchou, 1977, 334 p.-

LOWEN Alexandre, Le corps bafoué, Paris, Enrick, 2015, 292 p.- Ce livre propose enfin des réponses thérapeutiques répondant aux besoins de la clinique contemporaine. Ce sont des techniques de travail corporel et émotionnel que les analystes bioénergéticiens d’aujourd’hui intègrent dans une pratique relationnelle et interactionnelle. DE ce fait il s’adresse à tous les praticiens psys et professionnels de la relation d’aide.

LOWEN Alexandre, La peur de vivre, Paris, Enrick, 2017, 280 p.- Au-delà de Freud, la névrose contemporaine est devenue une peur de vivre réellement son existence physique faite de sensations, de sexualité, de sentiments et de relations. Chez le même éditeur, enfin les rééditions : L’analyse bioénergétique, et La pratique de l’analyse bioénergétique.

MADELRIEUX Stéphane, La philosophie de John Dewey. Repères. Paris, Vrin, 2016, 224 p.- Dewey, l’inventeur des ateliers. Le savoir ça se transmet lors de processus d’apprentissage en se mettant à sa fabrication. « Abandonnons la quête d’un savoir certain et d’une autorité ultime, et adoptons l’attitude philosophique que réclament le mode de penser scientifique comme le mode de vie démocratique. » Dewey vise le développement de l’individualité, c’est-à-dire de la réalisation de soi à travers la démocratie, conçue non comme forme de gouvernement, mais comme participation des individus à l’action collective. Cherchons ensemble.

MARIE Pierre, Psychanalyse, psychothérapie : quelles différences ? Paris, Aubier, 2004, 236 p.- À l’avantage de la psychanalyse, la comparaison. Hors d’elle, comment trouver le salut ?

MALAREWICZ Jaques-Antoine, La fin de la psychothérapie, Paris, Odile Jacob, 2011, 313 p.-

MALEVAL Jean-Claude, Étonnantes mystifications de la psychothérapie autoritaire, Paris, Navarin, 2012, 219 p.- Le concept de psychothérapie autoritaire permet de discréditer le comportementalisme en tant que thérapie, où depuis son poste d’observateur le seul sujet en présence dirige une opération… d’apprentissage. En fait il s’agit de rééducation autoritaire, un type de pratique que le psychanalyste lacanien, de son côté volontiers dogmatique, ne se donne pas le moyen épistémologique d’écarter du champ thérapeutique à proprement parler. Rogers lui avait opéré la conjonction de l’éducation non directive et de la psychothérapie centrée sur la personne.

MARC Edmond, Guide pratique des psychothérapies, Paris, Retz, [1992] 2008, 270 p.- Un classique sans cesse réédité. Le dictionnaire de base des méthodes et techniques de la psychologie humaniste. Une décennie après la fondation du SNPPsy, 20 ans après la percée de la psychothérapie comme champ disciplinaire s’autonomisant de la psychiatrie et de la psychologie. L’auteur a suivi l’évolution de la situation jusqu’à nos jours.

MARC Edmond, Psychologie de l’identité. Soi et le groupe, Paris, Dunod, 2005, 255 p.- Le groupe, véritable voie royale vers la psychothérapie et vers soi, soi avec et par les autres. Une écriture fluide, dense, claire, simple. Un grand professeur qui vous informe avec talent et légèreté.

MARC Edmond, BONNAL Christine, Le groupe thérapeutique. Approche intégrative, Paris, Dunod, 2014, 292 p.-

MARC Edmond, PICARD Dominique, L’école de Palo Alto. Un nouveau regard sur les relations humaines, Paris, Retz, 2004, 224 p.- La révolution du Gregory Bateson de Vers une écologie de l’esprit, élargit le concept de relation au système familial, comme la psychothérapie institutionnelle élargissait le symptôme individuel au tissu relationnel de l’établissement hospitalier tout entier. La psychothérapie devient psychosociothérapie.

MARC Edmond, PICARD Dominique, L’école de Palo Alto, Que sais-je, PUF, 2015.- Très bien fait.

MARC Edmond, LOCATELLI Jenny, Un amour qui guérit, Enrick, 2017, 210 p.- En quoi consiste l’amour du praticien pour celui venu le rencontrer pour se (re)trouver via leur dialogue ? Oser parler d’amour en pareil cas mérite qu’on définisse soigneusement la relation psychothérapique.

MARTIN Jean-Clet, Comprendre Foucault, Clamecy, MaxMilo, 2014, 143 p.- La vérité ne réside plus dans la vision toute faite des choses mais dans un nouveau regard, qui se porte sur l’invisible, dans le regard naissant de la clinique. Où est passée l’âme dans la carcasse du bœuf écorché de Rembrandt ? Ce bref essai introduit admirablement à la lecture de Foucault.

MARTINEZ Yaqui Andrés, Philosophie existentielle pour psychothérapeutes et autres curieux, Trad. Georges Voet et J-Marie Robine, Bordeaux, L’Exprimerie, [2013] 2016, 322 p.- Superbe projet. Chapitres inégaux (en nombre de pages pour commencer) mais tous intéressants, un cours précieux, clair et inspirateur. Bel outil. Comment un relationnelliste pourrait-il ignorer les éléments philosophiques fondateurs de sa pratique ? Il faut à tout psychopraticien relationnel, en formation permanente, disposer de telles bases.

Voir également à ce sujet BAKEWELL Sarah, Au café existentialiste, si agréable à lire !

MASLOW Abraham, Être humain. La nature humaine et sa plénitude [Farther Reaches of Human Nature, 1971], Paris, Eyrolles, 2006, 432 p.- La santé mentale, côté sain, côté accomplissement de soi, plénitude. Vers une société eupsychique. Un immense esprit, une large pensée.

MASLOW Abraham, L’accomplissement de soi, de la motivation à la plénitude, Paris, Eyrolles, 2004, 208 p. L’un des textes fondateurs programmatiques de la psychologie humaniste américaine.

MASLOW Abraham, Vers une psychologie de l’être, [1962 en anglais], Paris, Fayard, 2007, 268 p.- L’être n’est pas seulement affaire heideggerienne. L’auteur oppose à une psychologie normative à la mode psychanalytique américain de l’adaptation de l’être à son milieu social, une psychologie active de l’individu total en son plein épanouissement, une psychologie de l’homme sain et non plus de l’homme malade, une psychologie de la  » réalisation de soi « , dont les ferments soient plus biologiques, donc plus universels que sociaux. Et puis l’être, c’est le programme philosophique du XXè siècle.

MAUGIN Marcelle, Être psychothérapeute autrement. De l’écoute à la « rencontre », Paris, L’Harmattan, 2009, 209 p.- Limpide, facile à lire, convaincante des valeurs et méthodes de la relation comme levier de l’être. Fini le temps des experts, le thérapeute va devoir abandonner tout savoir qui ne soit relatif qu’à son seul savoir à lui, pour devenir relatif à (relationnel !) celui venu le requérir comme quelqu’un à qui, avec qui, parler — entre « Hommes » —, entre êtres humains, à l’occasion de l’entre deux d’une rencontre. Véritable « exercice spirituel », ie, d’ouverture au mouvement de la vie en soi. L’accès à soi, à l’expérience de sa présence au monde, sorte d’ontothérapie hors de toute standardisation, n’est pas affaire de pratique académique ou de diplômature universitaire. Cela bien entendu exige une formation rigoureuse approfondie.

MAY Rollo, The Art of Counseling [1939], Abingdon Press, 1967, 247 p.- Aborde déjà (quelques années avant le grand Rogers de 1942) le concept d’empathie.

MAY Rollo, Le désir d’être, psychothérapie existentielle [Existential Psychotherapy], Paris, Épi, 1972, 92 p.- L’auteur de The Art of Counseling (1939), co-auteur avec Allport et al. de Psychologie existentielle, a également publié avec Ellenberger Existence, a new dimension. Counseling, psychologie, psychothérapie, une trajectoire. Petit livre grand Manifeste.

MEINESZ Alexandre, Comment la vie a commencé, Paris, Belin, 2011, 415 p.- Impossible pour un psy d’ignorer les découvertes les plus récentes concernant l’histoire de la vie. On sort transformé de la lecture d’un tel ouvrage. Écrit en français non traduit, ça se sent, sur un ton simple et vivant, il informe en profondeur sur l’ensemble de la question de la vie et de l’évolution. On en découvre tous les jours, mais y compris une origine de la vie organisée et complexe plus reculée dans le temps, tout y est déjà en 2011.

MENGER Pierre-Michel (dir), Les professions et leurs sociologies. Modèles théoriques, catégorisations, évolutions, Actes du colloque de la société française de sociologie, Paris octobre 1999. Paris, Maison des sciences de l’homme, 2003, 272 p.- Après tout les métiers psys sont des métiers.

MERLEAU-PONTY Maurice, Phénoménologie de la perception, [1945] 1996, XVI-541 p.- « La conscience en train d’apprendre ». Ce phénoménologue de génie est relativement ignoré de nos gestaltistes heideggerolâtres, alors qu’il est humainement tellement plus fréquentable, et philosophiquement, descendant en droite ligne de Husserl, tout aussi intéressant. Quand on en aura fini avec le nazi toujours tendance, on pourra revenir à cette phénoménologie là. Avec Claude Lanher, qui écrit sa thèse sur Merleau, elle a bien raison.

MILLER Alice, Notre corps ne ment jamais, [2004], Paris, Flammarion, 2013, 207 p.- Ne pas comprendre cet axiome de travers. Une psychanalyste qui parle bien du corps.

MILLER Alice, Le drame de l’enfant doué. À la recherche du vrai soi, Paris, PUF, 1983, 132 p.- Entre autre, un chapitre sur le trouble narcissique du psychanalyste, et un beau chapitre sur le mépris.

MISRAHI Robert, Qui est l’autre ? Paris, Armand Colin, 1999, 235 p.- L’auteur, spécialiste de Spinoza, est très proche de la sensibilité psychanalytique et psycho-existentielle. Il parle simplement.

MISRAHI Robert, Qu’est-ce que l’éthique ? l’éthique et le bonheur, Paris, A. Colin, [1997], 2000, 285 p.- Cœur de cible de la question éthique et pratique psy.

MISRAHI Robert, 100 mots pour construire son bonheur, Paris, Seuil, 2004, 443 p.- Le bonheur, tout est là. Du premier terme du livre, Accomplissement, à l’un des derniers, Visage (Levinas), en passant par désir, moyens, obstacles, il y a de quoi faire, sous la forme dictionnaire qui segmente opportunément.

MISRAHI Robert, Véronique Verdier, L’existence comme itinéraire, Lormont, Bord de l’eau, 2012, 173 p.- Connaître, fonder, aimer, agir, créer, principales étapes de l’itinéraire de vie d’un sujet responsable de son existence. Entretiens TV 2011 plus présentation de concepts de base.

MORENO Jacob L., Psychothérapie de groupe et psychodrame, Paris, PUF, XII-469 p.- traduit par Jacqueline Rouanet-Dellenbach depuis Gruppenpsychotherapie und Praxis [1959], traduit de l’anglais et rev. par Anne Ancelin-Schutzenberger. Moreno, autre géant viennois, de la première émigration, est victime ou bénéficiaire de plusieurs opérations intégratives, dont le psychodrame analytique.

NACHT Sacha, Guérir avec Freud, Paris, Payot, 1971, 244 p.-

NARANJO Claudio, ORNSTEIN, Robert E., On the Psychology of Meditation, New York, Viking Press, An Esalen Book, 1971, 248 p.- D’origine, la méditation comme une des composantes de base du Mouvement du potentiel humain. Prise dans un bouquet d’ensemble la méditation a sa place dans un parcours psychothérapique, en tout cas de formation.

NARANJO Claudio, The One Quest, Esalen Book, 1973, 245 p.- Chaman, prêtre, psychothérapeute, diversité de méthodes et techniques, même cause, la Croissance (growth). Plongée dans la dynamique idéologique de l’époque.

NARDONE Giorgio, Psychosolutions. Comment résoudre rapidement les problèmes humains complexes, [1998], Paris, Enrick, 2015, 127 p.- Il y a des fois où ça marche, où la ruse impliquée du praticien déjoue les tours dont nous nous sommes embobinés.

NARDONE Giorgio, Dépasser les limites de la peur. Comprendre la peur pathologique pour mieux la surmonter, [2000], Paris, Enrick, 2015, 129 p.-

NATHAN Tobie, et al, Psychothérapies, Paris, Odile Jacob, 327 p.- Ethnothérapie, la thérapie des autres, dans le sillage de Devereux.

NICOLAS Serge, Histoire de la psychologie, Paris, Dunod, 126 p., 2016.-

NICOLAS Serge, FERRAND Ludovic, La psychologie moderne, Bruxelles, De Boeck, 2016. Histoire de la psychologie scientifique, 2008, 149 p. ; Les grands courants de la psychologie moderne, 2009.-

NICOLAS Serge, « Histoire de la psychologie » in Encyclopedia universalis. Excellent article panoramique, bien documenté. Centré sur la recherche, orienté vers le cognitivisme — psychothérapie considérée sous l’angle psychopathologique. C’est ainsi plus clair, psychologie (science) / psychothérapie (relation).

Comme on sait par ailleurs cette paire oppositionnelle requiert examen attentif, à partir précisément d’une réflexion sur le concept de relationnellité. Cf. à ce sujet GRAUER Philippe, « Les cinq degrés de la relation en psychothérapie relationnelle« .

OHAYON Annick, Psychologie et psychanalyse en France. L’impossible rencontre (1919-1969), Paris, La Découverte, 1999, 444 p.- Incontournable. Si on ne connaît pas l’histoire de sa discipline on ne comprend rien à sa vie professionnelle et épistémologique. De son côté le public s’émerveillera du talent de l’historienne qui fait défiler alertement, de façon soigneusement documentée, un siècle de psychologie sous son regard.

ORTOLI Sven, PHARABOD Jean-Pierre, Le cantique des quantiques. Le monde existe-t-il ? Paris, La Découverte, 1984, 139 p.- Lisez ça et renoncez à jamais à confondre la relation en psychothérapie avec les époustouflantes relations du chat de Schrödinger passant avec ses puces partout à la fois en même temps.

OURY Jean, DEPUSSÉ Marie, À quelle heure passe le train… Conversations sur la folie, Paris, Calmann-Lévy, 2003, 318 p.- « Une obstination, un amour… Ce mot-là il faut le dire dans la marge, sans accent, en douce. Nous aimons passer nos jours avec les fous ». Sans amour pas de psychiatrie. Sans folie pas d’humanité.

PAGÈS Max, L’orientation non directive en psychothérapie et en psychologie sociale, [1965], 1990, art CRU, 205 p.-

–  Psychothérapie et complexité, Paris, Desclée de Brouwer, 1992, Paris, Épi, 1993, 316 p.-

La vie affective des groupes. Esquisse d’une théorie de la relation humaine, Paris, Dunod, 2002, 286 p.-

L’implication dans les sciences humaines. Une clinique de la complexité, Paris, L’Harmattan, 2006, 274 p.- Un texte fondateur et fondamental. Max Pagès est une personnalité scientifique de tout premier plan. Son implication dans le déploiement en France de la psychosociologie le situe comme un passeur et un diffuseur exceptionnel. Carrière passionnée exemplaire, un peu l’équivalent en psychothérapie d’Edgar Morin en sociologie. Ce Maître eut des disciples, dont Vincent de Gaulejac, Jean-Michel Fourcade, Philippe Grauer. C’est lui qui introduisit Rogers officiellement en France, présida à la fameuse rencontre de l’avenue d’Iéna, ou la psy française se recomposa après basculement, puis récidiva en introduisant le Mouvement du potentiel humain. La psychothérapie relationnelle lui doit beaucoup.

PAGÈS Max, VAN DEN HOVE Didier, Le travail d’exister, roman épistémologique, Paris, 1996, 378 p.- Le texte accomplit la promesse du titre. Une avancée méthodologique, le témoignage critique. Par un de nos pères fondateurs.

PAICHELER Geneviève, L’invention de la psychologie moderne, Paris, L’Harmattan, 1992, 350 p.- Superbe. Très bien informé, on se met à comprendre la psychologie, ses enjeux, son histoire, comme jamais.

DE LA PUENTE Miguel, Carl Rogers : de la psychothérapie à l’enseignement, Paris, Épi, 1970, 373 p.-

PINOTTI Andrea, L’empathie, histoire d’une idée de Platon au post humain, Paris, Vrin, 2016, 256 p.- Voici une philosophe qui s’y met ! L’empathie est devenue une réalité populaire. Raison de plus pour aller voir de quoi il s’agit, et revenir à Rogers.

Cf. également sur le sujet BERTHOZ Alain et JORLAND Gérard (dir.), HOCHMANN, basique, TISSERON. Évidemment on trouvera chez Carl ROGERS une ample réflexion théorique et clinique, littéralement fondatrice de la renaissance psychothérapique de la psychologie humaniste.

PLUTCHIK Robert, The Emotions, Facts, Theories and a New Model, University Press of America, [1962]1991, 216 p. Collaborateur d’un précédent recueil sur les émotions dirigé par Magda B. Arnold, auteur de nombreux ouvrages dont celui-ci est une sorte de résumé style Que sais-je, Plutchik a créé une théorie originale et profondément pertinente des émotions, d’inspiration darwinienne. En les classant dans un ordre circomplexe déduit de ses recherches, et les traitant comme des couleurs, il dessine un vaste tableau de ce que nous appelons émotions et sentiments, qui mérite qu’on en prenne connaissance – et de la graine. Nous nous proposons de le traduire, commenter et agrémenter de nos propres idées sur la catharsis. Que les anglophones déjà s’approprient cette pensée magistrale, hélas méconnue.

POSTEL Jacques, QUETEL Claude (dir.), Nouvelle histoire de la psychiatrie, Paris, Dunod, 2012, XIX-647 p.-

QUETEL Claude, Histoire de la folie. De l’Antiquité à nos jours, Paris, Taillandier, 2012, 620 p.-

RANK Otto, Le traumatisme de la naissance, influence de la vie prénatale sur l’évolution de la vie psychique individuelle et collective [1924], Paris, Payot, 2002, 292 p.- Cette contribution au développement de la psychanalyse en direction de la dyade mère-enfant et de la séparation fait de Rank le précurseur de Mélanie Klein. Autre contribution (proximité avec Ferenczi), la créativité et les méthodes actives. Enfin, la brièveté et le rôle de l’exercice de la volonté, au sens de vouloir sa vie (thème que reprendra Rollo May).

RANK Otto, L’art et l’artiste, créativité et développement de la personnalité, Paris, Payot, 2014, 541 p.- Faire de sa vie une œuvre d’art, quel magnifique programme !

RASSIAL Jean-Jacques, coll. PELLÉ-DOUËL Christilla, Pour en finir avec la guerre des psys, Paris, A. Michel, 2010, 201 p.-

RENAUT Alain, L’ère de l’individu, Paris, Gallimard, 1989, 299 p.- « Quels sont les rapports qu’entretiennent les concepts de sujet et d’individu ? quelle est leur relation au concept de personne ? quelle est leur identité ou non identité propre ? » À partir d’un examen critique de Heidegger, repartir de Descartes, refonder l’individualisme sur la monadologie de Leibniz, reprendre avec Berkeley et Hume, passer au crible Louis Dumond, se souvenir de Benjamin Constant, déboucher sur Hegel et Nietzsche, rebondir sur Lévinas pour finir avec Kant. Un parcours qui disjoint individualisme et subjectivité, éclaire les concepts d’autonomie et de relation. Au nom de quoi nos Temps modernes sont-ils individualistes, d’où ça nous vient, comme cela s’est travaillé depuis Descartes, pour en venir au concept clé de relation, qui conduise l’individu à accoucher du sujet ?

Quand Térence dit que rien de ce qui est humain ne lui est étranger, il le dit à partir d’une vision du monde antique, dans laquelle les dieux fondent l’ordre du monde, le logos. Le christianisme qui s’est emparé de l’Empire a régné sur l’Europe sans partage, sauf aux frontières l’islam et à l’intérieur des poches de judaïsme, jusqu’à son implosion en guerres de religion et stabilisation au XVIème siècle en protestantisme et contre-réforme catholique. Mais le travail de sape entrepris à partir de la Renaissance devait conduire aux Lumières pour aboutir à une vision du monde dans laquelle Dieu céderait la place à l’Homme. Basculement de l’humanisme. La nouvelle organisation porte le nom d’individualisme. Principe de liberté inaliénable de chaque être humain, articulé aux autres, citoyenneté, démocratie (à l’horizon, nation). Le destin humain passe de faire son salut à se réaliser de façon responsable (et solidaire).

La naissance philosophique et anthropologique de ce nouveau système du monde nous la datons de Descartes et de son cogito. Longue chaîne d’évidences déroulées logiquement selon la raison, partant de la première évidence, je pense, à partir de quoi mon être trouve son fondement. Pour je ressens, j’éprouve, on verra plus tard (sensibilité du XVIIIème siècle, Rousseau et compagnie). Mais aussi théorie des animaux machines (déjà la machine !), et surtout le « Je suis maître de moi comme de l’univers », qui permettra une vision du monde de l’Homme dominant la nature, devenue au XXème siècle avec la techno-science un véritable stock à disposition, en route pour la catastrophe écologique en cours.

Il se trouve que Alain Renaut reprenant la question après Heidegger (ample histoire de la subjectivité), met en lumière que des cogitos on peut en dénombrer trois, et non un seul. Descartes, Hume, Kant. Au cartésianisme rationaliste de clôture sur soi, joindre la perspective adverse de l’ouverture sur les impressions de l’empirisme (filière Locke, Berkeley, Hume). Situer ici L’erreur de Descartes et l’univers des émotions (Plutchik, inconnu de Damasio, nous y reviendrons ailleurs). En passant par le bouclage hermétique du cartésianisme par le Leibniz des monades (une monade = une subjectivité radicale, sans portes ni fenêtres), verrouillant l’empirisme, parachevant le cartésianisme, arriver au cogito criticiste de Kant, voici le troisième. Ensuite, l’épopée passera par Hegel pour aboutir à Nietzsche, et voici la phénoménologie sur laquelle se fonde notre psychothérapie (sans oublier la psychanalyse bien sûr) incluant la dimension de l’éprouvé, du vécu, de l’inter vécu psychothérapique.

Comment au cours de cette aventure s’articulent les concepts clés d’individualisme, de subjectivité et d’humanisme, cela reste à explorer et circonscrire. De révolution copernicienne en révolution copernicienne le statut de sujet, à la base de la psychothérapie relationnelle, se voit profondément remanié. Ajoutez y la finitude (Dieu était infini) et une métaphysique de la subjectivité, et le tableau sera presque complet.

On trouve tout cela et davantage dans L’ère de l’individu. Si on n’a pas commencé à se cultiver en philosophie, mieux vaut ne pas commencer par ce texte dense. Par contre, ne pas l’éviter si on veut prendre en charge d’aborder la réflexion sur les bases philosophiques de la pratique psychothérapique contemporaine. Un des meilleurs ouvrages de l’auteur.

RENAUT Alain, Découvrir la philosophie, Paris, O. Jacob, 2010, 5 volumes tous datés de 2010 :

– 1. Le sujet, 307 p.

– 2. La Culture, 313 p.

3. La Raison et le Réel, 322 p.

– 4. La politique, 219 p.

5.  La morale, 209 p.

Munis d’un glossaire utile au débutant dans cette matière, ces ouvrages constituent un bon fonds permettant de contextualiser philosophiquement le débat concernant la relation.

RICHARD François (dir.), BOKANOVSKI T., BRUSSET B., CHABERT C., GREEN A. KAËS R., LÉVY G., PERRON R., ROUSSILLON R., Le travail du psychanalyste en psychothérapie, Paris, Dunod, 2002, 278 p.-

RIMÉ Bernard, SCHERER Klaus R., (dir.), Les Émotions, Delachaux et Niestlé, 1989, 303 p.- Textes de Darwin, Piaget, Sartre, Paul-Etienne Chipp, Paul Ekman, Nico H. Frijda, Daniel Martins, Ruth Menahem. Cet ouvrage récapitule les principales théories psychologiques des émotions. Sartre y remarque que l’émotion n’est pas un état de conscience en soi, mais qu’elle est conscience du monde : on a peur de quelque chose, fut-ce imaginaire. Toute émotion s’inscrit dans une relation au monde.

ROBINE Jean-Marie (dir.), Self. Une polyphonie de gestalt-thérapeutes contemporains, Bordeaux, L’Exprimerie, 2016, 415 p.- 65 ans après, 20 praticiens théoriciens centrés sur un concept central de la gestalt-thérapie, ouvrent des perspectives et élargissent leur empan contextuel à des approches voisines.

ROBINE Jean-Marie, S’apparaître à l’occasion d’un autre, Bordeaux, L’Exprimerie, 2004, 252 p.- On ne saurait mieux illustrer la problématique relationnelle. Le « champ » c’est à tout prendre la situation. Par exemple celle de la relation en séance où se rejoue le drame imprévisible de l’existence. Robine est une personnalité éminente de la gestalt-thérapie en France et dans le monde.

ROGERS Carl, Le développement de la personne [On Becoming a Person,1961], Paris, Dunod, 1968, 290 p.-

ROGERS Carl, Les groupes de rencontre, Paris, Dunod, 1973, 171 p.- Le groupe, aux mains de Rogers, un outil incomparable.

ROGERS Carl et Collectif « Savoir et rapport au savoir », Autobiographie de Carl Rogers. Lectures plurielles, Paris, L’Harmattan, 2003, 242 p.- On y trouvera l’autobiographie de Rogers et d’intéressantes contributions sur le rogerisme.

REICH Wilhelm, L’analyse caractérielle, [1933], Paris, 1992, Payot, 465 p.- Reich fut l’un des tout premiers, le premier peut-être, à comprendre que la relation actuelle d’entrée de jeu fixe le scénario relationnel de base de la personne qui vient « voir quelqu’un », et le traite de la façon tordue dont elle traite tout le monde, avec les inconvénients que cela peut comporter, et les ressources cliniques aux yeux du praticien qui sait y voir clair dans cette manifestation du symptôme d’entrée de jeu.

ROMANO Claude, Au cœur de la raison, la phénoménologie, Paris, Gallimard, 2010, 1141 p.- Complet sur le sujet. Il existe des structures d’expérience et de perception du monde, intégrant l’intelligence du langage. Il en découle une nouvelle image de la raison. Un bel exemple de la nécessaire conjonction de la philosophie et de la « politique de l’expérience » psychothérapique. Commencer peut-être par la seconde partie.

ROUDINESCO Élisabeth, PLON Michel, Dictionnaire de la psychanalyse, Paris, Fayard, 1997, 1217 p.- Un professionnel le détient dans sa bibliothèque.

ROUDINESCO Élisabeth, Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre, Paris, Seuil, Paris, Seuil, 2014, 580 p. Un monument, dont les qualités littéraires ont été récompensées par le prestigieux prix Décembre. On ne peut tout mettre, d’une œuvre monumentale. On remarquera que nous n’avons pas disposé d’entrée Freud dans cette bibliographie, qui se passe de notre recommandation.

Pour mémoire il existe en tout trois grands Freud, celui de Peter GAY, [1988], 1991, Fayard, 901 p., celui d’Emilio RODRIGUÉ, [1996] 2000, Payot, 798 p., et celui d’Élisabeth Roudinesco. Commencez donc par ce dernier, vous pourriez y prendre plaisir, le grand homme, dépoussiéré, y est bien vivant.

ROUDINESCO Élisabeth, Le patient, le thérapeute et l’État, Paris, Fayard, 179 p. L’historienne explique les ressorts corporatistes, idéologiques et politiques de la crise que Ph. Grauer a baptisé bataille des charlatans, et le jeu des forces qui ont précipité les psychanalystes (Groupe de contact, Jacques Sédat), à l’exception de l’ECF (École de la cause freudienne), contre les psychothérapeutes regroupés dans leurs institutions autoréglementaires. Il en résultera la loi de 2004 instituant le titre d’exercice de psychothérapeute, réservé… aux psychologues et psychiatres (psychanalystes inclus), qui n’étaient point psychothérapeutes jusqu’à cette date et juraient leurs grands dieux qu’ils voulaient surtout ne pas l’être. Ouvrage courageux et lucide. Reste actuel. Certains éléments de l’Annexe tentant une classification des méthodes et techniques supporteraient révision.

ROUDINESCO Élisabeth, Histoire de la psychanalyse en France. Jacques Lacan, esquisse d’une vie, histoire d’un système de pensée, Paris, Pochothèque, 2118 p. Remis à jour, intègre la bataille autour « des psychothérapies » et de l’enseignement de la psychanalyse à l’université. Deux immenses textes sans lesquels on ne comprend rien à ce qui se passe dans le monde psychanalytique. Ouvrage de référence indispensable et incontournable.  Qui plus est bien écrit.

ROUDINESCO Élisabeth, Dictionnaire amoureux de la psychanalyse, Paris, Plon/Seuil, 2017, 592 p.-

Promenade avec la vie et l’amour au jardin du monde de la psychanalyse, sorte de récit de voyage par entrées, où l’auteure manifeste sa seconde nature, celle de cinéphile. Ainsi la censure irrévocable du film de Huston (sur le scénario Freud cela fut rendu impossible par l’incompatibilité d’humeur Sartre-Huston, autre péripétie) réunissant Montgomery Clift et Marylin, exercée par Anna Freud et cet étrange père de famille freudienne que fut Greenson, troisième et ultime analyse de la comédienne, on en éprouve le regret dont Élisabeth Roudinesco colore le récit qu’elle fait du film qui ne put venir au monde. Et tout est comme ça. On se balade en Psychanalytie, pays aux provinces si contrastées pour lesquelles l’auteur maintient sa tendresse et sa capacité critique. Ce dictionnaire subverti en recueil de nouvelles ne manque pas de charme. Avec cette sorte d’improvisation poétique péri freudienne, on entre en littérature, et en cinéma. Et on y découvre plein de détails de la vie de la psychanalyse sur un siècle et des dizaines de lieux culturo planétaires, on y prend le plaisir extrême d’écouter le récit stochastique bien tempéré de l’historienne conteuse érudite et attachante.

ROUSSIN-TESSIER Michèle, LARIVEY Michelle, ROYER Denis, Groupe et croissance personnelle, Ottawa, 1971, Éditions de l’Institut de formation par le groupe, 184 p.-

ROUSTANG François, Influence, Paris, Minuit, 1990, 183 p.- Il faut entendre hypnose au sens de Nouvelle hypnose. Influence mutuelle et relation, si l’on « oublie » le transfert on rencontre l’influence impalpable. Comment travailler avec ? toujours en décalage l’auteur s’inscrit dans l’hypnose après sa désinscription de la psychanalyse. Eût-il vécu plus logntemps, qu’on l’aurait vu se décaler d’un cran de plus. Toujours aussi excellent clinicien.

SAIGRE Henri, « Le lieu du transfert »( pp. 75 et sq.), in Manuel d’art-transformation, Paris, L’Harmattan, 2011, 171 p.-

SEARLES Harold, Le contre-transfert, Paris, Gallimard, 2005, 352 p.-

SALATHÉ Noël K, Psychothérapie existentielle, une perspective gestaltiste, Genève, Institut de psychothérapie gestalt-existentielle, 1995, 173 p.- Par le co-fondateur du CIFPR. Remarquablement dense, précis, facile à lire, bien construit, original. Intègre la gestalt-thérapie et la psychothérapie existentielle (Yalom). Un plaisir. Avoir déjà tâté de la gestalt avant de s’y coller, on saisira mieux de quoi il retourne.

SALATHÉ Noël K, Mes cahiers, opus 1. Une approche gestalt-existentielle, Azy, 2013, 174 p.-

SARTRE Jean-Paul, L’existentialisme est un humanisme, Paris, Grego, [1946] 2011, 132 p.- Une conférence qui marqua son époque. Sartre plutôt fâché d’avoir été trop clair, Heidegger (« grand philosophe et nazi » Sartre le caractérise justement) heureux de le renier avec sa Lettre sur l’humanisme. L’existentialisme, devenu américain influencera l’élan de la psychologie humaniste. Texte incontournable.

SCHOTTE Jacques, Vers l’anthropopsychiatrie, un parcours, rencontrer, relier, dialoguer, partager, Paris, Hermann, 2008, 464 p.- Cf. Feys ici même. Aire Biswanger Maldiney.-

SICARD Didier, VIGARELLO Georges, Aux origines de la médecine, Pris, Fayard, 2001, 474 p.- Quel beau livre ! à tous les sens du terme. Au hasard au chapitre 25 on trouve « La santé psychique, une médecine de l’être » par Marinopoulos. Une vingtaine de spécialistes de toutes disciplines abordent les enjeux des relations de l’homme à la médecine.

STERN Daniel, Le moment présent en psychothérapie. Un monde dans un grain de sable, Paris, Odile Jacob, 2003, 302 p.- Le psychanalyste du Monde interpersonnel du nourrisson, PUF, 2003, découvre la gestalt de façon saisissante, sans rien en dire mais en le faisant, textuellement parlant. L’auteur dégage les liens entre « l’implicite, l’intersubjectif et l’instantané », au cours de « l’expérience présente vécue à deux, hors langage et souvent hors conscience. »

STERN Daniel, Les formes de vitalité, psychologie, arts, psychothérapie et développement de l’enfant, Paris, Odile Jacob, 2010, 221 p.-

SUZUKI D.T., FROMM Eric, DE MARTINO Richard, Bouddhisme zen et psychanalyse, Paris, PUF, 1971, 192 p.- Ben oui.

TAYLOR Charles, Les sources du moi, la formation de l’identité moderne [1989, trad.  française 1998], Boreal, 2003, 712 p.- « L’individualisme de notre temps n’est pas, ou pas seulement, une conséquence du libéralisme politique et économique dominant. La « quête d’authenticité » qui semble marquer notre époque possède selon lui une véritable force morale : elle est source d’exigence éthique et de nouvelles valeurs pour la société, car chacun attend désormais une reconnaissance sociale de son identité. Ainsi, «le moi et la moralité s’avèrent être des thèmes qui s’entremêlent de manière inextricable». » (Ch. Taylor). Théoricien du multiculturalisme et du communautarisme, l’auteur rappelle que l’identité personnelle est aussi toujours une identité collective.

TAYLOR Myriam, Thérapie du trauma. Neurosciences et gestalt-thérapie, Bordeaux, L’Exprimerie, 2016, 290 p.-

TILLICH Paul, Le courage d’être, Paris, Casterman, 1967, 189 p.-

TISSERON Serge, Empathie et manipulations. Les pièges de la compassion, A. Michel, 2017, 177 p.- L’auteur de L’empathie au cœur du jeu social nous avertit des détournements malfaisants de la générosité humaine. Un tout autre abord de la question. Ne pas oublier Rogers en cours de route.

Cf. également sur le sujet BERTHOZ Alain et JORLAND Gérard (dir.), HOCHMANN (fondamental), PINOTTI,  TISSERON. Évidemment on trouvera chez Carl ROGERS une ample réflexion théorique et clinique, littéralement fondatrice de la renaissance psychothérapique de la psychologie humaniste.

TODOROV Tsvetan, Le jardin imparfait. La pensée humaniste, 1998, Paris, Grasset, 350 p.- Le jardin est imparfait mais le Todorov est parfait honnête homme de notre temps.

TONELLA Guy, HEINRICH-CLAUER Vita (dir.), Aux fondements des thérapies psychocorporelles. L’Analyse bioénergétique de Lowen à nos jours, Paris, 2015, 461 p.- On peut distinguer deux analyses bioénergétiques, celle qui aime se légitimer des neurosciences, dont Tonella, et celle qui aime à s’imprégner de psychanalyse. Dans les deux cas, tendance intégrative.

TOURETTE-TURGIS Catherine, Le counseling, Paris, Que sais-je ?  1996, 124 p.-

Van DEURZEN Emmy, Existential Counselling & Psychotherapy, Sage, 2008, 224 p. Très bel ouvrage avec réflexion théorique et cas, par la première présidente de la britannique UKCP, qui joua un rôle important dans l’institution de la psychothérapie comme pratique autonome, se dégageant de la psychologie et de la psychiatrie.

WATZLAWICK  Paul, BEAVIN Janet, JACKSON Don D., Une logique de la communication [Pragmatics of human communication : a study of interactional patterns, pathologies and paradoxes], Paris, Seuil,1972, 285 p.- La question demeurant, quand on élargit le concept de relation à celui de communication, de déborder le cadre disciplinaire de l’épure. Autre débat. Cela dit la pensée de Watzlawick est une passionnante et constante source d’inspiration.

WEBER Renée, Dialogues avec des scientifiques et des sages, éd. Du Rocher, 1986, 381 p.-

WILBER Ken, Le paradigme holographique, Paris, Éveil, 1984, 446 p. Matière, esprit, âme, tout cela s’étage et il ne faut pas se tromper d’étage (on en compte cinq). Le subatomisme et les structures dissipatives (Illya Prigogyne, Isabelle Stengers) là-dedans n’ajoutent pas grand chose en réalité à un édifice dans lequel on circule du mode sensoriel empirique au spirituel en passant pas l’herméneutique. Tout ceci est affaire de croyance. Cf. Atlan sur la question. La physique et ses paradoxes, et le mysticisme, passent-ils par des cheminements communs ? Oui si des physiciens les empruntent, sous leur seule responsabilité. On reste calme.

Une partie de l’ouvrage est consacrée à un dialogue avec le krishnamurtien David Bohm. Ce dernier, partie prenante du projet Manhattan, refusa de collaborer avec le maccarthysme et de témoigner contre ses collègues. Prison, exil. Intéressant modèle de Bohm des deux ordres, l’implicite ou implié et l’explicite déplié qui n’en est qu’une forme de déploiement, un seul aspect de la totalité générale de tous les ordres impliés (la théorie des cordes, venue après, peut être considérée comme s’apparentant à ce genre de modèle, sauf qu’elle ne parle pas de l’esprit comme une dimension implicite). Ça plus l’holisme quantique, et c’est parti pour la fameuse 5è Force de Wilber, qui évolue là-dedans comme un poisson dans l’eau lourde. On a bien le droit de rêver d’une réalité sous jacente comprenant l’esprit et la matière. Les Jedi doivent y puiser leurs pouvoirs.

WILBER Ken, Une brève histoire de tout, Édition de Mortagne, 1997, 452 p.- Modèle unifiant les champs physique et spirituel. Emblématique du genre.

WINNICOTT Donald, La Nature humaine, Paris, Gallimard, 2014, 216 p.-

WINNICOTT Donald, La relation parent-nourrisson, Payot, 2011, 153 p.-

YALOM Irvin, Thérapie existentielle. Essai, Traduit de l’anglais par Laurence Richard (CIFP promo7), Paris, Galaad, 2008, 755 p. Le pavé incontournable. Les données existentielles. Et quand elles deviennent contraintes ? De toute façon il faut lire tout Yalom, dont les romans et nouvelles sont savoureux.

ZARIFIAN Édouard, Le prix du bien-être. Psychotropes et société, Paris, Odile Jacob, 1996, 285 p.- Un dossier qui n’est pas prêt de se refermer.


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