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Glossairede la psychothérapie

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exopratiques

Dans Philippe Grauer, Titre de psychothérapeute – une mécanique institutionnelle complexe [mis en ligne le 25 juin 2011, brève 1017], la seconde partie de l’article traite des praticiens d’autres professions champs méthodes techniques qui prétendent à l’appellation de psychothérapie alors que leur pratique n’a rien à voir avec elle, encore moins avec notre psychothérapie relationnelle. Il s’agit de ceux qu’invectivent souvent les « purificateurs », victimologues (autoproclamés) et idéologues populistes affectionnant de nous confondre avec ceux dont nous nous sommes en tant que profession et discipline naissantes historiquement disjoints depuis 1966 pour le PSY’G, 1981 pour le SNPPsy, pour nous doter d’une autoréglementation et déontologie propres, garanties par nos institutions représentatives. L’imposture ne consiste pas à proposer des pratiques exotiques, parfois sectaires, elle consiste à revêtir ces pratiques de l’appellation usurpée de psychothérapie. Elle peut commencer là où des écoles proposent des formations insuffisantes les conduisant à dispenser des titres trompeurs.

Comme nous avons déjà constitué une entrée charlatan nous vous proposons ici un autre volet de notre réflexion sur cette question qu’il faudrait logiquement afficher

exopratiques avec imposture, charlatanerie

. Voici donc la seconde partie de l’article Titre de psychothérapeute.


(…) À part, enfin, on trouve les

– exopratiques et malpratiques – hors champ

usurpateurs d’identité

En dehors de cela une masse indistincte de praticiens de toutes sortes, associant le spirituel à l’accompagnement de développement personnel ou de coaching, au chamanisme, à dix autres activités, respectables ou non sous leur nom selon des critères qui leur appartiennent, mais pas sous un faux nom. Certains de ces praticiens s’ils se piquent indûment de « thérapie », constituent le lot (sans doute pas considérable en effectif, le gonflement de leur nombre aux proportions du fantasme relève de l’opération panique à bord) des vrais charlatans. Ils le sont seulement en qualité d’usurpateurs de notre nom, s’ils s’autoproclament psychothérapeutes ou psychopraticiens, et désignent indûment de ces noms leurs services, qu’aucun corps identifiable et reconnu historiquement et scientifiquement ne garantit et valide à ces titres, dont personne ne peut rien dire sinon qu’ils n’ont pas le droit moral et professionnel de parler de psychothérapie pour définir ce qu’ils proposent. Ils évoluent hors champ, nous n’avons pas compétence pour évaluer leur pratique. Seulement pour veiller à ce qu’ils ne la pratiquent pas sous un nom d’emprunt. Quand ils évoluent hors de notre nom le simple fonctionnement normal des lois et usages suffit à distinguer ce qui doit l’être.

malformés

Une deuxième catégorie de personnes dangereuses regroupe les insuffisamment formées, ayant déserté leur école avant terme ou ayant pratiqué une école de qualité insuffisante, non répertoriée et garantie dans l’un des organismes reliés dans le cadre du GLPR. Le plus souvent dépourvues de supervision – en tout cas de supervision digne de ce nom, elles se jettent dans l’arène quand elles ne sont pas du tout sûres de vaincre. Elles se mettent en danger elles-mêmes, ainsi que ceux qui recourent à elles. Souvent elles attirent peu de monde, et il n’y a que demi mal de ce fait, mais certains psychopathes peuvent se révéler dangereux et populaires. Pas d’affolement, ils ne sont pas non plus légions. Mais c’est pour éviter ces mauvaises rencontres que les institutions historiques du GLPR ont mis en place le cadre sain de leur profession. D’où l’intérêt quand on entreprend une psychothérapie de s’assurer des références du professionnel auquel on a affaire.

organismes à garanties insuffisantes

Une troisième catégorie se constituerait de fédérations ou organismes n’offrant pas toutes les garanties nécessaires, au sein desquelles viendraient se loger des praticiens insuffisants. Nous ne pouvons les lister ni n’avons à le faire, le maccarthisme s’est toujours révélé un remède pire que le mal, paradoxalement de nature comparable à celui-ci au bout du compte. Il est plus intéressant et politiquement sain de lister les bons, d’informer sur leurs critères et systèmes de garantie, que de blacklister les mauvais (dont les lois de la République répriment déjà normalement les activités répréhensibles).

dérives sectaires

Mentionnons enfin les sectes, franchement faussaires si l’on peu dire, pour mémoire. Les sectes prétendent utiliser une vague terminologie psy et quelques techniques psychologiques détournées à leurs fins manipulatrices. Elles relèvent d’une logique nocive aggravée. Elles n’ont bien entendu rien à voir avec ceux dont elles singent la pratique. Plus dangereuses, elles nécessitent vigilance et application de la loi concernant leurs activités répréhensibles.

chiffon rouge

C’est en agitant comme chiffons rouges tous ces dangers bien réels, contre lesquels se sont à temps prémunies les organisations responsables regroupées dans le cadre du GLPR, que les psychologues en particulier, à présent sous les couleurs du nouveau titre de psychothérapeute qui les paramédicalise, les pauvres, et certains psychologues-psychanalystes qui ne distinguent pas à l’œil nu un psychopraticien relationnel d’un cognitiviste (l’un est leur allié l’autre leur adversaire) affectent d’amalgamer les psychopraticiens relationnels clairement identifiables et éthiques, aux imposteurs qui leur sont parfaitement étrangers.

choisir d’évoluer en terrain suffisamment sécurisé

En effet qui s’adresserait aux imposteurs en les amalgamant au domaine des professionnels du psychisme prendrait des risques graves. Il importe de s’adresser en la matière balisée par le Carré psy à un praticien repérable et assignable. De ce point de vue l’honnête électron libre devient un cas de figure hors cadre, l’exception confirmatrice de la règle. Remarquons qu’aucun système même totalitaire n’est jamais venu à bout des électrons libres. Il restera toujours des zones grises et des zones franches, elles sont systémiquement inévitables. Le risque zéro relève seulement du fantasme. Les lois de la République protègent, suffisamment on l’espère, mais jamais absolument (totalitarisme, sécuritarisme). Persécuter les hors champ ne servirait à rien, on n’a jamais supprimé les marges. On peut se contenter de fréquenter le territoire où l’on obéit aux lois de l’Empire.

Cinq critères

Ne pas oublier que c’est de cette nébuleuse à la marge que les institutions historiques de la psychothérapie relationnelle, depuis un tiers de siècle se sont démarquées, délimitant les frontières de leur domaine, se donnant leurs bonnes règles, assises sur le principe des Cinq critères, héritées de la psychologie humaniste et d’une psychanalyse alors libre.

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