RechercherRecherche AgendaAgenda

Glossairede la psychothérapie

Revenir

scientisme

religion de la science

« Si la science un jour règne seule, les hommes crédules n’auront plus que des crédulités scientifiques. » Cette jolie phrase d’Anatole France dans L’hypnotisme dans la littérature, élégamment synthétique, le réhabiliterait à elle seule de l’opprobre dans laquelle l’ont tenu les surréalistes.

– Second exergue, une sentence de Saint Augustin citée par B. Odier dans un article en ligne (collecté le 8 août 2013) :
Vae caecis ducentibus, vae caecis sequentibus (malheur aux aveugles qui mènent, malheur aux aveugles qui suivent).

Voir également

l’article scientisme de Wikipédia. Bien fait.

Au regard du scientisme, « foi dans l’application des principes et méthodes de la science expérimentale dans tous les domaines, » les sciences humaines ne pèsent pas lourd et la statistique a vite fait de supplanter dans les faits l’intuition clinique. La question est précisément celle de la substitution subreptice de la foi (on peut dire aussi la théorie, à ne pas confondre avec la vérité scientifique) à la méthode rationnelle critique.

L’idéologie qui en découle, largement développée dans le soviétisme et toujours en vigueur aux États-Unis, où elle voisine avec le New Age – la pensée mystico magique faisant le pendant à sa rigidité –, autorise tous les débordements, comme l’administration de camisoles chimiques psychiatriques aux opposants, ou l’administration, elle même abusivement médicamenteuse, de l’idéologie DSM mondialisée dans le domaine de la santé mentale, et l’extension à tendance hégémonique du comportementalisme répandu de nos jours sous les couleurs du cognitivisme et des neurosciences, il vaudrait mieux parler de neuroscientisme, précisément, brutalement opposé aux disciplines de la dynamique de subjectivation représentée à l’université par la psychanalyse hébergée en psychologie et par la psychothérapie relationnelle, tenue par les tenants d’un scientisme populiste pour charlatanerie.

Pour le scientisme il n’est de science que dure, et les sciences humaines et cliniques ne devraient pas se dire sciences, puisque non infalsifiables – ce qui est exact. Le scientisme ignore l’existence d’une épistémè de la subjectivité, articulée au champ philosophique, que la psychologie « scientifique » tient en horreur.

couple scientisme – pensée magique

L’ennui avec le scientisme, c’est que sa rigidité engendre une contre rigidité, une sorte de véritable pensée flasque, consistant à gober sans capacité critique un discours spiritualo extrême orientalisant et des fragments non identifiés de pensée magico religieuse (Jung se trouve souvent embarqué dans cette direction, mais la question de la spiritualité et du mysticisme reste considérable dans notre domaine, s’agissant de la penser et d’en penser ou délimiter l’articulation avec la psychothérapie), assaisonné de propos pas toujours philosophiquement rigoureux sur l’erreur de Descartes, dont le discours de la psychothérapie relationnelle – et de la psychanalyse, doit se garder de la contamination.


3 octobre 2012 – mise à jour : 8 août 2013 – 17 mai 2014 –
Remonter

Remonteren haut de la page