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Glossairede la psychothérapie

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subjectivation

On peut distinguer deux modes psychothérapiques.

objectivation

Celui centré sur le principe de l’objectivité scientifique classique, qui correspond à la méthodologie et pratique de la psychologie scientifique, de la neurologie et du comportementalisme. Lors d’une consultation le patient passe devant un praticien, psychologue, médecin, spécialiste ou expert comme on voudra, qui examine scientifiquement son cas. Le sujet c’est l’expert, celui qui le consulte devient par là même l’objet de l’expertise. L’expert examine, diagnostique, et – qui tient le diagnostic tient le traitement – propose un traitement. Lorsque l’expert s’appelle psychologue il ne diagnostique pas il teste. Nuance. Dans tous les cas un sujet, l’expert, un objet, la maladie et/ou le patient.

subjectivation

Le second mode met face à face deux sujets, dont le spécialiste ignore ce qu’il va advenir de celui venu faire auprès de lui la démarche de savoir qui il est, quelle est son histoire, comment il en est arrivé là et comment il pourrait sinon s’en sortir du moins commencer par comprendre quelque chose à sa vie. Au cours de cette démarche ce dernier va se mettre en marche, il va advenir, accoucher de lui-même, devenir sujet de son existence.

Son accompagnateur écouteur, sorte de guide de haute montagne psy, engage sa propre subjectivité dans le dialogue qui se noue entre eux. Un subjectivité auparavant travaillée à l’occasion d’une démarche du même type effectuée avec succès durant de longues années auparavant, en même temps qu’il se qualifiait professionnellement dans cette discipline et profession.

Un tel écouteur s’appelle psychanalyste ou psychopraticien relationnel, jusqu’il y a peu on s’en souvient, psychothérapeute relationnel. Un tel écouteur est un expert ignorant, le contraire d’un savant, il engage sa propre subjectivité profondément dans le dialogue de sujet à sujet qui se noue, dans l’interrogation dynamique en cours. Ce dialogue est rendu complexe parce qu’il engage des parts de l’être difficiles d’accès – on parle de processus inconscients ou d’inconscient selon les écoles – et passablement complexes si l’on songe au fait que la relation fonctionne un peu sur le modèle d’un feuilletage de transparents datant d’époques très différentes, le tout à l’insu du visiteur et également de l’expert lui-même (qui au moins a déjà exploré tout cela mais rien n’est définitif).

Le déroulement des opérations dans le premier cas s’appelle un traitement, dans le second cas un processus. Et comme il s’agit pour celui qui a entrepris la démarche de devenir sujet de sa vie on parle de processus ou de dynamique de subjectivation.

À partir de cette dichotomie, tout peut devenir complexe, et c’est pourquoi le monde des psys paraît, et est, compliqué, si compliqué que parfois les psys eux-mêmes s’y perdent. Ils peuvent même devenir sectaires, pontifier qu’ils détiennent seuls les clés de la vérité, donner des leçons à tout le monde, ou entrer dans des combinaisons politiques tournant le dos à leurs propres intérêts. Bref, institutionnellement, les psys sont proches des politiques et des religieux, absolument comme tout le monde. C’est dommage mais après tout c’est humain, et ils sont humains comme tout le monde, et aussi fous que tout le monde (pas davantage !). À vous de renoncer là-dessus à vos illusions. Ils peuvent se montrer aussi grands chercheurs, parfois découvreurs remarquables, et excellents cliniciens. C’est probablement ce que vous pensez qu’on peut au minimum requérir d’eux. Finissons sur cette note d’accord.

Pour davantage d’information voir à Carré psy.

Mis en ligne en 2009-10 (?), mis à jour 9 octobre 2011

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