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Glossairede la psychothérapie

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psy

psy vous saviez !

par Philippe Grauer

François Tosquelles se disait psychiste. Il marquait par là que les frontières entre psychiatre, psychologue, psychothérapeute, psychanalyste étaient d’autant plus poreuses que l’ensemble du travailleur collectif de l’hôpital relevait du psychothérapeute collectif qui faisait de l’institution toute entière un lieu et outil de soin, ayant à se soucier de prendre également soin de lui-même au demeurant.

L’usage langagier en a décidé autrement, tout le monde est psy dans le cadre du carré psy. Même que ça a tendance à déborder parfois – de nos jours par imposture charlatanesque comme aiment à dire les médecins et les corporatistes populistes.

Quoi qu’il en soit, le peuple psy – l’expression est de Sibony, qui en avait fait le titre d’un ouvrage, à moins que quelqu’un d’autre vienne la revendiquer – existe et ceux qui le pratiquent ou en parlent utilisent le mot psy pour désigner de façon indifférenciée tous les psychistes. Comme ceux-ci manient volontiers la double ou triple casquette (dont certaines problématiques à l’occasion, celle qui fait le larron, à l’ombre de la visière des vraies), le public a eu vite fait de leur trouver une dénomination commune.

L’usage en est encore frileux et on le trouve souvent paré de ces guillemets emblèmes de l’époque, modulateur ayant pour valeur « je n’ose pas dire ce que je dis. » À l’aide de cet adverbe masqué d’un type nouveau « entre guillemets » (cela s’exprime aussi par geste) je déclare à peu près la même chose que si je disais « psy en quelque sorte. »

De fait psy est de toutes sortes, non en quelque sorte, et de plein droit linguistique. Si l’on veut faire le détail des couleurs pures et des combinaisons il faut recourir au carré psy, expression dans laquelle entre le composant psy, sans guillemets bien entendu.

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