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Glossairede la psychothérapie

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psychanalyse intégrative

faire école

Jean-Michel Fourcade (1) à partir de la NFL – Nouvelle faculté libre – crée la SFPI – Société française de psychanalyse intégrative –. Une bonne école de formation à la psychothérapie intégrative se donne le projet de faire école. Excellent. Jusqu’à présent les quelques écoles intégratives – dont le Cifp intégratif et multiréférentiel – ne sont pas parvenues au plein sens du terme à faire école, en ce sens que les étudiants une fois diplômés se retrouvent souvent en supervision mono disciplinaire. Bien la peine d’avoir passé tout ce temps dans l’intégratif, le multi et le complexe pour se faire superviser par un mono – le plus souvent psychanalyste ou gestaltiste.

Il s’agissait de remédier à cette anomalie. Remarquez, il y avait déjà la Ffrapim, Fédération française de psychothérapie intégrative et multiréférentielle, fondée par Jean-Michel Fourcade, votre serviteur, Max Pagès et al. Restée longtemps forme disponible, dont les temps nouveaux pourraient pourvoir au remplissage, disponible pour cette fonction d’école, rattachée à l’Association européenne de psychothérapie intégrative (incluse, selon sa propre définition, dans la Ffrapim). Nous y reviendrons.

pluralisme

Un peu de fonction société savante est assurée par le Snppsy au nom du pluralisme. Lequel consiste à organiser la convivialité scientifique et épistémologique entre écoles et disciplines différentes. Au principe du Snppsy. Chacun soutient sa discipline en la compagnie des autres et se plaît aux échanges et ouvertures qui en résultent. Si certains sont intégratifs ou éclectiques grand bien leur fasse, le pluralisme les invite à tolérer toute formule et en faire un lieu d’échange et de réflexion, entre praticiens de bonne compagnie répondant aux Cinq critères.

intégrativisme

En toute rigueur il convient de distinguer pluralisme, intégrativisme, et multiréférentialisme. Le deuxième consiste en la combinaison par un praticien de plusieurs disciplines ou méthodes qui de contraires peuvent passer, par le biais des subcontraires du carré d’Apulée, à complémentaires. Moyennant aménagement, par modification d’au moins un des composants. On distingue le composant porteur, le moins altéré en principe, du greffon. Ainsi sur une base psychanalytique suffisamment préparée, ligaturer un greffon reichien ou plus généralement lowennien. Chaque élément suffisamment aménagé, partiellement neutralisé, supportera l’opération. Ainsi brancher du Fairbairn sur du Goodman à la Delisle, donne naissance à un hybride à base gestaltiste – moyennant la construction de concepts intermédiaires, comme celui de micro champ introjecté – les tenants de la Gestalt-thérapie n’étant pas forcément convaincus de la nécessité clinique ou théorique de ce mixage. Quelle est alors la vraie nature de la PGRO ? un winnicottisme à visage phénoménologique, tournant le dos au principe de base de la gestalt-thérapie ? Vaste débat. On peut dans un autre domaine s’interroger sur la résistance du reichisme au concept de pulsion de mort ancrée au tronc psychanalytique. Comment l’un et l’autre se modifient-ils pour aboutir à une combinaison originale, dont il faut tester le degré de cohérence et la distance prise avec chaque constituant de base ? Précisément les travaux, l’érudition, la capacité théorisatrice, l’expérience et la belle intelligence clinique de Jean-Michel Fourcade légitimisent la formule intégrative qu’il propose.

multiréférentialisme

Le troisième cherche à ne pas se dissimuler la gêne des différences irréductibles, mais plutôt à en tirer partie en les reconnaissant pour telles. Conjoindre le Freud de l’inconscient, du primat de la sexualité, de la seconde topique et de la pulsion de mort, avec le Goodman de la dynamique du Soi, de la frontière contact et de la théorie du champ, vigoureusement anti psychanalytique, en plus des étincelles ça donne quoi ? deux univers théoriques et pratiques interfertiles ou non ? métissage ou mé-tissage ? Que faire et que dire de l’impossible combinaison d’entités non plus simplement contraires mais contradictoires ? Le multiréférentiel se donne pour tâche de penser cela, le domaine du complexe inarticulable, celui qui oblige à faire des sautes (univers du fractal) ou à distinguer des niveaux ou des emboîtements (Max Pagès), à admettre en tout cas que des aires théorico-méthodologiques radicalement disjointes ne se puissent conjoindre. En un mot qu’on ne peut pas toujours s’arranger, ni aménager sans dénaturer. Par contre on peut penser les trous d’un système à partir des pleins de l’autre et réciproquement. Cela rend modeste, qualité capitale en matière scientifique, vous savez, le contraire de l’arrogance et du repli dogmatique. Cela développe éminemment le sens critique. Qui songerait à s’en plaindre ?

hiatus

Le principe de multiréférentialité oblige à respecter les hiatus entre les composants, et prendre en compte l’inconfort intellectuel et clinique que cela peut comporter. Cela impose de ne pas pratiquer de mélanges impossibles, plutôt d’articuler en niveaux et en successions, conscient que ça clochera toujours un peu. Et alors ? les théories en physique ne sont pas unifiées, et à peine le seront-elles qu’elles se dissocieront de nouveau. Cela n’empêche pas la recherche dans ce domaine de progresser, ni les praticiens de tout utiliser des segments théoriques disparates à leur disposition sans avoir à atténuer leurs contradictions théoriques. Cependant que pour réconcilier ces espaces théoriques fragmentaires et concevoir une navigation entre les îles de cet archipel nous dirons qu’ils demeurent commensurables, i.e. que nous pouvons entretenir avec chacun d’eux un rapport comparable.

une omerta de moins

On sait au moins dans les sociétés de psychanalyse que les psychanalystes qui font du miel toutes fleurs ont intérêt à taire au sein de leurs associations leurs escapades psychocorporelles ou autres. Au sein d’une société de psychanalyse intégrative voici au moins une omerta qui saute, il y a tout lieu de s’en réjouir.

un geste politique

Il pourrait s’agir tout aussi bien avec la psychanalyse intégrative d’une société de psychothérapie psychanalytique d’inspiration reichienne, avec à la clé comme il peut convenir à la dimension reichienne, le volet sociologique clinique du courant gaulejaccien, tout cela dans le droit fil de la pensée de Max Pagès. Mais comme les temps et le contexte institutionnel changent, il s’agissait pour ses fondateurs de créer une société de psychanalyse psychothérapique. Ainsi le fantasme de société de psychanalyse alternative accueillant certains ex psychothérapeutes sous vocable parapluie trouve un début de réalisation.

Le nom devient, en plus d’une audace scientifique, un geste politique d’ordre institutionnel. Provocation ou aboutissement logique d’une idée après maturation de quatre décennies ?

Anti-œdipe

De nombreux psychanalystes ne se réjouiront pas de ce qu’ils qualifieront de contrefaçon. Avouons qu’ils ne l’auront pas volé. Il est constant que la nouvelle société n’a aucune chance de pouvoir s’inscrire auprès de l’une des grandes associations psychanalytiques mondiales. Quelle place occupera-t-elle dans le paysage psychanalytique ? à titre de psychothérapie psychanalytique psychocorporelle intégrant une sociologie clinique, sa place est déjà bien marquée. Bien entendu, juridiquement parlant comment empêcher que se crée une nouvelle société de psychanalyse d’orientation néo reichienne ? Scientifiquement, Guattari et Deleuze en leur temps ont bien tiré à eux avec leur Anti-œdipe la couverture Reich. Il va falloir faire confiance à la culture freudo lacanienne de Jean-Michel Fourcade, cumulée à son savoir dans le domaine psychocorporel et émotionnel, à son expérience et théorisation dans le domaine des patients-limites, à la qualité de l’équipe dont il a su s’entourer, pour soutenir un projet dont la dimension institutionnelle singulière n’échappera à personne.

Le débat ne fait que débuter. Que la fête commence !

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il s’agit d’un réseau sémantique, c’est l’ensemble du maillage qui fait sens et construit le concept.

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Entrée créée le 2 juin 2011, mise à jour le 6 juin 2011, 14 février 2012, 6 janvier 2014 – 8 janvier – 11 mars 2014 –

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