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22 février 2020

DOLTO, MATZNEFF, LA PERVERSION, ET LA CRISE DE LA PSYCHANALYSE FRANÇAISE*

par Élisabeth Roudinesco, Serge Tisseron, Claude Halmos, Gérard Bonnet

Mots clés : pédophilie, psychanalyse, psychothérapie relationnelle, désir, souhait, psychanalyse d’enfant, homosexualité.

Le dernier Bulletin de la SIHPP nous livre quatre textes de référence, d’une exceptionnelle qualité, produits dans le sillage de l’affaire Matzneff, abordé par Vanessa Springora, qui avec Le consentement a trouvé les mots pour le dire. Affaire envenimée : Dolto ou les mots pour le dire n’importe comment. Une Françoise Dolto par ailleurs autrice d’une œuvre remarquable, ce qui requiert clarification.

L’ensemble ouvrant sur le destin de la psychanalyse, en particulier en France, qui passe de la grandeur des années 60 à sa décadence actuelle. Avec pour corolaire indirect la question jamais sauf exceptions notables (Roger Gentis, Manuel Barroso, et quelques autres) abordée par la psychanalyse dans notre pays[1], de sa méconnaissance de la deuxième grande découverte en matière de psychothérapie axée sur la relation, après l’invention freudienne, que constitue la psychologie humaniste puis la psychothérapie relationnelle qui en est issue.

Première de la liste, Élisabeth Roudinesco resitue l’affaire Françoise Dolto dans son contexte, et se positionne avec lucidité sur l’incapacité psychanalytique française de la génération 1945-1960 à faire face à sa modernisation. Impuissante face à l’assaut du Livre noir, autant qu’à s’ouvrir à la révolution du reformatage de la famille, souffrant de son retard à en finir avec son homophobie, elle cueille à présent les conséquences désastreuses de l’accumulation des retards de ses rendez-vous historiques.

L’historienne de la psychanalyse veut faire œuvre de lucidité, en maintenant cependant un double positionnement concernant la psychothérapie relationnelle. Elle dénonce justement le discrédit spécifiquement français de l’institution psychanalytique à son égard, sans aborder précisément la description de son identité scientifique propre, rendue indiscernable à travers le rideau de fumée de la seule dénonciation de quelques unes des falsifications dont elle souffre.

Dans une seconde partie, intitulée « la psychanalyse recalculée », nous nous positionnerons par rapport à cette stratégie de déconsidération induite. Poussant la réflexion jusqu’à proposer de périodiser différemment l’histoire de la psychothérapie de la fin du XIXème siècle à nos jours.

Pour commencer prenez connaissance des quatre textes suivants (plus un, en redécouverte en quelque sorte), ils sont remarquables. La poussée de l’actualité dénonçant l’outrage fait aux enfants et adolescents, qui rend par ailleurs indirectement hommage à la psychanalyse qui a permis à la talentueuse et courageuseVanessa Springora de se tirer d’une situation traditionnellement promise à l’omerta, aura engendré la constitution de ce bel ensemble. Un bon texte en suscite d’autres, rendons grâces à tous.

Donc à lire :

— Élisabeth Roudinesco, « Dolto, Foucault, Matzneff, on ne fait plus la différence entrepédophiles et penseurs », à Libération.

— Serge Tisseron, « Le désir peut exister mais cela ne change rien à ce qui est permis et défendu »  Le Monde

« Entretien de Claude Halmos avec Dorothée Werner «  journal Elle — également sur la Newsletter de la SIHPP

— Rediffusion : « Claude Halmos, Françoise Dolto a-t-elle tout faux ? » sur notre site en date d’octobre 2013

— Gérard Bonnet, « Dolto dit vrai sur le consentement des enfants mais elle a tort de généraliser » Le Point. Extraits sur la Newsletter de la SIHPP


[1] Il faudra une autre fois s’interroger sur ce qui se passe dans le monde.


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