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18-19 mars 2016

QU’EST-CE QU’ÊTRE LIBRE AUJOURD’HUI ? ÉTHIQUE DES VALEURS Par Daniel Ramirez

Notre responsabilité date grosso modo de la Révolution, c’est dire son couplage initial avec la liberté. Et puis il y a Kant – dont on sait qu’Eichmann se disait le disciple. Quel programme !

Rappel

: les étudiants sont invités à prendre la responsabilité d’examiner au moins deux des textes proposés à leur réflexion dans les indications bibliographiques fournies ici même préalablement à leur fréquentation de l’UFA.

illusion selon Freud ?

De son côté Freud n’eut pas tort d’épingler la liberté comme illusion narcissique. Ça choisirait, plutôt, et je serais obligé d’y souscrire, "Il arrive trop souvent que le cavalier soit obligé de se rendre là où il plaît à son cheval de le mener (Nouvelles conférences sur la psychanalyse."). Le lacanien déclare tout de go qu’il sait que c’est l’Autre qui l’oblige à être lui. Marge de manœuvre minime, question inversement vaste. Voir aussi du côté de l’Ego psychology, injustement décriée par Lacan.

liberté-responsabilité : donnée existentielle de base

Côté existentiel, la liberté – responsabilité, ce couple conceptuel renvoie à une des données premières de la condition humaine, ces données ou contraintes existentielles qui fondent la psychothérapie du même nom, et qui furent formulées d’abord par Irvin Yalom en 1981, puis importées dans notre pays à l’initiative d’Ernest Godin par Noël Salathé, co-fondateur du CIFP, à partir de 1983. Dans un article princeps "La Gestalt, une philosophie clinique" (1983), Salathé développe ainsi sa pensée :

la gestalt, antenne thérapeutique de l’existentialisme

"Sartre disait que "la première démarche de l’existentialisme est de mettre tout homme en possession de ce qu’il est et de faire reposer sur lui la responsabilité [c’est nous qui soulignons] totale de son existence". Ajoutant : "Sur la façon de s’y prendre concrètement, la Gestalt [5] peut être considérée comme une antenne thérapeutique de l’existentialisme."

On trouvera dans Yalom bien entendu, mais également dans Noël Salathé, Psychothérapie existentielle, une perspective gestaltiste, Institut de psychothérapie gestalt-existentielle, Genève, 1995, 173 p., aux pp. 54-71 un premier développement éclairant sur la paire liberté-responsabilité, avec à la clé une théorie de l’angoisse.

les données existentielles au CIFPR

Marie-Noëlle Salathé-Granès poursuit et prolonge l’œuvre de son mari, ayant déjà tenu au CIFP un séminaire en cinq ouikindes sur les données existentielles, et continuant d’offrir, dans le cadre du CIFPR à laquelle elle appartient toujours, des séminaires d’approfondissement sur ce thème à Genève.

On annonce d’ailleurs la réédition de ce cycle pour le début 2017.

Tout cela pour signaler que l’UFA sur la liberté que se dispose à tenir Daniel Ramirez gagne à se voir mise en perspective avec la posture existentielle en psychothérapie relationnelle.

voir également

Philippe Grauer, données existentielles
Philippe Grauer, Noël Salathé, « La piste From — éléments d’historiographie gestalt-thérapique existentielle ».
– M-N Salathé-Granès, « L’approche existentielle en psychothérapie », (1983).-
"La Gestalt, une philosophie clinique" reste introuvable à ce jour sur internet.
Philippe Grauer, « Psychothérapie existentielle »
– Rollo May, Amour et volonté, Paris, Stock 1971, 447 p.-
sur la question des valeurs :
Claudine Leleux, in Jean-Marc Ferry et Boris Libois (dir.), Pour une éducation postnationale, Bruxelles, 2003, Éditions de l’Université de Bruxelles, coll. “Philosophie et Société”, pp. 111-128 : « Théorie du développement moral chez Lawrence Kohlberg et ses critiques (Gilligan et Habermas) »
sur l’empathie :
Serge Tisseron, L’erreur de Matthieu Ricard, précédé de Philippe Grauer, "Le bouddhisme comme source de confusion chez les psys".


QU’EST-CE QU’ÊTRE LIBRE AUJOURD’HUI ?

UNE INTRODUCTION À L’ÉTHIQUE DES VALEURS

& à un examen philosophique de nos existences

avec Daniel Ramirez

18-19 mars 2016

Tout parle de la liberté aujourd’hui, référent idéologique omniprésent, mais rien de plus évanescent que ce fameux mot qui au dire de Valéry chante plus qu’il ne parle.

Construire son monde

éthique,

en rapport à des valeurs – choisir ces valeurs – et agir dans le monde actuel n’est pas évident.

– Que sont les

valeurs

? Comment choisissons-nous nos buts dans la vie ? Comment évaluons-nous et hiérarchisons-nous nos actions, nos moyens ?

– L’homme est-il soumis à de vieux et à de nouveaux déterminismes ? Avons-nous vraiment le

choix

?

– Qu’est-ce que la

volonté

? être libre consiste-t-il à réaliser ses désirs ou faire ce que l’on veut (définition spontanée) ? est-on libre de choisir ses désirs ? Et comment se réalise ce choix ?

– Y a-t-il une

« liberté intérieure »

? Quel lien avec la liberté politique ?
La question des valeurs peut être vue comme l’équivalent moderne de l’éthique des vertus des anciens, mais pour ces derniers il s’agissait de construire un éthos, forger avec sagesse un caractère. Qu’est-ce que l’on cherche aujourd’hui dans la vie ? Le bonheur, répondent euphoriques les éditeurs qui n’ont jamais vendu autant de livres sur ce sujet, ainsi que des satisfactions, les plaisirs, le prestige, le pouvoir Mais, s’agit-il vraiment là d’être libres ?

– Et quel est le contenu de la liberté ? La

responsabilité,

a-t-elle une place dans notre vie éthique ? L’action ? La vie politique ? La création ? L’amour ?

Entre

peurs et menaces

chaque jour plus présents et son corollaire en besoin de

sécurité

des restrictions et surveillance ; entre pressions économiques dans un monde violemment inégalitaire basé sur la consommation et l’enrichissement (de certains) ; entre sollicitations chaque jour plus divertissantes (dans le sens actuel et dans le sens de Pascal) et une

médiation technologique

que nous ne maîtrisons en rien et qui conditionne notre présence au monde, comment pouvons-nous être libres, exercer une autonomie mûre et consciente ?


bibliographie

Robert Misrahi, La liberté, ou le pouvoir de créer, Paris, Autrement, 2015,
Hanna Arendt, «Qu’est-ce que la liberté» dans La crise de la culture, Folio/Essais, Gallimard, pages 186 à 222.
Charles Taylor, La liberté des modernes, Paris, PUF, 1997.
Jean-Marc Ferry, Valeurs et normes. La question de l’éthique, Éditions de l’Université de Bruxelles, 2002.
Monique Canto-Sperber (Dir.), Dictionnaire d’éthique et de philosophie morale, Paris PUF, 2001, en poche, Quadrige 2004.
Lire les chapitres « Identité Morale » d’Alain Montefiore et « Normes et Valeurs » de Ruwen Ogien.
Pour les anglophones :
Harry Frankfurt, The Importance of What We Care about: Philosophical Essays, Cambridge University Press,‎ 1988.




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