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11 mai 2014

Skinner Madame Claude Lanher

science, pas science, patience

par Philippe Grauer

Claude Lanher, notre philosophe lyonnaise marseillaise, nous avait promis de prolonger son beau travail sur Watson par une réflexion sur Skinner(1"). L’annonce de son atelier mérite le détour. Il est ouvert aux professionnels de la région qui estimeront y trouver leur intérêt.

Il faudra probablement chemin faisant faire le détour par Dilthey pour comprendre quelque chose à la scientificité des sciences humaines, à notre mollesse, comme aurait dit Montaigne, face à la dureté des sciences physiques.

Quoi qu’il en soit sans compréhension des enjeux de la lutte idéologico politico philosophique en cours, à laquelle qu’on le veuille ou non nous prenons part, on se retrouverait rapidement psychopraticien confusionnel plutôt que relationnel.

y voir clair

Or il nous appartient à nous, il relève de notre responsabilité, d’y voir clair ("awareness") face à nos patients qui pour l’instant se contentent de se débattre avec leurs difficultés sans bien comprendre ni eux ni leur environnement ni les enjeux de civilisation dans lesquels ils se trouvent pris, eux et "leurs" problèmes.

Venez avec Claude Lanher réfléchir à tout cela, et situer et vous et votre pratique par rapport à un contexte pas si aisément déchiffrable sans intelligence historique, philosophique, anthropologique et j’omets deux ou trois autres -iques qui agrémentent notre psychothérapique et pique et colégramme.

voir également

Watson et Skinner [Décembre 2013] par Madame Claude Lanher
Watson contre la psychologie de la forme (Gestalttheorie) – présupposés philosophiques [Novembre 2013] par Claude Lanher, précédé de "Longtemps l’Histoire s’est levée de bonne heure" par Philippe Grauer
Watson, le comportementalisme et la théorie de la Forme [Septembre 2013] par Claude Lanher.


Note : nous avons agrémenté le texte de Claude Lanher de quelques notes, ne manquez pas de las consulter.


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Skinner ou l’homo experimentalus (suite sans fin)

par Claude Lanher

La psychologie se met en chemin vers un statut de science dans les dernières années du XIXème siècle, ce qu’on peut traduire ainsi : elle cherche à ne plus être confondue ni avec la médecine, la psychiatrie, la physiologie et la neurobiologie, ni avec la philosophie. Dans cet effort sont mis au premier plan la réflexion sur l’objet qu’elle se donne, les méthodes pour le connaître et la détermination, par voie de conséquence, des moyens thérapeutiques à mettre en place(1).

un désaccord fondateur

Et pourtant, aujourd’hui encore, la psychologie, loin d’être unifiée(2), se voit traversée par des courants divers et souvent rivaux. Par exemple, la psychanalyse et ses propres courants, les TCC, la gestalt-thérapie, la psychologie humaniste(3). Le désaccord qui justifie cette dispersion peut être ramené à deux causes :

– la finalité thérapeutique – guérir sans comprendre, comprendre pour guérir, comprendre et vivre avec
– et la conception de l’être humain qui sous-tend la théorie et la pratique de chacun des courants.

Il va s’agir de montrer dans quelle mesure cette finalité et cette conception de l’être humain dépendent d’un choix philosophique lui-même lié à une conception politique sera l’objet de cette rencontre.

ce que politique veut dire

Une remarque avant de préciser : politique ne signifie pas ici politique dite politicienne, mais réflexion sur ce qu’est une société humaine, sur la place qu’elle octroie aux individus – hommes, femmes, enfants – et sur ce qu’il faut mettre en œuvre pour que le tout fonctionne.

pouvoir sur les hommes

Pour délimiter ce projet quelque peu ambitieux, il sera question essentiellement du courant behavioriste représenté par Skinner. Dans son premier grand ouvrage, Science et comportement humain, de 1953, ce dernier légitimise le caractère « scientifique » de la psychologie en prenant comme modèle de science la science physique, telle qu’elle s’est développée depuis Galilée(4) jusqu’au XXème siècle ; d’où la conception de l’expérimentation (à quoi la psychothérapie relationnelle oppose l’expérienciation) comme pratique de laboratoire soutenue par les instruments de mesure(5) qui y sont utilisables. Mais ce n’est pas le seul aspect que Skinner retient de ce modèle. L’extraordinaire pouvoir que cette science physique a donné aux hommes sur la nature, la connaissance en psychologie expérimentale doit l’obtenir aussi sur les hommes.

pragmatisme américain

Une autre justification vient renforcer cette construction du modèle scientifique, Skinner l’obtient du pragmatisme, mouvement philosophique dont un des fondateurs s’appelle William James(6) lui-même auteur d’un traité de psychologie.

libéralisme

Est-ce que tout cela est indépendant de la conception politique libérale ? Est-ce un hasard si Skinner est aussi l’auteur d’une utopie ? C’est ce que nous nous apprêtons à examiner ensemble.

résistible attrait

Et est-ce que, à partir de là, on ne pourrait pas interroger l’arrivée en force, en France, des TCC et l’irrésistible attrait qu’elles semblent avoir sur les institutions qui légifèrent chez nous ?

À très bientôt donc si le cœur et la raison vous en disent.


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