XEME JOURNÉE ANNUELLE DE LA PETITE ENFANCE À L’ADOLESCENCE : L’IMAGE DE SOI

MARSEILLE
Le 7 décembre de 8h30 à 17h

XEME JOURNÉE ANNUELLE DE LA PETITE ENFANCE À L’ADOLESCENCE : L’IMAGE DE SOI
http://www.parc-chanot.com

Manifestation gratuite et ouverte à tous
Le thème de cette édition sera “L’image de soi”. Voici le programme de la journée

8h45 Pr. Marcel Rufo pédopsychiatre
Au-delà du miroir

9h15 Mme Élisabeth Roudinesco historienne et psychanalyste
La marque génétique

10h Mme Dominique Dijane poète
Se construire en quelques rimes

10h15 Pr. Marie-Rose Moro pédopsychiatre
Images de soi et diversité culturelle

10h45 Pr. Jean-Pierre Poulain socio-anthropologue
Histoire de peau “,

11h15 Dr. Patrick Ben Soussan pédopsychiatre
Conte sur moi ” .

L’après-midi à 13h45 projection du documentaire “ Svyato ” de Victor Kossakovsky

et intervention de Jean-Pierre Daniel cinéaste, directeur de l’Alhambra Marseille,

14h30 Dr. Mario Speranza pédopsychiatre
Du rien au trop “,

15h Pr. Antoine Guedeney pédopsychiatre
Parce que je le vaux bien, attachement et image de soi

15h30 Dr. Boris Cyrulnik psychiatre et ethologue
Théâtre de so i”

16h00 Dr. Robert Porto psychiatre et Pr. Pierre Benghozi pédopsychiatre “ Lien, corps et séduction

16h30 Pr. Marcel Rufo pédopsychiatre
Castor ou Pollux

Information :
Mairie des 6ème et 8ème arrondissements
Tel : 04 91 55 15 84 / Fax : 04 91 55 37 78
Site internet : http://www.mairie-marseille.fr

Si la tristesse est une maladie, alors c’est l’humanité qui est une maladie.

Le chant naturel de l’homme est triste , constatait Chateaubriand. Nos cognitivistes et pharmacologues ont résolu tout cela. Leurs pilules aurait guéri Baudelaire de son Spleen et la littérature de cette tristesse dont le ver ronge le corps social tout entier risquant de le faire basculer dans le trou de la Sécu.

L’analyse de Jacques-Alain Miller montre la pression continue de la machine à bonheur organiciste. Si elle produit la figure de réthorique du prince “mal conseillé” c’est à notre sens pour faire passer que nous sommes résolus à ne pas laisser passer le rouleau qui se voudrait compresseur de ce que Roland Gori désigne comme la médicalisation de l’existence, ce rouleau que Foucault présentait comme biopouvoir.

Ni marchandises ni machines, êtres humains debout, oscillant entre souffrance et joie, nous ne sommes pas prêts à nous laisser dégrader au rang de mécaniques à réparer par le généraliste à coup de doses. Le maintien du dialogue et de la dynamique de la subjectivité dans nos pratiques balisées par nos cadres propres garantit l’alternative à la bigbrotherisation médicaliste. Cela commence par la prise de conscience et le surgissement de la contre-offensive humaniste.

L’année qui vient sera une année combattante. Notre mouvement ne marque aucun signe de dépression. Plus on est de fous plus on rit : si ce n’est déjà fait nous vous souhaitons de vous joindre à notre protestation.

Philippe Grauer


Entretien avec Jacques-Alain Miller

paru dans le Charlie Hebdo N°805, du mercredi 21 novembre.

“Si la tristesse est une maladie, alors c’est l’humanité qui est une maladie”

Comment une campagne sur la dépression démontre l’incapacité présidentielle à appréhender le réel. Un entretien avec le philosophe et psychanalyste Jacques-Alain Miller.


Je veux parler de la dépression, du regard que la société porte sur cette souffrance qui n’est pas matérielle. Je veux engager puissamment la recherche médicale française vers le soulagement de ce mal“, a déclaré Nicolas Sarkozy le 11 février dernier dans un discours à la Mutualité. Il y a quelques semaines, le ministère de la Santé lançait une campagne sur la dépression. On a demandé à Jacques-Alain Miller ce qu’il en pensait.

Philosophe, psychanalyste, il est le responsable de la publication des Séminaires de Lacan. Jacques-Alain Miller a fondé l’Association mondiale de psychanalyse — AMP, et dirige la revue Le Nouvel Âne dont le dernier numéro est consacré à une critique virulente de la campagne contre la dépression initiée par le ministère de la Santé. Car s’il existe des formes graves de “maladies de l’âme” — qu’on l’appelle comme autrefois mélancolie ou qu’on la vulgarise aujourd’hui sous le terme de dépression — la tentation est grande de considérer la moindre fatigue, tristesse ou petit bobo existentiel en pathologie qu’il faut soigner d’urgence avant de repartir au combat.

CHARLIE HEBDO: Que pensez-vous du combat présidentiel contre la dépression ?

Jacques-Alain Miller : Que le président est un homme de bonne volonté. Qu’il admet que la souffrance psychique n’est pas matérielle, pas objectivable. Mais, parce qu’il n’est pas bien conseillé sur le sujet, il met tous ses espoirs dans la médecine sans songer à la psychanalyse.

Il est mal conseillé, ou il pense profondément que la recherche médicale peut guérir la dépression?
Qui veut éradiquer médicalement la dépression? La bureaucratie sanitaire internationale. Elle a réussi à mettre au service de cette idée loufoque les autorités politiques d’un nombre considérable de pays développés. Nicolas Sarkozy est influencé, comme l’est la majorité des Français, par l’intense lobbying d’une partie de l’establishment sanitaire national, qui s’exerce dans le sens cognitiviste et pharmaceutique.
Si on ne veut pas déprimer, il faut assumer la vérité .”

Mais comment expliquer cet intérêt de l’État, du pouvoir pour notre santé ?

Ce n’est pas d’aujourd’hui. La Sécurité sociale date de 1945. Bien avant, dès les débuts de l’époque moderne, le pouvoir va inéluctablement vers le biopouvoir, Michel Foucault l’a démontré. Actuellement, la santé est en France un problème aigu pour tous les gouvernements qui se succèdent, en raison du fameux “trou de la Sécu”. Tout un petit peuple d’experts cherche à “rationaliser” le système. L’Institut national de la prévention et de la santé — INPES, créé en 2002, a brillamment remporté la palme avec sa campagne antitabac, et, sur la liste de ses prochaines victimes, il a inscrit la dépression. Mais si les méfaits du tabac ont une certaine objectivité, ce n’est pas le cas avec la dépression: tout dépend de la définition que vous en donnez. Avec l’une, vous pouvez démontrer que les 95 % de la population sont atteints.

Quelle est cette définition ?

95 % des gens connaissent une moyenne annuelle de six épisodes de tristesse et de perte de l’estime de soi. Si l’on décide de médicaliser tout ça, alors la croissance exponentielle du nombre de dépressifs s’explique. Pas étonnant que l’OMS prédise que, en 2020, la dépression sera la seconde cause d’invalidité dans le monde après les maladies cardiovasculaires. Rions ! Ce qui est grave pourtant, c’est que la consommation d’antidépresseurs, qui avait baissé, va exploser à nouveau. Or la France est déjà le pays qui consomme le plus de psychotropes au monde.

La campagne dépression risque-t-elle d’accentuer ce phénomène ?

C’est du Molière, Le Malade imaginaire, ou Knock : l’INPES persuade les gens que s’ils sont tristes, c’est qu’ils sont malades, et les incite à bouffer du médicament. Ce qui était considéré autrefois comme un mauvais moment à passer, un coup de pompe, un deuil difficile, est désormais “une maladie”. La brochure dépression, diffusée à un million d’exemplaires, est une tentative d’endoctrination massive, parfaitement irresponsable. L’ambition est de remodeler vos émotions les plus intimes. C’est un “alien” qui s’insinue au plus profond de vous -même pour saboter tout ce que vous éprouvez. Il vous oblige à interpréter vos sentiments les plus humains dans le sens de la maladie.

Vous mettez en cause l’industrie pharmaceutique ?

Dans tout le monde développé, l’influence idéologique des laboratoires est énorme. Ça ne m’indigne pas : c’est une industrie, elle doit faire face à la compétition internationale, maximiser ses parts de marché, et donc se battre auprès des pouvoirs publics, former l’opinion publique, convaincre tout un chacun qu’avaler ses produits, c’est nécessaire, ça fait du bien. Rien de plus normal, de plus logique. Mais alors, il faut pouvoir leur opposer des contre-pouvoirs, qui fassent barrage à leurs excès de zèle. Nous avons affaire à un phénomène de civilisation.

De quel phénomène s’agit-il ?

L’homme contemporain se pense lui-même comme une machine. Si ça ne va pas, c’est que ça dysfonctionne, et il doit y avoir un traitement hyper rapide. On croit que, normalement, on a droit à l’euphorie, à la pilule du bonheur. C’est de la science-fiction réalisée. On enseigne désormais la science du bonheur en Grande-Bretagne et en Allemagne. Lord Layard, économiste distingué, ex conseiller de Tony Blair, le pape de cette nouvelle science, considère que la dépression est l’un des freins principaux à la croissance économique.

En finir avec la maladie, n’est-ce pas un moyen de relancer la croissance ?

Mais, en l’occurrence, la tristesse est inhérente à l’espèce humaine. Si c’est une maladie, alors c’est l’humanité elle-même qui est une maladie ! Il est très possible que nous soyons une infection de la planète. C’était d’ailleurs l’idée de Lacan. Depuis l’origine des temps, nous nous détruisons nous-mêmes et notre environnement par-dessus le marché. Si on veut guérir ça, on entre dans la biotechnologie, on va essayer de produire une autre espèce, bien meilleure. Une espèce asexuée et muette. À ce moment-là on se tiendra comme il faut !

Quand on est dépressif, on se tient mal ?

On déprime quand on est malade de la vérité. Si on ne veut pas déprimer, il faut assumer la vérité, sa vérité. J’ai été touché par la phrase de Cécilia qui faisait la une d’un magazine au moment de l’annonce du divorce : “Je veux vivre ma vie sans mentir.” Voilà l’antidépresseur le plus puissant.

Sarkozy a été victime du matraquage sur la dépression.

Nicolas Sarkozy est-il dépressif ?

Il a été au contraire la victime de cette atmosphère de matraquage autour de la dépression. Souvenez-vous de ces photos qui le montraient l’œil vitreux, mal rasé après l’annonce de la séparation… C’est de l’intoxication. Ce type, c’est une dynamo, qui prend à bras-le-corps la réalité, la secoue, cherche le problème et promet la solution. C’est une première. Avec Mitterrand, c’était la morale de la fin du Cid: “Laisse faire le temps, ta vaillance et ton roi.” Avec Chirac, c’était la Corrèze, le père Queuille: “Il n’y a pas de problème qu’une absence de solution ne saurait résoudre.” Et le sarkozysme, c’est un bel effort, mais ça ne va pas marcher: “Ensemble, tout devient possible“? D’abord, Sarkozy a dû constater que, dans son “ensemble” avec Cécilia, tout n’a pas été possible. Et puis, il va découvrir que, si la réalité est bonne fille, sa plasticité n’est pas infinie : elle ne se laisse faire que ce qui lui plaît. Le réel fait barrage. Soit on se fracasse dessus, soit on cherche la meilleure façon de faire avec. Et en ce mois de novembre, on voit les efforts prodigieux de notre Hercule politique achopper de toutes parts. Espérons qu’il se réveille…

Propos recueillis par Hélène Fresnel.

Sauvons la clinique : une bataille vitale pour nous tous

Les Sauvons la clinique se battent pour eux, les Sauvons la clinique se battent pour nous. Battons-nous pour eux. Si le biopouvoir élimine la psychanalyse à l’université, que pensez-vous qu’il fera de la psychothérapie relationnelle ? Signons leur pétition, enrichissons-la de notre appui.

La lettre de non-recevoir que vous trouverez ci-joint en document PDF, de Madame la ministre, est inadmissible. Dans ce pays on reçoit les syndicats, la preuve en est avec les transports. L’opinion devrait s’émouvoir d’une telle gifle — assortie d’une faute d’orthographe sur le nom, ça fait chic.

Philippe Grauer


Sauvons la clinique communique

A la suite de la mobilisation à laquelle a donné lieu la pétition « Sauvons la clinique » (7563 signataires à ce jour), et la réunion du 30 juin 2007 à l’amphithéâtre Charcot (Hôpital de la Salpêtrière de Paris), le comité de coordination a poursuivi la concertation et la réflexion avec les partenaires et les représentants associatifs des praticiens signataires. Une réunion a eu lieu à Paris, le 7 octobre 2007, avec un collectif de psychiatres appartenant à plusieurs organisations professionnelles, afin d’explorer les suites à donner au mouvement. Cette réunion a fait apparaître la nécessité d’un temps de préparation par des actions communes, et par une réflexion sur le fond et sur les finalités, avant de réunir des États généraux de la clinique, sans quoi leur tenue pourrait être sans lendemain, comme ce fut le cas lors d’initiatives analogues.

Dans cette optique, le coordination propose l’organisation d’une réunion publique dimanche 10 février 2008, dont le thème est “ Qu’entendons-nous par clinique? “.

Sur le front de l’université, les signes tangibles indiquant la volonté de détruire à la source, les formations en psychopathologie clinique ne cessent d’affluer, et confirment les prévisions pessimistes de la pétition: nomination massive d’experts connus pour leur hostilité à la psychopathologie clinique à l’AERES — (Agence de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur, à la DES — Direction de l’enseignement supérieur, absence de cliniciens dans les nominations au CNU — Conseil national des universités, disqualification des équipes sur lesquelles s’appuient la recherche et la formation des psychologues cliniciens en psychopathologie et psychanalyse à Lyon, à Poitiers, à Rennes, à Paris X, tentatives de reconfiguration des formations à nos dépens à Aix-Marseille.

La situation est si grave que le SIUEERPP — qui, rappelons-le regroupe plus de 180 enseignants de psychopathologie clinique — a demandé audience à Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche (Ci-joint la lettre), un mois après, sa réponse est qu’il ne lui est pas possible “de donner une réponse favorable dans un délai raisonnable”.

Nous n’avons plus d’autre choix que de mener une bataille vitale face à la volonté de destruction et à l’arrogance. Aussi, nous vous invitons à faire circuler ce communiqué et à amplifier les signatures de la pétition : « Sauvons la clinique ».

http://www.sauvons-la-clinique.org/

Paris, le 19 novembre 2007

Alain Abelhauser, Fethi Benslama, Roland Gori

[Document : Lettre de non-recevoir de Valérie Pecresse]

Pas de télé pour les bébés !

Le lancement d’une nouvelle chaîne de télévision destinée aux enfants
de 6 mois à 3 ans pose quatre problèmes graves.

1. Tout d’abord, nous savons aujourd’hui que le développement d’un
jeune enfant passe par la motricité et la capacité d’interagir avec
les différents objets qu’il rencontre. Alors que l’interactivité est
intrapsychique chez l’adulte et l’enfant grand, elle a encore besoin
de s’appuyer sur le corps et la sensori-motricité chez l’enfant
jeune. L’intelligence, à cet âge, est en effet plus corporelle
(sensori-motrice) que imagée ou conceptuelle. Il est à craindre que
le temps passé par l’enfant devant les émissions d’une chaîne de
télévision – qui rassurera les parents parce qu’elle est présentée
comme fabriquée pour les tout-petits – ne l’éloigne des activités
motrices, exploratoires et interhumaines, fondamentales pour son
développement à cet âge.

2. Nous savons aussi que l’enfant ne se développe, et n’établit une
relation satisfaisante au monde qui l’entoure, que s’il peut se
percevoir comme un agent de transformation de celui-ci. C’est ce
qu’il fait quand il manipule de petits objets autour de lui. Il est à
craindre que l’installation d’un tout-petit devant un écran ne réduise
son sentiment de pouvoir agir sur le monde et ne l’enkyste dans un
statut de spectateur du monde.

3. Alors que les programmes proposés par cette chaîne existent déjà
sous la forme de DVD, qui ont l’avantage de proposer une durée
limitée, il est à craindre que la création d’une chaîne émettant en
continu 24 heures sur 24 n’incite les parents à l’utiliser comme un
moyen facile d’endormir leur enfant. Tous les parents savent comme le
coucher d’un tout-petit est difficile : il rappelle, les parents y
retournent, puis quittent sa chambre… pour revenir un peu plus
tard, attirés par de nouveaux cris. Beaucoup de parents risquent
d’être tentés par l’installation de la télévision dans la chambre de
leur tout-petit comme un moyen de faciliter l’endormissement de
celui-ci.

4. De nombreux travaux d’éthologie, y compris appliqués à la relation
mère enfant, ont montré combien l’être humain est capable de
s’accrocher aux éléments les plus présents de son environnement, dès
les débuts de la vie, et notamment à ceux dont il a l’impression
qu’ils le regardent. Il est à craindre que de jeunes enfants
confrontés sans cesse aux écrans ne développent une relation
d’attachement à eux qui les « scotchent » indépendamment de tout
contenu. Ces enfants ne pourraient se sentir « bien au monde » –
autrement dit sécurisés – que si l’un de ces fameux écrans est allumé
près d’eux. L’argument qui consiste à dire que cette chaîne ne
contient pas de publicité est particulièrement fallacieux de ce point
de vue: les publicistes se rattraperont après, quand l’enfant plus
grand ne pourra plus se passer d’une présence permanente d’un écran
allumé à côté de lui.

En conclusion : cette chaîne, évidemment lancée pour les
actionnaires, risque de séduire certains parents. Mais ce n’est
certainement pas pour le bénéfice des enfants qui seront installés
devant elle. A une époque où on parle beaucoup d’écologie, prenons
conscience que protéger nos enfants du risque de développer une forme
d’attachement à un écran lumineux est une forme d’écologie de
l’esprit. C’est pourquoi il est urgent de se mobiliser pour la
création d’un moratoire qui interdise à de telles chaînes de diffuser
des programmes pour tout petits en continu, 24H sur 24, avant que nous
en sachions un peu plus sur les relations du jeune enfant et des
écrans.

Cet appel est lancé à l’initiative de Pr Pierre Delion (Chef de
service de pédopsychiatrie au CHU de Lille), Philippe Duval
(Psychologue Clinicien, Directeur de Publication du Journal des
Professionnels de l’Enfance), Sylviane Giampino (Psychanalyste,
psychologue petite enfance, fondatrice d’A.NA.PSY.p.e.), Pr Bernard
Golse (Chef de service de pédopsychiatrie CHU Necker-enfants malades,
professeur Université Paris V), Vincent Magos (Psychanalyste,
responsable de la Coordination de l’aide aux victimes de
maltraitances – Belgique), Pr Marie-Rose Moro (Chef de service au
Centre Hospitalier Universitaire Avicenne), Serge Tisseron
(Psychiatre, psychanalyste et Directeur de recherches à l’Université
Paris X).

Merci de faire circuler ce texte et de signer l’appel à l’adresse :

http://squiggle.be/appel/?petition=2

Abattage au cochage ou travail personnalisé ? les Conseillers d’orientation menacés par le tout-quantitatif

Il s’agit d’un tout autre métier, celui de conseiller d’orientation, exercé par des psychologues, nos collègues et voisins du Carré psy, dont certains se réfèrent à la psychanalyse, donc nos voisins proches. Ils travaillent en institution. Ils voient se profiler la menace d’instrumenter leur profession en l’amputant de sa dimension relationnelle, humaine, en lui substituant l’approche mécaniste par les tests et marketing par l’échantillon bonimenteur. Ils voient qu’on s’apprête à miner leur activité de conseil. Ils voient venir les mesures éradiquant la prise en compte de la dynamique de la subjectivité et du projet de vie. Ils voient venir les mesures mettant en place la démesure d’un mesurage de tout.

Ils préviennent. Nous relayons l’expression de leur inquiétude. Nos professions sont solidaires à vouloir en tout lieu et circonstance où œuvre un professionnel du psychisme que soit préservé l’humanisme et maintenu son engagement au service de la dynamique de la personne.

Philippe Grauer


Véronique Pannetier, nous informe d’une bien inquiétante nouvelle : la disparition de la profession de conseiller d’orientation-psychologue. Et cette disparition se fait à la charge des professeurs, déjà bien saturés de nombreuses missions, qui vont effectuer l’information et les entretiens ou bien au profit de services privés forts payants… pour ceux qui y officient à coup de tests. Elle nous montre dans son texte clair et précis comment l’idéologie de l’évaluation y est à l’œuvre dans ce contexte de pénurie du travail pour tous. A contrario de la pratique clinique des conseillers d’orientation-psychologues qui s’attache, au un par un, à partir de ce qu’il y a de plus singulier chez un sujet en demande d’orientation professionnelle, à découvrir et inventer son orientation de vie dans la société qui passe parfois par des étapes, ce qui est préconisé actuellement c’est une approche de masse, de tests et de statistiques. Pourtant, “Le un par un n’est pas la négation du collectif mais sa condition nécessaire.” argumentait Véronique Pannetier dans un ouvrage collectif dont je vous recommande la lecture. Exégèse des lieux communs en orientation , Éditions Qui plus est.

Ce qui arrive aux psychologues conseillers d’orientations nous semble tout à fait du même ressort que ce qui se profile pour les psychologues qui ne réduisent pas leur pratique aux seules techniques. C’est pourquoi l’association InterCoPsychos et les collectifs soutiennent les actions de nos collègues.

Catherine Lacaze-Paule


DISPARAÎTRE ?

Par Véronique Pannetier

Du collectif de Dordogne

La nouvelle vient de tomber sur les téléscripteurs syndicaux : la disparition du métier de conseiller d’orientation-psychologue est annoncée, “sans autre forme de procès”.

Plusieurs voies sont empruntées pour y parvenir :

• tarissement du recrutement (ces deux dernières années 50 postes au concours pour environ 250 départs à la retraite)

• disparition de la moitié des CIO

• régionalisation des services

• transfert des missions des conseillers d’orientation-psychologues – information et accompagnement des élèves pour l’orientation – aux enseignants.

• Et, last but not least, fin du recrutement sur le titre de psychologue. Ce dernier point est essentiel.

Ce qui avait échoué en 2003, grâce à une détermination sans faille des personnels concernés, avec l’aide des enseignants, risque donc de se produire.

Quelle logique préside à cette fin programmée qu’il s’agit de combattre ? Sans aucun doute une sorte d’objection qu’incarne, au-delà des positions individuelles, la position du conseiller d’orientation-psychologues au sein du système éducatif dans un champ devenu hautement sensible pour plusieurs raisons.

Examinons d’abord ces raisons. L’orientation, à tort, est, dans le discours courant, devenue synonyme d’insertion professionnelle. Or cette dernière est à la peine. Le chômage des jeunes (et des autres) ne diminue pas et pour éviter de s’interroger sur les causes structurelles de ce phénomène dans une société prospère, on désigne l’orientation… comme la cause essentielle. Coupable… C’est parce qu’ils choisissent mal que les jeunes sont au chômage.

Interrogez n’importe qui sur la question et vous aurez toujours les mêmes réponses, qui ont été patiemment dictées depuis des années par le pouvoir politique officiel (de droite comme de gauche) et par le pouvoir souterrain des lobbies à la gloire du marché, en direction des médias tympanisant le “petit” peuple de ce bréviaire cynique.

Pour que disparaisse ce vilain chômage des jeunes il faut leur faire “connaître” les métiers, les informer sur l’entreprise et le monde économique. Ainsi munis d’informations idoines, “on” imagine que les jeunes iront docilement se placer dans le rang qui leur a été complaisamment désigné, pour leur bien et pour celui de la société.

Il semble inimaginable aujourd’hui de concevoir le choix d’orientation sans avoir eu accès au catalogue bienheureux des stages en entreprise, des “visites sur le terrain” et autres jeux de rôle des options “découverte professionnelle” (DP 6 et DP3 en 4ème et 3ème au collège).

Je patientais — ou plutôt m’impatientais — il y a quelques jours, à l’entrée d’une classe de 3ème dans laquelle je devais intervenir et où s’achevait une séquence de DP3 “découverte des métiers de la vente”… on y jouait à la marchande, avec le professeur dans le rôle de la vendeuse. Que d’errements, et que de mépris pour les élèves…

On voit bien que si l’orientation est présentée comme cause du chômage — c’est-à-dire comme ce qui pose problème — elle porte en elle la solution qui va dissoudre ce problème. Il suffit de placer quelques professionnels correctement briefés qui manipuleront les foules au moyen de ces merveilleux petits outils en vogue au Québec.

Les conseillers d’orientation-psychologues étaient ainsi désignés comme les vecteurs idéaux de la “solution” au “problème”. Mais, las ! Cela n’a pas marché ! Malgré toutes les sollicitations, cajoleries, menaces, les COPsy ont massivement résisté à cet endoctrinement. Culture de corps professionnel sans doute, qu’un sociologue pourrait s’amuser à interroger.

Examinons maintenant l’autre raison qui fait de l’orientation un terrain miné, pour le sujet qui nous occupe. C’est que, tout bonnement, l’orientation est un marché. Un marché qui promet de se développer d’autant plus vite que le service public, où interviennent des psychologues formés et où se délivre une information claire, précise et indépendante… disparaîtra au plus vite.

Ainsi les coaches de tous poils, avec leur questionnaires de personnalité, leurs évaluations informatisées pourront s’épanouir à leur aise en exploitant l’angoisse de l’époque (les consultations coûtent entre 300 et 700 €). Il faut faire place nette à ces bienfaiteurs de l’humanité.

Voilà comment on œuvre à la désorientation des sujets. D’abord parce que choisir une profession en fonction des “besoins” de l’économie est une erreur grave puisque ces “besoins” sont versatiles. Ensuite parce que remettre aux mains de l’Autre, fût-il “scientifique” car informatisé, la question du choix se révèle bien souvent un piège, car l’essentiel est resté ininterrogé. On voudrait que les élèves choisissent en connaissance de conséquences mais en évitant soigneusement d’interroger la cause qui peut les animer.

Dans un colloque régional sur l’orientation à Bordeaux en 2006, un intervenant évoquait une enquête sur le métier de conseiller d’orientation-psychologue, conjointement menée en 2005 par l’ACOP-F [1] et l’INETOP [2] auprès des CoPsy (en France). L’enseignant de cette peu vénérable institution, qui avait quitté la profession depuis longtemps partait de l’hypothèse d’une “schizophrénie professionnelle” — le CoPsy passerait dans une même journée de la “posture” propre au “counseling”, à celle de l’expert “conseiller technique”, en passant par celle des “techniques éducatives en orientation” — il s’est esclaffé de la conclusion de l’enquête : la pratique plébiscitée par les conseillers ? L’entretien individuel. Cela devrait pourtant lui donner à penser…

L’entretien, ce moment possible de rencontre, est peut-être le fil rouge qui permet à toutes ces “postures”, vides de sens si on les prend une par une, d’être articulées dans une pratique à la fois enracinée dans une institution (l’École) et offerte à des sujets (les élèves, les enseignants) pour que ladite institution puisse assumer le mieux possible sa fonction, qui est d’autoriser ces sujets à s’émanciper et à prendre place, à leur façon, dans le monde qui les accueille. C’est peut-être à partir de l’entretien que peut se définir, non une posture, mais bien la position du conseiller d’orientation-psychologue, en articulant ses différentes activités à partir de ce centre de gravité.

Ce plébiscite indique que les conseillers sont attachés à la dimension clinique de leur travail même si tous n’osent pas la nommer ainsi. Prenons-le comme ce qui fait signe…

Voilà le point où le COPsy fait objection, voilà où le psychologue gêne. D’abord parce qu’il n’est pas obéissant et que, pour assumer les missions qui lui sont dévolues, il a le choix des techniques et de la théorie à laquelle il se réfère… On peut exiger de lui le recours à certaines d’entre elles, promues de façon récurrente, mais il a le pouvoir, exorbitant dans ce monde moderne, de résister et d’expliquer pourquoi, l’effronté ! Ensuite parce que son travail est centré sur celui qui s’adresse à lui. C’est un point sans discussion possible. Deux rocs inexpugnables et scandaleux, donc…

Cette insoumission est insupportable au Maître, qui refuse de penser. Philippe La Sagna, psychanalyste, indiquait récemment à Bordeaux que “Pour être le Maître aujourd’hui, il suffit d’être borné, et pour tout dire un peu con [i] selon le mot de Lacan”. Ce n’est pas peu dire, mais ce n’est pas tout. “L’affolement de la demande d’action risque de tarir toute issue pour un acte véritable” ajoutait-il. Le refus se révèle parfois un acte, après-coup. Porteur de conséquences…

Je voudrais rappeler à mes collègues, à qui je vais transmettre ce texte, le mot que Jean-François Cottes m’adressait en mai 2005 quand j’évoquais déjà ce qui se profile aujourd’hui : “il se trouve que certains refusent cette logique et maintiennent le cap du un par un, de la singularité. Qu’ils sachent qu’ils trouveront dans les collectifs de psychologues un lieu d’adresse de leurs élaborations.”

Peut-être est-il grand temps de nous rendre à son invitation.


Site de l’InterCoPsychos : www.intercopsychos.org

[1] Association des Conseillers d’orientation-psychologues de France
[2] Institut national d’étude sur le travail et l’orientation professionnelle, institut de formation des COPsy à Paris
[i] Lacan J. Du discours pychanalytique. Conférence à l’Université de Milan, 12 mai 1972, paru dans l’ouvrage bilingue : Lacan in Italia 1953-1978. En Italie Lacan, Milan, La Salamandra, 1978, pp. 32-55.

Le Nouvel Âne part en guerre contre le plan dépression médicalisation tout azimut

Nos amis du Nouvel Âne s’en prennent vivement aux plans de l’INPES de médicalisation de l’existence considérant la tristesse comme une maladie à guérir par voie médicale et moléculaire. Bien entendu la dépression-maladie existe, et elle se soigne médicamenteusement — mais jamais uniquement par cette voie, l’autre, celle du soin qu’on prend de soi-même, concerne la psychothérapie relationnelle et la psychanalyse.

L’INPES n’en a cure, mot à ne pas prononcer en ce haut lieu du positivisme ignorant la dynamique de la subjectivité et préconisant la consultation plutôt que la séance. À chacun ses préférences. Celles de l’Âne vont à la cure, psychanalytique naturellement. Lisez cette polémique, qu’elle vous soit revigorante.


Lire aussi dans Libération :

La France se lance bruyamment dans une campagne pour dépister la dépression – les Etats-Unis ont déjà leur journée nationale de dépistage, National Depression Screening Day – dans la foulée du nouveau D-Day européen : depuis quatre ans, le 9 octobre, cinq pays, dont la France, célèbrent la journée européenne de la dépression (European Depression Day). Les lacaniens de l’Ecole de la cause freudienne consacrent le dernier numéro de leur revue le Nouvel Ane au phénomène avec en couverture une photo d’un Nicolas Sarkozy au sourire crispé dont les commentateurs annoncent que «l’exercice du pouvoir devrait l’emporter sur la déprime» (après son divorce). Les lacaniens analysent donc les dessous de la campagne contre la dépression, les nouvelles utopies sociales autoritaires, l’utilisation de l’antidépresseur comme médicament générique de symptômes les plus divers. Selon eux, la brochure, «La dépression chez l’adulte : en savoir plus pour en sortir», éditée par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), entretient le mirage que «tout peut être médicalisé et guéri : la douleur d’exister, la souffrance morale, jusqu’au deuil…».

La revue publie des témoignages des deux côtés – du patient et de l’analyste – sur cette maladie, mais ajoute : «C’est une maladie de la vérité. Entre le deuil et la mélancolie, Sigmund Freud ne l’approche pas autrement lorsqu’il s’étonne qu’il faille tant de tourments pour accéder aux secrets de cette humeur funeste et lucide…»

Le Nouvel Ane, numéro 7, octobre 2007. wwww.forumpsy.org

SUR VOTRE AGENDA :

Jean-Jacques Moscovitz — Le 2ème LUNDI DU MOIS — 21:15

à Psychanalyse actuelle et Espace analytique

4 Place St Germain des Prés 75006 Paris — Salle des Bibliothèques.

12 novembre & 10 décembre 2007

Clinique freudienne de l’actuel et Approche de la culture :

Le sujet entre intime et politique

Textes de références pour cette année :

Freud Psychologie des masses et analyse du Moi

Lacan : L’envers de la psychanalyse .

– 12 11 07 Nabile Farès — lecture de Psychologie des masses et analyse du moi , appui sur quelques textes d’Elias Canetti.

– 10 12 07 Olivier Douville Panique politique de différentes lectures de Massen Psychologie und Analyse des Es .

Débat avec A-M Houdebine, Maria Landau, Muriel Prieur, Catherine Guillaume, Muriel Aptekier, O.Douville, Nabile Farès, J-J.Moscovitz


Psychanalyse Actuelle(1“) 94 av.Émile Zola 75015 PARIS
Tél. 01 45 75 72 83

psychanalyse.actuelle@gmail.com
psyact@free.fr

maria.landau@wanadoo.fr
Tél. 01 46 33 91 21

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Tél. 01 46 33 90 49

jjmoscovitz@free.fr
Tél. 01 43 25 02 11

douvilleolivier@noos.fr
Tél 01 24 81 04 28

jeanericdidier@yahoo.fr
Tél. 01 42 23 30 73

  • 1 Association fondée en 1986 à Paris, membre de l’Inter-Associatif Européen de Psychanalyse et de Convergencia, Mouvement Lacanien de la Psychanalyse Freudienne.
    Merci à vous de bien vouloir faire connaître cette annonce
    Et de nous excuser si vous l’avez reçue plus… d’une fois .
    POUR DES INFO REGULIERES SUR LE SEMINAIRE
    VEUILLEZ CONSULTER LES SITES
    Y SONT PRESENTES DES TEXTES EXPOSES LORS DES REUNIONS

3ème rencontre balzacienne

Jeudi 6 décembre

Soins et attention: réflexion sur l’éducation

Conférence-débat salle des fêtes de 18h. à 19h.30 du

Lycée international Honoré de Balzac qui organise ces Rencontres 118 boul Bessières, 75017 Paris — Métro Porte de Clichy, ligne 13 ; RER C ; bus 54, 74, PC3 —

Entrée libre

Penseur peu médiatique qui se refuse au petit écran, Bernard Stiegler est certainement un de ceux qui aura le plus marqué la réflexion sur les nouvelles techniques de la communication : il s’agit de penser l’autodestruction du monde capitaliste où mondialisation et phénomène d’uniformisation des comportements et des modes de vie s’attaquent à la singularité des individus et des cultures. C’est à partir de là qu’est ré-abordée la question de l’éducation en procédant à une relecture critique des réflexions de Michel Foucault.

Bernard Stiegler est de formation philosophique. Il a cependant révélé dans Passer à l’acte, 2003, qu’il a passé cinq années en prison pour des attaques à main armée. C’est là qu’il entame des études de philosophie.

Il devient docteur de l’École des hautes études en sciences sociales. Il a été directeur de recherche au collège international de philosophie, professeur et directeur de l’unité de recherche qu’il a fondé en 1993 ” Connaissances, Organisations et Systèmes Techniques ” à l’Université de technologie de Compiègne, directeur général adjoint de l’institut national de l’audio visuel (INA), puis directeur de l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique (Ircam) jusqu’en 2005, puis enfin directeur du développement culturel au Centre Georges Pompidou où il dirige également l’Institut de recherche et d’innovation (IRI) qu’il a créé en avril 2006.

Depuis La technique et le temps, ouvrage en six volumes dont trois sont parus aux éditions Galilée,

La faute d’Epiméthée
, 1994,

La désorientation
, 1996,

Le temps du cinéma et la question du mal-être (2001), tome 1 et 2 (1994-96)

il a publié de nombreux ouvrages dont les plus récents :

La télécratie contre la démocratie, 2006

Ré enchanter le monde : la valeur esprit contre le populisme industriel (avec Marc Crepon, 2006) ;

De la démocratie participative : fondements et limites, 2006.


La fulgurance des nouveautés, l’effondrement et la transformation des mondes et des certitudes anciennes, la complexité et la confusion des débats, la multiplication des savoirs — nouvelles connaissances ou fausses sciences —, appellent l’urgence des clarifications qui aident à maintenir l’idéal et l’efficacité de nos lieux d’enseignements.

Ces Rencontres ont pour ambition d’aider à penser le monde qui se fait et qui vient. Des personnalités, reconnues pour leur compétence et leur notoriété, viennent traiter des questions aujourd’hui en débat et qui concernent les évolutions de notre société. Elles s’adressent aux lycéens, aux professeurs, aux membres de la communauté scolaire, aux parents d’élèves, et au-delà à ceux des autres établissements.

En renouvelant les approches, en ouvrant de nouveaux rapports entre les champs disciplinaires elles contribuent à compléter le travail qui s’effectue naturellement au lycée et à rendre chacun mieux apte à apprendre le goût des valeurs avérées comme celui de l’inédit, à courir le risque de l’erreur qui s’appelle aussi liberté et à expérimenter l’utopie qu’est la réinvention des pratiques du monde.


Ces Rencontres sont organisées par le Lycée International Honoré de Balzac, Paris 17ème.

Comité de direction des Rencontres : Michel Rotfus, professeur de philosophie ; Jacqueline Marguin, proviseur ; Élisabeth Roudinesco, historienne, chargée de conférence à l’École pratique des hautes études (IVème section), directrice de recherches à Paris VII.

Renseignement et contact : michel.rotfus@orange.fr

Textes d’introduction de Michel Rotfus et Philippe Grauer ici-même en éditorial en date du 7 octobre 2007.

La dépression : à qui s’adresser pour en savoir plus et se sortir des paradoxes de la DGS

Communiqué de l’Association fédérative française
des organismes de psychothérapie et de psychanalyse — AFFOP

Voir également à ce propos le Communiqué du SNPPsy :

19 octobre 2007

L’AFFOP et le SNPPsy, invités par l’ Institut national de prévoyance et d’éducation pour la santé — INPES le 8 octobre à propos de la Campagne sur la dépression lancée par le ministère de la Santé ont découvert avec stupéfaction que les documents diffusés auprès du public et des professionnels de santé présentaient la dépression uniquement comme une maladie, escamotant ainsi le sens existentiel de ce symptôme.

Alors que la brochure “ La dépression, en savoir plus pour en sortir — repérer les symptômes, connaître les traitements, savoir à qui s’adresser ” indique que le meilleur traitement de la dépression est la psychothérapie, même si le médicament peut être indispensable dans les cas les plus graves pour permettre cette psychothérapie, elle réserve, comme le spécifie la loi s’agissant de soins médicaux, le diagnostic aux seuls médecins et le traitement aux seuls médecins, psychiatres et psychologues. Les psychanalystes et les psychothérapeutes relationnels, mieux formés à l’accompagnement des personnes en dépression, ne sont pas une seule fois mentionnés dans cette brochure !

L’AFFOP (1“) dénonce la surmédicalisation de cette campagne d’information et s’inquiète des effets prévisibles : l’augmentation de la demande de prise en charge qu’elle ne manquera pas de créer — bénéfique en tant que telle — dirigée vers les médecins et psychiatres dont les agendas surchargés ne permettent en général pas autre chose que la prescription d’anti dépresseurs, et vers les psychologues — dont beaucoup ne sont pas formés à la psychopathologie, et les “cliniciens” d’avantage formés à l’évaluation qu’à l’accompagnement —, aboutira à augmenter la consommation de psychotropes dont les français abusent déjà, ce que dénonçait le rapport Zarifian, tout cela au grand bénéfice des fabricants.

Au contraire de ce que cette campagne d’information partiale tente de provoquer — la mise à l’écart de la Santé publique française des psychanalystes et des psychothérapeutes relationnels — nous rappelons que les associations de patients ont de tout temps demandé la possibilité de pouvoir s’adresser à des professionnels du psychisme dont la diversité des approches permet à chaque personne en souffrance de trouver la thérapie qui lui convient.

Nous faisons également confiance à la sagesse de nos confrères médecins et psychologues qui ont créé depuis de nombreuses années avec les psychanalystes et les psychothérapeutes relationnels pour maintenir et renforcer sur le terrain leur coopération positive. C’est ainsi que, sera heureusement reconnue à chaque profession sa place légitime. C’est ainsi que se trouveront à leur tour écartés les enjeux de pouvoir corporatistes et économiques qui semblent présider aux décisions de la Direction générale de le santé, et, au-delà, aux recommandations de l’Académie de médecine et de nombreuses organisations de psychologues.

L’AFFOP et le SNPPsy invités par l’INPES le 8 octobre à propos de la Campagne sur la Dépression lancée par le ministère de la Santé ont découvert avec stupéfaction que les documents diffusés auprès du public et des professionnels de santé présentaient la Dépression uniquement comme une maladie, escamotant ainsi le sens existentiel de ce symptôme.

Alors que la brochure “La dépression, en savoir plus pour en sortir — repérer les symptômes, connaître les traitements, savoir à qui s’adresser” indique que le meilleur traitement de la dépression est la psychothérapie même si le médicament peut être indispensable dans les cas les plus graves pour permettre cette psychothérapie, elle réserve, comme le spécifie la loi s’agissant de soins médicaux, le diagnostic aux seuls médecins et le traitement aux seuls médecins, psychiatres et psychologues. Les psychanalystes et les psychothérapeutes relationnels, mieux formés à l’accompagnement des personnes en dépression, ne sont pas une seule fois mentionnés dans cette brochure !

L’AFFOP dénonce la surmédicalisation de cette campagne d’information. Ils s’inquiètent des effets prévisibles : l’augmentation de la demande de prise en charge qu’elle ne manquera pas de créer — bénéfique en tant que telle — dirigée vers les médecins et psychiatres dont les agendas surchargés ne permettent en général pas autre chose que la prescription d’anti dépresseurs, et vers les psychologues — dont beaucoup ne sont pas formés à la psychopathologie, et les “cliniciens” d’avantage formés à l’évaluation qu’à l’accompagnement —, aboutira à augmenter la consommation de psychotropes dont les français abusent déjà, ce que dénonçait le rapport Zarifian, tout cela au grand bénéfice des fabricants.

Au contraire de ce que cette campagne d’information partiale tente de provoquer — la mise à l’écart de la Santé publique française des psychanalystes et des psychothérapeutes relationnels — nous rappelons que les associations de patients ont de tout temps demandé la possibilité de pouvoir s’adresser à des professionnels du psychisme dont la diversité des approches permet à chaque personne en souffrance de trouver la thérapie qui lui convient.

Nous faisons également confiance à la sagesse de nos confrères médecins et psychologues qui ont créé depuis de nombreuses années avec les psychanalystes et les psychothérapeutes relationnels pour maintenir et renforcer sur le terrain leur coopération positive. C’est ainsi que, sera heureusement reconnue à chaque profession sa place légitime. C’est ainsi que se trouveront à leur tour écartés les enjeux de pouvoir corporatistes et économiques qui semblent présider aux décisions de la Direction générale de la santé, et au-delà aux recommandations de l’Académie de médecine et de la majorité des organisations de psychologues.

  • 1 le SNPPsy de son côté a publié un communiqué d’analyse et de protestation qu’on peut lire ici même :

L’INPES invite psychothérapeutes relationnels et psychanalystes mais à quoi ?

la DGS et l’INPES persévèrent dans l’idée que la seule psychothérapie pensable l’est en tant qu’exercée par médecins et psychologues, peu important s’ils sont qualifiés ou non comme psychothérapeutes relationnels ou psychanalystes les deux professions du Carré psy auxquelles on n’accède pas par la voie universitaire, mais par la voie d’Écoles et d’Instituts privés, spécifiques, dont existent des listes d’agrément professionnels propres à ces deux types de pratiques.

Si bien qu’une campagne d’information sur la dépression fait silence sur ces professionnels du psychisme qui présentent la caractéristique de travailler avec le sens et la parole, et de bien souvent faire faire l’économie de médicaments à des personnes qui ne sont pas, au sens strict du terme, malades , mais en malaise en tant que personnes, ou sujets.

L’Affop proteste contre les pratiques de désinformation de l’INPES, qui bien entendu a invité psychanalystes et psychothérapeutes relationnels à travailler à ses documents, reconnaissant leur existence et importance … pour leur faire découvrir finalement qu’ils n’existeraient pas dans le discours qu’on venait de les convier à améliorer. C’est on se souvient de lui un certain Dr. Basset qui eut l’idée de génie d’organiser cette petite fantaisie institutionnelle.

D’où le Communiqué de l’Affop qui suit. La stupéfaction ne vient pas du fait que se trouvent évacués du discours convenu les protagonistes invités à le parfaire, mais du tour de passe-passe effectué par nos brillants meneurs de campagne : vous êtes très courtoisement invités à corroborer votre exclusion. Ça, c’est de la politique de santé mentale !

Si quand même : dans un recoin de la brochure on trouve ceci : “Les psychothérapies dispensées par des psychologues ou des psychothérapeutes non médecins en cabinet privé ne sont pas remboursées par l’Assurance maladie, mais certaines assurances complémentaires, selon la formule choisie, proposent le remboursement, au moins partiel, d’un certain nombre de séances.”

Vous voyez bien que ce n’est pas la bonne volonté qui manque à l’INPES. Le ver dans le fruit est là, qui le ronge en silence. Un coup d’inconscient diraient mes collègues psychanalystes.

Philippe Grauer


Communiqué de l’Association fédérative française des organismes de psychothérapie et de psychanalyse — AFFOP

19 octobre 2007

L’AFFOP invitée par l’Institut national de prévoyance et d’éducation pour la santé — INPES le 8 octobre à propos de la Campagne sur la dépression lancée par le ministère de la Santé a découvert avec stupéfaction que les documents diffusés auprès du public et des professionnels de santé présentaient la dépression uniquement comme une maladie, escamotant ainsi le sens existentiel de ce symptôme.

Alors que la brochure “ La dépression, en savoir plus pour en sortir — repérer les symptômes, connaître les traitements, savoir à qui s’adresser ” indique que le meilleur traitement de la dépression est la psychothérapie, même si le médicament peut être indispensable dans les cas les plus graves pour permettre cette psychothérapie, elle réserve, comme le spécifie la loi s’agissant de soins médicaux, le diagnostic aux seuls médecins et le traitement aux seuls médecins, psychiatres et psychologues. Les psychanalystes et les psychothérapeutes relationnels, mieux formés à l’accompagnement des personnes en dépression, ne sont pas une seule fois mentionnés dans cette brochure !

L’AFFOP dénonce la surmédicalisation de cette campagne d’information et s’inquiète des effets prévisibles : l’augmentation de la demande de prise en charge qu’elle ne manquera pas de créer — bénéfique en tant que telle — dirigée vers les médecins et psychiatres dont les agendas surchargés ne permettent en général pas autre chose que la prescription d’anti dépresseurs, et vers les psychologues — dont beaucoup ne sont pas formés à la psychopathologie, et les “cliniciens” d’avantage formés à l’évaluation qu’à l’accompagnement —, aboutira à augmenter la consommation de psychotropes dont les français abusent déjà, ce que dénonçait le rapport Zarifian, tout cela au grand bénéfice des fabricants.

Au contraire de ce que cette campagne d’information partiale tente de provoquer — la mise à l’écart de la Santé publique française des psychanalystes et des psychothérapeutes relationnels — nous rappelons que les associations de patients ont de tout temps demandé la possibilité de pouvoir s’adresser à des professionnels du psychisme dont la diversité des approches permet à chaque personne en souffrance de trouver la thérapie qui lui convient.

Nous faisons également confiance à la sagesse de nos confrères médecins et psychologues qui ont créé depuis de nombreuses années avec les psychanalystes et les psychothérapeutes relationnels pour maintenir et renforcer sur le terrain leur coopération positive. C’est ainsi que, sera heureusement reconnue à chaque profession sa place légitime. C’est ainsi que se trouveront à leur tour écartés les enjeux de pouvoir corporatistes et économiques qui semblent présider aux décisions de la Direction générale de le santé, et, au-delà, aux recommandations de l’Académie de médecine et de nombreuses organisations de psychologues.