3ème rencontre balzacienne

Jeudi 6 décembre

Soins et attention: réflexion sur l’éducation

Conférence-débat salle des fêtes de 18h. à 19h.30 du

Lycée international Honoré de Balzac qui organise ces Rencontres 118 boul Bessières, 75017 Paris — Métro Porte de Clichy, ligne 13 ; RER C ; bus 54, 74, PC3 —

Entrée libre

Penseur peu médiatique qui se refuse au petit écran, Bernard Stiegler est certainement un de ceux qui aura le plus marqué la réflexion sur les nouvelles techniques de la communication : il s’agit de penser l’autodestruction du monde capitaliste où mondialisation et phénomène d’uniformisation des comportements et des modes de vie s’attaquent à la singularité des individus et des cultures. C’est à partir de là qu’est ré-abordée la question de l’éducation en procédant à une relecture critique des réflexions de Michel Foucault.

Bernard Stiegler est de formation philosophique. Il a cependant révélé dans Passer à l’acte, 2003, qu’il a passé cinq années en prison pour des attaques à main armée. C’est là qu’il entame des études de philosophie.

Il devient docteur de l’École des hautes études en sciences sociales. Il a été directeur de recherche au collège international de philosophie, professeur et directeur de l’unité de recherche qu’il a fondé en 1993 ” Connaissances, Organisations et Systèmes Techniques ” à l’Université de technologie de Compiègne, directeur général adjoint de l’institut national de l’audio visuel (INA), puis directeur de l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique (Ircam) jusqu’en 2005, puis enfin directeur du développement culturel au Centre Georges Pompidou où il dirige également l’Institut de recherche et d’innovation (IRI) qu’il a créé en avril 2006.

Depuis La technique et le temps, ouvrage en six volumes dont trois sont parus aux éditions Galilée,

La faute d’Epiméthée
, 1994,

La désorientation
, 1996,

Le temps du cinéma et la question du mal-être (2001), tome 1 et 2 (1994-96)

il a publié de nombreux ouvrages dont les plus récents :

La télécratie contre la démocratie, 2006

Ré enchanter le monde : la valeur esprit contre le populisme industriel (avec Marc Crepon, 2006) ;

De la démocratie participative : fondements et limites, 2006.


La fulgurance des nouveautés, l’effondrement et la transformation des mondes et des certitudes anciennes, la complexité et la confusion des débats, la multiplication des savoirs — nouvelles connaissances ou fausses sciences —, appellent l’urgence des clarifications qui aident à maintenir l’idéal et l’efficacité de nos lieux d’enseignements.

Ces Rencontres ont pour ambition d’aider à penser le monde qui se fait et qui vient. Des personnalités, reconnues pour leur compétence et leur notoriété, viennent traiter des questions aujourd’hui en débat et qui concernent les évolutions de notre société. Elles s’adressent aux lycéens, aux professeurs, aux membres de la communauté scolaire, aux parents d’élèves, et au-delà à ceux des autres établissements.

En renouvelant les approches, en ouvrant de nouveaux rapports entre les champs disciplinaires elles contribuent à compléter le travail qui s’effectue naturellement au lycée et à rendre chacun mieux apte à apprendre le goût des valeurs avérées comme celui de l’inédit, à courir le risque de l’erreur qui s’appelle aussi liberté et à expérimenter l’utopie qu’est la réinvention des pratiques du monde.


Ces Rencontres sont organisées par le Lycée International Honoré de Balzac, Paris 17ème.

Comité de direction des Rencontres : Michel Rotfus, professeur de philosophie ; Jacqueline Marguin, proviseur ; Élisabeth Roudinesco, historienne, chargée de conférence à l’École pratique des hautes études (IVème section), directrice de recherches à Paris VII.

Renseignement et contact : michel.rotfus@orange.fr

Textes d’introduction de Michel Rotfus et Philippe Grauer ici-même en éditorial en date du 7 octobre 2007.

La dépression : à qui s’adresser pour en savoir plus et se sortir des paradoxes de la DGS

Communiqué de l’Association fédérative française
des organismes de psychothérapie et de psychanalyse — AFFOP

Voir également à ce propos le Communiqué du SNPPsy :

19 octobre 2007

L’AFFOP et le SNPPsy, invités par l’ Institut national de prévoyance et d’éducation pour la santé — INPES le 8 octobre à propos de la Campagne sur la dépression lancée par le ministère de la Santé ont découvert avec stupéfaction que les documents diffusés auprès du public et des professionnels de santé présentaient la dépression uniquement comme une maladie, escamotant ainsi le sens existentiel de ce symptôme.

Alors que la brochure “ La dépression, en savoir plus pour en sortir — repérer les symptômes, connaître les traitements, savoir à qui s’adresser ” indique que le meilleur traitement de la dépression est la psychothérapie, même si le médicament peut être indispensable dans les cas les plus graves pour permettre cette psychothérapie, elle réserve, comme le spécifie la loi s’agissant de soins médicaux, le diagnostic aux seuls médecins et le traitement aux seuls médecins, psychiatres et psychologues. Les psychanalystes et les psychothérapeutes relationnels, mieux formés à l’accompagnement des personnes en dépression, ne sont pas une seule fois mentionnés dans cette brochure !

L’AFFOP (1“) dénonce la surmédicalisation de cette campagne d’information et s’inquiète des effets prévisibles : l’augmentation de la demande de prise en charge qu’elle ne manquera pas de créer — bénéfique en tant que telle — dirigée vers les médecins et psychiatres dont les agendas surchargés ne permettent en général pas autre chose que la prescription d’anti dépresseurs, et vers les psychologues — dont beaucoup ne sont pas formés à la psychopathologie, et les “cliniciens” d’avantage formés à l’évaluation qu’à l’accompagnement —, aboutira à augmenter la consommation de psychotropes dont les français abusent déjà, ce que dénonçait le rapport Zarifian, tout cela au grand bénéfice des fabricants.

Au contraire de ce que cette campagne d’information partiale tente de provoquer — la mise à l’écart de la Santé publique française des psychanalystes et des psychothérapeutes relationnels — nous rappelons que les associations de patients ont de tout temps demandé la possibilité de pouvoir s’adresser à des professionnels du psychisme dont la diversité des approches permet à chaque personne en souffrance de trouver la thérapie qui lui convient.

Nous faisons également confiance à la sagesse de nos confrères médecins et psychologues qui ont créé depuis de nombreuses années avec les psychanalystes et les psychothérapeutes relationnels pour maintenir et renforcer sur le terrain leur coopération positive. C’est ainsi que, sera heureusement reconnue à chaque profession sa place légitime. C’est ainsi que se trouveront à leur tour écartés les enjeux de pouvoir corporatistes et économiques qui semblent présider aux décisions de la Direction générale de le santé, et, au-delà, aux recommandations de l’Académie de médecine et de nombreuses organisations de psychologues.

L’AFFOP et le SNPPsy invités par l’INPES le 8 octobre à propos de la Campagne sur la Dépression lancée par le ministère de la Santé ont découvert avec stupéfaction que les documents diffusés auprès du public et des professionnels de santé présentaient la Dépression uniquement comme une maladie, escamotant ainsi le sens existentiel de ce symptôme.

Alors que la brochure “La dépression, en savoir plus pour en sortir — repérer les symptômes, connaître les traitements, savoir à qui s’adresser” indique que le meilleur traitement de la dépression est la psychothérapie même si le médicament peut être indispensable dans les cas les plus graves pour permettre cette psychothérapie, elle réserve, comme le spécifie la loi s’agissant de soins médicaux, le diagnostic aux seuls médecins et le traitement aux seuls médecins, psychiatres et psychologues. Les psychanalystes et les psychothérapeutes relationnels, mieux formés à l’accompagnement des personnes en dépression, ne sont pas une seule fois mentionnés dans cette brochure !

L’AFFOP dénonce la surmédicalisation de cette campagne d’information. Ils s’inquiètent des effets prévisibles : l’augmentation de la demande de prise en charge qu’elle ne manquera pas de créer — bénéfique en tant que telle — dirigée vers les médecins et psychiatres dont les agendas surchargés ne permettent en général pas autre chose que la prescription d’anti dépresseurs, et vers les psychologues — dont beaucoup ne sont pas formés à la psychopathologie, et les “cliniciens” d’avantage formés à l’évaluation qu’à l’accompagnement —, aboutira à augmenter la consommation de psychotropes dont les français abusent déjà, ce que dénonçait le rapport Zarifian, tout cela au grand bénéfice des fabricants.

Au contraire de ce que cette campagne d’information partiale tente de provoquer — la mise à l’écart de la Santé publique française des psychanalystes et des psychothérapeutes relationnels — nous rappelons que les associations de patients ont de tout temps demandé la possibilité de pouvoir s’adresser à des professionnels du psychisme dont la diversité des approches permet à chaque personne en souffrance de trouver la thérapie qui lui convient.

Nous faisons également confiance à la sagesse de nos confrères médecins et psychologues qui ont créé depuis de nombreuses années avec les psychanalystes et les psychothérapeutes relationnels pour maintenir et renforcer sur le terrain leur coopération positive. C’est ainsi que, sera heureusement reconnue à chaque profession sa place légitime. C’est ainsi que se trouveront à leur tour écartés les enjeux de pouvoir corporatistes et économiques qui semblent présider aux décisions de la Direction générale de la santé, et au-delà aux recommandations de l’Académie de médecine et de la majorité des organisations de psychologues.

  • 1 le SNPPsy de son côté a publié un communiqué d’analyse et de protestation qu’on peut lire ici même :

L’INPES invite psychothérapeutes relationnels et psychanalystes mais à quoi ?

la DGS et l’INPES persévèrent dans l’idée que la seule psychothérapie pensable l’est en tant qu’exercée par médecins et psychologues, peu important s’ils sont qualifiés ou non comme psychothérapeutes relationnels ou psychanalystes les deux professions du Carré psy auxquelles on n’accède pas par la voie universitaire, mais par la voie d’Écoles et d’Instituts privés, spécifiques, dont existent des listes d’agrément professionnels propres à ces deux types de pratiques.

Si bien qu’une campagne d’information sur la dépression fait silence sur ces professionnels du psychisme qui présentent la caractéristique de travailler avec le sens et la parole, et de bien souvent faire faire l’économie de médicaments à des personnes qui ne sont pas, au sens strict du terme, malades , mais en malaise en tant que personnes, ou sujets.

L’Affop proteste contre les pratiques de désinformation de l’INPES, qui bien entendu a invité psychanalystes et psychothérapeutes relationnels à travailler à ses documents, reconnaissant leur existence et importance … pour leur faire découvrir finalement qu’ils n’existeraient pas dans le discours qu’on venait de les convier à améliorer. C’est on se souvient de lui un certain Dr. Basset qui eut l’idée de génie d’organiser cette petite fantaisie institutionnelle.

D’où le Communiqué de l’Affop qui suit. La stupéfaction ne vient pas du fait que se trouvent évacués du discours convenu les protagonistes invités à le parfaire, mais du tour de passe-passe effectué par nos brillants meneurs de campagne : vous êtes très courtoisement invités à corroborer votre exclusion. Ça, c’est de la politique de santé mentale !

Si quand même : dans un recoin de la brochure on trouve ceci : “Les psychothérapies dispensées par des psychologues ou des psychothérapeutes non médecins en cabinet privé ne sont pas remboursées par l’Assurance maladie, mais certaines assurances complémentaires, selon la formule choisie, proposent le remboursement, au moins partiel, d’un certain nombre de séances.”

Vous voyez bien que ce n’est pas la bonne volonté qui manque à l’INPES. Le ver dans le fruit est là, qui le ronge en silence. Un coup d’inconscient diraient mes collègues psychanalystes.

Philippe Grauer


Communiqué de l’Association fédérative française des organismes de psychothérapie et de psychanalyse — AFFOP

19 octobre 2007

L’AFFOP invitée par l’Institut national de prévoyance et d’éducation pour la santé — INPES le 8 octobre à propos de la Campagne sur la dépression lancée par le ministère de la Santé a découvert avec stupéfaction que les documents diffusés auprès du public et des professionnels de santé présentaient la dépression uniquement comme une maladie, escamotant ainsi le sens existentiel de ce symptôme.

Alors que la brochure “ La dépression, en savoir plus pour en sortir — repérer les symptômes, connaître les traitements, savoir à qui s’adresser ” indique que le meilleur traitement de la dépression est la psychothérapie, même si le médicament peut être indispensable dans les cas les plus graves pour permettre cette psychothérapie, elle réserve, comme le spécifie la loi s’agissant de soins médicaux, le diagnostic aux seuls médecins et le traitement aux seuls médecins, psychiatres et psychologues. Les psychanalystes et les psychothérapeutes relationnels, mieux formés à l’accompagnement des personnes en dépression, ne sont pas une seule fois mentionnés dans cette brochure !

L’AFFOP dénonce la surmédicalisation de cette campagne d’information et s’inquiète des effets prévisibles : l’augmentation de la demande de prise en charge qu’elle ne manquera pas de créer — bénéfique en tant que telle — dirigée vers les médecins et psychiatres dont les agendas surchargés ne permettent en général pas autre chose que la prescription d’anti dépresseurs, et vers les psychologues — dont beaucoup ne sont pas formés à la psychopathologie, et les “cliniciens” d’avantage formés à l’évaluation qu’à l’accompagnement —, aboutira à augmenter la consommation de psychotropes dont les français abusent déjà, ce que dénonçait le rapport Zarifian, tout cela au grand bénéfice des fabricants.

Au contraire de ce que cette campagne d’information partiale tente de provoquer — la mise à l’écart de la Santé publique française des psychanalystes et des psychothérapeutes relationnels — nous rappelons que les associations de patients ont de tout temps demandé la possibilité de pouvoir s’adresser à des professionnels du psychisme dont la diversité des approches permet à chaque personne en souffrance de trouver la thérapie qui lui convient.

Nous faisons également confiance à la sagesse de nos confrères médecins et psychologues qui ont créé depuis de nombreuses années avec les psychanalystes et les psychothérapeutes relationnels pour maintenir et renforcer sur le terrain leur coopération positive. C’est ainsi que, sera heureusement reconnue à chaque profession sa place légitime. C’est ainsi que se trouveront à leur tour écartés les enjeux de pouvoir corporatistes et économiques qui semblent présider aux décisions de la Direction générale de le santé, et, au-delà, aux recommandations de l’Académie de médecine et de nombreuses organisations de psychologues.

Enfants turbulents : l’enfer est-il pavé de bonnes préventions ?

Programme du colloque du samedi 10 novembre 2007

Paris CHU Saint Antoine — Grand amphithéâtre, entrée 27 rue de Chaligny, 75011.


Devant l’afflux d’inscriptions au colloque du 10 novembre (800 à ce jour), nous avons dû changer de salle, puisque l’amphi St Antoine ne permet d’accueillir que 370 personnes.

Le colloque aura donc lieu à l’ ESPACE CHARENTON

327, rue de Charenton, 75012 PARIS

Accès :

En métro : ligne 8, station : porte de Charenton

En bus : PC 1 et PC 2, arrêt : Porte de Charenton, ligne 87, arrêt : Charenton jardinier


Pasde0deconduite

2ÈME COLLOQUE SCIENCES ET SOCIÉTÉ

Pour accéder au programme et au bulletin d’inscription du colloque, cliquez sur le lien :
http://www.pasde0deconduite.ras.eu.org/article.php3?id_article=98

ENFANTS TURBULENTS :
L’ENFER EST-IL PAVÉ DE BONNES PRÉVENTIONS ?

Ce deuxième colloque de Pasde0deconduite, dans quel contexte ?

Au printemps 2006, avec ses 200 000 signatures, notre appel « Pas de zéro de conduite pour les enfants de 3 ans » contraint le gouvernement à renoncer à inscrire le dépistage, dès 36 mois, d’enfants turbulents dans sa loi de prévention de la délinquance.

Notre mouvement conduit également l’Inserm à annoncer, en novembre 2006, de nouvelles méthodes pour ses expertises en santé psychique et prévention, associant chercheurs de toutes disciplines et acteurs de terrain.

Mais un an plus tard, les questions de politiques et de recherche en prévention psychologique, soin et éducation, restent plus que jamais d’actualité :

– la publication en février 2007 d’une nouvelle expertise de l’Inserm sur les troubles de l’apprentissage chez l’enfant est loin de correspondre aux engagements pris ;

– des actions de terrain, lors de bilans de santé en école maternelle par exemple, ou des projets de recherche intrusifs sur des difficultés des enfants risquant de les stigmatiser ou de les déstabiliser, ont provoqué de vives réactions des associations de parents ou de professionnels ;

– l’instrumentalisation de la recherche s’est à nouveau manifestée avec la mise en avant par des responsables politiques d’ approches exclusivement neuro-biologiques des difficultés en lecture ;

– la promotion de thèses favorables à l’origine biologique des comportements humains s’est exprimée dans le débat public quant à la détermination prétendument génétique de la pédophilie ;

– enfin, la loi votée récemment sur la prévention de la délinquance épingle toujours plus les enfants et les familles en difficulté psychologique ou sociale. Elle fragilise encore le travail des professionnels chargés de les aider. Le secret professionnel , outil essentiel dans la santé et l’action sociale, y est remis en question.

Le collectif Pasde0deconduite a poursuivi ses interventions en 2007, sur ces problèmes, s’adressant tour à tour aux pouvoirs publics, aux candidats à l’élection présidentielle, à des organismes de recherche ou à des institutions chargées des politiques sociales et de santé (cf. sur le site)

Dans le prolongement, nous organisons le colloque du 10 novembre. Nous vous invitons à y participer nombreux et à en parler largement autour de vous

[Image : Élisabeth Roudinesco]

“Que les pervers soient sublimes quand ils se tournent vers l’art, la création ou la mystique, ou qu’ils soient abjects quand ils se livrent à leurs pulsions meurtrières, ils sont une part de nous-mêmes, une part de notre humanité, car ils exhibent ce que nous ne cessons de dissimuler : notre propre négativité, la part obscure de nous-mêmes”. E.Roudinesco

Présentation :

— Où commence la perversion et qui sont les pervers ?

Est réputé tel, depuis l’apparition du mot au Moyen Âge, celui qui jouit du mal et de la destruction de soi ou de l’autre. Mais si l’expérience de la perversion est universelle, chaque époque la considère et la traite à sa façon.

— L’histoire des pervers en Occident

est ici racontée à travers ses grandes figures emblématiques, depuis l’époque médiévale (Gilles de Rais, les mystiques, les flagellants) jusqu’à nos jours (le nazisme au XXè siècle, les types complémentaires du pédophile et du terroriste aujourd’hui) en passant par le XVIIIè siècle (Sade) et le XIXè (l’enfant masturbateur, l’homosexuel, la femme hystérique).

— Notre époque

, qui croit de moins en moins à l’émancipation par l’exercice de la liberté humaine, et pas davantage au fait que chacun d’entre nous recèle sa part obscure, feint de croire que la science nous permettra bientôt d’en finir avec la perversion. Mais qui ne voit qu’en prétendant l’éradiquer, nous prenons le risque de détruire l’idée d’une possible distinction entre le bien et le mal, qui est au fondement même de la civilisation ?


Entretien avec Élisabeth Roudinesco, pour L’homme en question , 18 septembre 2007.

— Ne sommes-nous pas tous un peu pervers?

— Tous les êtres humains ont des fantasmes pervers : envie de tuer, de nuire, de s’exhiber, de manipuler, de dominer, de faire souffrir. C’est en cela que la perversion est la part obscure de nous-mêmes. Mais on ne devient réellement pervers que lorsqu’on met en acte de tels fantasmes, à des degrés divers. Soit à titre individuel, soit de façon organisée, comme dans les dictatures où l’État devient tortionnaire et persécuteur. Le nazisme est l’exemple le plus extrême d’un système pervers puisque le génocide devient la Loi.

— La perversion est-elle pensable en dehors des catégories du bien et du mal ?

— La perversion est synonyme de perversité : jouir de faire le mal et pas simplement faire le mal sans en jouir. Mais elle peut être sublimée en son contraire dans l’art ou la créativité. Si le Marquis de Sade n’avait pas été l’auteur d’une œuvre majeure, il aurait sans doute été un criminel. Être pervers, c’est donc être double, attiré tantôt par le haut (la civilisation) et tantôt par le bas (la souillure). À cet égard, la perversion est pensable, en effet, selon les catégories du bien et du mal, dans la mesure où chaque société a besoin, pour exister, de penser cette différence.

Mais comme la manière de désigner le bien et le mal varie selon les époques, les pervers peuvent être tantôt les victimes d’une Loi qui les persécute, et tantôt des bourreaux ou des rebelles — voire des héros — qui défient la loi de Dieu ou des hommes. Pendant des siècles, l’homosexuel, regardé comme le mal absolu pour cause de sodomie, fut envoyé au bûcher, avec l’hérétique, la sorcière et celui qui se livrait au commerce charnel avec les animaux. Au XIXè siècle, il fut l’incarnation d’un mal qui venait des mauvais instincts de l’homme, descendant du singe. La rédemption passait, non par Dieu et les flammes, mais par la science médicale. Aujourd’hui, dans les états démocratiques, les pervers ne sont plus sanctionnés ni par Dieu ni par la science, ni par la loi, sauf quand ils sont criminels. Le mal absolu, c’est donc le pédophile, criminel et malade, de même que le terroriste — celui du 11 septembre — qui prétend incarner le bien, alors qu’il est l’agent du mal, c’est-à-dire d’une destruction massive de l’autre et de lui-même.

— Vous intitulez votre dernier chapitre “La société perverse”. En quoi notre société contemporaine peut-elle être considérée comme perverse ?

— Parce qu’elle tend à réduire l’âme au corps, à traiter les sujets comme des marchandises et à laisser croire que la solution à la question du désir pourrait être trouvée dans la gestion des corps et non plus dans l’aspiration à un idéal. Il s’agit là d’une tentative de domestication de la part obscure de nous-mêmes — de nos fantasmes, de notre imaginaire —, douce et invisible, propre aux états démocratiques, à l’ère du biopouvoir, lequel prétend venir à bout de tous les comportements dits déviants ou d’addiction. J’appelle perverse une société puritaine et pornographique : étalage maniaque de l’intimité, d’un côté, répression ensuite de ce que l’on a sciemment exhibé. Et tout cela au nom du bonheur individuel et de la santé.

Y a-t-il un propre de l’homme ? Rencontres balzaciennes

L’affirmation du propre de l’homme s’est effectuée par différence d’avec les animaux. Ceux-ci ont tantôt connu un âge d’or, tantôt un avilissement qui les reléguait du côté de la machine. Le monde de la production industrielle et de la recherche médicale en fait des objets de consommation de masse traités de façon abjecte. Ce qui n’est pas sans rapport avec l’inhumanité des traitements que les hommes s’infligent les uns aux autres et dont l’histoire moderne et contemporaine atteste. Les frontières qu’on a pu croire définies et définitives sont remises en cause par les questions nouvelles d’un droit des animaux, mais par celle aussi d’une naturalisation de l’homme qui conteste tout l’héritage philosophique et l’ancien partage. Que penser d’une possible disparition du propre de l’homme ?


Rencontres philosophiques

conférence-débat

salle des fêtes de 18h. à 19h.30 du

Lycée international Honoré de Balzac qui organise ces Rencontres
118 boul Bessières, 75017 Paris
— Métro Porte de Clichy, ligne 13 ; RER C ; bus 54, 74, PC3 —

Entrée libre


Comité de direction des Rencontres : Michel Rotfus, professeur de philosophie ; Jacqueline Marguin, proviseur ; Élisabeth Roudinesco, historienne, chargée de conférence à l’École pratique des hautes études (IVème section), directrice de recherches à Paris VII.

Renseignement et contact : michel.rotfus@orange.fr

Textes d’introduction de Michel Rotfus et Philippe Grauer ici-même en éditorial en date du 7 octobre 2007.


Voici l’ensemble du

PROGRAMME DES RENCONTRES BALZACIENNES 2007 – 2008

1) Mardi 23 octobre 2007 : Y a-t-il un propre de l’homme ?

Par Élisabeth de Fontenay

L’affirmation du propre de l’homme s’est effectuée par différence d’avec les animaux. Ceux-ci ont tantôt connu un âge d’or, tantôt un avilissement qui les reléguait du côté de la machine. Le monde de la production industrielle et de la recherche médicale en fait des objets de consommation de masse traités de façon abjecte. Ce qui n’est pas sans rapport avec l’inhumanité des traitements que les hommes s’infligent les uns aux autres et dont l’histoire moderne et contemporaine atteste. Les frontières qu’on a pu croire définies et définitives sont remises en cause par les questions nouvelles d’un droit des animaux, mais par celle aussi d’une naturalisation de l’homme qui conteste tout l’héritage philosophique et l’ancien partage. Que penser d’une possible disparition du propre de l’homme ?

Professeur honoraire à la Sorbonne, E. de Fontenay a écrit notamment :

Les figures juives de Marx, Galilée, 1973

Diderot ou le matérialisme enchanté, Grasset, 1984

Le silence des bêtes, la philosophie à l’épreuve de l’animalité, Fayard 1998.


2) Jeudi 15 novembre 2007 : Enfances de lecture.

Par Anne Marie Garat

“Je parle des enfances de la lecture. Non pas de lecture enfantine, Encore moins de littérature de jeunesse, qui est infantile. Je parle d’une jeunesse de la lecture, tant ce que nous connaissons vient de ce qui est dit — écrit — bien avant nous dans les livres, tant la littérature nous précède et nous engage au monde.
Je parle des baptêmes et des épiphanies qui m’ont donné lecture, et puis écriture”.

Anne Marie Garat a enseigné le cinéma. Elle a publié de nombreux romans, dont Aden qui a obtenu le prix Fémina en 1992,

L’amour de loin, Les mal famés (prix Marguerite Audoux),

Nous nous connaissons déjà,

On ne peut pas continuer comme ça.


3) Jeudi 6 décembre 2007 : Soins et attention : réflexion sur l’éducation.

Par Bernard Stiegler

Penseur peu médiatique qui se refuse au petit écran, Bernard Stiegler est certainement un de ceux qui aura le plus marqué la réflexion sur les nouvelles techniques de la communication: il s’agit de penser l’autodestruction du monde capitaliste où mondialisation et phénomène d’uniformisation des comportements et des modes de vie s’attaquent à la singularité des individus et des cultures.
C’est à partir de là qu’est ré-abordée la question de l’éducation en procédant à une relecture critique des réflexions de Michel Foucault.

Bernard Stiegler est de formation philosophique. Il a cependant révélé dans Passer à l’acte, 2003, qu’il a passé cinq années en prison pour des attaques à main armée. C’est là qu’il entame des études de philosophie.

Il devient docteur de l’École des hautes études en sciences sociales. Il a été directeur de recherche au collège international de philosophie, professeur et directeur de l’unité de recherche qu’il a fondé en 1993 “ Connaissances, Organisations et Systèmes Techniques ” à l’Université de technologie de Compiègne, directeur général adjoint de l’institut national de l’audio visuel (INA), puis directeur de l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique (Ircam) jusqu’en 2005, puis enfin directeur du développement culturel au Centre Georges Pompidou où il dirige également l’Institut de recherche et d’innovation (IRI) qu’il a créé en avril 2006.

Depuis La technique et le temps, ouvrage en six volumes dont trois sont parus aux éditions Galilée,

La faute d’Epiméthée, 1994,

La désorientation, 1996,

Le temps du cinéma et la question du mal-être (2001), tome 1 et 2 (1994-96)

il a publié de nombreux ouvrages dont les plus récents :

La télécratie contre la démocratie, 2006

Ré enchanter le monde : la valeur esprit contre le populisme industriel (avec Marc Crepon, 2006) ;

De la démocratie participative : fondements et limites, 2006.


4) Jeudi 17 janvier 2008 : Colonie, post-colonie

Par Seloua Luste Boulbina

« La tâche qui persiste est d’élaborer une conception et une pratique tout autre que celles qu’inspirait la modernité « classique ». A réajuster ces dernières, même subtilement, à l’état présent des choses, on ne ferait que fabriquer et répandre de la fausse monnaie. Il y a certes de l’intraitable qui s’obstine dans le système présent, mais on ne saurait en localiser et en soutenir les expressions ou les signes dans les mêmes régions de la communauté et avec les mêmes moyens qui étaient celles et ceux d’il y a un demi-siècle.»
Jean-François Lyotard La Guerre des Algériens, Écrits 1956-1963, Galilée 1989.

On croit quelquefois que le terme post colonie , créé par Achille Mbembé, désigne une permanence du passé, la recherche d’un temps perdu, une douloureuse mémoire, en bref, une espèce d’éternité. En réalité, il s’agit, bien au contraire, de penser le présent, un présent singulier. Il s’agit de le penser de part et d’autre, puisque la colonie est le lieu d’un grand partage, celui des indigènes et des nationaux, des anciens et des modernes, des hommes de rien et des hommes de bien.

Seloua Luste Boulbina, agrégée de philosophie et docteur en sciences politiques, a réalisé la première étude universitaire sur les Grands Travaux à Paris (1981-1995). Enseignante de philosophie à Paris en classe préparatoire aux grandes écoles et à l’institut des sciences politiques, elle collabore aux Temps modernes, aux Cahiers philosophiques ainsi qu’à Philosophie Magazine. Elle est responsable de séminaire au Collège international de philosophie.


5) Jeudi 14 février 2008 : Logiques et limites de l’homme biomédical.

Par Roland Gori

Quand le traitement de la souffrance psychique dépend de plus en plus d’une psychiatrie au service de l’ordre néolibéral, que devient l’intime, pris entre les thérapies pharmacologiques, comportementalistes, cognitivistes, et le “coaching” ?

Sous un habillage pseudo scientifique qui légitime l’idéologie à la mode, hygiéniste et sécuritaire, il faut que tout soit transparent, rentable, socialement et politiquement correct. On assiste à une médicalisation scandaleuse de la souffrance psychique qui vise à faire croire aux patients qu’ils sont responsables de leurs troubles et qu’on va les guérir par le dressage. Monde totalitaire ou le psychisme ne constitue plus cet espace de liberté ou de révolte permettant au sujet de ne pas être sous emprise, mais doit se soumettre à l’idéologie du contrôle absolu de soi par soi, de la jouissance sans limite, de la consommation érigée comme principe éthiquement supérieur.

Roland Gori est psychanalyste et professeur de psychopathologie à l’université d’Aix Marseille. Il a publié notamment :

Logique des passions, Denoël, 2002

La santé totalitaire : essai sur la médicalisation de l’existence, Denoël, 2005

Le consentement. Droit nouveau du patient ou imposture
, In press, 2006

L’empire des coachs : une nouvelle forme de contrôle social, Albin Michel, 2006).

Deuil & mélancolie 1ère conférence de Sainte Anne de la SIHPP

La prochaine conférence
de la Société internationale d’histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse (2007-2008)

Au CHU Sainte-Anne

CMME, 100 rue de la Santé, 75014 Paris

Vendredi 9 novembre 21:00

portera sur la question du deuil et de la mélancolie.

Darian Leader est psychanalyste praticien à Londres. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont plusieurs sont traduits en français :

– À quoi penses-tu? les incertitudes de l’amour

–La Question du Genre, Faut-il voler la Joconde. Ce que l’art nous empêche de voir }, éditions Odile Jacob

Il membre du Centre for Freudian Analysis and Research et du College of Psychoanalysts, Visiting Professeur au Royal College of Art, Honorary Visiting Academic at Middlesex.

Son prochain ouvrage, publié en janvier 2008, s’intitule : The New Black. Mourning, Melancholia and Depression. : CQFD.

Voir l’ensemble du programme :

SIHPP annonces — Buenos Aires, Paris, Rouen

Conférences de la Société internationale d’histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse (2007-2008)

1) Un peu d’exotisme pour commencer :

Buenos Aires
La Asociación Latinoamericana de Historia del Psicoanálisis

tiene el agrado de invitarle al diálogo entre
Sigmund Freud,
representado por Julio Nejamkis,
y David Liberman,
representado por Samuel Arbiser.

Gilda Sabsay Foks
PRESIDENTA

El jueves 25 de octubre a las 20.30 hs. en el Museo Roca
Vicente López 2220 – Capital Federal


2) Le 2ème lundi de chaque mois, à 21h15:
au 4, Place St Germain des Prés 75006 Paris (Salle des Bibliothèques)

Jean-Jacques Moscovitz
Séminaire mensuel
à Psychanalyse actuelle et à Espace analytique

Clinique freudienne de l’actuel et Approche de la culture:
Le sujet entre intime et politique, textes de références pour cette année :
de Freud « psychologie des masses et analyse du Moi », de Lacan : « L’envers de la psychanalyse ».

Pour des informations régulières veuillez consulter les sites de Psychanalyse actuelle et d’Espace analytique
http://psychanalyseactuelle.free.fr/ et
http://espace-analyseactuelle.org/
où sont présentés des textes exposés lors des réunions

Renseignements : Secrétariat de Psychanalyse actuelle, 94 av. Émile Zola 75015 Paris – mail : psychanalyse.actuelle@gmail.com
Jean-Jacques Moscovitz : jjmoscovitz@free.fr Tél. 01 43 25 02 11


3)
École pratique des hautes études EPHE
Équipe d’accueil : EA 41-17. Cultures juives d’Europe, de Méditerranée,
d’Europe du nord, centrale et orientale.
Sous la direction conjointe d’Esther Benbassa et de Jacques Le Rider.
Salle de conférences de l’EPHE, tour CROUS, 29-31 rue Daviel, 75013 Paris.

Élisabeth Roudinesco

HISTOIRE DE LA PSYCHANALYSE
2007-2008

Psychanalyse, judéité et questions religieuses

Deuxième et quatrième mardi, de 18h à 20h
27 nov 2007, 11 décembre, 8 janvier 2008, 22 janvier,
12 février, 11 mars, 25 mars, 8 avril, 13 mai, 27 mai, 10 juin.

Ce séminaire est inclus également dans :
ECOLE DOCTORALE 382-EESS Economie, espaces, sociétés, civilisations.
UFR DE GEOGRAPHIE, HISTOIRE, SCIENCES DE LA SOCIÉTÉ (GHSS) –
UNIVERSITÉ DE PARIS VII-DENIS DIDEROT.


4) Université de Rouen Haute Normandie

22 novembre 2007 à 19h

Maison de l’Université 1 rue Lavoisier 76821 Mont-Saint-Aignan

L’âme et le corps à l’ère postfreudienne

avec

Élisabeth Roudinesco

Discutant : François Pommier

Renseignements : Esaï Makoundou,
Département de Psychologie de l’Université de Rouen Tél. : 02 35 14 80 99
esai.makoundou@univ-rouen.fr
Organisation : équipe “Traumatisme, processus de subjectivation individuelle et familiale” PRIS

Inscriptions sur place : 10 euros pour les participants Gratuit pour les étudiants


Pour consulter le programme des Conférences de Sainte Anne 2007-2008 cliquez ici :

Ségrégation : dis-moi si tu même

Vient de paraître aux éditions érès

JFP
Journal Français de Psychiatrie
n° 28

Ségrégation

– Numéro coordonné par Pierre-Yves Gaudard et Thierry Jean

En librairie le 6 septembre 2007

Pour en savoir plus
Acheter en librairie – Commander ou S’abonner : Voir

Christian Bréchot démissionne enfin

Pour des motifs “semi-personnels qui n’ont pas de rapport avec ses compétences en général”, bref, des ennuis, Le Monde annonce la démission lundi 8 octobre 2007 de Christian Bréchot de la Direction générale de l’Inserm.

Christian Bréchot avait dirigé cette institution scientifique et impulsé le mémorable Psychothérapie : trois approches évaluées , puis récidivé avec les “expertises collectives” vigoureusement controversées intitulées “ Troubles des conduites chez l’enfant et l’adolescent ” ayant engendré la réplique des pasdezérodeconduite.

Nous resterons vigilants concernant la nomination de son successeur

Pendant ce temps-là, toujours plus fort dans le même sens, on va pister bientôt le mauvais ADN chez les fœtus logeant … dans le sein des femmes pauvres, seules et en difficulté affective. Dans des temps plus anciens on appelait ça des facteurs socio-économiques, à l’avenir tel que le conçoivent les Bréchot, cela recevra une appellation génétique, c’est ça la “science”. Bio-pouvoir quand tu nous crois nous tenir !

Au fait, vous avez signé la pétition ? http://www.touchepasamonadn.com