SIHPP — Cycle de conférences à Sainte Anne – 2007-2008

CHU Sainte-Anne
CMME, 100 rue de la Santé, 75014 Paris, à 21 heures

Vendredi 9 novembre 2007

Darian Leader : “Deuil et mélancolie”

Darian Leader est psychanalyste praticien à Londres. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont plusieurs sont traduits en français (A quoi penses-tu? les incertitudes de l’amour, La Question du Genre, Faut-il voler la Joconde. Ce que l’art nous empêche de voir, éditions Odile Jacob) Il membre du Centre for Freudian Analysis and Research and the College of Psychoanalysts, Visiting Professeur au Royal College of Art, Honorary Visiting Academic at Middlesex. Son prochain ouvrage, publié en janvier 2008, s’intitule : The New Black. Mourning, Melancholia and Depression.


Vendredi 25 janvier 2008

Danielle Milhaud-Cappe : “Freud et la pédagogie”.

Danielle Milhaud Cappe est docteur en philosophie et ex-chargée de cours à l’Université de Paris 1-Tolbiac. Elle est membre de l’Association internationale d’histoire de la psychanalyse (AIHP) et l’auteur de Freud et le mouvement de pédagogie psychanalytique, Vrin, 2007


Vendredi 16 février 2008

Jan Goldstein : “Hystérie et extase chez une paysanne savoyarde en 1820”

Jan Goldstein est professeur au département d’histoire de l’Université de Chicago et l’auteur d’un ouvrage majeur sur l’histoire de la psychiatrie au XIXe siècle : Consoler et classifier. L’essor de la psychiatrie française, Les empêcheurs de penser en rond, 1997.


Vendredi 4 avril 2008

Paulo Roberto Ceccarelli : “Les soubassements mythologiques de la normalité.

Psychologue, psychanalyste, membre de l’International Federation of Psychoanalytic Societies (IFPS) et de la Société de psychanalyse freudienne (SPF). Membre de l’Association Universitaire de Recherche en Psychopathologie Fondamentale, professeur à l’Université catholique de Minas Gerais, à Belo Horizonte, Brésil.

RENCONTRE AVEC JOYCE McDOUGALL

Débat conférence de 18 h à 20 h

PARIS 7 — AMPHI PARADIS

Joyce McDougall

INVITEE PAR :

Cristina LINDENMEYER, Maître de Conférence Université Paris Diderot Paris 7

AVEC :

Marianne BAUDIN, Maître de Conférence Université Paris Diderot Paris 7

Paulo Roberto CECCARELLI, Professeur Université Catholique de Minas Gerais, Brésil, Psychanalyste

THÈME : corps & psyché

Avec Joyce McDougall, nous aborderons les travaux qu’elle a développés sur les liens corps et psyché : comment le corps dans sa sexualité vient fonctionner comme un théâtre où l’histoire du sujet peut se jouer.


Nombre de places limité. Renseignements et inscriptions :
Université Paris Diderot Paris 7, U.F.R. Sciences humaines cliniques
Département de formation permanente
26, rue de Paradis – 75480 PARIS cedex 10
Tél / fax : 01 53 34 90 66
TARIFS :
Formation Continue : 15 euros
Individuel : 10 euros
Étudiant : 2 euros

Journée d’étude de l’association Psychanalyse en Chine

Communiqué par la SIHPP


Vendredi 28 septembre à 21h

projection d’un film documentaire sur la réception de la psychanalyse en Chine, Transfert, de Henri Iselin. Débat avec le réalisateur.

Samedi 29 septembre 2007

Psychanalyste en Chine

Pas de psychanalyse sans psychanalystes, pas de Chine sans chinois.
Quand un discours tout neuf rencontre une civilisation très ancienne,
il convient de donner la parole à ceux que cet acte mobilise.

Entretiens cliniques et échanges théoriques en Chine, atelier de traduction
de Lacan à Paris, sont les axes d’un travail visant à favoriser le développement du discours analytique dans l’Empire du Milieu.

Cette journée permettra de faire le point sur le travail en cours, ses avancées,
mais aussi les difficultés rencontrées.

9h30 – Introduction, par Franck Chaumon : « De quelques choix, et de ce qui s’ensuivit »

10h – Qin Wei : « Pourquoi la psychanalyse ne serait-elle pas possible en Chine ? »

10h45 – Philippe Porret : « Converser sans convertir : l’improbable tiers provisionnel ? »

11h30 – 12h45 : Table ronde : Micheline Glicenstein, Michel Guibal, Martine Lerude, Véronique Porret.
Modérateur : Dominique Simonney.

Après-midi : ateliers

14h15 -15h30 : Clinique.
avec Yann Diener, Josiane Froissart, Rainier Lanselle, Sophie Pierre.

15h45 – 17h : Traduction.
avec Josiane Froissart, Pierre-Alain Froissart, Rainier Lanselle, Sophie Pierre, Erik Porge.

17h – Conclusion, par Dominique Simonney.


La soirée du vendredi 28 et la journée du samedi 29 septembre auront lieu à l’I.N.J.S,
254 rue Saint-Jacques, Paris 5ème (Métro : RER Luxembourg)
Prix d’entrée : 60 euros ; étudiants : 30 euros
Envoyer un chèque à l’ordre de Psychanalyse en Chine, à l’adresse suivante :
Annick Le Dorré, 7 rue Michelet, 75006 Paris.
contact : yann.diener@wanadoo.fr
www.psychanalyse-en-chine.net

Un monde fou, un monde de fous

Nos collègues psychologues cliniciens d’inspiration psychanalytique peinent en ce moment, sous le coup d’une poussée réglementariste — évaluation, bonnes pratiques, fichage des délinquants de moins de trois ans, biologisation par la recherche du gène gênant — qui poursuit son effort institutionnel. Une novlangue tend à s’instaurer, la personne humaine devient un usager. La statistique et l’expertise (pensons à Outreau) cherchent à encadrer l’inencadrable, les faits d’âme. Nous ne serons jamais des animaux-machines, ni des neuro-machines à réparer en les soumettant comme des voitures au diagnostic de la valise.

La psychanalyse et la loi

Rencontre internationale des psychanalystes lacaniens
1er juillet 2007 – Paris


Jean-Pierre Sueur,
La psychanalyse et la loi


Magistrale intervention. Le sénateur J-P Sueur resitue le cœur du débat qui a secoué les quatre professions du psychisme locataires du carré psy, et qui continue de devoir être pensé.

Un première pensée qui permet de comprendre les enjeux, c’est que l’Inserm, — utilisant la méthode artéfactice consistant à sélectionner un corpus de telle façon qu’il fournisse la réponse attendue au “chercheur”, devenu chercheur de corpus, ou plutôt chercheur de poux dans la tête de celui qu’il a choisi d’éliminer, c’est que l’Inserm donc, nous a démontré que la psychanalyse et la psychothérapie relationnelle constituaient ensemble la partie des sciences humaines à disqualifier comme de moindre valeur, au regard néo hygiéniste des TCC, c’est-à-dire du cognitivo comportementalisme des années 50 rénové façon neurosciences.

La deuxième pensée, c’est que la sécurité nous viendra de ce que Roland Gori a si bien nommé la médicalisation de notre existence. Et plus généralement que les “ signaux électriques et chimiques du cerveau ” devenus l’alpha et l’oméga de la pensée officielle, les ministres grands prêtres scientistes prétendirent décréter la théorie juste, inspiratrice désormais de l’exécutif. On savait déjà ce que le “socialisme scientifique” avait inspiré comme déraison majeure au XXème siècle, on apprend que la même méthode de pensée fait école dans notre république. Pavlov a dû sauter de joie dans sa tombe et ses chiens croire entendre le carillon de ses sonnettes revenir persécuter leurs restes martyrisés.

Par quoi on aboutit à la troisième kolossale idée du fameux rapport Ginesti, un chef d’œuvre, qui propose d’ajouter un chapitre au 1984 de George Orwell à l’intention des tout petits qu’il se proposait de classifier dès le berceau comme on disait dans l’Afrique du Sud d’avant Mandela, afin de les redresser, pardon, guérir, avant karchérisation. L’idée conductrice de ce passionnant rapport étant que nous sommes déterminés, par nos gênes, à la naissance. Dieu ou qui vous voudrez — nous-mêmes, éclairés par l’analyse de J-P Sueur si vous préférez, nous préserve d’une telle version scientiste de la prédestination, dans laquelle l’âme et le libre arbitre sont liquidés par le règne d’un biologisme réducteur dans lequel vous et moi ne serions plus que des cerveaux électriques et chimiques certes, mais singulièrement décervelés. Les Pasdezérodeconduite on su entamer cette monstrueuse “pensée”, nous saurons poursuivre le combat à leurs côtés.

Enfin, qu’il s’agisse corrélativement d’injonction de soins ou de peine plancher automatique, dans ce système de pensée le psychisme est ramené au psychopathologique, ce dernier à une médecine organiciste borgne débouchant sur une idéologie aveugle se voulant en prise directe sur le biopouvoir. Et voici pourquoi votre fille est muette. Décidément Molière n’a pas fini d’avoir raison de se moquer d’une certaine médecine.

Lisez ce beau texte et constituez librement vos signaux électriques et chimiques en une pensée critique, la vôtre, une pensée citoyenne de personne et de sujet responsable, qui ne gobe pas les illuminations scientistes d’une idéologie dangereusement à la mode cependant tout à fait résistible.

Philippe Grauer


Merci à Éric Laurent pour cette présentation.

En cette période d’hypertrophie de l’exécutif, il est peut-être utile de s’interroger sur le rôle de la loi. Souvent, lorsque des groupes d’élèves viennent me voir au Sénat, je leur demande qui est premier en France. Ils répondent : « Le président. » Je leur dis : « Non. Ce qui est premier dans une république, dans une démocratie, c’est la loi. Elle s’applique à tout le monde, y compris d’ailleurs au président. »

En cette période, je définirai le rôle qui doit être le nôtre comme celui d’un éveilleur attentif à débusquer tout ce qui, dans les pouvoirs exécutifs, législatifs, peut remettre en cause des choses essentielles dans une démocratie. Je vais vous parler de quelques épisodes récents, mais aussi d’un épisode en cours, à savoir l’arrivée la semaine prochaine d’un projet de loi sur les peines plancher, et tout ce que cela implique, car, avec les peines plancher, la boucle est en quelque sorte bouclée par rapport à un certains nombre d’épisodes précédents.

Il y a un épisode qui vous a tous inquiétés, préoccupés, qui s’est déroulé un certain soir, dans cette lumière jaunâtre qui est celle de l’Assemblée nationale ou du Sénat – parce que l’on fait toujours les lois dans une sorte de lumière un peu jaune, je ne sais d’ailleurs pas pourquoi – où a été voté, à la surprise générale, un amendement à l’unanimité. Le texte de cet amendement, qui est devenu célèbre – son auteur a d’ailleurs gagné quelques galons, puisqu’il préside maintenant l’Assemblée nationale –, je ne vais pas vous le lire, vous le connaissez, mais je vais appeler votre attention sur l’une des phrases de cet amendement : « Les différentes catégories de psychothérapies sont fixées par décret du ministre de la Santé. Leur mise en oeuvre ne peut relever que de médecins ou de psychologues diplômés. » Il y a dans ce ne que quelque chose d’effrayant, puisqu’il est écrit, à ce stade, dans cette première écriture de ce texte législatif, que la souffrance psychique ou son traitement ne peuvent relever que de la médecine. Ce qui a été qualifié aussitôt, en particulier par Jacques-Alain Miller, de retour de l’hygiénisme. Et ce qui m’a beaucoup étonné, c’est que cela ait été voté par tout le monde, en vertu d’une sorte de bon sens « sécuritaire ». Il fallait protéger. Et qu’est-ce qui protège mieux qu’un médecin ?

Ensuite, il y a eu les six versions de cet amendement. Ce qui est intéressant dans cette histoire, c’est qu’en fait une question : « quelles sont les conditions qui doivent être requises pour pouvoir s’appeler psychothérapeute ? », dont on peut évidemment parler, a été totalement instrumentalisée par une autre question, non dite au départ, qui s’est révélée être celle de la place de la psychanalyse dans la société. Et on n’a parlé dans cette affaire que de psychanalyse, avec plusieurs étapes, notamment une étape qui a consisté à revenir en arrière sur le côté extrêmement dogmatique du premier texte, et à basculer peu à peu dans une sorte de politique politicienne, avec la proposition gouvernementale en vertu de laquelle les médecins, les psychanalystes inscrits sur des listes et les psychologues seraient épargnés – cependant que les seuls psychothérapeutes [relationnels, NDLR] devraient demander et obtenir leur inscription sur des listes préfectorales, etc.

Ce qui m’a frappé dans cette affaire, c’est un autre vote qui a eu lieu à la fin du processus et qui a abouti à un formidable lapsus du législateur, puisque le législateur a adopté en dernière lecture deux alinéas totalement contradictoires. L’un disant que les représentants des trois catégories précitées seraient, de droit, psychothérapeutes. L’autre disant que pour être psychothérapeute, il fallait faire des études spécifiques de psychopathologie. Ces deux alinéas étaient – et sont toujours – complètement contradictoires. C’est-à-dire qu’après six lectures, la loi bafouillait : elle disait une chose et son contraire.

On a assisté ensuite à la volonté d’un ministre d’élaborer un décret à partir d’une loi contradictoire dans ses termes. Et cela a duré jusqu’aux dernières semaines avant les présidentielles, où il y a eu un grand acharnement (trois moutures successives !) à publier un décret – qui n’est toujours pas publié, qui, je l’espère, ne sera jamais publié. Tâche impossible pour la simple raison que si on veut faire un décret cohérent, il faut refaire la loi, car la loi est contradictoire dans ses termes.

Je voulais insister sur le fait que derrière tout cela, il y a le premier rapport de l’Inserm qui prétend démontrer que les TCC sont plus efficaces que la psychanalyse ou les psychothérapies relationnelles. Ce rapport est un pur artefact , c’est-à-dire qu’il ne fait que démontrer ce qu’il a choisi de démontrer, et que la conclusion est déjà inscrite dans la liste des travaux que les personnes qui ont fait ce rapport se sont donnés comme objet d’études.

On voit bien que derrière la question des psychothérapeutes, il y a en réalité la volonté de disqualifier l’approche psychanalytique et tout ce qui lui est lié.

Dans l’une des moutures de l’avant-projet de décret, le ministre de l’époque, M. Xavier Bertrand, écrit ceci : « Le professionnel souhaitant user du titre de psychothérapeute devra acquérir une connaissance des quatre approches de la psychothérapie validées scientifiquement : analytique, systémique, cognitivo-comportementaliste, intégrative. » C’est quelque chose d’assez extraordinaire dans l’histoire qu’un ministre décrète , puisqu’il s’agit d’un décret , en l’an 2006, quelles sont les quatre approches « validées scientifiquement » de la psychothérapie, qui sont donc toutes les quatre posées l’une à côté de l’autre, juxtaposées, comme si elles avaient toutes la même valeur, le même poids, la même réalité. Il est, bien sûr, évident que la « validation scientifique » ne relève pas du décret ! Et il y a là une très inquiétante confusion des genres.

Je veux mettre cela en relation avec d’autres faits.

D’abord avec ce qui s’est passé dans notre pays à propos de la lecture. Nous avons eu un ministre de l’Éducation nationale, M. Gilles de Robien, qui tout d’un coup a dit : il y a un grave problème dans ce pays, il faut défendre la méthode syllabique pour apprendre à lire. M. de Robien a le droit d’être partisan de la méthode syllabique. C’est un choix respectable. Mais très peu d’enseignants utilisent aujourd’hui la méthode globale, si bien que la seule question intéressante est en réalité de savoir pourquoi il faut tout à coup parler de la méthode syllabique. Bien entendu, cela n’est pas neutre dans l’idéologie du savoir et de la transmission du savoir, qui n’est pas sans rapport avec la sécurisation des esprits. Ce ministre publie un article dans un quotidien dans lequel il écrit textuellement ceci : « Les méthodes globales contredisent directement les structures de fonctionnement du cerveau. » Et sur cette question de la méthode globale et de la méthode syllabique, il écrit encore – je cite – : « Les signaux électriques et chimiques du cerveau permettent de trancher définitivement cette question. » Un ministre de l’Éducation nationale, qui devrait être garant de l’esprit critique, déclare donc que les neurosciences, ou l’idée qu’il s’en fait, nous apprennent que la méthode syllabique est la meilleure. Si je devais corriger une dissertation qui comprendrait ces assertions, je ferais de nombreuses remarques ! Mais ce n’est pas le problème. Notre ministre pense de toute éternité que la méthode syllabique est la meilleure. La seule question qu’il faut se poser est de savoir pourquoi il éprouve le besoin de justifier ce qui est son intime conviction par «les signaux électriques et chimiques du cerveau ».

Autre fait et autre affleurement du même système de pensée : le deuxième rapport de l’Inserm, qui suit le rapport de M. le député Ginesti, nous expose qu’il y aurait un grand intérêt à détecter les futurs délinquants dès l’âge d’un, de deux ou de trois ans. L’idée sous-jacente, et même explicite, est qu’il y a un déterminisme dès l’origine, en vertu duquel on pourrait prédire les futurs délinquants, de la même manière que si l’on adopte un certain nombre de méthodes issues du béhaviourisme, on pourra « guérir » facilement ces futurs délinquants, et cela sans se donner la peine, comme le font les psychanalystes, d’accomplir une tâche très importante. On va régler les problèmes de l’insécurité puisqu’on va isoler dès le début les cas qui doivent l’être, de manière à les traiter.

Affleurement suivant : les déclarations de l’actuel président de la République, alors qu’il était candidat, dans un dialogue avec un philosophe sur l’inné. À partir du moment où la criminalité potentielle est quelque chose qui relève de l’inné, on est dans un déterminisme absolu. Il faut toujours se mettre en colère contre ces propos, parce qu’ils sont le contraire de l’humanisme, le contraire de l’éducation, parce qu’ils réduisent à néant ce que peut faire la société, ce que nous pouvons faire pour l’éducation, l’accompagnement, l’émancipation d’un jeune enfant. Personne n’est, bien entendu, ainsi déterminé à l’avance de manière inéluctable !

Je pourrais continuer, mais je voudrais dans la dernière partie de cet exposé en venir à ce qui va se passer dans quelques jours. Il y avait une promesse électorale relative aux peines plancher. Les peines plancher, tout le monde comprend ce que cela veut dire : il y aura une peine, et elle sera fixe, c’est-à-dire qu’il n’y aura pas matière à discussion. Donc, un individu fait ceci, il encourt cette peine minimale, puisque c’est une peine plancher. Cela veut dire que les juges n’ont pas le droit d’infliger une peine qui soit inférieure au plancher. Il y a bien entendu dans le texte du projet de loi, qui est soumis au Sénat cette semaine et la semaine suivante à l’Assemblée nationale, un certain nombre de précautions, parce que si c’était écrit comme je viens de le dire, ce serait inconstitutionnel. Il y a donc toute une série de précautions de style.

Mais je voulais appeler votre attention sur autre chose : il y a un lien entre les peines plancher et la quasi-généralisation, dans un certain nombre de cas, de l’injonction de soins. Ainsi, l’article 5 du projet de loi étend le champ de l’injonction de soins au sursis avec mise à l’épreuve et aux peines mixtes. L’article 7 étend l’injonction de soins obligatoires à la surveillance judiciaire créée par la loi de 2005. L’article 8 organise le soin contraint en détention en prévoyant qu’aucune remise de peine ne pourra être accordée à un détenu condamné pour une infraction punie du suivi socio-judiciaire s’il refuse les soins qui lui sont proposés, etc.

Le syndicat de la magistrature vient de déclarer à ce sujet : « Ces dispositions procèdent d’une dangereuse confusion entre délinquance et pathologie psychiatrique. Le postulat semble être que tout délinquant sexuel ou criminel présente une pathologie mentale et relève donc d’une prise en charge médicale. Or, le délinquant sexuel est rarement atteint de troubles psychiatriques, il est en revanche souvent l’objet de troubles de la personnalité face auxquels la psychiatrie moderne reste encore désarmé. » « En outre – écrit encore le syndicat de la magistrature –, les psychiatres relèvent d’une déontologie médicale et ont besoin d’instaurer une relation de confiance avec leur patient. Les instituer auxiliaire de justice pour prévenir la récidive apparaît non seulement contraire à l’éthique médicale mais contreproductif. »

Alors, ce qui va se passer – et nous avons reçu beaucoup de magistrats qui nous ont dit leur inquiétude –, c’est que dès lors que les experts auront parlé, le juge ne pourra pas faire autre chose que de décréter l’injonction de soins. S’il ne le fait pas, il sera en tort. Il sera donc obligé de le faire. Dans un grand nombre de cas, de même que la peine plancher deviendra mécanique, l’injonction de soins deviendra obligatoire. L’ennui, c’est qu’il manque gravement d’experts , de médecins coordinateurs et de psychiatres, c’est-à-dire que l’on sait que l’on ne pourra pas le faire. Cependant le juge devra le faire. Et il importe au plus haut point dans le système de communication ambiant que l’on commence par dire ce que le juge devra faire avant que l’on se donne les moyens de faire en sorte qu’il puisse faire ce que l’on voudrait qu’il fasse !

Il y a là quelque chose d’absolument incroyable. J’ai dit à Mme Rachida Dati que l’on aurait aimé qu’elle vienne nous parler des moyens pour la justice ou des moyens pour la prison. Parce que si l’instauration des peines plancher a de l’effet, cela se traduira par une augmentation du nombre des détenus. Si on surpeuple des prisons qui sont déjà surpeuplées, cela posera quelques problèmes. Or, l’une des principales causes de la récidive, c’est la manière dont on vit dans les prisons, et la manière dont on en sort, et, trop souvent, la carence, à la sortie de prison, de l’accompagnement qui serait nécessaire pour éviter la récidive. On ne peut pas lutter efficacement contre la récidive sans prendre ces questions à bras le corps.

Mais je reviens au sujet. Le sujet, c’est la volonté de sécurisation par l’injonction de soins automatiques, comme il y a une recherche de sécurisation par la peine plancher automatique. Les juges deviennent donc des distributeurs de peine et des distributeurs d’injonctions de soins automatiques.

C’est pourquoi je disais tout à l’heure que la boucle était bouclée, car il y a là exactement la même logique que ce qu’illustraient les exemples précédemment évoqués : on va guérir de la délinquance par une certaine idée de la médecine, comme tout à l’heure on allait se prémunir contre les charlatans par le « ne que » hygiéniste, comme on veut justifier une méthode pédagogique par la neuroscience, comme on entend régler les problèmes de la sécurité en détectant une série de prédestinations. Il y a derrière tous les faits que je viens de citer le même substrat idéologique.

Pour finir, je voulais vous remercier parce que je sais que si un certain nombre de législateurs, de politiques, s’efforçaient d’être vigilants, vous avez su d’abord vous-mêmes être vigilants et vous mobiliser dans cette affaire-là. J’ai été sensible à une phrase de Clotilde Leguil que je veux citer : « Si l’inconscient de Freud, celui de Lacan, permet justement de penser une nouvelle sortie au déterminisme, le cerveau des neuroscientistes et tout ce qui va avec, quand il prétend s’identifier au psychisme, condamne quant à lui le sujet à un déterminisme définitif. Les précédents ne manquent pas. » Ces précédents qui, en effet, ne manquent pas, montrent que l’on doit s’inquiéter chaque fois – et actuellement c’est souvent le cas – qu’un pouvoir instrumentalise la médecine, une certaine idée de la médecine et une certaine idée du traitement de la souffrance psychique au service de l’idée qu’il se fait de l’ordre culturel et social.

Je vous remercie.

Comment se protéger des pédophiles

Cette enquête est présentée et commentée dans notre Éditorial en date du 28 août

OLIVIER MARBŒUF

La pédophilie n’est ni génétique ni une maladie mentale. Les spécialistes interrogés estiment qu’il s’agit d’un dérèglement de la personnalité. Ils se prononcent ici sur l’idée de Nicolas Sarkozy d’hôpitaux-prison

Dans l’émotion suscitée par le viol présumé du petit Enis à Roubaix, par Francis Evrard, pédophile récidiviste qui sortait de prison, Nicolas Sarkozy a annoncé le 20 août de nouvelles mesures contre le crime sexuel : création d’un hôpital-prison pour les délinquants dangereux en fin de peine ; suppression des remises automatiques de peine ; sorties conditionnées à un traitement hormonal.

Le Monde a demandé à trois psychiatres spécialistes de la question d’éclairer le débat en répondant à quatre questions. Ces médecins sont :

le docteur Bernard Cordier, 57 ans, psychiatre à l’hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine) et président de La Voix de l’enfant, qui fédère soixante-quinze associations ;

le docteur Paul Bensoussan, 49 ans, expert près la Cour de cassation et médecin coordonnateur pour le suivi des anciens détenus ;

le docteur Roland Coutanceaux, 56 ans, psychiatre des hôpitaux, consultant dix ans durant au Centre national des prisons de Fresnes, responsable d’une consultation de psychiatrie légale qui a commencé en 1991 et suivi des milliers de pédophiles, la plupart en obligation de soins.


Qu’est-ce qu’un pédophile ?

Dr Cordier : ” Être sexuellement attiré par les enfants est une anomalie. On ne naît pas pédophile : affirmer que c’est génétique est une énormité. Cela résulte d’un blocage pour entrer en relation avec d’autres adultes sur le plan sexuel ou sentimental, du fait d’une absence d’attirance ou d’une inhibition. L’enfant constitue alors un pis-aller qui séduit par sa malléabilité. La plupart des pédophiles le sont terriblement dans leur tête mais ne passeront jamais à l’acte car, pour ce faire, il faut une deuxième anomalie : le déni de l’autre. Les grands prédateurs ne sont pas nombreux. Parmi les 15 000 délinquants sexuels, il y a beaucoup de pères incestueux qui ne relèvent pas du même problème. “

Dr Bensoussan :” La majorité des pédophiles dont la déviance remonte à la jeunesse sont des abstinents. Les prédateurs qui s’attaquent à des enfants inconnus constituent une catégorie très spéciale. À côté des exclusifs qui n’éprouvent aucune attirance pour les adultes, les non-exclusifs, homos ou hétéros, qui ont une préférence pour des très jeunes, agissent par séduction, rapports affectueux, ambigus, et peuvent afficher une respectabilité de façade. De même qu’un individu qui déclare avoir ignoré qu’il était homo ment, un pédophile se connaît. “

Dr Coutanceaux : ” La pédophilie appartient à la catégorie des troubles de la personnalité. Ces gens ne sont ni fous ni banalement névrosés, ce sont des sujets impulsifs, présentant des troubles du caractère, immaturité, égocentrisme, et, pour reprendre des termes tarte à la crème : psychopathes, paranos, mégalos. Ces traits se retrouvent à haute dose dans les personnalités transgressives qui passent à l’acte. Avant l’obligation de soins, les psys avaient peu connaissance de ce troisième champ et ils sont historiquement mal à l’aise vis-à-vis de lui. “

Peut-on évaluer la dangerosité des pédophiles ?

Dr Bernard Cordier : ” En l’état actuel de nos connaissances et de nos échelles d’évaluation, il n’y a pas d’éléments scientifiques suffisamment probants pour répondre à cette question. On n’est pas devin. Les pédophiles les plus dangereux sont souvent les plus habiles. “

Dr Coutanceaux : ” Tous les pédophiles ne sont pas dangereux. 80 % arrêtent après la première sanction, 10 % à 20 % récidivent. Avoir une idée de la dangerosité ? Personne n’est Madame Soleil (…), mais je pense qu’il faut oser l’évaluer. Je préconise une distinction entre “peu”, “moyennement” et “très dangereux”.

Pour donner une idée des risques de récidive, on peut s’appuyer sur des critères :

1. Le sujet a-t-il déjà été condamné pour agression sexuelle ?

2. A-t-il agressé un enfant en dehors de la famille ?

3. La victime était-elle inconnue de l’auteur ?

Si les réponses sont affirmatives, on peut être sûr que l’individu est dangereux. On peut faire ensuite une évaluation qualitative dans le cadre d’un suivi en milieu carcéral. Le pédophile reconnaît-il les faits ? Éprouve-t-il des remords, une vague honte ou de l’indifférence cynique ? Peut-il se mettre à la place de l’enfant ? Voilà des pistes qu’on pourrait proposer pour un dégrossissage. Il faut oser discriminer, et même trier. Le discours de Nicolas Sarkozy est habile dans l’affichage mais très flou. Est-il utile d’évaluer la dangerosité ? J’y suis favorable 5 sur 5 ; avec un bémol : en collège. “

Dr Paul Bensoussan : ” Le grand apport du projet Sarkozy est de demander l’avis des experts avant la libération en fin de peine, ce que l’on ne fait jusqu’ici qu’en cas de libération anticipée. Nous avons une capacité limitée à prévoir la récidive. Je ne suis pas spécialement répressif, mais, récemment, un juge d’application des peines m’a demandé une expertise pour la libération conditionnelle d’un violeur en série qui avait violé sept femmes et tué l’une d’elles. Il avait accompli trente et un ans de détention : j’ai considéré qu’il restait dangereux, que le risque de récidive était élevé. Je suis favorable à l’expertise de la dangerosité à trois conditions : que les soins commencent pendant la détention, qu’elle soit contradictoire (dualité ou en collège de trois), qu’elle ne concerne pas seulement les crimes pédophiles. Le danger c’est “l’expertise parapluie”. La seule erreur qui n’est jamais détectée, c’est de déclarer dangereux quelqu’un qui ne l’est pas, l’erreur qui expose c’est de dire qu’il n’est pas dangereux alors qu’il l’est. “

Dr Bensoussan : ” L’initiative Sarkozy de poser le problème est très méritoire, même si son intervention est opportuniste. L’avis en fin de peine — qui donne un pouvoir considérable aux psys, capables d’infléchir une décision qui aboutirait à revenir sur un jugement — est positif si une prise en charge a commencé pendant la détention, ce qui pour l’heure est impossible. L’injonction n’existe que pour la période post-pénale. Un détenu qui demande une aide psychologique peut obtenir des entrevues, d’environ une demi-heure, à raison d’une fois par mois, peut-être une fois par semaine s’il s’agit d’un cas qui a défrayé la chronique. Une psychothérapie ne va pas changer sa déviance, il sera toujours pédophile, il ne faut pas entretenir d’espoir utopique. Non seulement elle sera intacte, mais, s’il y a un trouble psychotique, il s’aggravera avec le temps et la détention. “
Dr Coutanceaux : ” En milieu carcéral, on dispose d’équipes compétentes, et il existe des expériences de groupes de parole. Il faudrait développer ce type de suivis, les mettre en réseau, les rendre lisibles, et renforcer leurs moyens. En l’état, il n’y a pas d’obligation de soins en milieu carcéral. La peine, c’est une privation de liberté, point barre. “

Créer des hôpitaux-prisons ?

Dr Cordier : ” Interner les pédophiles dangereux dans des hopitaux-prisons n’est pas envisageable. L’hôpital qui le ferait ne survivrait pas, le personnel démissionnerait. Côté prison, la peine ayant été accomplie, elle n’a plus lieu d’être, à moins de mettre en place un système à la hollandaise qui permette à la société de priver de liberté un individu présentant un risque potentiel. Mais ce serait très dangereux. L’hospitalisation d’office (HO) ne peut intervenir qu’à trois conditions : 1. Qu’il y ait maladie mentale. 2. Qu’elle soit source de danger. 3. Qu’il y ait un lien direct entre cette maladie et ce danger. Il serait tentant pour un pouvoir fort d’utiliser la psychiatrie pour mettre à l’écart des individus — comme cela a été le cas en URSS ou dans certains pays d’Amérique latine. La commission santé-justice Burgelin (2005), à laquelle j’ai appartenu, mentionnait, parmi d’autres pistes, la création de centres fermés de protection sociale, mais les psychiatres étaient généralement contre. Que les politiques se mobilisent sur le sujet pédophilie est très bien, mais les déclarations de M. Sarkozy me paraissent un peu précipitées. Car, si l’intérêt de l’enfant doit être une priorité, on est en train de frôler l’atteinte aux droits de l’homme. Avant de monter d’un cran dans la répression, je souhaiterais qu’on applique ce qui existe. “

Dr Coutanceaux : ” Je suis favorable au concept de protection sociale. En tant que criminologue, je n’ai pas peur des discours musclés. On a développé des prisons à fort pourcentage de délinquants sexuels, comme Caen. Pourquoi ne pas créer des prisons spécialisées où l’on pourrait regrouper des professionnels ? “

Les traitements chimiques sont-ils efficaces ?

Dr Cordier : ” Soigner est un alibi, on ne fera pas de miracle. La castration physique, acte chirurgical opéré sur des volontaires, n’est pas possible en France. Dans les pays qui la pratiquent, on constate que, même chez les castrés, 25 % éprouvaient encore autant d’envie et qu’il y avait de rares cas de récidive. Je suis favorable à la prescription de médicaments, cela ne traite pas la cause, mais le traitement, entièrement réversible, est rapidement efficace, il agit comme un frein à la libido, une sorte de coupe-faim sexuel. Lorsqu’un pédophile vous déclare : “Docteur, faites quelque chose, je ne peux plus me contrôler”, il serait éthiquement incorrect de ne pas lui proposer un traitement qui existe. Plusieurs patients m’ont dit : “Pourquoi ne me l’a-t-on pas donné plus tôt ?” et, malgré les effets indésirables, ils ne veulent pas arrêter. “

Dr Coutanceaux : ” Peut-on parler de soins ? De guérison ? Non. Quelqu’un qui a du mal à maîtriser ses impulsions, on peut lui apprendre à mieux analyser ses émotions, à développer un certain contrôle de lui-même. Je préfère parler d’aménagement et, plus modestement, d’un suivi d’accompagnement plutôt que d’un suivi thérapeutique. “

Robert Belleret, Alain Salles
© Le Monde

Persistance de théories contestant le lien entre VIH et sida

Le conspirationisme resurgit périodiquement. Savoir raison garder — et soutenir, relève de notre responsabilité d’un humanisme sans faille face à l’irrationnel combattant. Il ne suffit pas de se présenter comme alternatif pour pouvoir mettre en déroute le concensus scientique du moment. Encore faut-il argumenter, solidement de préférence.

La psychothérapie relationnelle, en qualité de science humaine, tient à un nécessaire régime spécial concernant la question de l’évaluation, prenant en compte la dynamique de la subjectivation. Son souci est d’empêcher celle-ci d’imposer des critères mal conçus dans un domaine où ils ne sauraient s’appliquer.

Cela dit, ne confondant pas scientisme et esprit scientifique, elle se tient systématiquement du côté de la science et de la rationalité. “L’argent des laboratoires pharmaceutiques” peut devenir un argument paranoïdal à tout faire et tout ne rien prouver du tout.

Il ne suffit pas en matière de sida de se dresser sans preuves crédibles aux yeux de la communauté scientifique, pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour. Voici pourquoi nous portons à votre connaissance cet intéressant article (1“).

Philippe Grauer


Des théories niant le lien entre VIH et sida persistent sur Internet.

La revue en ligne ” PLoS ” publie un article inquiet des conséquences que certaines” thèses ” peuvent avoir sur la prévention anti-sida.

Tara Smith (université de l’Iowa) et Steven Novella (université Yale) écrivent, dans un article publié, vendredi 17 août, par la revue en ligne Public Library of Science (PLoS) Medicine : “Il peut sembler remarquable que, vingt-trois ans après l’identification du VIH, il y ait encore un déni du fait que le virus soit la cause du sida.” Ils s’alarment de la persistance de théories qui prospèrent sur le Net. Principalement alimentées par la “perte de confiance à l’égard des autorités et des institutions scientifiques et médicales“, ces thèses risquent d’avoir de lourdes conséquences en termes de vie perdues en sapant la prévention de l’infection par le VIH et en rejetant les médicaments antirétroviraux.

La remise en cause du rôle du VIH dans la survenue du sida n’est pas récente. Dès 1987, Peter Duesberg, professeur de biologie moléculaire et cellulaire à l’université de Berkeley (Californie) avançait l’hypothèse que sous le terme sida étaient regroupées différentes maladies dues soit à des drogues, soit à la consommation d’AZT, le premier médicament utilisé contre le VIH. Le fait qu’un scientifique mette en cause des données faisant par ailleurs l’objet d’un très large accord dans les milieux de la virologie et de l’immunologie ne suffit pas à valider ses thèses ni à faire de lui un nouveau Galilée.

Les théories de Duesberg et de son collègue David Rasnick avaient été reprises par le président sud-africain Thabo Mbeki, qui justifiait ainsi son refus de fournir des traitements anti-VIH. Cela avait provoqué le lancement, en juillet 2000, de la Déclaration de Durban, signée par plus de 5 000 personnalités de plus de 50 pays. Elle faisait litière des contestations de la responsabilité du VIH. Michel Kazatchkine, à l’époque directeur de l’Agence nationale de recherches sur le sida, et le sociologue Didier Fassin en résumaient les arguments scientifiques dans une tribune parue dans Le Monde le 16 mai 2000 : “La mise en évidence constante du virus chez les personnes malades, le lien chronologique entre la contamination par le VIH et la survenue de la maladie, l’efficacité démontrée des médicaments antirétroviraux, les informations obtenues dans des modèles animaux faisant appel à des virus très voisins, ainsi que de nombreuses autres preuves expérimentales ont conduit depuis longtemps l’ensemble de la communauté scientifique mondiale à reconnaître sans réserve l’existence d’un lien de causalité entre le VIH et le sida.”

AFFIRMATIONS PÉREMPTOIRES

Cela ne suffit pas aux groupes comme Reappraising AIDS (” Repenser le sida”), qui persistent dans les affirmations péremptoires et demandent toujours plus de preuves scientifiques qu’il n’en a été apporté. Pour autant, les tenants des ” théories alternatives ” sur le sida ne fournissent pas d’arguments scientifiquement fondés à l’appui de leurs thèses. Comme le font toutes les théories conspiratrices, ils procèdent en tentant de discréditer les théories officielles, selon eux corrompues ” par l’argent des laboratoires pharmaceutiques “.

Tara Smith et Steven Novella s’alarment d’une étude, publiée en 2005, montrant qu’aux États-Unis, ” une large proportion des Afro-Américains a des doutes sur les théories dominantes sur le sida du fait d’une méfiance généralisée à l’égard des autorités gouvernementales “. La santé publique a besoin, selon eux, d'” un message clair et simple, soutenu par un solide consensus de la communauté médicale “. En s’impliquant dans cette bataille, les scientifiques devraient contrer la désinformation sur le VIH, mais aussi ” expliquer le processus par lequel les preuves scientifiques sont rassemblées, analysées et finalement acceptées “. Les institutions scientifiques devraient les y inciter, concluent-ils.

  • 1 paru dans le Monde en date du 21 août

Sauver la clinique aux côtés des psychanalystes

SAUVONS LA CLINIQUE

PHILIPPE GRAUER

Président du Snppsy

COMMUNICATION À L’ASSEMBLÉE PRÉPARATOIRE
DES ÉTATS GÉNÉRAUX DE LA CLINIQUE

29 JUIN 2007

La présentation de cette communication se trouve à l’éditorial en date du 21 août. Le 1er juillet, nous présentions déjà ce texte, assorti d’un bref commentaire.


Je remercie Roland Gori et le Quartet des organisateurs de m’avoir invité puisque ça n’est pas en qualité d’universitaire (encore que…) ou de psychopathologue que je suis ici mais en tant que psychothérapeute relationnel — au SNPPsy nous ne nous disons pas psychothérapeutes au sens générique du terme, expression beaucoup trop imprécise de nos jours — et formé dans le sérail de la psychanalyse française.

Je suis heureux d’être là et de me joindre au combat pour la clinique, car jusqu’à présent nous avons joué dans l’imaginaire collectif le rôle de la part maudite, mal dite sous le vocable de charlatans, nous avons été souvent méconnus des psychanalystes — pas tous ! jouissant (eh oui, la jouissance affecte tout le monde) de leur mépris, un mépris très français car à l’étranger nous sommes traités à part égale avec les écoles de psychanalyse. Notre pratique clinique se fonde sur le ressort de la relation et le jeu du transfert, c’est sur cette base d’une unité épistémologique et éthique que nous nous tenons à vos côtés pour faire, ensemble, cause commune.

Président du Snppsy je représente des praticiens répondant à ses cinq critères, travaillant le plus souvent en cabinet, bénéficiant d’une formation originale développée dans nos écoles agréées (nous n’avons pas eu le choix, ne pouvant développer notre enseignement au sein de l’université). Nos Écoles assurent des cursus représentant cinq années universitaires, professionnellement qualifiants donc, auto réglementés par la profession qui dans ses instances historiques cautionne et contrôle leurs enseignements.
Nous souhaitons comme cela se pratique dans tous les pays du monde, la possibilité d’une collaboration avec l’université, de validation de nos programmes de formation. Car nous avons en commun le territoire de la psychologie dynamique, de la dynamique de la subjectivation, le terrain de l’humanisme, de l’homme mesure de toute chose face à la volonté de mesurer l’homme en toute chose.

Notre présence ici aux côtés de la psychanalyse est parfaitement logique. La première offensive il y a quatre ans fut contre les psychothérapeutes relationnels, et ce fut le mérite de Jacques-Alain Miller d’avoir dès le début distingué qu’il existait un champ commun à la psychanalyse et à la psychothérapie relationnelle et que, par-delà les différences, même importantes, les uns devaient toujours soutenir les autres — murmures : en tout cas nous entendons en ce qui nous concerne suivre invariablement cette ligne.

C’est ce que nous venons faire ici, et nous ne démordrons pas d’une politique systématique d’union, de front commun contre une montée en puissance d’un scientisme comptable, représentant une idéologie contre la subjectivité et le monde de l’âme, le monde de l’imprescriptible dimension symbolique de l’homme.

L’inquiétante assimilation

Psychiatres et psychologues cliniciens (tiens, encore eux!) constituent deux professions voisines exerçant dans l’univers de la Santé mentale. Pour ceux qui s’interrogent sur la nébuleuse psy et ses différentes régions, la description des problèmes sur le terrain institutionnel de la santé publique et de la psychiatrie de secteur constituera une occasion de mieux repérer les types de pratiques et de professions impliquées.

Ils pourront mesurer la distance entre ces professions, qui s’occupent de soins au sens double et contradictoire de soin psychique — soin pris de soi , et médical (1“) — soin administré à autrui , médico-psychologique(2“), et notre propre profession de psychothérapeutes relationnels. Ils pourront également mesurer l’ambiguïté du médico-psychique appareillé au psychanalytique. Ainsi le fait que la psychanalyse constitue une profession cumulable engendre une sorte de composite épistémique remarquable, qui intègre la psychanalyse au soin médical. On pourrait parler en l’occurrence à la lettre de psychanalyse intégrative, ou d’éclectisme (mélange de genres peu amalgamé), il faudra y réfléchir, pour désigner cette pratique en tout cas complexe. Le terme de psychologie clinique peut recouvrir cette étonnante hybridation, produit de l’histoire.

La question se complexifie si l’on considère qu’on a affaire à une pratique institutionnelle, celle de la psychiatrie de secteur, issue du refus et du reflux de l’asile de la période précédente, des combats de l’antipsychiatrie et des avancées de la psychothérapie (eh oui !) institutionnelle. Cette pratique hospitalière répartie en petites unités sur tout le territoire mobilise de nombreux praticiens, des psychologues cliniciens, qui travaillent toujours en référence à l’éthique de la psychanalyse, et entendent constituer une force résolue.

Laquelle se heurte à nos managers de l’âme qui ambitionne régir le psychisme via le concept de santé mentale, appareillé à la grande idée mondialisatrice d’évaluation administrative cognitive scientiste anglo-saxoniste (référence massive de l’Inserm à la littérature scientifique de langue anglaise) et québecquoise. La rentabilisation du commerce des hommes mise en route, reste la protestation des intéressés, à commencer par les psychistes convaincus de relation, de dynamique de la subjectivité et d’éthique du choix et de la liberté.

C’est de ce côté qu’on nous trouve, et c’est pourquoi nous vous soumettons le présent texte issu des publications régulièrement vivantes de l’InterCoPsycho, y compris comme c’est ici le cas, lorsque précisément ça n’est pas eux qui ont émis l’alarme que vous allez entendre.

Le chien et le loup rappellera quelque chose à ceux qui se sont battus précédemment. J’en ai lu des passages à la tribune d’un des forums tenus lors de la crise précédente, dite des charlatans, où c’était nous qui subissions en première ligne les assauts médico scientistes. Notre bon La Fontaine continue de nous charmer et inviter à la réflexion. Il était assez anticonformiste pour que nous n’ayons pas à nous étonner de nous retrouver ensemble à ses côtés. Merci à lui.

Philippe Grauer


Vous trouverez ci-dessous une alerte de psychologues de Loire-Atlantique dont l’association selon la loi de 1901 est inquiétée par un souhait “d’intégration fonctionnelle dans le public”. Vous lirez avec intérêt les raisons par eux invoquées de cette menace, car ils y voient les effets de ce qu’ils appellent L’inquiétante assimilation qu’ils déplient dans une première partie. Puis vous trouverez un autre texte court qui présente l’association, son histoire, son activité. Pour conclure, avec finesse et subtilité, nos collègues nous proposent de lire une fable de la Fontaine : Le loup et le chien. Le lecteur appréciera la morale qu’ils tirent de leur histoire. Précisons que ce collectif n’est pas participant de l’InterCoPsychos.

Catherine Lacaze-Paule


L’INQUIÉTANTE ASSIMILATION

PAR LE COLLECTIF PSYCHO DE L’OCHS

Voici que dans nos boutiques où le travail se fait depuis plus de 50 ans(3“), on vient voir et chercher ce qui manquerait pour que tout marche vraiment dans le meilleur des mondes pour la pédopsychiatrie de Loire-Atlantique.

Enfin, le mal est trouvé : c’est un manque de lisibilité. Les Consultations sont taxées de “mauvaises participantes” à l’offre de soins, en tout cas pas assez bonnes… Il est des textes où le good enough est une vertu, ici c’est une tare. Encore un effort.

On se renseigne, on veut savoir le fond du reproche, et là, surprise : ça sonne creux.

On entend que les listes d’attente sont trop longues. Il est facile à chacun d’imaginer comment on pourrait les réduire. Un accueil systématique dans le mois, l’affaire est jouée. Sauf que si le problème de la liste d’attente est réglé, le problème du soin reste entier. Notre pratique s’appuie sur la conviction de l’existence d’un transfert qui s’établit entre le patient et le praticien. Ce transfert devient ensuite un levier qu’il convient de manier avec précaution pour la suite du travail. Il y a pour nous une différence entre le guichet de la poste où on peut être accueilli, et parfois même entendu, et les premiers entretiens en clinique infantile où le travail s’engage d’emblée.

On lit ailleurs que les articulations Secteur Public-OCHS se font mal… mais on ne se pose pas la question de savoir qui a intérêt à ce que ça ne marche pas. On aurait envie de taxer de mauvaise foi ceux qui ont fait l’évaluation (très partielle) de l’intégration fonctionnelle .

L’OCHS à la fois accusé de n’être pas assez grand pour se défendre des pressions budgétaires et de certaines nouvelles commandes administratives, est en même temps un obstacle à la bonne marche des affaires pédopsychiatriques du département. De qui se moque-t-on ? C’est l’éléphant qui craint la souris. Et c’est donc la souris qui sera mangée . CQFD.

La publicisation, qui nous est promise, suscite chez nous la crainte de perdre notre identité, en portant atteinte à trois fondamentaux de l’OCHS : La psychanalyse. Car l’originalité de l’association OCHS aura été de créer le poste et la fonction de psychothérapeute-analyste. Cette fonction lui permet de réaliser des “thérapies analytiques d’enfants dans un cadre institutionnel où il est salarié”. L’orientation psychanalytique est aussi celle qui est requise pour l’embauche des psychologues et pédopsychiatres. Cette référence théorique, incluse dans l’approche globale des difficultés d’un enfant et de sa famille, permet aux professionnels que nous sommes de ne pas céder à certaines pressions (de l’école, des parents, de la justice…) c’est-à-dire à la cohorte des bien-pensants qui ignore parfois l’attachement du sujet à son symptôme, et qu’il ne suffit pas de prescrire pour guérir.

L’autre particularité aura été (est encore) d’offrir un soin de proximité. Même si cela peut créer des difficultés, c’est aussi une façon de souligner le discours social et humaniste qui a porté l’action de l’OCHS. Consulter à l’hôpital ne revient pas au même que de consulter à l’OCHS. C’est perceptible pour les patients, ainsi que pour ceux qui nous les adressent. Non pas que ce soit mieux, mais c’est différent. Discours médical d’un côté, discours social de l’autre. Notre attention en ces temps politiques « troublés » se porte sur l’inflation donnée au discours du Maître (médical) (cf. les rapports de l’INSERM …) et au peu de place laissé aux autres formes de discours (social, humaniste…). Peu de place laissée également au patient qui dorénavant n’aura plus d’autres choix que la consultation à l’hôpital ou en libéral.

Une autre qualité que nous aimerions revendiquer serait celle d’un style propre à l’OCHS. Subtilité subjective, porteuse d’une histoire, reconnaissable en interne comme en externe. De là en découlent des modalités de travail qui nous sont propres : un certain exercice de la collégialité (où la réunion de synthèse n’est pas seulement le fait de devoir rendre compte de notre travail devant le médecin), le traitement de la demande où l’accueil proposé n’est pas obligatoirement celui du médecin, des initiatives créatives.

Notre alerte est sérieuse. Cette volonté qui s’impose à nous (à d’autres bientôt) de faire du même – ce que nous nommions l’inquiétante assimilation –, dans une logique politique et économique, ne nous paraît pas de bonne augure pour le soin psychique en France.

Si vous voulez nous rejoindre, diffuser nos questions, interpeller les autorités en charge du dossier, contactez-nous à l’adresse suivante : collectifpsycho.ochs@orange.fr

Merci de faire suivre à tous les partenaires que vous jugerez concernés par notre mobilisation.

Présentation de l’association : OFFICE CENTRAL D’HYGIÈNE SOCIALE de Loire-Atlantique


Qui sommes nous ?

L’ O.C.H.S est une association de loi 1901 qui emploie 190 salariés dont 80 dans les Consultations médico-psychologiques pour enfants et adolescents.

Historique

Créé en 1917 pour lutter contre la tuberculose, l’O.C.H.S est reconnu d’utilité publique par décret du 12 août 1919. A partir de 1960, la tuberculose est en régulière diminution. Les lois de 1954 et 1955 sur la lutte contre l’alcoolisme et les maladies mentales entraînent la création de dispensaires spécialisés. L’association reçoit la mission de créer ces lieux de soins. De 1955 à ce jour, sont créées une dizaine de Consultations Médico-psychologiques pour enfants et adolescents sur le département.

Parallèlement, l’O.C.H.S de Loire-Atlantique crée un service d’alcoologie et, en 1976, un centre de postcure pour jeunes adultes présentant des troubles psychiques importants.

Les C.M.P.E.A sont des lieux de prévention, de diagnostic et de soins médico-psychologiques ambulatoires pour les enfants et les adolescents de la naissance à 20 ans s’il y a scolarité secondaire. Elles participent au Service public hospitalier. Les C.M.P.E.A sont financées par un budget global de la Sécurité sociale. Il n’y a pas de paiement direct.

Le patient n’est pas obligatoirement reçu par le médecin de la consultation. Il peut, s’il précise sa demande, être reçu directement par le professionnel de son choix ou être orienté en fonction de la difficulté évoquée. Les consultations fonctionnent collégialement avec une équipe pluridisciplinaire : Assistants sociaux, orthophonistes, pédopsychiatres, psychologues, psychothérapeutes-analystes, psychomotriciens, secrétaires médicales.

Les approches thérapeutiques sont multiples : consultations, guidances parentales, psychothérapies, rééducations.

L’accueil et le soin proposés tiennent compte de l’enfant Sujet autonome dans sa dimension psychique, inscrit dans une histoire familiale et sociale. Notre rôle est d’aider l’enfant, l’adolescent et les parents à trouver le sens de leur souffrance et élaborer les moyens d’y faire face. Il s’agit là des repères fondamentaux de notre travail.

Les Consultations médico-psychologiques participent au Service public. À ce titre, elles ont des relations spécifiques avec les structures de soins des Inter-secteurs de pédopsychiatrie (autres consultations, hôpitaux de jours, centres d’aide thérapeutique à temps partiel, etc.). Elles sont aussi en lien avec d’autres partenaires concernés par l’enfant ou l’adolescent (écoles, services sociaux, médecins, paramédicaux, etc.). Ces liaisons se font avec l’accord des parents. Les C.M.P.E.A ont été pionnières, en Loire-Atlantique, en matière d’accueil et de soins pour enfants et adolescents présentant des difficultés psychiques de tous ordres. À ce jour, elles offrent un soin auprès de 2800 familles. La liste d’attente est d’environ 2 ou 3 mois


Les psychothérapeutes relationnels qui travaillent le plus souvent en libéral, puisque le service public ne les reconnaît pas, se portent solidaires de leur collègues psychologues cliniciens. Cela ne les empêche pas de marquer leur différence et leur spécificité professionnelle, la préface à cet ensemble de texte vous l’aura rappelé. Seul le Carré psy comme matrice institutionnelle et épistémologique, permet de s’y retrouver clairement dans l’imbroglio psy, au service de l’ensemble de ceux qui recourent aux différents soins (voir ce mot) proposés.

PHG


LE LOUP ET LE CHIEN

Un loup n’avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce loup rencontre un dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s’était fourvoyé par mégarde.
L’attaquer, le mettre en quartiers,
Sire loup l’eût fait volontiers.
Mais il fallait livrer bataille,
Et le mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le loup donc l’aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
D’être aussi gras que moi, lui repartit le chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, haires, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée.
Tout à la pointe de l’épée.
Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
Le loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
Presque rien, dit le chien : donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse.”
Le loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du chien pelé :
Qu’est-ce là ? lui dit-il. Rien. Quoi ? Rien ? Peu de chose.
Mais encor ? Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
Attaché ? dit le loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? Pas toujours, mais qu’importe ?
Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.”
Cela dit, maître loup s’enfuit, et court encor.

Jean de La Fontaine


Depuis Instantanés de l’InterCoPsychos – N°236

  • 1 Cf. notre article soin, au glossaire du présent site. PHG
  • 2 Psychologique et non psychanalytique. Les façons de dire disent toujours quelque chose, à force de les dire sans y prêter attention on ne sait plus ce qu’on dit. Une assimilation de la psychologie à la psychologie clinique puis à la psychanalyse s’effectue in petto, ni vu ni connu je m’embrouille. Les psychothérapeutes relationnels qui ne seraient pas aussi diplômés en psychologie clinique sont bien entendu exclus du service public, qui durant des décennies avait intégré sans barguigner des psychanalystes desquels on n’exigeait que leur compétence dans leur domaine. Autres temps autres mœurs. Il avait été question de reconnaître et intégrer à ce cadre il y a une vingtaine d’années les psychothérapeutes relationnels avant la lettre (ils se disaient alors psychothérapeutes tout court, ça voulait dire psychothérapeutes humanistes : terminologie quand tu nous tiens !). La vieille et bonne garde des psys à diplômes (universitaires) avait veillé à ce qu’il n’en soit pas question. Tant pis pour les patients.
  • 3 En Loire-Atlantique, la pédopsychiatrie publique encore trop peu développée avait trouvé un partenaire privé : l’OCHS (Office central d’hygiène sociale), association loi 1901, reconnue d’utilité publique dès 1919, PSPH (participant au service public hospitalier). Les CMPEA (consultations médico-psychologiques pour enfants et adolescents) sont créées à partir de 1955 et participent, suite à la signature de conventions avec les hôpitaux publics, à des missions de prévention, diagnostics et soins médico-psychologiques aux enfants et adolescents.

45 ème congrès de l’Association internationale de psychanalyse

Le 45ème congrés de l’IPA [Association internationale de psychanalyse, API, ainsi dite IPA à l’anglo-saxonne, note du Cifp] se tiendra à Berlin à la fin du mois de juillet 2007.

Le nouveau président élu après Claudio Eizirik est un Canadien. La relation de l’IPA à son passé et à son histoire est toujours aussi désastreuse. Alors que le congrès se déroule à Berlin, la direction de l’IPA n’a toujours pas condamné clairement les erreurs commises par Jones dans sa politique de prétendu “sauvetage” de la psychanalyse en Allemagne lorsqu’il a soutenu les freudiens intégrés à l’Institut Göring.

Le texte rédigé dans l'”encyclopédie” Wikipédia à ce sujet à l’article Göring par un anonyme est assez curieux. Notons que dans ce texte, le nom d’Helena Besserman Vianna n’est pas prononcé pas plus que celui de Werner Kemper. Quant au nom du malheureux Aichhorn, pris en otage car son fils était déporté, il est mis sur le même plan que celui de Felix Böehm, nazi authentique.

Il serait bon que cette rédaction soit modifiée.

Information communiquée par la SIHPP.