Sens unique ou sens interdit à l’Inserm ?

L’excellent J-F Cottes nous adresse cet Instantané de l’InterCoPsychos – N°233.

On y mesure comment l’Inserm continue de préoccuper. La dérive scientiste continue d’inquiéter les tenants de la problématique de la dynamique de la subjectivation. Une véritable orientation idéologique propulse la recherche de notre honorable Institut toujours dans le même sens, dans la même absence de sens pourrait-on dire, le sens qui consiste à tourner le dos au sens que peut prendre son expérience pour un sujet qui serait conduit à s’engager dans une démarche vers lui-même, bref à s’interroger, non pas épidémiologiquement, mais herméneutiquement, dans une perspective humaniste.

En clair, pourquoi pas des enquêtes, même bio-sociologiques, mais pourquoi pas aussi l’enquête sur soi que constitue une psychothérapie relationnelle ou une psychanalyse, qui n’aille pas chercher son midi au quatorze heures de l’épidémiologie et de l’organicisme, ailleurs qu’en soi le sens de son expérience.

Philippe Grauer

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Pour sens ultime, la détermination génétique ?

Où l’on découvre, ci-dessous, les inquiétantes dérives qui entraînent l’Inserm dans une fuite en avant, alors même que des avis circonstanciés de certaines de ses instances, et d’autres, l’appellent à plus de prudence.
Non, la machine épidémiologique est en marche, et rien n’arrêtera son progrès, semble-t-on penser dans cet Institut.

Approchons nous d’un point exquis de la rhétorique argumentative :
“— Tout serait donc déterminé par les gènes ?” demande le béotien éberlué.
“—Non, répond, bon prince, l’épidémiologue, il y a une interaction entre le gène et son environnement !
—Ah bon ! Me voici rassuré, il y a donc aussi le déterminisme environnemental.
Et au fait c’est quoi ce déterminisme environnemental ?” poursuit le Candide.
“— Ben, la sociologie et la psychologie !
— En somme, le déterminisme bio-psycho-social !
— Oui, mais ce déterminisme social, ce déterminisme psychologique (familial) ne pourrait-on pas, en dernière instance [!, NDLR], les ramener à un déterminisme biologique de cette sociologie et de cette psychologie ?” reprend notre questionneur.
“— Tiens, j’y avais pas pensé !” repartit, goguenard, l’épidémiologue.

Pourra-t-on sortir de cette cascade de déterminismes pour faire place au sujet dans son rapport au symptôme ? Saura-t-on envisager un ordre de causalité qui ne remette pas dans l’Autre, fût-il génétique, la cause de la jouissance ?

À suivre…

Jean-François Cottes

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LeMonde.— | 19.06.07 | 15h04 • Mis à jour le 19.06.07 | 15h26

Un enquête sur laquelle il serait salutaire d’enquêter

Quelque 5 à 6.000 jeunes scolarisés dans une vingtaine d’établissements de Champagne-Ardenne ont participé à une étude sur la consommation de substances psycho-actives en mars dernier. L’étude SAGE (Susceptibilité à l’alcool : génétique et environnement), une “enquête épidémiologique et génétique analysant les facteurs impliqués dans la vulnérabilité aux problèmes d’addiction” devait porter sur des sujets scolarisés mais majeurs (“afin d’éviter le consentement des parents”, selon les termes des auteurs du projet dans leur déclaration auprès de la CNIL). L’Inserm, promoteur de l’étude, s’est appuyé sur l’Observatoire régional de la santé (ORS) Champagne-Ardenne et le rectorat pour trouver ses sujets d’étude. Le rectorat ayant instamment invité les proviseurs à faire réaliser cette enquête dans leurs établissements.

La recherche, portait, selon l’Inserm et l’ORS Champagne-Ardenne, “sur l’interaction entre les facteurs environnementaux et génétiques, c’est à dire qu’à l’aide d’analyses statistiques, nous chercherons à comprendre comment les expériences vécues, la situation sociale et les antécédents personnels et familiaux, par exemple, peuvent interagir avec notre patrimoine génétique (…) pour expliquer nos consommations et/ou notre vulnérabilité à développer abus ou dépendance”.

En clair, certains gènes peuvent participer au phénomène d’addiction. Leur présence ne signifie pas que l’on va devenir alcoolique ou drogué. Il y a, selon les promoteurs de l’étude, des interactions entre l’environnement et le patrimoine génétique qui peuvent toutefois déclencher des addictions. Un document remis à la CNIL pour obtenir son accord explique que l’objectif de l’étude est “de découvrir les traits endophénotypiques (par l’évaluation de nombreux paramètres caractérisant les sujets inclus) et les gènes (par l’analyse d’une dizaine de gènes dits “candidats”) impliqués dans les effets ressentis des premières consommations, effets qui constituent des marqueurs puissants du risque ultérieur d’addiction, marqueurs pourtant très sous-évalués à ce jour“.

QUESTIONNAIRE ET PRÉLÈVEMENT BUCCAL

Les jeunes devaient remplir un questionnaire anonyme contenant plus de 130 questions, puis, procéder eux-mêmes à un prélèvement buccal d’ADN. Ils pouvaient en outre, s’ils le souhaitaient, laisser leurs noms et coordonnées (y compris le numéro de sécurité sociale) dans une enveloppe fermée pour être contactés à nouveau dans trois ans. L’idée étant d’observer si les résultats initiaux se vérifieront quelques années plus tard.

Le professeur Philip Gorwood, responsable de l’unité 657 de l’INSERM, qui dirige cette étude, a obtenu un accord de la CNIL. Les jeunes participants n’ont cependant visiblement pas disposé de toutes les informations leur permettant de s’engager de manière éclairée dans cette étude. Seul un proviseur de l’un des lycées concernés, le lycée Jean-Jaurès de Reims, a refusé de laisser l’étude se dérouler dans ses locaux. Il explique ainsi dans sa lettre d’information de mai qu’elle se déroulait “dans la précipitation” et que la communication était “insuffisante“. Il n’avait d’ailleurs pas pu obtenir à l’avance le contenu du questionnaire.

Ce questionnaire a été communiqué au Monde.fr par le docteur Gorwood. Les questions ne sont pas posées sur un mode positif de type : “Quand vous étiez à l’école primaire, vous étiez un élève sans problèmes et vous réussissiez votre scolarité ?” Au contraire, elles le sont sur un mode négatif : “Vous étiez désobéissant, (…) vous aviez une mauvaise opinion de vous-même ?” La lecture du questionnaire lui-même dessine le profil de jeunes en situation de malêtre, sinon de détresse, en difficulté scolaire frappés par des problèmes d’anorexie ou de boulimie, de drogues, etc. Sauf s’ils ont répondu non à toutes les questions bien entendu… En outre, l’enquête porte incidemment sur l’ADN et l’origine ethnique de jeunes scolarisés : le questionnaire comprend notamment des questions sur les origines des parents et des grand-parents des personnes interrogées.

UN CONSEILLER EN GÉNÉTIQUE AUPRÈS DU PRÉSIDENT

L’enquête menée en Champagne-Ardennes s’inscrit dans le droit fil du document de l’Inserm intitulé “Trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent” (2005) qui avait déclenché un tollé en préconisant un dépistage de certains troubles de l’enfant dès 36 mois. L’opposition à ce rapport avait donné naissance au collectif “Pas de zéro de conduite pour les enfants de 3 ans !” et un livre préfacé par Albert Jacquard. Parmi les unités de l’Inserm ayant participé au dit rapport, l’on retrouvait l’unité 675 du professeur Philip Gorwood. De même que dans d’autres documents alliant recherche génétique et troubles mentaux de l’enfant et de l’adolescent.

Au-delà, cette enquête intervient dans un contexte de recours croissant aux prélèvements génétiques, sous l’effet en particulier de la loi sur la sécurité intérieure adoptée en 2003 sous l’impulsion du ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy. Ce dernier, devenu président, s’est aussitôt doté d’un conseiller en génétique en nommant le docteur Arnold Munnich, conseiller à la présidence de la République, une première. Arnold Munnich dirige l’unité Handicaps génétiques de l’enfant de l’Inserm à l’hôpital Necker-Enfants malades.

“Subrepticement, notre société, au nom du paradigme sécuritaire, s’habitue à l’usage de ces marqueurs biométriques,” dénonce le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) dans un avis récent intitulé “Biométrie, données identifiantes et droits de l’homme”. Le CCNE s’offusque d’une “loi qui fait du refus de se soumettre à ce prélèvement [ADN] un délit“. Le Comité, en termes diplomatiques mais clairs, s’inquiète d’une volonté masquée de fichage de toute la population : “S’il s’agit d’initier une pratique de prélèvements généralisés à toute une population, il n’est nul besoin de prendre comme prétexte l’infraction à quelque règle que ce soit. En ce domaine plus qu’en d’autres, la finalité des pratiques doit être clairement définie.“

Sauvons la clinique— programme de la Journée du 30 juin

Sauvons la Clinique (1“)

Programme de la réunion

du 30 juin 2007

Amphithéâtre Charcot, Hôpital de la Salpêtrière, Paris

Programme indicatif

et évolutif

Le but de cette première réunion est la préparation des Etats Généraux de la Clinique , à partir de l’initiative du Manifeste signé par 5900 personnes, en moins d’un mois. Son ordre du jour est le suivant :

– Points de vue des représentants des organisations signataires du Manifeste sur la situation actuelle et sur les états généraux de la Clinique, afin de dégager des axes de réflexion et d’action. 10 minutes au maximum par rapporteur, par intervenant ou représentant d’une même organisation.

– Échange avec les participants dans la salle (1 heure)

– Constitution de la Coordination des États généraux de la Clinique .

Il est à noter que toutes les organisations signataires ne seront pas présentes à cette réunion, et que la liste des partenaires pour les États généraux de la Clinique n’est pas définitivement arrêtée.

• Président de la réunion : Roland Gori (Président du SIUEERPP)

— 14h30

• Présentation du Manifeste et de ses développements, déroulement de la réunion

– Rapporteur de la coordination temporaire : Fethi Benslama (Université Paris 7, Chargé de la mission « Sauvons la clinique » par le SIUEERPP)

• La situation dans l’université

Interventions : Alain Abelhauser (Vice Président de l’Université de Rennes II), Sophie de Mijolla (Directrice de l’École doctorale de Psychanalyse et de Psychopathologie, Université Paris 7.)

• La situation au Conseil national des universités (CNU 16ème section)

– Catherine Desprats-Péquignot (Université Paris 7), Jean-Jacques Rassial (Université d’Aix-Marseille). André Sirotta (Université Paris 10). Rapporteur: Christian Hoffmann (Université Paris 7).

• Point de vue des étudiants en psychopathologie et psychologie clinique

– Interventions : Elodie Jacquelet avec Hélène Krieger (AFEPCOP, Université Paris 13), Grégory Fritsh (Inter-Action, Université Paris 7)

• La formation par les pratiques

– Interventions : Serge Lesourd (Université de Strasbourg), Senja Stirn avec Emmanuel Garcin (Réseau National des Psychologues).

• Les praticiens dans le champ médico-social et de la santé mentale

– Intervention : Etienne Rabouin (Comité de vigilance CMPP de l’Ouest)

• Syndicat des psychologues

– Interventions : Jean-Louis Queheillard et Marie-Odile Rucine (Syndicat National des Psychologues SNP).

— 16h15 Pause

— 16h30 Reprise

• La situation internationale

– Intervention : Elisabeth Roudinesco (Présidente de la Société Internationale d’Histoire de la Psychiatrie et de la Psychanalyse (SIHPP).

• Les associations psychanalytiques

Parmi les associations signataires : Michel Hessel (Cercle Freudien), Patrick Landman (Espace analytique).

• Les associations de psychiatres

Interventions : Yannick Cann (Association Française des Psychiatres d’Exercice Privé), Nicole Anquetil (EPER Collège de Psychiatrie), Sylvain Missonnier (Association Internationale pour la Santé Mentale du Bébé), un représentant de la Fédération Française de Psychiatrie.

• Les associations des psychothérapeutes relationnels

Intervention de Philippe Grauer (Syndicat national des praticiens en psychothérapie).

— 17h30-18h30

• Interventions et échange avec les participants dans la salle

Séance animée par Danièle Brun (Université Paris 7).

— 18h30-19h30

• Conclusions et perspectives

Fethi Benslama (Université Paris 7), Sylvain Missonnier (Université Paris 10).

• Formation de la coordination pour l’organisation des Etats généraux de la Clinique

– Les comités régionaux
– Les cahiers des États généraux de la Clinique
– Les contributions sur le site internet.

– Site du Manifeste « Sauvons la Clinique » : http://www.sauvons-la-clinique.org/

– Pour annoncer votre participation à la réunion du 30 juin, envoyer un mail avec votre nom et prénom, votre fonction et le lieu : contact@sauvons-la-clinique.org

  • 1 Clinique : terme de médecine : examen direct des malades. Dérivé en psychologie, examen direct des … patients. Les psychanalystes ont des patients, influence du domaine médical. Les psychologues, c’est selon le caractère du lieu où ils officient. Les psychothérapeutes relationnels ont soit des patients soit des clients (à la Rogers, comme le client d’un avocat, et non d’un épicier), soit encore des “personnes ayant entrepris une démarche” : démarcheur ne marche pas … En se disant praticiens, les psychothérapeutes relationnels se disent cliniciens, car le mot renvoie à la rencontre concrète pratique avec celui qui se plaint (d’où le terme patient). L’étymologie, comme souvent, invite à la paresse intellectuelle. À moins d’établir un lien entre lit du malade et divan du psychanalyste. La clinique, en définitive, c’est la pratique, dans une relation de soin (attention au double sens de ce terme). Note de Philippe Grauer

Europsy-neuropsy

MARIE-HÉLÈNE BIGOT (1“)

EUROPSY-NEUROPSY

(2“)

Quelque chose de crucial se joue pour les psychologues, pour la psychologie, avec la question de l’Europe. Il suffit de chercher à connaître les tenants et les aboutissants de ce projet pour en saisir l’importance.

Quand on parle de l’Europe ou des psychologues en Europe, des dates, des lieux ou des chiffres sont souvent avancés, comme si leur poids avait une consistance particulière. Les articles sur le sujet peuvent mettre l’accent sur certains plutôt que d’autres, comme s’ils pouvaient à eux seuls venir justifier de l’aventure et sa suite. C’est oublier que la référence ne peut tenir lieu d’argumentation, qu’elle ne peut venir en lieu et place de l’exposé des thèses à l’origine d’une démarche.

Les déclarations qui se sont succédées sur le rôle et l’organisation de l’Enseignement supérieur en Europe comportent des variations qu’il s’agit de repérer, pour saisir de quoi relèvent les objectifs en question, cela pour pouvoir opérer des choix.

Europsy

C’est ainsi que le traité de Rome est mentionné quand on veut vanter la mobilité des individus, que la déclaration de Bologne de 1999 est citée avec ses 29 pays signataires, ou bien pour la psychologie, que les 32 pays (ou plus ?) annoncés derrière l’EFPA sont appelés à la rescousse, et avec eux la vision de divisions de psychologues en marche : 170 000, 200 000, 270 000… selon les auteurs et le moment, pour sonner la charge et emporter l’adhésion.

Il est de notre responsabilité d’interroger ce sujet pour savoir si le cadre qui se dessine avec EuroPsy autorise une possibilité de formation et d’exercice dans le champ qui est le nôtre, celui de la psychologie clinique avec la psychanalyse. Il est effectivement crucial d’établir comment notre clinique, qui s’éclaire de la psychanalyse, pourra prendre la place qui doit être la sienne dans le champ qui se construit ici. Regardons de près l’espace que l’on nous invite à rejoindre.

L’Europe et l’enseignement

Avant Bologne il y avait eu la Convention de Lisbonne en 1997. Elle mettait l’accent sur un droit à l’éducation pour les habitants de la région européenne et faisait le constat de “diversités culturelles, sociales, politiques, philosophiques…”. Elle les concevait comme une “richesse exceptionnelle” qu’il s’agissait de “respecter pleinement”.

Elle insistait pour cela sur la nécessité de “l’autonomie des établissements”. Dans cet esprit, “le droit à l’évaluation” ne concernait que le droit de chacun à faire valoir et reconnaître son parcours d’étude et ses diplômes au sein de l’Europe. (1)

La déclaration de Bologne opère un renversement et elle introduit un argumentaire tout à fait différent. Il ne s’agit plus ici de préserver des diversités mais de construire un “espace social et culturel commun” et, nous dit-on, d’enrichir la citoyenneté. Le but n’est plus la reconnaissance du droit de chacun à l’éducation mais la mise en place d’un système permettant la comparabilité des diplômes, leur harmonisation, en vue de l’intégration sur le marché du travail et l’amélioration de la compétitivité.

Les changements qui se profilent pour les psychologues en Europe sont à replacer dans ce débat. Les conventions, les programmes, viennent redéfinir un champ, celui de leurs connaissances, de leurs pratiques et celui des moyens qui leur seront alloués pour les acquérir et les mener.

Les psychologues travaillent avec le langage, avec la parole et ses effets sur les sujets et sur les groupes. Ils ont à considérer les mots mais ils le savent également, leur contexte et les significations qui leur sont attribués. La richesse, l’unité, la mobilité, l’évaluation… pour quel propos, avec quelle perspective, au bénéfice de quoi, de qui ?

L’EFPA et la formation des psychologues

L’EFPA travaille la question de la place des psychologues en Europe. Cette Fédération, qui s’est nommée Fédération européenne des associations de psychologues, opte pour certaines solutions, et le cadre qu’elle propose nous mènera à en faire certains commentaires. J’exposerai les positions qu’elle défend et les remarques que je peux y apporter.

C’est la FFPP qui a été déclarée association représentative de la France, par l’EFPA elle-même à Grenade en 2005, bien que le SNP s’en soit retiré après le Congrès qui avait eu lieu la même année.

L’EFPA a mis sur pied avec EuroPsy la trame d’un diplôme européen de psychologie (DEP). Ce diplôme est présenté comme “un premier niveau” de formation, ceci parce qu’il existe un projet de spécialisation en psychothérapie, d’ailleurs déjà rédigé (2).

Le diplôme de base paraît proche à première vue du cursus actuel français : obtention d’une licence en 3 ans, obtention d’un master en 2 ans, avec cours théoriques et temps de stages. Il est prévu en outre une année supplémentaire dite “de pratique professionnelle supervisée”.

L’obtention du titre et le droit d’exercice sont subordonnés à des obligations qui ne sont pas sans importance :
– Enregistrement du candidat dans le registre européen tenu par l’EFPA.
– Engagement écrit de souscrire aux principes du Code européen et du code de déontologie national.
– Formation permanente obligatoire d’au moins 80 heures par an.

Les diplômes EuroPsy sont temporaires, ils valent pour 7 ans. Une demande de renouvellement doit être faite auprès du Comité national d’accréditation des diplômes de l’Association nationale des psychologues, accréditée par l’EFPA.

La psychologie clinique apparaît dans la dernière mouture du programme EuroPsy. Elle a longtemps été absente. Le canevas présenté en 2001 pour la formation des psychologues en Europe n’en parlait pas comme d’un corps théorique, mais la qualifiait de psychologie appliquée. Dans la dernière mouture, elle apparaît dans les théories explicatives, en duo avec la psychologie de la Santé (3).

Ce n’est pas anodin, car il s’agit de savoir si cette partition, décidée par les concepteurs d’EuroPsy, fait place ou non à un psychologue qui s’oriente de la psychanalyse, et qui se veut psychothérapeute [au sens générique ou psychologique du terme, note de la Rédaction]. L’ensemble clinique/santé est défini comme ayant pour objectif de “promouvoir la santé mentale et physique des individus et des familles”(4).

À la lecture il apparaît que la psychologie clinique “nécessitera habituellement une formation post-universitaire ”, soit une spécialisation. Il est précisé qu’un “guide de supervision” sera publié prochainement pour promouvoir “la diffusion de ces pratiques appropriées”(5). L’idée de faire de la psychologie clinique et de la santé une spécialisation est mentionnée également dans le dernier rapport de l’EFPA (6)

Le domaine de la psychologie

Les questions auxquelles la psychologie aurait à répondre sont formulées à partir de comportements, considérés comme problématiques ou dignes d’intérêt, me semble-t-il avant tout, pour la société :

“Comment traiter la dépendance à la drogue ou à la cigarette ? Comment rendre les enfants plus créatifs ? Comment des athlètes peuvent-ils optimiser leurs capacités avec des techniques psychologiques ? Quels sont les traits de personnalité et les valeurs impliqués dans une conduite de consommation ?”(7).

Cet abord isole des comportements, les considère comme des troubles, les aborde effectivement sans théorie du sujet puisque la question du traitement est posée sans s’interroger sur la façon dont un comportement peut s’articuler au sein d’un symptôme, si même ce comportement fait symptôme, ni sur la place qu’il tient pour ce sujet dans son rapport au symbolique, à l’imaginaire et au réel.

Lorsqu’on s’intéresse au cursus de psychologie du diplôme EuroPsy on s’aperçoit que la psychanalyse en est totalement absente. Elle n’apparaît pas dans les théories fondant la psychologie (médecine et philosophie), ni dans les théories, dites explicatives, retenues. Les théories non psychologiques qui sont mentionnées sont l’épistémologie, la philosophie, la sociologie et l’anthropologie.

Psychothérapie et psychologie

L’EFPA travaille également sur une spécialisation en psychothérapie. Elle prévoit que le candidat soit titulaire du diplôme de base et qu’il ait 2 années d’expérience professionnelle supervisée. La formation serait de 3 ans dont 500 heures de pratique supervisée et une formation psychothérapique personnelle d’au moins 100 heures (8). Nous sommes là à 6 ans de formation universitaire de base, 2 années d’expérience, 3 années de formation universitaire complémentaire, soit 11 ans, pour venir qualifier l’exercice de la psychothérapie par un psychologue.

Cela fait dire à Roger Lécuyer, président de la FFPP, représentant français auprès de l’EFPA, qu’on est “bien loin, au niveau européen, de l’article 52 et du projet de décret d’application” (9). Si on raisonne au ratio du temps passé aux études universitaires, en effet, reste à savoir ce que l’on étudie et pourquoi.

Il est attendu de la formation personnelle de 100 heures au moins qu’elle permette aux étudiants “d’être conscients de leur implication personnelle, de savoir la manier de façon appropriée”, de même que”leur contribution aux progrès de la thérapie qu’ils pratiquent” (10) . L’étudiant en psychothérapie [laquelle ?] devrait aussi se familiariser avec un large éventail de pratiques thérapeutiques, ceci nous dit-on, pour pouvoir tenir un rôle de “consultant” et pour connaître les limites d’un modèle psychothérapique et les siennes propres. Ils devrait aussi être formé à “évaluer les thérapies qu’il(s) pratique(nt)” [les thérapies (et non psychothérapies) qui s’évaluent selon les méthodes Inserm seraient-elles proches du cognitivisme ? ] (11)

On ignore les tâches qui seraient dévolues aux titulaires du diplôme de psychologie en 6 ans au regard de cette spécialisation, mais une distinction est faite par EuroPsy entre “un statut d’expert” et le “simple spécialiste” (12). Il est annoncé avec précaution que “le développement de qualifications à haut niveau pourra à long terme restreindre les lieux d’exercice, les niveaux et les tâches” de ceux qui n’auraient que le diplôme de base, cela rejoint les termes du dernier rapport d’activité de l’EFPA (13)

Les lieux de formation

Les instituts de formation retenus devraient être “approuvées par le corps des psychologues”, soit par l’association de psychologues autorisée à accréditer. Ils devraient coopérer avec les départements universitaires de psychologie et autres lieux de recherche pour l’évaluation des psychothérapies [lesquelles ? bis repetita] et accepter des audits par le corps professionnel des psychologues.

En ce qui concerne la psychothérapie [laquelle ?]”, il est demandé 100 heures (au moins) de “formation psychothérapique personnelle” sur les 11 années d’études. Nous entrons là dans une comptabilisation. Elle devrait avoir lieu dans des écoles thérapeutiques “acceptées”[la validation des Méthodes aboutit à la création d’une liste officielle, dont se trouveraient exclues d’office certaines, au nom de quels critères sous-jacents ?]. Ces écoles, dites «écoles thérapeutiques majeures », devraient faire la preuve qu’elles se basent “sur un corps de connaissances psychologiques (“psychological knowledge”), portant sur le développement humain, la psychopathologie, sur une théorie et des stratégies d’intervention” (14).

Comment la psychanalyse pourra-t-elle, le moment venu, se positionner dans ce cadre ? Les psychologues freudiens n’ont-ils pas ici une action à mener ès-qualité, c’est-à-dire au nom de la spécification freudienne d’une certaine orientation de la psychologie [Nos amis les psychologues freudiens se demandent comment sse maintenir dans le dispositif de la psychologie comportementaliste. Une des questions du débat de Sauver la clinique. Pas simple ] ?

Psychologue superviseur et bonnes pratiques

Un “psychologue superviseur” deviendrait responsable de “la compétence du futur psychologue praticien en formation”, y compris pour la psychothérapie, nouvelle venue à l’université. La garantie de la compétence du superviseur résiderait dans une habilitation délivrée par “le Comité national de délivrance des diplômes ou par l’Association nationale”(15).

La garantie de “bonnes pratiques” serait assurée sur la base d’un contrat où superviseur et étudiant conviendraient du champ professionnel choisi, du type de client rencontré, du rôle à tenir dans le champ où l’étudiant a choisi d’intervenir, et des compétences à mobiliser pour ce type de pratique. Ces “bonnes pratiques” seraient référées à des normes pré-établies puisque 20 d’entre elles sont repérées à l’avance et listées.

Les superviseurs évalueraient donc les compétences des futurs praticiens. Comment ? En remplissant une fiche d’évaluation, et en se basant pour se faire sur des “guides d’évaluation” édités par “le Comité européen d’obtention du diplôme”, ceci pour “autoriser l’individu à exercer de façon autonome”(16).

Évaluation est ici le maître mot. Quelle sera la différence entre un psychologue non évalué et un psychologue évalué , entre une école “acceptée” ou pas ? En reprenant les termes utilisés par Jean Claude Milner, nous pouvons dire que tous deux ont “les mêmes traits”, ou répondent à la même définition d’école … mais au bout du compte, au bout de l’évaluation, qu’il s’agisse de psychologue ou d’école, ils entrent dans le circuit de “l’ensemble des êtres et des objets évalués”. Une mutation s’est opérée, ils sont entrés dans le “paradigme de la mesure”, du calculable (17).

Il s’agit, dit J.-A. Miller “de s’emparer du savoir de l’autre”, “d’obtenir de l’autre le savoir qu’il a de sa propre pratique” avec au bout du compte une opération de comparaison et l’élimination, ou la nécessité de transformation de ceux qui n’auraient pas satisfait aux critères, ou qui y satisferaient moins bien que les autres, toujours au vu des critères mis en place(18).

Nous voyons se dessiner, comme nous en avons débattu précédemment une appropriation de la psychothérapie par les psychologues, qui, semble-t-il, décideraient seuls de la compétence des futurs praticiens. Il faut faire remarquer que se tisse ainsi un maillage fin qui subordonne les lieux de formation, les écoles dites thérapeutiques et la recherche à des orientations décidées exclusivement par les psychologues, et par l’EFPA.

L’organisation EuroPsy réfère le système tout entier au Comité européen. Il est avancé que l’ambition n’est pas de “remplacer les pré-requis nationaux relatifs à la profession”. Comment l’entendre, sinon comme une dénégation, puisqu’il nous est dit dans la phrase suivante que “plus la reconnaissance du projet EuroPsy sera mise en place et plus les pré-requis nationaux s’y conformeront” (19). Cela mène à interroger le désir qui anime un tel projet et à réfléchir à la manière de faire valoir, dans cet ensemble, la spécificité de notre orientation freudienne. C’est urgent.

Par quoi le désir d’un psychologue est-il orienté selon EuroPsy ?
Le texte d’EuroPsy fait reposer “l’intention première qui préside au désir d’être psychologue” sur “le souci d’appliquer et de développer” des “principes psychologiques” orientés par un point de vue “scientifique et éthique”(20).

Le terme de “scientifique” nous interpelle, et si nous nous regardons le glossaire, nous voyons que le terme de “Connaissances scientifiques” désigne les “connaissances accumulées dans la littérature scientifique dans la discipline psychologie et partagées par la communauté des chercheurs et des enseignants de psychologie”(21). Nous sommes renvoyés à ce qui fait science, à ce que l’on considère comme scientifique. Le débat récent qui a eu lieu après le rapport de l’Inserm sur le trouble des conduites a largement interrogé ce concept.

Les psychologues freudiens s’inscrivent résolument, en leur nom et avec le collectif Pasde0deconduite , dans la mise en question des méthodes d’évaluation qui s’autoproclament ainsi scientifiques.

Qu’est ce qu’une littérature dite scientifique ? Une littérature anglo-saxonne ? Une littérature qui prend appui sur des critères diagnostiques de type DSM ? sur des méthodes dites scientifiques parce qu’objectivables ? sur des recherches prenant appui sur le calcul statistique ou des corrélats neurobiologiques ?

Quel est le désir qui anime les concepteurs du projet EuroPsy ?
Il nous est dit que les critères d’EuroPsy se sont inspirés de travaux effectués par la Société Britannique de Psychologie (BPS) pour établir les pré-requis de son diplôme de psychologie appliquée, mais cela ne me semble pas pouvoir tout expliquer, même si la BPS distingue par exemple plusieurs types de psychologues, associés ou spécialistes.

Nous savons que l’ENOP, (ou ENWOP), équivalent de l’EFPA pour la psychologie du travail et des organisations, avait développé au cours des années 1990, un “modèle de formation des psychologues du travail en Europe”. L’ENOP a aussi contribué à mettre en place la Commission des 14 membres qui a abouti à la rédaction du rapport EuroPsy et de ses critères. Ce point n’est pas sans importance si on prend en compte l’orientation de la psychologie du travail et le fait que le nom de Mme Claude Leboyer, qui a été Présidente de l’Association Internationale de Psychologie appliquée, fondateur du bureau de l’ENOP, apparaît dans la bibliographie EuroPsy.

Mme Leboyer travaille sur la motivation au travail, la gestion des compétences, l’évaluation du personnel avec des outils psychométriques, des questionnaires de comportements et des méthodes statistiques, ceci au service d’une plus grande compétitivité.

Un commentaire de son livre, portant sur la motivation dans l’entreprise, commence par ces lignes : “La compétition se joue à l’échelle mondiale. La productivité et la qualité y ont un rôle central. De ce fait, la motivation des hommes au travail représente un facteur capital de la réussite des entreprises”(22).

Nous pouvons mettre en résonance les propos du Président de l’EFPA, pour qui l’Europe s’étant donné pour but de devenir leader économique en terme “de compétition, de compétence et de technologie”, il s’agit non seulement de permettre “aux capitaux et aux biens de circuler librement”, mais aussi de rendre cela possible pour les professionnels, en particulier pour ceux qui ont des qualifications supérieures, et donc d’atteindre “une mobilité maximale”. (23)

L’équipe EuroPsy

L’équipe qui pilote EuroPsy a aussi retenu mon attention, la plupart de ses membres étant là depuis la mise en place du projet, au point qu’ils le considèrent peut-être un peu comme le leur. Je considérerai seulement ici l’équipe d’EuroPsy, et non le Comité qui a rédigé les critères du diplôme spécialisé de psychothérapie.

Ils sont professeurs, concernés par la recherche dans leur spécialité. Certains portent plusieurs casquettes, qui ne correspondent pas toujours aux intitulés des diplômes français. La psychologie sociale, la psychologie du travail, du leadership et des organisations sont représentées de façon excessive avec 5 d’entre eux.

L’équipe EuroPsy compte également 1 psychologue de la Santé et d’éducation à la Santé et 1 psychologue de l’Education. On y trouve 2 spécialistes de psychologie cognitive, avec un versant développement pour Roger Lécuyer. Un autre est spécialisé en neuropsychologie, tandis qu’un membre avoue être également intéressé par le sujet et travaille dans le champ de la linguistique. La psychologie transculturelle compte un représentant. La représentante danoise apparaît en qualité de psychologue, sans autre précision.

Dave Bartram est un grand spécialiste des tests et de la validation des procédures d’évaluation et de sélection du personnel (24). Il travaille très activement et a récemment fait part, pour l’EFPA, de modèles à utiliser pour la description et l’évaluation de tests psychologiques, dans le cadre de la psychologie du travail.

Il est plus difficile de classer Tuomo Tikkanen, diplômé de philosophie et de psychologie. Il définit la psychologie comme une science, il est intéressé par la neuropsychologie et par le résultat d’études qui prouveraient, dit-il, que la psychothérapie a “un effet à long terme sur des processus chimiques du système nerveux central”.

Curieusement, après cet exemple, il dénonce le réductionnisme auquel la psychologie a aujourd’hui affaire, soit le fait que les sciences de la nature veulent la réduire “aux seuls phénomènes neurophysiologiques”. S’il attend quelque chose des méthodes psychothérapiques, c’est néanmoins avec l’espoir d’un appui sur une psychologie scientifique (25).

En conclusion

Le but d’EuroPsy dépasse très largement la question de la reconnaissance des diplômes de psychologie en Europe et la mobilité des étudiants et des professionnels. Son intention n’est pas de préserver “les diversités” culturelles nationales, ni de les concevoir comme une richesse “à préserver pleinement”.

Le projet EuroPsy vise à créer un diplôme de psychologie en Europe et un système de spécialisations, avec à terme la création de plusieurs niveaux professionnels sous la forme, par exemple, de statuts d’associé et d’expert.
Il vise à promouvoir une “standardisation et une transparence des qualifications”(26), soit à disposer de psychologues subordonnés à l’obtention de diplômes ou certifications renouvelables, relativement aux critères choisis par l’EFPA.

Il est évident qu’alors, la recherche n’aura plus qu’à suivre, “harmonisée », conforme, elle répondra aux attentes et aux orientations théoriques soutenues par le Comité européen.

L’orientation de l’enseignement, de la formation, de la pratique de la psychologie.

L’équipe EuroPsy ne peut prétendre représenter à elle seule l’éventail des théories ayant trait à l’esprit humain. Comment la psychologie dans son ensemble, la psychologie dite “clinique et de la santé”, la spécialité en psychothérapie qu’EuroPsy prétend fonder, pourra-t-elle s’écarter des orientations mises en place ?

Comment la psychologie, en particulier en clinique et de la santé, et celle qui se préoccupe de psychothérapie, va-t-elle interroger les concepts qui sont les siens tout en garantissant son indépendance dans un tel cadre ? C’est le défi qui nous est lancé.

Leadership de la psychologie

EuroPsy vise à diffuser ses propres standards, via le processus de Bologne, l’évaluation et l’accréditation, et non à offrir une lisibilité des cursus nationaux en Europe, à moins qu’on ne considère, comme elle le formule, que les cursus nationaux s’alignent d’eux-mêmes sur ses propres critères. Dans ce cas, ils ne peuvent pas non plus être dits nationaux, même si une Association de psychologues dite “nationale” se trouvait en charge de faire respecter les critères EuroPsy.

En effet, les travaux des Comités nationaux de délivrance des diplômes peuvent être stoppés si le Comité européen juge que leurs travaux ne sont pas “en accord avec les règles énoncées”. Il ne s’agit que d’une “délégation d’autorité” (27)

L’équipe d’EuroPsy développe également une politique de marketing, de diffusion de ses objectifs, à partir de la notion de “valorisation”: il s’agit “d’optimiser les avancées d’un projet en lançant des expérimentations et en l’exploitant de façon à accroître sa valeur et son impact”(28). Ainsi, une expérimentation est actuellement lancée dans 6 pays, pour procéder à l’enregistrement et à la certification des titulaires en psychologie. L’EFPA souhaite en effet “que l’expérience s’étende aux 32 pays où elle est implantée en 2008”(29). Elle a aussi l’intention de lancer une carte professionnelle “conformément”, nous dit-on, “à ce qui est prévu dans la directive européenne 2005/36/EC”. Trouverait-elle que l’ardeur de la Commission européenne se ralentit ?

En effet, contrairement à ce que l’EFPA et la FFPP espéraient, la Commission a publié en 2005 une directive — 2005/36/CE — qui stipule dans son article 15 que “la compétence des Etats membres” pour déterminer “les qualifications requises pour l’exercice des professions sur leur territoire”, “le contenu et l’organisation de leurs systèmes d’enseignement et de formation professionnelle” n’est pas affectée par la possibilité pour des organisations de présenter des “plateformes” communes à la dite Commission (30). Ces “plateformes”, tel EuroPsy pour les psychologues, ne peuvent donc prétendre s’imposer d’emblée aux États membres de l’Union européenne.

L’ambition d’EuroPsy s’étend de toute façon bien au delà de l’Europe. On évoque l’Europe de l’Est dans le rapport d’activité 2005 : Russie, Roumanie, Serbie… (31) mais d’autres sources citent aussi le Canada, le pourtour méditerranéen, ou plus largement le Commonwealth : Nouvelle-Zélande ou Australie, par exemple…(32) EuroPsy poursuit donc des objectifs qui dépassent de très loin le cadre d’une reconnaissance de diplômes dans le cadre européen ou la seule qualité de ses membres.

Sans doute peut-on souhaiter que l’exigence de transparence que les auteurs du projet font peser sur le individus leur fasse retour… C’est le devoir des psychologues d’y contribuer. Cela leur permettra, chemin faisant, de se tenir informés avec précision des enjeux de ce programme, qui définit une véritable politique dont les retombées sur leur pratique ne seront pas minces.

Que chacun s’interroge pour savoir en quoi il serait tenu là à une obligation quand il s’agissait au départ de lui ouvrir un droit, d’ouvrir à la reconnaissance des diplômes en Europe en respectant les diversités existantes et l’autonomie des établissements ? L’idée de la création d’un Ordre des psychologues en France, actuellement en discussion, gagnerait à être reprise avec ces coordonnées, jusqu’alors laissées dans l’ombre.

Bibliographie :

1- Convention sur la reconnaissance des qualifications relatives à l’enseignement supérieur dans la région européenne, Lisbonne, 11.IV.1997, http://conventions .coe.int/Treaty/FR/Html/165.htm

2- Lécuyer Roger, EuroPsy, certification européenne en psychologie, FFPP, 12 10 06, http://www.ffpp.net/modules/news/article.php?storyid=189

3- PDF European Diploma in Psychology Format de fichier: PDF/Adobe Acrobat – Version HTML, Traduction Lécuyer R., Wieder C., p. 20

4- Roe Robert A. : Europsy development and state of affairs, doc-1082.ppt, p

4- Ibid.supra, European Diploma in Psychology, p. 35

5- http://www.efpa.be/doc/2005_2007EFPAActivityPlan.pdf, page 5

6- EFPA, Optimal standards for professional training in psychology, point 7.9

7- Bulletin Psychologues et psychologie, Normes de formation pour les psychologues se spécialisant en psychothérapie recommandées par l’EFPA, n° 160, p. 66-

8- Lécuyer Roger, Ibid supra.

9- [PDF] EFPA STANDING COMMITTEE ON PSYCHOTHERAPY Convenor : DAVID LANE …
EFPA STANDING COMMITTEE ON PSYCHOTHERAPY Convenor : DAVID LANE …

Format de fichier: PDF/Adobe Acrobat – Version HTML, page 19.

10- Ibid. supra, Point 5.4, page 15

11- PDF European Diploma in Psychology, Ibid. supra, page 3

12- 2005_2007 EFPA Activity Plan. Format de fichier: PDF/Adobe Acrobat – Version HTML www.efpa.be/doc/2005_2007EFPAActivityPlan.pdf , page 3

13- [PDF] EFPA STANDING COMMITTEE ON PSYCHOTHERAPY, voir supra, page 29.

14- PDF European Diploma in Psychology, Ibid. supra, page 32

15- Ibid supra, page 35.

16- Miller J.-A., Milner J.-C. : “ Voulez-vous être évalué ? ”, Éditions Grasset, 2004, page 15-16.

17- Ibid. supra, page 60.

18- PDF European Diploma in Psychology, Ibid. Supra, page 3

19- Ibid., page 27.

20- Ibid, Page 16

21- Levy-Leboyer Claude : “La motivation dans l’entreprise ”, Modèles et stratégies, Edition d’Organisation, 1998 et www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/levy.html

22- « The european diploma in psychology (EuroPsy) and the future of the profession in Europe », Tikkanen T. , 2003, Status_o_profession_2003.pdf.
The Present Status and Future Prospects of the Profession of … http://www.efpsa.org/pdf/NEWS_tikkanen.pdf

23- Bartram Dave: http://www.intestcom.org/itc2004/speakers.html

24- European Psychologist Abstracts Tuomo A.J. Tikkanen …
www.efpsa.org/pdf/NEWS_tikkanen.pdf
[DOC] Valorisation Guidance Note
http://www.europe-education-formation.fr/docs/Leonardo/Valorisation-Guidance-Note-Leonardo-EN.doc Format de fichier: Microsoft Word – page 44

27- PDF European Diploma in Psychology, Ibid . supra, Article 18, page 9

28- Valorisation Guide Note, voir supra, page 11

29- Lécuyer Roger, FFPP, 12 10 06, Ibid. supra

30- Ibid supra, article 15

31- 2005_2007 EFPA Activity Plan. Page 4

32- Valorisation Guide Note, voir supra, page 44.

  • 1 Ce travail de Marie-Hélène Bigot réalisé pour l’Association des psychologues freudiens présente le projet EuroPsy, création d’une association européenne, l’EFPA, qui, de Bruxelles, veut exercer son influence sur la législation européenne touchant à notre profession. Une seule association y représente chaque pays. De France, selon la Fédération française des psychologues et de psychologie dont la candidature fut retenue, étaient parties trois candidatures, celles de la FFPP donc, celle de la Société française de psychologie, et celle du Syndicat national des psychologues. Quels enjeux motivaient ces candidatures ? Peu importe au fond s’il est constant que les projets européens ont bien peu de prise sur les législations nationales concernant les professionnels du psychisme.

    Ce qui importe par contre, c’est que soit compris le discours officiel, l’impulsion scientiste que les directions nationales des organismes de psychologues prétendent donner dans notre pays à la question de la psychothérapie au sens générique du terme. Qu’il soit clair qu’aucun hold up sur la psychothérapie relationnelle ne risque de réussir, les quatre années passées ayant démontré qu’il pouvait y avoir loin de la coupe aux lèvres, fort heureusement pour le public et les praticiens et chercheurs dans le domaine non quantifiable de la dynamique de la subjectivité.

  • 2 Ce titre est de Philippe Grauer.

“Santé mentale” ?

Nos confrères psychiatres abordent dans ce numéro 27 du Journal français de psychiatrie, le problématique concept de santé mentale. Maladie et malaisie peuvent aller de pair mais c’est loin d’être obligatoire. Et que se passe-t-il quand on médicalise le malaise ? que se passe-t-il quand le symptôme, au lieu de le traduire, on se met à le traquer ?

On risque de détraquer la machine. La machine à soin . Un mot terriblement bivalent. Médical, il désigne le soin qu’administre le praticien, psychothérapique relationnel ou psychanalytique il fait référence à celui que la personne en démarche (nos confrères psychiatres disent patient, nous aussi, souvent, d’après eux) décide de prendre d’elle-même. De grâce articulons, surtout ne mélangons pas les genres. Tout cela renvoie à notre Carré psy.

Nous aurons l’occasion de reparler de cette livraison. Nous commençons par en recommander la lecture.

Philippe Grauer.

Journées de Nancy : soins institués, soignances profanes

L’ami Joseph Mornet — auteur récemment d’une Psychothérapie institutionnelle, histoire & actualité , au Champ social, cf ici même Vive la psychothérapie institutionnelle, en date du 16 mai — nous fait part de ces Journées de Nancy .

Les psychothérapeutes relationnels se sentent proches d’une psychiatrie en recherche, axée sur une problématique humaniste. Les psychothérapeutes relationnels opèrent le plus souvent en cabinet libéral. Ils ont à cœur de rester ouverts aux travaux de leurs collègues postés à l’hôpital et en secteur. Ils n’y ont que peu de place, pour des raisons de concurrence corporatiste, mais ne laissent pas de s’intéresser aux travaux de collègues avec lesquels ils ont l’habitude de travailler en réseau.

Plus les professionnels des quatre côtés du Carré psy se fréquenteront, mieux cela sera.

Philippe Grauer

[Document : Soiree]

Des signifiants de la loi

Nouvelle réponse à une vieille question. Yves Lefebvre traite de la loi du législateur et de “la loi morale en nous”. On peut réfléchir sur le thème la loi et le thérapeute, mais pour l’instant nous en sommes à signer la pétition Sauvons la clinique http://www.sauvons-la-clinique.org/, avec nos réserves mais avec la détermination et l’intelligence politique d’aider nos amis psychanalystes en difficulté où qu’ils soient. Le combat change d’âme, il s’agit de soutenir partout l’orientation épistémologique et éthique des tenants de la dynamique de la subjectivité, contre la politique d’élimination par tous les moyens mis en œuvre par l’idéologie scientiste à la québecquoise de nos évaluateurs à tout va.

Ainsi nous assurerons au mieux notre fonction d’ anticorps , dans un contexte où elle sera bien occupée. Ainsi nous pourrons œuvrer moralement et politiquement à la première personne du singulier, comme nous y invite Yves Lefebvre, avec ses références personnelles, en maintenant le lien avec nos collègues et les luttes institutionnelles.

Philippe Grauer

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Patrick Duirat nous demandait il y a quelque temps : “Que vient dire dans la vie du monde de la psychothérapie, la remise en question de son nom par la loi ?” Oh que voilà une bonne question, un peu oubliée devant les urgences et nécessités du combat politique ! Chacun en effet peut se la poser et apporter ses propres éléments de réponse qu’il serait bien intéressant de partager.

Remarquons tout d’abord que ce n’est pas une loi normale qui remettait notre titre en question. C’était une loi qui venait détourner et détruire au lieu de protéger. Elle voulait en effet dérober le titre des psychothérapeutes (relationnels) pour le donner à ceux qui ne sont pas psychothérapeutes (médecins généralistes ou psychologues non cliniciens) ou à ceux qui n’en ont pas besoin et ne l’ont pas demandé parce qu’ils disposent déjà d’un titre suffisamment prestigieux incluant le droit de pratiquer la psychothérapie (psychiatres, psychologues cliniciens et psychanalystes).

La loi introduisait donc de la confusion dans le mélange des titres. Tout cela sous prétexte qu’il y a des psychothérapeutes charlatans, voire même des membres de sectes, comme s’il n’y en avait pas dans les autres catégories professionnelles ! Étrange loi qui, en outre, se prive elle-même d’applicabilité parce qu’elle présente une contradiction entre la notion de membres de droit, c’est-à-dire sans conditions, et des conditions cependant exigibles de tous. Nous sommes donc bien dans le contraire de ce pourquoi il y a des lois. Cela s’appelle un système pervers, système qui dénie l’esprit même des lois.

Je rapprochais ce point de vue, dans l’éditorial du n° 127 d’Actua-Psy titré “ De l’envie de détruire “, du concept psychanalytique d’envie tel que le décrit Mélanie Klein, qui consiste à s’emparer des qualités du bon objet pour le détruire tout en le fantasmant mauvais objet. C’est ce que la loi voulait faire aux psychothérapeutes relationnels.

Cela nous invite-t-il à assumer pour notre part et dépasser l’histoire quelque peu incestuelle des Nouvelles thérapies, aux temps créatifs d’Esalen, où la notion de cadre ne s’est mise en place que peu à peu ? Mais aussi à approfondir nos connaissances des systèmes psychiques liés à la perversion ?

Il faut cependant ajouter la dimension collective de la société et son idéologie dominante. Cette volonté de détruire qui vise à terme la psychanalyse, s’inscrit bien sûr dans un contexte mondial qui va vers une gestion de plus en plus fonctionnelle et rentable à court terme au profit d’une vie vouée à la consommation, au service de l’économie de marché. Il faut alors réduire ce qui s’oppose à la marchandisation, donc tout ce qui est quête du sens profond dans la vie de personnes advenant comme sujets libres et autonomes. La religion du Veau d’or a de beaux jours devant elle et cherche à miner tout ce qui va à son encontre. Cet aspect de la loi pourrait nous obliger à un devoir de résistance, nous faisant par ses attaques mêmes “anticorps” d’une pathologie sociale.

Mais nous ne sommes pas seulement pris dans cette évolution mondiale. La loi du législateur nous renvoie à nous-mêmes. Les psychothérapeutes relationnels se sont endormis dans le confort de leurs cabinets, centrés sur la seule relation individuelle, oubliant toute la dimension sociale de leur profession et souvent eux-mêmes très individualistes. Il n’est que voir le peu de cotisants au SNPPsy et dans les autres institutions, le peu de participants aux assemblées, le peu de psychothérapeutes engagés pour la profession ou simplement conscients de la dimension sociétale de leur travail, le peu d’articles et de livres publiés par des psychothérapeutes relationnels. Et la société le leur rend bien, qui les nie à son tour jusqu’à s’emparer de leur nom !

Cependant les plus engagés et conscients de leur rôle social, ont souvent milité pour une reconnaissance professionnelle que donnerait de la loi, plutôt qu’ils n’ont désiré apporter leur contribution originale à l’évolution de cette société. Cette attitude qu’on qualifierait de syndicale se justifie mais porte ses propres effets pervers : les décideurs voient bien ce qu’on leur demande et comment cela déclenche les réactions corporatistes des autres professions, mais pas ce qu’on leur apporte, que seuls les sujets en psychothérapie relationnelle expérimentent dans le secret de leurs séances.

Pierre Trigano ajoute un point de vue intéressant et complémentaire de ces réflexions dans le numéro 98 du journal Réel de décembre 2006. Les psychothérapeutes, au temps des Nouvelles thérapies, issues de la psychologie humaniste américaine, ont cru pouvoir remplacer la vieille psychanalyse avec des méthodes qu’ils croyaient plus efficaces, et moqué la dimension scientifique de la psychologie universitaire considérée comme système mental, mécanisme de défense par intellectualisation. Ils ont rêvé de reconnaissance sociale et de pouvoir, estimant qu’eux seuls étaient les vrais “psychothérapeutes”. Pour Pierre Trigano, ils subiraient aujourd’hui les conséquences du complexe que Jung appelle “l’inflation du moi”.

Reconnaissons donc à Philipe Grauer d’avoir fait bouger les choses dans le bon sens par son concept du carré psy dans lequel les psychothérapeutes relationnels existent à leur place tout en reconnaissant celle des autres, loin de la toute-puissance corporatiste et de l’inflation du moi.

Il reste enfin, tout de même, la question des “charlatans” qui sert de prétexte à une loi elle-même charlatanesque. De fait, malgré l’autoréglementation initiée par le SNPPsy, beaucoup de gens diplômés ou non se sont autoproclamés “psychothérapeutes”au sens générique du terme, sans avoir effectué de travail sur eux-mêmes suffisant ni suivi de formation plus approfondie que l’acquisition d’une simple technique. Un psychologue enseignant chercheur s’en prend aux psychothérapeutes relationnels dans un article plutôt misérable publié par les psychologues freudiens où il cite le cas d’une psychothérapeute qui déclare être directement inspirée par la Vierge Marie, ce qui fait fort peu scientifique. La belle affaire !

On connait tout aussi bien des psychologues diplômés de l’université, des médecins titulaires d’un doctorat très officiel, des psychanalystes membres d’une société se reconnaissant comme parfaitement orthodoxe et sérieuse, à qui il arrive de délirer, qui sont d’habiles pervers manipulant leurs clients, ou qui sont à la fois sincères, naïfs et incompétents, ou encore qui perçoivent le monde à travers un système religieux ou philosophique parfaitement honorable mais qu’ils mêlent à tort au champ de la psychothérapie. Quoi qu’il en soit, on n’attaque pas l’ensemble du corps médical au motif que le gourou du Temple solaire était médecin.

La seule façon de lutter contre le charlatanisme des autres est de l’être de moins en moins soi-même, en développant la philosophie éthique et en se perfectionnant sans cesse. Là encore, on trouve un signifiant de la loi qui nous invite à continuer notre propre évolution et développer nos compétences. À cet égard, les cinq critères du SNPPsy et son code de déontologie peuvent servir de modèle pour tirer la profession de psychothérapeute relationnel vers plus de qualité, vers l’excellence comme on dit de nos jours. Le fait de se soumettre à des critères autres que l’inflation de son propre moi ou le paravent de son diplôme pour s’autoriser l’usage du titre générique de psychothérapeute ne peut que contribuer à la diminution du nombre de charlatans et, s’il doit y avoir une loi, c’est plutôt dans ce sens qu’elle serait utile.

En écoutant ces signifiants qui viennent nous interpeller, notre réponse personnelle, notre évolution et notre engagement contribueront à coup sûr à l’évolution de la loi, au moins autant que les démarches politiques qu’entreprennent nos institutions.

Débat sur Œdipe

Le SNPPsy vient de signer la pétition Sauver la clinique http://www.sauvons-la-clinique.org/, par un mouvement de solidarité avec la psychanalyse, où qu’elle se trouve, en l’occurence revêtue de l’enseigne psychologie clinique.

Nous vous soumettons les échos d’un débat qui s’ouvre entre psychanalystes à propos de cette pétition, car il vaut toujours mieux être informé de ce qui se passe.

Il est constant que la psychanalyse ne se transmet pas à l’université. Il est incertain que le temps des catacombes soit de retour. Le débat ne laisse pas d’être intéressant. Est-il bien engagé ? Nous reviendrons sur cette question.

Philippe Grauer


« Dans ce contexte, le Manifeste pour les pratiques et formations cliniques établit un constat de liquidation en cours de la clinique dans les institutions de soins et de formations auquel nous souscrivons. Cependant, il s’agit d’un texte rédigé dans une perspective universitaro-centriste, qui pense essentiellement la formation des cliniciens dans le cadre de l’université, sans
mentionner celle des Ecoles de psychanalyse, et encore moins celle des psychothérapeutes. De tels silences portent en germe des conceptions qui pourraient s’avérer fort divergentes de celles du MUPP quant à la formation des psychanalystes.

Le MUPP tient ferme sur le fait que la formation des psychanalystes s’effectue en-dehors de l’Université, non pas en raison d’un accident de l’histoire, auquel il pourrait être remédié, mais pour des raisons qui tiennent à la psychanalyse elle-même. Le savoir spécifique du psychanalyste n’est pas une connaissance intellectuelle, qui puisse s’acquérir par l’étude, mais un savoir issu d’une expérience de mutation subjective, qui ne peut advenir que de l’expérience d’une cure.

Difficile dans ces conditions d’associer le MUPP aux bonnes intentions du Manifeste pour les pratiques et les formations cliniques »

JC Maleval


L’enjeu n’est pas de représentativité — SIEURRPP, MUPP, AFFORTEC —
Il se peut que la psychanalyse doive revenir aux catacombes, que les jeux soient faits. Pourtant, la transmission d’une clinique dont nous avons hérité nous incombe.

J’ai écrit ce matin un mail :

«Un manifeste circule sur internet qui demande des signatures pour qu’un enseignement sur la psychanalyse continue de se transmettre à l’université.

C’est un enjeu important à mes yeux: une véritable guerre est faite aujourd’hui qui vise à ridiculiser la pratique instaurée par Freud; elle n’est plus accusée de charlatanisme, elle est rendue dérisoire, ridicule, par des professeurs dont l’ascendant est bien connu sur des élèves qui dépendent de leur reconnaissance.

Je fais confiance à notre pratique, parce que je sais que c’est la seule qui creuse un vide pour la vérité au delà des représentations que les diverses suggestions permettent de construire. Pourtant, c’est une question posée aux citoyens et qui concerne la barbarie: peut-on aujourd’hui effacer une histoire, une théorie et une pratique qui fondent un rapport singulier à la clinique de la souffrance humaine?

C’est au nom de ce principe que je vous demande de signer la pétition, au delà de tout corporatisme, au titre de citoyens.» Les psychanalystes ne se forment pas à l’Université, pas plus qu’ils ne se forment dans les Écoles de psychanalyse.

La formation du psychanalyste opère dans l’analyse personnelle et dans l’analyse de contrôle, elle opère aussi dans le témoignage qu’un psychanalyste peut faire de son passage à l’analyste devant ses pairs et dans la perspective de constituer une «communauté d’expérience». C”est cette communauté d’expérience qui justifie, à mon sens l’existence d’écoles qui lui donnent une chance de consister. C’est rare et les témoignages manquent.

Mais la clinique ne se résume pas à la psychanalyse, et les institutions sont nombreuses et la souffrance d’avoir une âme se structure sur un mode psychotique au autistique, ou avec des décompensations névrotiques assez graves pour que le sujet échappe aux bords de la réalité.

Tous les praticiens de ces institutions n’ont pas fait l’expérience d’une psychanalyse alors qu’ils baignent dans l’expérience de l’inconscient dans ce qu’il peut avoir de monstrueusement destructeur. Il convient, à mon sens, qu’une formation, même universitaire, continue de sensibiliser les futurs praticiens à l’insistance de l’inconscient.

C’est pourquoi je persiste et je signe: Sauvons la clinique

Bien cordialement

Ignacio Gárate

La psychothérapie relationnelle : résurgence et urgence

Marcelle MAUGIN, psychothérapeute relationnelle, docteur en psychologie, a créé l’institut de formation à la psychothérapie: IFPAC, à Nantes. Autrice de : Le masochisme dit féminin .
La psychothérapie relationnelle s’enracine dans une longue tradition du souci de soi dont l’esprit et les pratiques se sont développés en occident grâce aux philosophes de la Grèce antique. L’influence de la spiritualité chrétienne et le moment cartésien ont modifié en profondeur nos conceptions du soin psychique. Remodelisée par ces différents courants, la psychothérapie a voulu faire science et tente aujourd’hui d’adapter les comportements , au détriment de ce que les anciens appelaient l’âme .

Au moment ou la pensée psy envahit notre quotidien, il est aussi urgent de revaloriser le “souci de soi” que de protéger la planète. Dans un univers où tout devient marchandise il est impératif de protéger la recherche d’une vie pleine de sens si l’on veut assurer l’avenir desociétés à visage humain. Le maintien d’une conception relationnelle de la pratique psychothérapique est appelé à jouer dans cette direction un rôle essentiel.”
“

Je vous accuse de ne pas respirer à la hauteur où je respire

“
(Montherlant – La reine morte.)
Serge TRIBOLET. Psychiatre des hôpitaux, responsable d’une unité d’hospitalisation à Paris, DEA de psychanalyse. Doctorant en philosophie. Il poursuit un travail de recherche sur la psychose. Auteur de : L’abus de psy nuit à la santé , 2006, Éd. du Cherche midi, et de plusieurs autres ouvrages.

La folie porte en elle un savoir sur l’humanité. Elle ne peut être réduite à la catégorie des maladies mentales. Les concepts pour penser la folie sont à chercher dans les domaines de la métaphysique et de la théologie. La surdité contemporaine à l’égard de la folie trouve son origine dans l’utilisation abusive de la psychologie aussi bien dans les disciplines thérapeutiques que dans le mode de vie actuelle. Dans cet abus de psy. nous voyons un danger pour l’homme même.

L’impertinence de la Gestalt-thérapie

ou de la pertinence et des limites de la psychothérapie
Jacques Blaize, Gestalt-thérapeute à Nantes, formateur et ex-directeur de l’Institut Nantais de Gestalt-thérapie, agrégé de philosophie, auteur de Ne plus savoir , l’Exprimerie, Bordeaux, 2001.

L’affirmation, au vu de certaines “pathologies”, de la non pertinence absolue d’une psychothérapie n’est possible que sur fond d’un savoir sur l’autre, d’une pensée binaire dans laquelle seuls le oui et le non ont droit de cité. Dans l’épistémologie gestaltiste le oui et le non sont toujours seconds, ils ne peuvent se construire que sur fond d’un “ je ne sais pas ” assumé

Liens précoces – liens actuels – lien thérapeutique

Pierre VAN DAMME, psychologue-psychothérapeute, co-fondateur de CHAMP-G (Institut de Gestalt du Nord). Docteur en psychologie clinique, membre titulaire de la Société française de gestalt .

Comment aider le client à repérer, dans ses relations actuelles, les impasses de contact issues des perturbations précoces du lien ? Comment aider le client dans la relation thérapeutique à les dénouer ?

Je tenterai de définir le lien et la rupture de lien dans ses différentes acceptions. M’inspirant des travaux de Gilles DELISLE et m’appuyant sur mon expérience clinique auprès d’adolescents et adultes et formative auprès d’étudiants en psychothérapie, j’évoquerai les 3 niveaux de la relation thérapeutique et ses enjeux : la reproduction et la relation transférentielle, la reconnaissance et la relation herméneutique, la réparation ou restauration et la relation réelle. J’illustrerai cette démarche par quelques vignettes thérapeutiques d’un patient borderline.

Prenez garde aux insomnies masturbatoires ! la taxinomie pharmacologique jugule l’angoisse.

Excitant tout cela, désolant surtout. N’oubliez pas, confrères cibles de classifications dignes des médecins de Molière, que vos confrères médecins (donc sûrs, nous sommes au Quotidien du médecin ) psychanalystes pourront vous sortir de l’ornière pharmaco-illogique. Pour les psychothérapeutes relationnels, on attendra le troisième tiers du XXI ème siècle pour les désigner à l’attention de votre angoisse clinique. Nous en profitons au passage pour combler cette petite lacune.

En attendant, lisez cet avertissement adressé aux médecins, s’efforçant de les prémunir contre la lame de fond neuro pharmaco comportementaliste outre-atlantiste qui arrive, avec ses études dans le style épidémiologiste, pour assaisonner l’insomnie teintée d’hypomanie sexuelle selon les remèdes que les visiteurs médicaux ne manqueront pas de suggérer dans les meilleurs délais.

Philippe Grauer
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Peut-être parce qu’ils préfèrent lire la naissance de la médecine à partir de la technologie et de la thérapeutique au détriment de l’examen clinique né avec Hippocrate ; peut-être aussi parce qu’ils méconnaissent la psychanalyse qui serait de l’autre côté du fossé de par la maladresse de quelques psychanalystes ; toujours est-il que la médecine française est de plus en plus sensible aux chants des sirènes d’outre Atlantique.

Dans l’obscurité de la clinique, face au symptôme, face à la plainte, face à la demande exigeante, les médecins français s’accrochent toujours davantavge aux classifications ; probablement est-ce pour répondre à une exigence légitime de rigueur, mais également, semble-t-il, pour se sortir de l’embarras et de l’angoisse provoqués chez eux par la souffrance du patient.

La plus récente classification est celle des troubles du sommeil qui peuvent être perturbants « pour le patient et pour le couple. » (Le Quotidien du Médecin, n° 8172). “Par une revue de la littérature [Laquelle ? Demandé-je], les médecins américains ont pu, pour la première fois, classer, en quatre groupes, les troubles du sommeil associant des comportements ou des sensations à caractère sexuel.”

Dans le premier groupe nous trouvons “ la masturbation, caresse de l’autre “, entre autres ; dans le deuxième groupe, “ orgasmes soudains, agressivité sexuelle “, entre autres ; dans le troisième groupe, l’” insomnie chronique sévère pouvant s’accompagner d’une libido exacerbée “, entre autres ; enfin, la quatrième catégorie, qui est constituée de cas particuliers car au “ cours des troubles nocturnes psychotiques peuvent survenir, après les réveils, des illusions et des hallucinations d’ordre sexuel “, entre autres.

Cet envahissement régulier de la pratique médicale et scientifique anglo-saxonne et surtout nord-américaine, basée sur les preuves mais aussi le lobbying et la suggestion, n’appauvrit-il pas la médecine, celle basée sur la preuve du transfert, de la relation avec le patient ? Le RPH dénonce dans un esprit scientifique et de courtoisie, depuis des années, l’avancée de cette idéologie technologique, de l’idéalisation génétique et de la propagande pharmacologique au détriment de la clinique de la parole et du désir inconscient.

Soyez attentifs, collègues médecins, vous introduisez ainsi au cœur de votre clinique de fallacieux compagnons de route. L’intérêt d’un laboratoire n’est pas d’abord de soigner, mais bien d’abord de vendre. Votre intérêt, votre désir, soutenus par une formation hospitalière et une clinique quotidienne, est, nul doute là-dessus, de soigner d’abord. Face au trouble du sommeil ou à n’importe quel trouble du corps, pour quelle raison ne pas faire appel à votre correspondant psychanalyste ? Pour quelle raison ne pas partager avec lui la charge de recevoir la souffrance symptomatique de votre patient ? C’est par la parole que le patient entre en traitement chez le médecin, c’est par la parole qu’il en sort, chez le psychanalyste.

Lucien Bonnafé à l’honneur à la librairie Paidos

La psychothérapie institutionnelle manifeste décidément sa vitalité ces derniers temps. Profitez-en pour y rencontrer du bon monde, venez vivre un moment de convivialité institutionnelle à l’enseigne des

CÉMÉA, l’élan formation

Provence Alpes Côte d’Azur
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Les CEMEA PACA ont le plaisir de vous inviter

Le jeudi 14 juin 2007 à 19h

À la Librairie PAÏDOS
54 Cours Julien

13006 Marseille, 04 91 48 31 00

Soirée Bonnafé

présentation discussion autour du CDRom réalisé par les CEMEA sur
Lucien BONNAFÉ

Discussion animée par Annie France LE PAPE, chargée de mission nationale Santé Mentale aux CEMEA et Yves GIGOU, militant des CEMEA, cadre infirmier auprès de Lucien BONNAFÉ pendant de nombreuses années.

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Lucien BONNAFÉ (1912 – 2003)

45000 malades mentaux sont morts de faim dans les asiles psychiatriques pendant la deuxième guerre mondiale (1“). Lucien Bonnafé n’aura de cesse, toute sa vie, que d’en finir avec la vie asilaire et ses “dérives”.

Médecin psychiatre, psychanalyste, il dirige l’hôpital de Saint Alban de 1939 à 1944 ; à ses cotés, François Tosquelles.

● Avec Jean Oury, il formera le Groupe du Gévaudan , où s’inventeront les éléments de la psychothérapie institutionnelle .

● 1945, il impulse son mouvement désaliéniste.

● 1954, G. Daumezon et G. Le Guillant fondent la revue des CEMEA Vie sociale et traitements (VST) destinée à accompagner la formation des infirmiers des hôpitaux psychiatriques et à soutenir le débat désaliéniste.

● 1959, le Groupe de Sèvres (Bonnafé, Daumezon, Diatkine, Oury, et quelques autres…) invente le concept de secteur .

● 1990, il dénonce inlassablement l’idéologie eugéniste, et en 1996, publie L’homme cet inconnu avec P. Tort.

● 2002, un recueil de ses textes paraît chez Erès, sous le titre La psychanalyse de la connaissance .
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Les CEMEA

— Centres d’entraînement aux Méthodes d’éducation active, association née en 1937, reconnue d’utilité publique, organisme de formation, est un mouvement d’Éducation populaire engagé dans le combat pour la laïcité et contre toutes les formes d’exclusions.
L’idée de stages de formation pour les infirmiers psychiatriques naît de la rencontre, en 1946, du docteur Daumezon, alors secrétaire général du syndicat des médecins des hôpitaux psychiatriques, et de Germaine le Hénaff-Le Guillant, militante aux Ceméa, et la même année, première rédactrice en chef de la revue Vers l’éducation nouvelle . Très vite, un groupe constitué d’instructeurs des Centres d’entraînement, de médecins et d’infirmiers psychiatriques s’implique dans les activités de formation pour les équipes soignantes.
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  • 1 Attention, il ne s’agit pas d’un plan d’extermination, mais du désastre de la privation “ordinaire” de l’époque, Note du Cifp