Sauver la clinique : pétition

SAUVONS LA CLINIQUE

MANIFESTE POUR LES PRATIQUES ET LES FORMATIONS CLINIQUES

Après la disparition de la psychopathologie et de la psychanalyse de la formation des psychiatres, au profit de modélisations neurobiologiques et comportementalistes, c’est celle des psychologues cliniciens qui est aujourd’hui clairement visée par les instances d’habilitation de leur formation. Depuis plusieurs années, les universitaires qui ont en charge cette formation voient s’étendre dans l’appareil de l’État la volonté de domination des partisans de l’éviction de la psychanalyse et de la psychopathologie, à tous les niveaux des organisations qualifiantes de l’enseignement et de la recherche. La nouvelle configuration qui a émergé récemment ne laisse plus de doute sur cette volonté qui ne s’embarrasse plus de faux-semblants. C’est la dernière étape d’une course contre la montre dont le terme, à brève échéance, devient prévisible.

En même temps, dans les institutions de soin, nous constatons que la présence de la psychanalyse est l’enjeu d’une lutte dans laquelle les simulacres gestionnaires, l’ingénierie de l’évaluation, la médicamentation systématisée et exclusive, les dispositifs d’isolement des symptômes et de leur traitement expéditif, font une chasse réglée à la clinique de la subjectivité. Ici et là, nous assistons régulièrement à des écroulements locaux qui résultent soit de stratégies de harcèlement et d’épuisement des équipes, soit de neutralisations foudroyantes par ingestion ou dispersion. La psychanalyse n’a pas à faire seulement à des détracteurs, mais à une convergence de processus de démolition. Ce n’est plus le temps des signes assassins, mais des actes et des machines qui avancent à tombeaux ouverts.

Devant cette situation, les praticiens dans les institutions de soin psychique, et les universitaires qui forment les générations futures et maintiennent la présence exigeante de la psychanalyse dans les institutions de la recherche publique doivent faire converger leurs résistances et passer à l’invention offensive. Ils ne peuvent plus se contenter de boucher au coup par coup et dans l’isolement, les forages et les excavations de leurs sols. Il n y a plus de crise, mais des circuits intégrés de situations limites. La férocité industrielle des appareils a des noms : dépistage précoce, troubles de conduites, héritabilité génétique, facteurs de risque, facteurs prédictifs, isolation des symptômes, co-morbidité, dressage de comportement, indice d’impulsivité, rééducation psychothérapique, thymorégulateur, expertise, évaluation, sécurité psychique, etc. Le maillage des populations vulnérables réduites à l’usage de leur malheur s’étend chaque jour davantage. La standardisation des ratages de la condition humaine en une nomenclature des handicaps habite désormais des maisons sanitaires. Le dénuement social est promis à l’épuration policière ou masqué par des kits de pathologie des comportements. Les logomachies s’ingénient à voiler la massification de l’humain et la marchandisation du vivant. Acceptons-nous de déambuler parmi “les décombres du futur” ?

À un certain moment, face à ce qui arrive, le refus qui se cantonne dans l’expression critique est vain. La seule dénonciation des ennemis est dérisoire. Les lamentations nostalgiques prônant la restauration du monde d’hier est pitoyable. Le scoop du malaise dans la culture est largement usé. Nous avons tous conscience que nous sommes dans un mouvement extrême du temps, de ce qu’on appelle un changement de temps. Cela signifie qu’il ne s’agit pas d’aberrations ou de dérives à corriger, mais de la subordination de la souffrance et du bien-être psychique à de nouvelles représentations et de nouveaux dispositifs de gouvernance dans lesquelles la psychanalyse ne sera que résiduelle ou nébuleuse. La porosité de la sphère politique à ces représentations, l’influence qu’elle subit du fait de groupes interconnectés d’une voracité utilitaire naïve, indiquent assez que la solution ne viendra pas des gouvernants qui ont contribué à cette évolution.

Il faut donc un rassemblement à la mesure de la gravité de la situation, afin de répondre à ce défi du passage d’un temps à un autre. Le refus rigoureux et déterminé, celui qui rend solidaire, passe par le partage d’analyses qui explorent les dérèglements et les combinaisons émergents, par la mise en commun d’actions et d’expériences vers de nouvelles pensées de résistance, par la création d’un collectif permettant de faire obstacle à la politique de la liquidation de la clinique dans les institutions de soin et de formation.

En tant que praticiens, formateurs, chercheurs et universitaires, nous appelons dans un premier temps nos collègues à joindre leurs signatures à ce Manifeste pour une convergence des résistances.

Nous proposons d’amorcer la préparation d’États généraux de la clinique, à travers une première réunion qui aura lieu à Paris, le samedi 30 juin 2007, et qui sera accueillie par le Séminaire inter-universitaire européen d’enseignement et de recherche en psychopathologie et psychanalyse — SIUEERPP.
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Texte à signer individuellement et collectivement sur le site :

http://www.sauvons-la-clinique.org/

Vive la psychothérapie institutionnelle !

Joseph Mornet, Psychothérapie institutionnelle, Histoire et actualité

analyse par Pierre Delion

Dans son ouvrage Joseph Mornet propose trois grandes parties :

– Une première dans laquelle il décrit la naissance et le développement de la Psychothérapie institutionnelle et reprend le concept fondamental d’ aliénation sociale selon plusieurs perspectives notamment avec Marx et Sartre. Il montre comment la réalisation de “club thérapeutique” peut en résulter selon une dialectique subtile et opératoire.

– Dans la deuxième partie, il développe l’idée de l’ aliénation mentale en reprenant son parcours dans l’histoire de la folie, puis la “nouvelle administration de la folie” résultant des organisations plus récentes en matière de psychiatrie.

– Dans la troisième partie, il développe autour des grandes questions de transfert, psychose et institution , la pertinence des outils et des opérateurs conceptuels de la Psychothérapie institutionnelle. Il précise en quoi des concepts fondamentaux, tels que celui de liberté, d’humour et de risques du soin peuvent ou non modifier profondément les conditions d’exercice de nos métiers de psychistes (Tosquellas). Enfin il accorde une place importante à ce qu’il définit comme “soigner les soignants”.

Dans ce livre, les différents concepts de la psychothérapie institutionnelle sont revisités d’une façon précise et la longue expérience de l’auteur donne à l’ouvrage une authenticité qui en garantit la pertinence. Les principaux théoriciens de ce mouvement sont relus avec acuité et il est intéressant de voir comment les concepts cliniques et psychologiques sont déclinés en tenant compte des aspects institutionnels et inversement.

Tout cela fait de ce livre, non seulement une très bonne introduction à cette histoire de la Psychothérapie institutionnelle, mais aussi un manuel à la disposition des praticiens aguerris ou en formation pour approcher au plus près d’une méthode thérapeutique porteuse d’outils féconds pour demain.

Pierre Delion

Mis en ligne le 16 mai 2007

Qu’est-ce qu’un fait clinique ?

Le Collège de psychiatrie & Espace analytique en association avec
le Journal français de psychiatrie

QU’EST-CE QU’UN FAIT CLINIQUE ?

Colloque 12-13 mai 2007

Si historiquement, la systématisation d’un certain nombre de phénomènes irréductibles a permis, de façon progressive et tâtonnante, la constitution d’un savoir clinique, celui-ci n’a jamais été immuable : pour preuve, la découverte freudienne qui est venue enrichir dans son contenu comme dans sa lettre une taxinomie, longtemps ordonnée par des préoccupations de pacification sociale.

Jusqu’à une date récente, la clinique consistait à isoler et spécifier toutes manifestations liées à ce que nous pouvons nommer comme la traduction de diverses « malfaçons » de notre organisation subjective. Elle procédait alors d’une cohérence psychopathologique interne.

La question du fait clinique venait s’insérer et se référer naturellement à ce corpus qui en délimitait les contours. Or il semble qu’aujourd’hui cette question du fait clinique soit redevenue problématique.

Certes, le discours de la science voire l’arraisonnement du champ clinique par la technique a démantelé cet édifice en le réduisant à un catalogue normatif de troubles et de signes purement statistiques.

L’objectivation scientifique a également favorisé la prolifération des réglementations, conduites protocolaires, rêves prédictifs. Les derniers rapports de l’INSERM ne nous démentiront pas de voir l‚évolution actuelle vers une clinique prédictive cependant que la fonction thérapeutique s’infléchit vers une visée strictement rééducative et adaptative.

Quelles sont les conditions de ces changements ? Quels sont les ressorts de cette évolution ? En quoi la rétraction du politique à des fonctions sécuritaires et assurantielles y joue-t-elle un rôle ? Quel rapport reste-t-il aujourd’hui entre un arsenal chimique approximatif qui créé ses propres références et la réalité du fait clinique ?

Que l’hystérie ait disparu des grandes classifications internationales nous inciterait aussi à réfléchir sur un phénomène récent : qu‚est-ce qui, aujourd’hui, peut être qualifié de fait clinique et s‚inscrire dans le registre de la pathologie ? Le cadre du normal et du pathologique ne se brouille-t-il pas nous confrontant à répondre à des questions inédites qui nous invitent à redéfinir le champ de la clinique ? Peut-on évoquer l’apparition de nouvelles pathologies ?

C’est dans ce contexte que se pose à nouveau pour nous cette question du fait clinique et des conditions requises à sa transmissibilité.

Responsables des journées
Yannick CANN – Jean-Louis CHASSAING – Christian HOFFMANN – Thierry JEAN – Pierre LANDMANN – Didier LAURU

Inscriptions aux journées : 80 • – Étudiants : 40 •

Inscriptions sur place

Ou par courrier – Chèque à l’ordre du « Collège de Psychiatrie » et à adresser à Yannick CANN
5 rue Benjamin Delessert
29200 BREST

Le fait clinique

Jean GARRABE, Président du Collège de Psychiatrie.

« La théorie c’est bon, mais ça n’empêche pas d’exister » (Charcot cité par Freud).

Cette répartie de Charcot faite au lit (klinikos) même d’un malade montre que la clinique relève de l’art (technè) médical et non de la science. En datant la « naissance de la clinique » du temps où la médecine physiologiste de Broussais paraissait sur le point de triompher définitivement de « la médecine clinique » de Philippe Pinel, Michel Foucault a montré que cette clinique qui se voulait scientifique détachait la maladie du sujet malade.

La méthode anatomo clinique, en ne percevant la réalité du fait pathologique que dans le cadavre, n’est pas utilisable par la médecine de l’esprit qui appréhende la réalité de la maladie mentale par d‚autres moyens

La clinique repose sur l’observation, au plus près de l’être souffrant de faits recueillis par l’écoute de son discours et par l’examen de son corps physique et psychique, faits auquel le médecin va donner la valeur de signes.

Omne symptoma signum est, sed omne signum non est symptoma.

L’opération par laquelle un symptôme qui ne frappait que les sens consiste dans la recherche du rapport qui unit le symptôme signifiant avec le phénomène signifié a dit A.J. Landré Beauvais dans sa « Séméiotique ou Traité des signes de maladies ». G. Lantéri Laura s’interrogeait sur l’existence d’une séméiologie spécifiquement psychiatrique et sur la manière dont elle s’est constituée. La démarche clinique permet à partir de l’analyse des signes observés chez un malade de formuler des hypothèses diagnostiques, de prévoir un pronostic et de discuter de la thérapeutique indiquée chez un individu donné. Elle ne se fonde pas comme le fait l’interprétation des données biologiques et des autres examens para cliniques par comparaison sur des données statistiques normatives. La substitution à cette démarche, en particulier pour l’utilisation thérapeutique des psychotropes offerts sur le marché, de procédures ayant recours à des algorithmes informatisés et qui peuvent à la limite être utilisés en dehors des particularités de la relation établie avec le malade souvent préconisées par des autorités ne correspond pas à la réalité du fait clinique et aboutit à des prescriptions uniquement symptomatiques.
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Organisation des Journées

Samedi matin

9 h 30 Modérateur et introduction : Michel PATRIS

Ce qui se dit dépend de qui écoute

Thierry JEAN

Juger l’autre, juger un semblable

Denis SALAS, Magistrat.

Clinique, où es-tu ?

Patrick LANDMANN

Capitalisme et pulsion de mort

Bernard MARIS, Agrégé et Docteur en Économie

Samedi après-midi

14 h 30 Modérateur : Jacqueline LEGAUT

Éloge de la singularité

Didier LAURU

Sémiologie et psychanalyse

Sandrine CALMETTE-JEAN

Dits et non-dits de la réinvention psychiatrique

Philippe PIGNARRE, Éditeur des « empêcheurs de penser en rond ».

16 h 30 Pause

17 h 00 Modérateur : Yannick CANN

Le fait inaccompli : le savoir clinique à l’épreuve du sujet

Paul-Laurent ASSOUN

Clinique du fantasme ou clinique sans fantasme

Jean-Jacques TYSZLER

Dimanche matin

9 h 30 Modérateur : Jean GARRABE

La structure comme agencement scientifique de la clinique

Jean-Louis CHASSAING

De la psychose pellagreuse à la psychose unique : un modèle pour une analyse structurelle des troubles psychologiques. L’apport de Bartholomé Llopis (1905-1966)

Rafaël HUERTAS, Revues Frenia (E) et History of Psychiatry (GB)

Les conditions d’objectivité d’un fait subjectif

Gérard POMMIER

La clinique à l’épreuve de la démocratie sanitaire

Yves FROGER, Secrétaire général SNPP-AFPEP

Dimanche après midi

14 h 30 Modérateur : Marie PESENTI-IRRMANN

Le paradigme adolescent dans la clinique et la recherche

Christian HOFFMANN

Le philosophe, ses personnages, ses scènes

Hubert VINCENT, Philosophe.

Du côté de l’enfant : une clinique handicapée

Marika BERGÈS-BOUNES

16 h 30 Pause

17 h 00 Modérateur : Claude-Noëlle PICKMANN

Conclusions : Alain VANIER

Marcel CZERMAK

Titre générique de psychothérapeute

C’est officiel : le Conseil d’État ajourne sine die l’examen du décret d’application de l’article 52.

Journée d’étude AFFOP & SNPPsy

A Paris, le samedi 2 Juin 2007, de 9h à 18h,

au siège de l’Affop, 6 rue Beauregard, 75002.

Métro Sentier ou Bonne Nouvelle

La psychothérapie au sens générique du terme ne constitue pas une entité cohérente. Dans le cadre du projet de légalisation du titre de psychothérapeute elle était revendiquée à la fois par quatre disciplines : psychiatrie, psychologie, psychanalyse et nous mêmes qui avions créé, organisé et autorégulé la profession de psychothérapeute depuis de longues années.

Afin de nous distinguer des psychothérapies prescriptives et à protocoles nous avons été conduits à nous désigner désormais comme psychothérapeutes relationnels, c’est-à-dire comme des praticiens soutenant une conception de la psychothérapie en termes de sujet et de relation plutôt qu’en termes de méthodes.

En reconnaissant à la relation psychothérapeute-patient le rôle de levier du processus psychothérapique, nous affirmons nos similitudes avec la psychanalyse sans renier nos différences ni nos originalités.

Ce sujet vous concerne, venez en débattre avec nous et avec nos intervenants.

La psychothérapie relationnelle — journée d’étude SNPPsy AFFOP

Prochaine Journée d’Étude SNPPsy-AFFOP

samedi 2 Juin 2007

de 9h à 18h au siège de l’Affop

6 rue Beauregard, 75002 Paris.

Métro Sentier ou Bonne Nouvelle

TARIF
50€ jusqu’au 20//05/07
60€ au-delà du 20/05/07 et sur place à l’entrée.
20€ pour les ÉTUDIANTS payable sur place.

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Journée d’Étude faisant suite au trois précédentes, sur un thème identitaire fort. La psychothérapie relationnelle a gagné en autorité morale, politique et scientifique ces dernières années, au coude à coude avec les professions voisines, les coudes étant parfois liés parfois en train de jouer anguleusement. Quoi qu’il en soit, la question de la dynamique de la subjectivité dans le cadre d’une action psychothérapique axée sur le ressort relationnel revient centralement dans la définition de la tâche et du champ de référence théorique et méthodologique des hôtes du quatrième côté du Carré psy.
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PSYCHOTHÉRAPEUTE RELATIONNEL

Émergence d’une identité

La psychothérapie au sens générique du terme ne constitue pas une entité cohérente. Dans le cadre du projet de légalisation du titre de psychothérapeute elle était revendiquée à la fois par quatre disciplines : psychiatrie, psychologie, psychanalyse et nous mêmes qui avions créé, organisé et autorégulé la profession de psychothérapeute (relationnel) depuis de longues années.

Nous distinguant des psychothérapies prescriptives et à protocoles nous avons été conduits à nous désigner désormais comme psychothérapeutes relationnels, c’est-à-dire comme des praticiens soutenant une conception de la psychothérapie en termes de sujet ou de personne, et de relation plutôt qu’en termes de méthodes.

En reconnaissant à la relation psychothérapeute-patient le rôle de levier du processus psychothérapique, nous affirmons nos similitudes avec la psychanalyse sans renier nos différences ni nos originalités.

Ce sujet vous concerne, venez en débattre avec nous, les étudiant d’autres écoles agréées Affop et SNPPsy, et nos intervenants.

08:45 — Accueil des participants

09:15 — Jean-Michel FOURCADE, président de l’Affop, psychothérapeute relationnel, Docteur en psychologie, enseignant à Paris 8 , directeur de la NFL.

Ouverture et présentation de la journée

09:45 — Philippe GRAUER, président du SNPPsy, psychothérapeute relationnel, psychanalyste, directeur du Cifp.

Le quatrième côté du Carré psy enfin construit, émergence institutionnelle, naissance du quatrième paradigme.

10:30 — Pause

Marcelle MAUGIN, psychothérapeute relationnelle, docteur en psychologie, créatrice de l’institut de formation à la psychothérapie: IFPAC, à Nantes.
autrice de : Le masochisme dit féminin .

La psychothérapie relationnelle: résurgence et urgence.

Serge TRIBOLET. Psychiatre des hôpitaux, responsable d’une unité d’hospitalisation à Paris, DEA de psychanalyse. Doctorant en philosophie. Il poursuit un travail de recherche sur la psychose. Auteur de : L’abus de psy nuit à la santé –2006- Éd du Cherche-midi. et de plusieurs autres ouvrages.

Je vous accuse de ne pas respirer à la hauteur où je respire
(Montherlant – La reine morte.)

13:00 — Déjeuner

15:00 — Communications & débats

Jacques BLAIZE, Gestalt-thérapeute à Nantes, formateur et ex-directeur de l’Institut nantais de Gestalt-thérapie, agrégé de philosophie, auteur de Ne plus savoir , l’Exprimerie, Bordeaux, 2001.

De l’impertinence de la psychothérapie relationnelle en Gestalt-thérapie

Pierre VAN DAMME, psychologue-psychothérapeute, co-fondateur de CHAMP-G (Institut de Gestalt du Nord). Docteur en psychologie clinique, membre titulaire de Société française de Gestalt.

Liens précoces – liens actuels – lien thérapeutique

16:30 — Pause

17 – 18:00 — Débat général et conclusion.

Littérature, psychothérapie relationnelle & psychanalyse, même combat

Il y eut La princesse de Clèves , ce chef d’œuvre du classicisme littéraire français, notre premier roman en français moderne (avant, il y eut Tristan et Yseult , mais qu’en aurait pu dire notre bouillant moderniste gestionnaire de la culture ?) traitant directement du rapport à la passion, qui subit la vindicte utilitariste de Nicolas Sarkozi. Quand il entend parler de culture il sort sa calculette. Autres temps autres mœurs. ce mode de calcul peut nous coûter très cher. Cela attaque précisément l’identité française. Récidive entre les deux tours, les études littéraires considérées comme une inutilité, devraient s’entreprendre aux frais des étudiants, passé le quota.

La psychothérapie relationnelle, tout comme la psychanalyse, est trop proche de la littérature pour ne pas marquer sa solidarité en la circonstance. En tout cas, au Cifp nous entendons continuer de vous prévenir. Il vaut mieux avoir tout bien pesé et considéré en connaissance de cause avant qu’après.

Philippe Grauer

Communiqué de la Maison des écrivains

Dans le journal gratuit 20 minutes du 16 avril, figure une interview de Nicolas Sarkozy. Entre autres sujets, il y parle de l’université et prend pour exemple de filière inutile, et qui ne devrait plus être prise en charge par les fonds publics, l’enseignement de la "littérature ancienne" :

«Vous vous fixez comme objectif de ne laisser aucun enfant sortir du système scolaire sans qualifications. Comment comptez-vous parvenir à cet objectif ?
Par exemple dans les universités, chacun choisira sa filière, mais l’État n’est pas obligé de financer les filières qui conduisent au chômage. L’État financera davantage de places dans les filières qui proposent des emplois, que dans des filières où on a 5000 étudiants pour 250 places.

Si je veux faire littérature ancienne, je devrais financer mes études ?

Vous avez le droit de faire littérature ancienne, mais le contribuable n’a pas forcément à payer vos études de littérature ancienne si au bout il y a 1000 étudiants pour deux places. Les universités auront davantage d’argent pour créer des filières dans l’informatique, dans les mathématiques, dans les sciences économiques. Le plaisir de la connaissance est formidable mais l’État doit se préoccuper d’abord de la réussite professionnelle des jeunes.»

Ne prenons pas à la légère ces déclarations du candidat de l’UMP. Pour lui, l’Etat n’a pas à assumer le prix de la culture.

Son jugement sur le " plaisir de la connaissance ", opposé à l’utilité ou à la rentabilité érigées en principe politique, manifeste une ignorance et un mépris dangereux qui menacent le socle de toute société démocratique. Il avertit les artistes et les penseurs, nous écrivains, en particulier, du sort qu’il réserve à la culture, la littérature au premier chef, et à leur transmission par l’Éducation nationale

Tous les chefs d’État, jusqu’ici : Charles De Gaulle, Georges Pompidou, François Mitterrand comme Jacques Chirac ont, chacun à leur manière, exprimé leur attachement à l’héritage intellectuel et artistique qui fonde l’identité française. Ils ont écrit, se sont revendiqués de la poésie, du roman, de l’art.

Dans le contexte déjà alarmant que dénonce notre Appel Filières littéraires, une mort annoncée ? , la gravité de cette déclaration ne peut nous laisser d’illusions. Elle engage la communauté littéraire et éducative à se mobiliser.

26 avril 2007

Manifeste de l’IFGT

Depuis bientôt trente ans, l’ Institut français de Gestalt-thérapie contribue à la création de la profession de psychothérapeute en France et en Europe. En ayant pris et en continuant à prendre de nombreuses initiatives, l’IFGT a participé à l’élaboration d’une certaine conception du psychothérapeute, de sa formation, de son éthique, de sa théorie et de sa pratique, ainsi que de ses organisations professionnelles. Par exemple, l’IFGT s’est engagé dès l’origine dans la création du Syndicat national des praticiens de psychothérapie , de la Société française de Gestalt , de la Fédération française de psychothérapie , du Collège européen de Gestalt-thérapie , de l’AFFOP — Association fédérative française des organismes de psychothérapie , de l’ European Association for Gestalt Therapy , de l’ European Association of Psychotherapy ; mais parfois, les choix éthiques ultérieurs de certains de ces organismes nous ont amenés à choisir d’en partir.

L’État prétend aujourd’hui protéger les usagers en détruisant d’un revers de décret le travail de mise en place opéré par ceux et celles qui pratiquent depuis de nombreuses années. Les milliers d’heures passées à rédiger des rapports et documents pour leur expliquer la formation et l’exercice professionnel du psychothérapeute ont été inutiles : le titre de psychothérapeute est confisqué pour pouvoir être décerné à certains professionnels qui n’en demandaient pas tant (comme les ORL, les chirurgiens ou les psychologues du travail), sans conditions, sans exiger d’eux la moindre formation appropriée. Les seuls qui “autrefois” se disaient psychothérapeutes, après de longues années de travail sur soi, une formation théorique, méthodologique, pratique de 5 ans minimum, une supervision continue, un engagement déontologique, seront les seuls à ne plus y avoir droit et sont priés d’intégrer l’Université — qui pourtant reconnaît son incompétence en la matière — pour se faire formater selon l’éthique d’un savoir dit scientifique, savoir auquel les pouvoirs publics eux-mêmes ne croient pas puisqu’ils en dispensent les médecins, les psychologues et les psychanalystes.

L’Institut français de Gestalt-thérapie refuse. L’IFGT entre en résistance.

Nous refusons de piétiner la formation approfondie du psychothérapeute, nous refusons de remplacer notre éthique humaniste par une éthique de sciences fondées en laboratoire, nous refusons de remplacer notre formation à l’écoute et à la présence à l’autre par un savoir académique, quel qu’il soit, nous refusons que des praticiens de professions voisines s’emparent du titre et de la capacité d’exercice sans la moindre formation à cet égard. Nous refusons d’entrer en conventions et compromissions avec un État qui veut nous faire croire de cette façon qu’il cherche à protéger les usagers alors qu’il ne fait que favoriser l’autoproclamation, la pensée unique devenue pensée d’État et ainsi gratifier quelques lobbies dévoués à sa cause libérale.

L’État confisque le titre de “psychothérapeute”. Sous la contrainte, nous le lui abandonnerons et nous replirons momentanément sur celui de “Gestalt-thérapeute”. Le Gestalt-thérapeute est un professionnel de la psychothérapie et cette appellation n’est pas encore confisquée. Le public aura sans doute besoin de quelques mois pour découvrir par l’expérience que ceux qui auront désormais le titre de psychothérapeute n’en auront la plupart du temps que le titre ; il lui faudra quelque temps pour comprendre que le paysage a changé, qu’il lui faut désormais découvrir sous des noms parfois bizarres, des professionnels formés, compétents, crédibles.

Nous ne nous inscrirons ni n’encouragerons nos étudiants à s’inscrire sur les listes préfectorales, même si nous avons et s’ils ont les titres requis.

Le psychothérapeute ne peut être un officier de santé mentale. Il ne peut faire partie d’un corps d’état sous tutelle de la Santé publique ou de l’Éducation nationale. Il exerce une activité professionnelle dans la marge, là où se trouvent tous ceux qui souffrent précisément des normes et de la pensée unique.

Notre Institut, l’IFGT, va donc sans doute être amené à réduire sensiblement son activité puisque sa conception de l’acte psychothérapeutique n’aura pas l’heur de convenir à ceux qui nous gouvernent “démocratiquement”. Qu’importe ! Nous sommes convaincus que cette marginalité extrême à laquelle nous allons être contraints n’aura qu’un temps, le temps que se révèlent les véritables enjeux, économiques, institutionnels, politiques, policiers d’une législation aberrante.

Nous n’allons pas nous “adapter” à cette nouvelle situation, c’est-à-dire renoncer à ce qui nous caractérise depuis notre création en 1980, et remplacer une formation exigeante par un vernis de connaissances choisies et labellisées par des politiciens.

Nous continuerons à former des praticiens de la psychothérapie de haut niveau, des professionnels reconnaissables à leur éthique, à leurs qualités humaines, à leur pratique enracinée dans des connaissances théoriques et méthodologiques.

Nous continuerons à nous soucier de la souffrance de l’homme, à refuser de l’aborder comme une maladie ou une déviance, sans méconnaître ce qui relève du soin, sans cesser la collaboration avec les médecins, psychologues, psychanalystes et autres professions voisines. Nous continuerons à développer nos recherches théoriques et méthodologiques pour que notre accompagnement soit toujours plus sensible. À la psychologie et à la psychopathologie requises comme panacées, nous continuerons d’associer la philosophie, l’esthétique, la sociologie, les sciences de l’éducation et bien d’autres disciplines encore, parce que nous savons que la psychothérapie est au carrefour de ces approches et ne peut s’inféoder à aucune d’entre elles.

Les psychothérapeutes-formateurs de l’IFGT :

Jean-Marie ROBINE,
Brigitte LAPEYRONNIE-ROBINE
Christiane GARRIVET-MARTIN
Anne CHRETIEN
Jean-Pierre GARRIVET
Anne-Marie CHAPPUIS
Ximo TARREGA
Elvira DUEÑAS
Pierre-Yves GORIAUX
Anne SAUZEDE-LAGARDE
Dominique MICHEL
Françoise DERO
Eliane de ROSEN

Programmation génétique (suite)

Communiqué du 17 avril 2007

Par le Collectif de Lorraine

Il se trouve aujourd’hui des hommes politiques prétendant à la plus haute charge de l’État pour affirmer que le suicide chez les jeunes serait programmé génétiquement, ainsi que la « pédophilie ».

L’état actuel des recherches désavoue cette conception du XIXème siècle qui associe un gène à un caractère ou à une zone cérébrale. Un gène n’agit jamais seul, il fait toujours partie d’un réseau complexe d’interactions et on ne peut jamais prédire d’un gène un comportement social.

C’est avec de telles conceptions idéologiques réductrices qu’est oubliée l’importance de l’environnement, des événements et de l’histoire particulière des individus. De plus, une telle position rend caduque les influences sociales et culturelles et désavoue l’action de l’éducation, du soin et de la culture.

Si les inégalités sont inscrites dans la nature des gènes, à quoi bon faire des enfants, espérer les élever, leur parler d’égalité, de fraternité et de liberté !

Les professionnels du champ de la santé et de l’éducation s’alarment de l’avancée de cette idéologie totalitaire et ségrégative au travers de la mise en place de lois, de préconisations et de mesures qui modifient dangereusement notre système de santé, la Justice, les méthodes éducatives à l’école, comme à la maison.

AVERTISSEMENT

Pour ne pas dire “Je ne savais pas”…

16 avril 2007

par Annie Lacroix-Riz *

Le livre de Serge PORTELLI “ Ruptures ” vient d’être empêché de publication avant les élections. Cet ouvrage concerne le bilan de Nicolas Sarkozy.

Chers amis,

Face à l’acte de censure qui vient de frapper le magistrat Serge Portelli, [1] il est d’extrême urgence et d’utilité publique de diffuser son ouvrage interdit, décrivant les années de pratiques ministérielles de M. Sarkozy que la population est ainsi empêchée de connaître. Je n’ai pas abusé des messages politiques dans la période récente, ne me sentant représentée par aucun des candidats de la gauche dite “anticapitaliste” ou “antilibérale” (je ne parle pas de Mme Royal, que je ne considère pas comme une femme de gauche).

Mais il est certain qu’on ne saurait prendre la responsabilité

1° de dire qu’on ne savait pas en avril 2007 ce que le candidat favori du grand capital avait fait pour la “sécurité” de ce dernier et l’insécurité du reste de la population et ce qu’il s’apprêtait, dans une conjoncture ressemblant furieusement à celle de la fin des années trente, à faire une fois porté au poste suprême de l’État français ;

2° d’avoir favorisé son accès audit poste.

Merci de diffuser le plus largement possible.

Amicalement à tous,

Annie Lacroix-Riz *

*Annie Lacroix-Riz est une historienne française, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris VII – Denis Diderot.
Ancienne élève de l’École normale supérieure (Sèvres), agrégée d’histoire.