“Santé mentale” ?

Nos confrères psychiatres abordent dans ce numéro 27 du Journal français de psychiatrie, le problématique concept de santé mentale. Maladie et malaisie peuvent aller de pair mais c’est loin d’être obligatoire. Et que se passe-t-il quand on médicalise le malaise ? que se passe-t-il quand le symptôme, au lieu de le traduire, on se met à le traquer ?

On risque de détraquer la machine. La machine à soin . Un mot terriblement bivalent. Médical, il désigne le soin qu’administre le praticien, psychothérapique relationnel ou psychanalytique il fait référence à celui que la personne en démarche (nos confrères psychiatres disent patient, nous aussi, souvent, d’après eux) décide de prendre d’elle-même. De grâce articulons, surtout ne mélangons pas les genres. Tout cela renvoie à notre Carré psy.

Nous aurons l’occasion de reparler de cette livraison. Nous commençons par en recommander la lecture.

Philippe Grauer.

Journées de Nancy : soins institués, soignances profanes

L’ami Joseph Mornet — auteur récemment d’une Psychothérapie institutionnelle, histoire & actualité , au Champ social, cf ici même Vive la psychothérapie institutionnelle, en date du 16 mai — nous fait part de ces Journées de Nancy .

Les psychothérapeutes relationnels se sentent proches d’une psychiatrie en recherche, axée sur une problématique humaniste. Les psychothérapeutes relationnels opèrent le plus souvent en cabinet libéral. Ils ont à cœur de rester ouverts aux travaux de leurs collègues postés à l’hôpital et en secteur. Ils n’y ont que peu de place, pour des raisons de concurrence corporatiste, mais ne laissent pas de s’intéresser aux travaux de collègues avec lesquels ils ont l’habitude de travailler en réseau.

Plus les professionnels des quatre côtés du Carré psy se fréquenteront, mieux cela sera.

Philippe Grauer

[Document : Soiree]

Des signifiants de la loi

Nouvelle réponse à une vieille question. Yves Lefebvre traite de la loi du législateur et de “la loi morale en nous”. On peut réfléchir sur le thème la loi et le thérapeute, mais pour l’instant nous en sommes à signer la pétition Sauvons la clinique http://www.sauvons-la-clinique.org/, avec nos réserves mais avec la détermination et l’intelligence politique d’aider nos amis psychanalystes en difficulté où qu’ils soient. Le combat change d’âme, il s’agit de soutenir partout l’orientation épistémologique et éthique des tenants de la dynamique de la subjectivité, contre la politique d’élimination par tous les moyens mis en œuvre par l’idéologie scientiste à la québecquoise de nos évaluateurs à tout va.

Ainsi nous assurerons au mieux notre fonction d’ anticorps , dans un contexte où elle sera bien occupée. Ainsi nous pourrons œuvrer moralement et politiquement à la première personne du singulier, comme nous y invite Yves Lefebvre, avec ses références personnelles, en maintenant le lien avec nos collègues et les luttes institutionnelles.

Philippe Grauer

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Patrick Duirat nous demandait il y a quelque temps : “Que vient dire dans la vie du monde de la psychothérapie, la remise en question de son nom par la loi ?” Oh que voilà une bonne question, un peu oubliée devant les urgences et nécessités du combat politique ! Chacun en effet peut se la poser et apporter ses propres éléments de réponse qu’il serait bien intéressant de partager.

Remarquons tout d’abord que ce n’est pas une loi normale qui remettait notre titre en question. C’était une loi qui venait détourner et détruire au lieu de protéger. Elle voulait en effet dérober le titre des psychothérapeutes (relationnels) pour le donner à ceux qui ne sont pas psychothérapeutes (médecins généralistes ou psychologues non cliniciens) ou à ceux qui n’en ont pas besoin et ne l’ont pas demandé parce qu’ils disposent déjà d’un titre suffisamment prestigieux incluant le droit de pratiquer la psychothérapie (psychiatres, psychologues cliniciens et psychanalystes).

La loi introduisait donc de la confusion dans le mélange des titres. Tout cela sous prétexte qu’il y a des psychothérapeutes charlatans, voire même des membres de sectes, comme s’il n’y en avait pas dans les autres catégories professionnelles ! Étrange loi qui, en outre, se prive elle-même d’applicabilité parce qu’elle présente une contradiction entre la notion de membres de droit, c’est-à-dire sans conditions, et des conditions cependant exigibles de tous. Nous sommes donc bien dans le contraire de ce pourquoi il y a des lois. Cela s’appelle un système pervers, système qui dénie l’esprit même des lois.

Je rapprochais ce point de vue, dans l’éditorial du n° 127 d’Actua-Psy titré “ De l’envie de détruire “, du concept psychanalytique d’envie tel que le décrit Mélanie Klein, qui consiste à s’emparer des qualités du bon objet pour le détruire tout en le fantasmant mauvais objet. C’est ce que la loi voulait faire aux psychothérapeutes relationnels.

Cela nous invite-t-il à assumer pour notre part et dépasser l’histoire quelque peu incestuelle des Nouvelles thérapies, aux temps créatifs d’Esalen, où la notion de cadre ne s’est mise en place que peu à peu ? Mais aussi à approfondir nos connaissances des systèmes psychiques liés à la perversion ?

Il faut cependant ajouter la dimension collective de la société et son idéologie dominante. Cette volonté de détruire qui vise à terme la psychanalyse, s’inscrit bien sûr dans un contexte mondial qui va vers une gestion de plus en plus fonctionnelle et rentable à court terme au profit d’une vie vouée à la consommation, au service de l’économie de marché. Il faut alors réduire ce qui s’oppose à la marchandisation, donc tout ce qui est quête du sens profond dans la vie de personnes advenant comme sujets libres et autonomes. La religion du Veau d’or a de beaux jours devant elle et cherche à miner tout ce qui va à son encontre. Cet aspect de la loi pourrait nous obliger à un devoir de résistance, nous faisant par ses attaques mêmes “anticorps” d’une pathologie sociale.

Mais nous ne sommes pas seulement pris dans cette évolution mondiale. La loi du législateur nous renvoie à nous-mêmes. Les psychothérapeutes relationnels se sont endormis dans le confort de leurs cabinets, centrés sur la seule relation individuelle, oubliant toute la dimension sociale de leur profession et souvent eux-mêmes très individualistes. Il n’est que voir le peu de cotisants au SNPPsy et dans les autres institutions, le peu de participants aux assemblées, le peu de psychothérapeutes engagés pour la profession ou simplement conscients de la dimension sociétale de leur travail, le peu d’articles et de livres publiés par des psychothérapeutes relationnels. Et la société le leur rend bien, qui les nie à son tour jusqu’à s’emparer de leur nom !

Cependant les plus engagés et conscients de leur rôle social, ont souvent milité pour une reconnaissance professionnelle que donnerait de la loi, plutôt qu’ils n’ont désiré apporter leur contribution originale à l’évolution de cette société. Cette attitude qu’on qualifierait de syndicale se justifie mais porte ses propres effets pervers : les décideurs voient bien ce qu’on leur demande et comment cela déclenche les réactions corporatistes des autres professions, mais pas ce qu’on leur apporte, que seuls les sujets en psychothérapie relationnelle expérimentent dans le secret de leurs séances.

Pierre Trigano ajoute un point de vue intéressant et complémentaire de ces réflexions dans le numéro 98 du journal Réel de décembre 2006. Les psychothérapeutes, au temps des Nouvelles thérapies, issues de la psychologie humaniste américaine, ont cru pouvoir remplacer la vieille psychanalyse avec des méthodes qu’ils croyaient plus efficaces, et moqué la dimension scientifique de la psychologie universitaire considérée comme système mental, mécanisme de défense par intellectualisation. Ils ont rêvé de reconnaissance sociale et de pouvoir, estimant qu’eux seuls étaient les vrais “psychothérapeutes”. Pour Pierre Trigano, ils subiraient aujourd’hui les conséquences du complexe que Jung appelle “l’inflation du moi”.

Reconnaissons donc à Philipe Grauer d’avoir fait bouger les choses dans le bon sens par son concept du carré psy dans lequel les psychothérapeutes relationnels existent à leur place tout en reconnaissant celle des autres, loin de la toute-puissance corporatiste et de l’inflation du moi.

Il reste enfin, tout de même, la question des “charlatans” qui sert de prétexte à une loi elle-même charlatanesque. De fait, malgré l’autoréglementation initiée par le SNPPsy, beaucoup de gens diplômés ou non se sont autoproclamés “psychothérapeutes”au sens générique du terme, sans avoir effectué de travail sur eux-mêmes suffisant ni suivi de formation plus approfondie que l’acquisition d’une simple technique. Un psychologue enseignant chercheur s’en prend aux psychothérapeutes relationnels dans un article plutôt misérable publié par les psychologues freudiens où il cite le cas d’une psychothérapeute qui déclare être directement inspirée par la Vierge Marie, ce qui fait fort peu scientifique. La belle affaire !

On connait tout aussi bien des psychologues diplômés de l’université, des médecins titulaires d’un doctorat très officiel, des psychanalystes membres d’une société se reconnaissant comme parfaitement orthodoxe et sérieuse, à qui il arrive de délirer, qui sont d’habiles pervers manipulant leurs clients, ou qui sont à la fois sincères, naïfs et incompétents, ou encore qui perçoivent le monde à travers un système religieux ou philosophique parfaitement honorable mais qu’ils mêlent à tort au champ de la psychothérapie. Quoi qu’il en soit, on n’attaque pas l’ensemble du corps médical au motif que le gourou du Temple solaire était médecin.

La seule façon de lutter contre le charlatanisme des autres est de l’être de moins en moins soi-même, en développant la philosophie éthique et en se perfectionnant sans cesse. Là encore, on trouve un signifiant de la loi qui nous invite à continuer notre propre évolution et développer nos compétences. À cet égard, les cinq critères du SNPPsy et son code de déontologie peuvent servir de modèle pour tirer la profession de psychothérapeute relationnel vers plus de qualité, vers l’excellence comme on dit de nos jours. Le fait de se soumettre à des critères autres que l’inflation de son propre moi ou le paravent de son diplôme pour s’autoriser l’usage du titre générique de psychothérapeute ne peut que contribuer à la diminution du nombre de charlatans et, s’il doit y avoir une loi, c’est plutôt dans ce sens qu’elle serait utile.

En écoutant ces signifiants qui viennent nous interpeller, notre réponse personnelle, notre évolution et notre engagement contribueront à coup sûr à l’évolution de la loi, au moins autant que les démarches politiques qu’entreprennent nos institutions.

Débat sur Œdipe

Le SNPPsy vient de signer la pétition Sauver la clinique http://www.sauvons-la-clinique.org/, par un mouvement de solidarité avec la psychanalyse, où qu’elle se trouve, en l’occurence revêtue de l’enseigne psychologie clinique.

Nous vous soumettons les échos d’un débat qui s’ouvre entre psychanalystes à propos de cette pétition, car il vaut toujours mieux être informé de ce qui se passe.

Il est constant que la psychanalyse ne se transmet pas à l’université. Il est incertain que le temps des catacombes soit de retour. Le débat ne laisse pas d’être intéressant. Est-il bien engagé ? Nous reviendrons sur cette question.

Philippe Grauer


« Dans ce contexte, le Manifeste pour les pratiques et formations cliniques établit un constat de liquidation en cours de la clinique dans les institutions de soins et de formations auquel nous souscrivons. Cependant, il s’agit d’un texte rédigé dans une perspective universitaro-centriste, qui pense essentiellement la formation des cliniciens dans le cadre de l’université, sans
mentionner celle des Ecoles de psychanalyse, et encore moins celle des psychothérapeutes. De tels silences portent en germe des conceptions qui pourraient s’avérer fort divergentes de celles du MUPP quant à la formation des psychanalystes.

Le MUPP tient ferme sur le fait que la formation des psychanalystes s’effectue en-dehors de l’Université, non pas en raison d’un accident de l’histoire, auquel il pourrait être remédié, mais pour des raisons qui tiennent à la psychanalyse elle-même. Le savoir spécifique du psychanalyste n’est pas une connaissance intellectuelle, qui puisse s’acquérir par l’étude, mais un savoir issu d’une expérience de mutation subjective, qui ne peut advenir que de l’expérience d’une cure.

Difficile dans ces conditions d’associer le MUPP aux bonnes intentions du Manifeste pour les pratiques et les formations cliniques »

JC Maleval


L’enjeu n’est pas de représentativité — SIEURRPP, MUPP, AFFORTEC —
Il se peut que la psychanalyse doive revenir aux catacombes, que les jeux soient faits. Pourtant, la transmission d’une clinique dont nous avons hérité nous incombe.

J’ai écrit ce matin un mail :

«Un manifeste circule sur internet qui demande des signatures pour qu’un enseignement sur la psychanalyse continue de se transmettre à l’université.

C’est un enjeu important à mes yeux: une véritable guerre est faite aujourd’hui qui vise à ridiculiser la pratique instaurée par Freud; elle n’est plus accusée de charlatanisme, elle est rendue dérisoire, ridicule, par des professeurs dont l’ascendant est bien connu sur des élèves qui dépendent de leur reconnaissance.

Je fais confiance à notre pratique, parce que je sais que c’est la seule qui creuse un vide pour la vérité au delà des représentations que les diverses suggestions permettent de construire. Pourtant, c’est une question posée aux citoyens et qui concerne la barbarie: peut-on aujourd’hui effacer une histoire, une théorie et une pratique qui fondent un rapport singulier à la clinique de la souffrance humaine?

C’est au nom de ce principe que je vous demande de signer la pétition, au delà de tout corporatisme, au titre de citoyens.» Les psychanalystes ne se forment pas à l’Université, pas plus qu’ils ne se forment dans les Écoles de psychanalyse.

La formation du psychanalyste opère dans l’analyse personnelle et dans l’analyse de contrôle, elle opère aussi dans le témoignage qu’un psychanalyste peut faire de son passage à l’analyste devant ses pairs et dans la perspective de constituer une «communauté d’expérience». C”est cette communauté d’expérience qui justifie, à mon sens l’existence d’écoles qui lui donnent une chance de consister. C’est rare et les témoignages manquent.

Mais la clinique ne se résume pas à la psychanalyse, et les institutions sont nombreuses et la souffrance d’avoir une âme se structure sur un mode psychotique au autistique, ou avec des décompensations névrotiques assez graves pour que le sujet échappe aux bords de la réalité.

Tous les praticiens de ces institutions n’ont pas fait l’expérience d’une psychanalyse alors qu’ils baignent dans l’expérience de l’inconscient dans ce qu’il peut avoir de monstrueusement destructeur. Il convient, à mon sens, qu’une formation, même universitaire, continue de sensibiliser les futurs praticiens à l’insistance de l’inconscient.

C’est pourquoi je persiste et je signe: Sauvons la clinique

Bien cordialement

Ignacio Gárate

La psychothérapie relationnelle : résurgence et urgence

Marcelle MAUGIN, psychothérapeute relationnelle, docteur en psychologie, a créé l’institut de formation à la psychothérapie: IFPAC, à Nantes. Autrice de : Le masochisme dit féminin .
La psychothérapie relationnelle s’enracine dans une longue tradition du souci de soi dont l’esprit et les pratiques se sont développés en occident grâce aux philosophes de la Grèce antique. L’influence de la spiritualité chrétienne et le moment cartésien ont modifié en profondeur nos conceptions du soin psychique. Remodelisée par ces différents courants, la psychothérapie a voulu faire science et tente aujourd’hui d’adapter les comportements , au détriment de ce que les anciens appelaient l’âme .

Au moment ou la pensée psy envahit notre quotidien, il est aussi urgent de revaloriser le “souci de soi” que de protéger la planète. Dans un univers où tout devient marchandise il est impératif de protéger la recherche d’une vie pleine de sens si l’on veut assurer l’avenir desociétés à visage humain. Le maintien d’une conception relationnelle de la pratique psychothérapique est appelé à jouer dans cette direction un rôle essentiel.”

Je vous accuse de ne pas respirer à la hauteur où je respire


(Montherlant – La reine morte.)
Serge TRIBOLET. Psychiatre des hôpitaux, responsable d’une unité d’hospitalisation à Paris, DEA de psychanalyse. Doctorant en philosophie. Il poursuit un travail de recherche sur la psychose. Auteur de : L’abus de psy nuit à la santé , 2006, Éd. du Cherche midi, et de plusieurs autres ouvrages.

La folie porte en elle un savoir sur l’humanité. Elle ne peut être réduite à la catégorie des maladies mentales. Les concepts pour penser la folie sont à chercher dans les domaines de la métaphysique et de la théologie. La surdité contemporaine à l’égard de la folie trouve son origine dans l’utilisation abusive de la psychologie aussi bien dans les disciplines thérapeutiques que dans le mode de vie actuelle. Dans cet abus de psy. nous voyons un danger pour l’homme même.

L’impertinence de la Gestalt-thérapie

ou de la pertinence et des limites de la psychothérapie
Jacques Blaize, Gestalt-thérapeute à Nantes, formateur et ex-directeur de l’Institut Nantais de Gestalt-thérapie, agrégé de philosophie, auteur de Ne plus savoir , l’Exprimerie, Bordeaux, 2001.

L’affirmation, au vu de certaines “pathologies”, de la non pertinence absolue d’une psychothérapie n’est possible que sur fond d’un savoir sur l’autre, d’une pensée binaire dans laquelle seuls le oui et le non ont droit de cité. Dans l’épistémologie gestaltiste le oui et le non sont toujours seconds, ils ne peuvent se construire que sur fond d’un “ je ne sais pas ” assumé

Liens précoces – liens actuels – lien thérapeutique

Pierre VAN DAMME, psychologue-psychothérapeute, co-fondateur de CHAMP-G (Institut de Gestalt du Nord). Docteur en psychologie clinique, membre titulaire de la Société française de gestalt .

Comment aider le client à repérer, dans ses relations actuelles, les impasses de contact issues des perturbations précoces du lien ? Comment aider le client dans la relation thérapeutique à les dénouer ?

Je tenterai de définir le lien et la rupture de lien dans ses différentes acceptions. M’inspirant des travaux de Gilles DELISLE et m’appuyant sur mon expérience clinique auprès d’adolescents et adultes et formative auprès d’étudiants en psychothérapie, j’évoquerai les 3 niveaux de la relation thérapeutique et ses enjeux : la reproduction et la relation transférentielle, la reconnaissance et la relation herméneutique, la réparation ou restauration et la relation réelle. J’illustrerai cette démarche par quelques vignettes thérapeutiques d’un patient borderline.

Prenez garde aux insomnies masturbatoires ! la taxinomie pharmacologique jugule l’angoisse.

Excitant tout cela, désolant surtout. N’oubliez pas, confrères cibles de classifications dignes des médecins de Molière, que vos confrères médecins (donc sûrs, nous sommes au Quotidien du médecin ) psychanalystes pourront vous sortir de l’ornière pharmaco-illogique. Pour les psychothérapeutes relationnels, on attendra le troisième tiers du XXI ème siècle pour les désigner à l’attention de votre angoisse clinique. Nous en profitons au passage pour combler cette petite lacune.

En attendant, lisez cet avertissement adressé aux médecins, s’efforçant de les prémunir contre la lame de fond neuro pharmaco comportementaliste outre-atlantiste qui arrive, avec ses études dans le style épidémiologiste, pour assaisonner l’insomnie teintée d’hypomanie sexuelle selon les remèdes que les visiteurs médicaux ne manqueront pas de suggérer dans les meilleurs délais.

Philippe Grauer
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Peut-être parce qu’ils préfèrent lire la naissance de la médecine à partir de la technologie et de la thérapeutique au détriment de l’examen clinique né avec Hippocrate ; peut-être aussi parce qu’ils méconnaissent la psychanalyse qui serait de l’autre côté du fossé de par la maladresse de quelques psychanalystes ; toujours est-il que la médecine française est de plus en plus sensible aux chants des sirènes d’outre Atlantique.

Dans l’obscurité de la clinique, face au symptôme, face à la plainte, face à la demande exigeante, les médecins français s’accrochent toujours davantavge aux classifications ; probablement est-ce pour répondre à une exigence légitime de rigueur, mais également, semble-t-il, pour se sortir de l’embarras et de l’angoisse provoqués chez eux par la souffrance du patient.

La plus récente classification est celle des troubles du sommeil qui peuvent être perturbants « pour le patient et pour le couple. » (Le Quotidien du Médecin, n° 8172). “Par une revue de la littérature [Laquelle ? Demandé-je], les médecins américains ont pu, pour la première fois, classer, en quatre groupes, les troubles du sommeil associant des comportements ou des sensations à caractère sexuel.”

Dans le premier groupe nous trouvons “ la masturbation, caresse de l’autre “, entre autres ; dans le deuxième groupe, “ orgasmes soudains, agressivité sexuelle “, entre autres ; dans le troisième groupe, l’” insomnie chronique sévère pouvant s’accompagner d’une libido exacerbée “, entre autres ; enfin, la quatrième catégorie, qui est constituée de cas particuliers car au “ cours des troubles nocturnes psychotiques peuvent survenir, après les réveils, des illusions et des hallucinations d’ordre sexuel “, entre autres.

Cet envahissement régulier de la pratique médicale et scientifique anglo-saxonne et surtout nord-américaine, basée sur les preuves mais aussi le lobbying et la suggestion, n’appauvrit-il pas la médecine, celle basée sur la preuve du transfert, de la relation avec le patient ? Le RPH dénonce dans un esprit scientifique et de courtoisie, depuis des années, l’avancée de cette idéologie technologique, de l’idéalisation génétique et de la propagande pharmacologique au détriment de la clinique de la parole et du désir inconscient.

Soyez attentifs, collègues médecins, vous introduisez ainsi au cœur de votre clinique de fallacieux compagnons de route. L’intérêt d’un laboratoire n’est pas d’abord de soigner, mais bien d’abord de vendre. Votre intérêt, votre désir, soutenus par une formation hospitalière et une clinique quotidienne, est, nul doute là-dessus, de soigner d’abord. Face au trouble du sommeil ou à n’importe quel trouble du corps, pour quelle raison ne pas faire appel à votre correspondant psychanalyste ? Pour quelle raison ne pas partager avec lui la charge de recevoir la souffrance symptomatique de votre patient ? C’est par la parole que le patient entre en traitement chez le médecin, c’est par la parole qu’il en sort, chez le psychanalyste.

Lucien Bonnafé à l’honneur à la librairie Paidos

La psychothérapie institutionnelle manifeste décidément sa vitalité ces derniers temps. Profitez-en pour y rencontrer du bon monde, venez vivre un moment de convivialité institutionnelle à l’enseigne des

CÉMÉA, l’élan formation

Provence Alpes Côte d’Azur
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Les CEMEA PACA ont le plaisir de vous inviter

Le jeudi 14 juin 2007 à 19h

À la Librairie PAÏDOS
54 Cours Julien

13006 Marseille, 04 91 48 31 00

Soirée Bonnafé

présentation discussion autour du CDRom réalisé par les CEMEA sur
Lucien BONNAFÉ

Discussion animée par Annie France LE PAPE, chargée de mission nationale Santé Mentale aux CEMEA et Yves GIGOU, militant des CEMEA, cadre infirmier auprès de Lucien BONNAFÉ pendant de nombreuses années.

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Lucien BONNAFÉ (1912 – 2003)

45000 malades mentaux sont morts de faim dans les asiles psychiatriques pendant la deuxième guerre mondiale (1“). Lucien Bonnafé n’aura de cesse, toute sa vie, que d’en finir avec la vie asilaire et ses “dérives”.

Médecin psychiatre, psychanalyste, il dirige l’hôpital de Saint Alban de 1939 à 1944 ; à ses cotés, François Tosquelles.

● Avec Jean Oury, il formera le Groupe du Gévaudan , où s’inventeront les éléments de la psychothérapie institutionnelle .

● 1945, il impulse son mouvement désaliéniste.

● 1954, G. Daumezon et G. Le Guillant fondent la revue des CEMEA Vie sociale et traitements (VST) destinée à accompagner la formation des infirmiers des hôpitaux psychiatriques et à soutenir le débat désaliéniste.

● 1959, le Groupe de Sèvres (Bonnafé, Daumezon, Diatkine, Oury, et quelques autres…) invente le concept de secteur .

● 1990, il dénonce inlassablement l’idéologie eugéniste, et en 1996, publie L’homme cet inconnu avec P. Tort.

● 2002, un recueil de ses textes paraît chez Erès, sous le titre La psychanalyse de la connaissance .
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Les CEMEA

— Centres d’entraînement aux Méthodes d’éducation active, association née en 1937, reconnue d’utilité publique, organisme de formation, est un mouvement d’Éducation populaire engagé dans le combat pour la laïcité et contre toutes les formes d’exclusions.
L’idée de stages de formation pour les infirmiers psychiatriques naît de la rencontre, en 1946, du docteur Daumezon, alors secrétaire général du syndicat des médecins des hôpitaux psychiatriques, et de Germaine le Hénaff-Le Guillant, militante aux Ceméa, et la même année, première rédactrice en chef de la revue Vers l’éducation nouvelle . Très vite, un groupe constitué d’instructeurs des Centres d’entraînement, de médecins et d’infirmiers psychiatriques s’implique dans les activités de formation pour les équipes soignantes.
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  • 1 Attention, il ne s’agit pas d’un plan d’extermination, mais du désastre de la privation “ordinaire” de l’époque, Note du Cifp

Sauver la clinique : pétition

SAUVONS LA CLINIQUE

MANIFESTE POUR LES PRATIQUES ET LES FORMATIONS CLINIQUES

Après la disparition de la psychopathologie et de la psychanalyse de la formation des psychiatres, au profit de modélisations neurobiologiques et comportementalistes, c’est celle des psychologues cliniciens qui est aujourd’hui clairement visée par les instances d’habilitation de leur formation. Depuis plusieurs années, les universitaires qui ont en charge cette formation voient s’étendre dans l’appareil de l’État la volonté de domination des partisans de l’éviction de la psychanalyse et de la psychopathologie, à tous les niveaux des organisations qualifiantes de l’enseignement et de la recherche. La nouvelle configuration qui a émergé récemment ne laisse plus de doute sur cette volonté qui ne s’embarrasse plus de faux-semblants. C’est la dernière étape d’une course contre la montre dont le terme, à brève échéance, devient prévisible.

En même temps, dans les institutions de soin, nous constatons que la présence de la psychanalyse est l’enjeu d’une lutte dans laquelle les simulacres gestionnaires, l’ingénierie de l’évaluation, la médicamentation systématisée et exclusive, les dispositifs d’isolement des symptômes et de leur traitement expéditif, font une chasse réglée à la clinique de la subjectivité. Ici et là, nous assistons régulièrement à des écroulements locaux qui résultent soit de stratégies de harcèlement et d’épuisement des équipes, soit de neutralisations foudroyantes par ingestion ou dispersion. La psychanalyse n’a pas à faire seulement à des détracteurs, mais à une convergence de processus de démolition. Ce n’est plus le temps des signes assassins, mais des actes et des machines qui avancent à tombeaux ouverts.

Devant cette situation, les praticiens dans les institutions de soin psychique, et les universitaires qui forment les générations futures et maintiennent la présence exigeante de la psychanalyse dans les institutions de la recherche publique doivent faire converger leurs résistances et passer à l’invention offensive. Ils ne peuvent plus se contenter de boucher au coup par coup et dans l’isolement, les forages et les excavations de leurs sols. Il n y a plus de crise, mais des circuits intégrés de situations limites. La férocité industrielle des appareils a des noms : dépistage précoce, troubles de conduites, héritabilité génétique, facteurs de risque, facteurs prédictifs, isolation des symptômes, co-morbidité, dressage de comportement, indice d’impulsivité, rééducation psychothérapique, thymorégulateur, expertise, évaluation, sécurité psychique, etc. Le maillage des populations vulnérables réduites à l’usage de leur malheur s’étend chaque jour davantage. La standardisation des ratages de la condition humaine en une nomenclature des handicaps habite désormais des maisons sanitaires. Le dénuement social est promis à l’épuration policière ou masqué par des kits de pathologie des comportements. Les logomachies s’ingénient à voiler la massification de l’humain et la marchandisation du vivant. Acceptons-nous de déambuler parmi “les décombres du futur” ?

À un certain moment, face à ce qui arrive, le refus qui se cantonne dans l’expression critique est vain. La seule dénonciation des ennemis est dérisoire. Les lamentations nostalgiques prônant la restauration du monde d’hier est pitoyable. Le scoop du malaise dans la culture est largement usé. Nous avons tous conscience que nous sommes dans un mouvement extrême du temps, de ce qu’on appelle un changement de temps. Cela signifie qu’il ne s’agit pas d’aberrations ou de dérives à corriger, mais de la subordination de la souffrance et du bien-être psychique à de nouvelles représentations et de nouveaux dispositifs de gouvernance dans lesquelles la psychanalyse ne sera que résiduelle ou nébuleuse. La porosité de la sphère politique à ces représentations, l’influence qu’elle subit du fait de groupes interconnectés d’une voracité utilitaire naïve, indiquent assez que la solution ne viendra pas des gouvernants qui ont contribué à cette évolution.

Il faut donc un rassemblement à la mesure de la gravité de la situation, afin de répondre à ce défi du passage d’un temps à un autre. Le refus rigoureux et déterminé, celui qui rend solidaire, passe par le partage d’analyses qui explorent les dérèglements et les combinaisons émergents, par la mise en commun d’actions et d’expériences vers de nouvelles pensées de résistance, par la création d’un collectif permettant de faire obstacle à la politique de la liquidation de la clinique dans les institutions de soin et de formation.

En tant que praticiens, formateurs, chercheurs et universitaires, nous appelons dans un premier temps nos collègues à joindre leurs signatures à ce Manifeste pour une convergence des résistances.

Nous proposons d’amorcer la préparation d’États généraux de la clinique, à travers une première réunion qui aura lieu à Paris, le samedi 30 juin 2007, et qui sera accueillie par le Séminaire inter-universitaire européen d’enseignement et de recherche en psychopathologie et psychanalyse — SIUEERPP.
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Texte à signer individuellement et collectivement sur le site :

http://www.sauvons-la-clinique.org/

Vive la psychothérapie institutionnelle !

Joseph Mornet, Psychothérapie institutionnelle, Histoire et actualité

analyse par Pierre Delion

Dans son ouvrage Joseph Mornet propose trois grandes parties :

– Une première dans laquelle il décrit la naissance et le développement de la Psychothérapie institutionnelle et reprend le concept fondamental d’ aliénation sociale selon plusieurs perspectives notamment avec Marx et Sartre. Il montre comment la réalisation de “club thérapeutique” peut en résulter selon une dialectique subtile et opératoire.

– Dans la deuxième partie, il développe l’idée de l’ aliénation mentale en reprenant son parcours dans l’histoire de la folie, puis la “nouvelle administration de la folie” résultant des organisations plus récentes en matière de psychiatrie.

– Dans la troisième partie, il développe autour des grandes questions de transfert, psychose et institution , la pertinence des outils et des opérateurs conceptuels de la Psychothérapie institutionnelle. Il précise en quoi des concepts fondamentaux, tels que celui de liberté, d’humour et de risques du soin peuvent ou non modifier profondément les conditions d’exercice de nos métiers de psychistes (Tosquellas). Enfin il accorde une place importante à ce qu’il définit comme “soigner les soignants”.

Dans ce livre, les différents concepts de la psychothérapie institutionnelle sont revisités d’une façon précise et la longue expérience de l’auteur donne à l’ouvrage une authenticité qui en garantit la pertinence. Les principaux théoriciens de ce mouvement sont relus avec acuité et il est intéressant de voir comment les concepts cliniques et psychologiques sont déclinés en tenant compte des aspects institutionnels et inversement.

Tout cela fait de ce livre, non seulement une très bonne introduction à cette histoire de la Psychothérapie institutionnelle, mais aussi un manuel à la disposition des praticiens aguerris ou en formation pour approcher au plus près d’une méthode thérapeutique porteuse d’outils féconds pour demain.

Pierre Delion

Mis en ligne le 16 mai 2007

Qu’est-ce qu’un fait clinique ?

Le Collège de psychiatrie & Espace analytique en association avec
le Journal français de psychiatrie

QU’EST-CE QU’UN FAIT CLINIQUE ?

Colloque 12-13 mai 2007

Si historiquement, la systématisation d’un certain nombre de phénomènes irréductibles a permis, de façon progressive et tâtonnante, la constitution d’un savoir clinique, celui-ci n’a jamais été immuable : pour preuve, la découverte freudienne qui est venue enrichir dans son contenu comme dans sa lettre une taxinomie, longtemps ordonnée par des préoccupations de pacification sociale.

Jusqu’à une date récente, la clinique consistait à isoler et spécifier toutes manifestations liées à ce que nous pouvons nommer comme la traduction de diverses « malfaçons » de notre organisation subjective. Elle procédait alors d’une cohérence psychopathologique interne.

La question du fait clinique venait s’insérer et se référer naturellement à ce corpus qui en délimitait les contours. Or il semble qu’aujourd’hui cette question du fait clinique soit redevenue problématique.

Certes, le discours de la science voire l’arraisonnement du champ clinique par la technique a démantelé cet édifice en le réduisant à un catalogue normatif de troubles et de signes purement statistiques.

L’objectivation scientifique a également favorisé la prolifération des réglementations, conduites protocolaires, rêves prédictifs. Les derniers rapports de l’INSERM ne nous démentiront pas de voir l‚évolution actuelle vers une clinique prédictive cependant que la fonction thérapeutique s’infléchit vers une visée strictement rééducative et adaptative.

Quelles sont les conditions de ces changements ? Quels sont les ressorts de cette évolution ? En quoi la rétraction du politique à des fonctions sécuritaires et assurantielles y joue-t-elle un rôle ? Quel rapport reste-t-il aujourd’hui entre un arsenal chimique approximatif qui créé ses propres références et la réalité du fait clinique ?

Que l’hystérie ait disparu des grandes classifications internationales nous inciterait aussi à réfléchir sur un phénomène récent : qu‚est-ce qui, aujourd’hui, peut être qualifié de fait clinique et s‚inscrire dans le registre de la pathologie ? Le cadre du normal et du pathologique ne se brouille-t-il pas nous confrontant à répondre à des questions inédites qui nous invitent à redéfinir le champ de la clinique ? Peut-on évoquer l’apparition de nouvelles pathologies ?

C’est dans ce contexte que se pose à nouveau pour nous cette question du fait clinique et des conditions requises à sa transmissibilité.

Responsables des journées
Yannick CANN – Jean-Louis CHASSAING – Christian HOFFMANN – Thierry JEAN – Pierre LANDMANN – Didier LAURU

Inscriptions aux journées : 80 • – Étudiants : 40 •

Inscriptions sur place

Ou par courrier – Chèque à l’ordre du « Collège de Psychiatrie » et à adresser à Yannick CANN
5 rue Benjamin Delessert
29200 BREST

Le fait clinique

Jean GARRABE, Président du Collège de Psychiatrie.

« La théorie c’est bon, mais ça n’empêche pas d’exister » (Charcot cité par Freud).

Cette répartie de Charcot faite au lit (klinikos) même d’un malade montre que la clinique relève de l’art (technè) médical et non de la science. En datant la « naissance de la clinique » du temps où la médecine physiologiste de Broussais paraissait sur le point de triompher définitivement de « la médecine clinique » de Philippe Pinel, Michel Foucault a montré que cette clinique qui se voulait scientifique détachait la maladie du sujet malade.

La méthode anatomo clinique, en ne percevant la réalité du fait pathologique que dans le cadavre, n’est pas utilisable par la médecine de l’esprit qui appréhende la réalité de la maladie mentale par d‚autres moyens

La clinique repose sur l’observation, au plus près de l’être souffrant de faits recueillis par l’écoute de son discours et par l’examen de son corps physique et psychique, faits auquel le médecin va donner la valeur de signes.

Omne symptoma signum est, sed omne signum non est symptoma.

L’opération par laquelle un symptôme qui ne frappait que les sens consiste dans la recherche du rapport qui unit le symptôme signifiant avec le phénomène signifié a dit A.J. Landré Beauvais dans sa « Séméiotique ou Traité des signes de maladies ». G. Lantéri Laura s’interrogeait sur l’existence d’une séméiologie spécifiquement psychiatrique et sur la manière dont elle s’est constituée. La démarche clinique permet à partir de l’analyse des signes observés chez un malade de formuler des hypothèses diagnostiques, de prévoir un pronostic et de discuter de la thérapeutique indiquée chez un individu donné. Elle ne se fonde pas comme le fait l’interprétation des données biologiques et des autres examens para cliniques par comparaison sur des données statistiques normatives. La substitution à cette démarche, en particulier pour l’utilisation thérapeutique des psychotropes offerts sur le marché, de procédures ayant recours à des algorithmes informatisés et qui peuvent à la limite être utilisés en dehors des particularités de la relation établie avec le malade souvent préconisées par des autorités ne correspond pas à la réalité du fait clinique et aboutit à des prescriptions uniquement symptomatiques.
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Organisation des Journées

Samedi matin

9 h 30 Modérateur et introduction : Michel PATRIS

Ce qui se dit dépend de qui écoute

Thierry JEAN

Juger l’autre, juger un semblable

Denis SALAS, Magistrat.

Clinique, où es-tu ?

Patrick LANDMANN

Capitalisme et pulsion de mort

Bernard MARIS, Agrégé et Docteur en Économie

Samedi après-midi

14 h 30 Modérateur : Jacqueline LEGAUT

Éloge de la singularité

Didier LAURU

Sémiologie et psychanalyse

Sandrine CALMETTE-JEAN

Dits et non-dits de la réinvention psychiatrique

Philippe PIGNARRE, Éditeur des « empêcheurs de penser en rond ».

16 h 30 Pause

17 h 00 Modérateur : Yannick CANN

Le fait inaccompli : le savoir clinique à l’épreuve du sujet

Paul-Laurent ASSOUN

Clinique du fantasme ou clinique sans fantasme

Jean-Jacques TYSZLER

Dimanche matin

9 h 30 Modérateur : Jean GARRABE

La structure comme agencement scientifique de la clinique

Jean-Louis CHASSAING

De la psychose pellagreuse à la psychose unique : un modèle pour une analyse structurelle des troubles psychologiques. L’apport de Bartholomé Llopis (1905-1966)

Rafaël HUERTAS, Revues Frenia (E) et History of Psychiatry (GB)

Les conditions d’objectivité d’un fait subjectif

Gérard POMMIER

La clinique à l’épreuve de la démocratie sanitaire

Yves FROGER, Secrétaire général SNPP-AFPEP

Dimanche après midi

14 h 30 Modérateur : Marie PESENTI-IRRMANN

Le paradigme adolescent dans la clinique et la recherche

Christian HOFFMANN

Le philosophe, ses personnages, ses scènes

Hubert VINCENT, Philosophe.

Du côté de l’enfant : une clinique handicapée

Marika BERGÈS-BOUNES

16 h 30 Pause

17 h 00 Modérateur : Claude-Noëlle PICKMANN

Conclusions : Alain VANIER

Marcel CZERMAK