Titre générique de psychothérapeute

C’est officiel : le Conseil d’État ajourne sine die l’examen du décret d’application de l’article 52.

Journée d’étude AFFOP & SNPPsy

A Paris, le samedi 2 Juin 2007, de 9h à 18h,

au siège de l’Affop, 6 rue Beauregard, 75002.

Métro Sentier ou Bonne Nouvelle

La psychothérapie au sens générique du terme ne constitue pas une entité cohérente. Dans le cadre du projet de légalisation du titre de psychothérapeute elle était revendiquée à la fois par quatre disciplines : psychiatrie, psychologie, psychanalyse et nous mêmes qui avions créé, organisé et autorégulé la profession de psychothérapeute depuis de longues années.

Afin de nous distinguer des psychothérapies prescriptives et à protocoles nous avons été conduits à nous désigner désormais comme psychothérapeutes relationnels, c’est-à-dire comme des praticiens soutenant une conception de la psychothérapie en termes de sujet et de relation plutôt qu’en termes de méthodes.

En reconnaissant à la relation psychothérapeute-patient le rôle de levier du processus psychothérapique, nous affirmons nos similitudes avec la psychanalyse sans renier nos différences ni nos originalités.

Ce sujet vous concerne, venez en débattre avec nous et avec nos intervenants.

La psychothérapie relationnelle — journée d’étude SNPPsy AFFOP

Prochaine Journée d’Étude SNPPsy-AFFOP

samedi 2 Juin 2007

de 9h à 18h au siège de l’Affop

6 rue Beauregard, 75002 Paris.

Métro Sentier ou Bonne Nouvelle

TARIF
50€ jusqu’au 20//05/07
60€ au-delà du 20/05/07 et sur place à l’entrée.
20€ pour les ÉTUDIANTS payable sur place.

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Journée d’Étude faisant suite au trois précédentes, sur un thème identitaire fort. La psychothérapie relationnelle a gagné en autorité morale, politique et scientifique ces dernières années, au coude à coude avec les professions voisines, les coudes étant parfois liés parfois en train de jouer anguleusement. Quoi qu’il en soit, la question de la dynamique de la subjectivité dans le cadre d’une action psychothérapique axée sur le ressort relationnel revient centralement dans la définition de la tâche et du champ de référence théorique et méthodologique des hôtes du quatrième côté du Carré psy.
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PSYCHOTHÉRAPEUTE RELATIONNEL

Émergence d’une identité

La psychothérapie au sens générique du terme ne constitue pas une entité cohérente. Dans le cadre du projet de légalisation du titre de psychothérapeute elle était revendiquée à la fois par quatre disciplines : psychiatrie, psychologie, psychanalyse et nous mêmes qui avions créé, organisé et autorégulé la profession de psychothérapeute (relationnel) depuis de longues années.

Nous distinguant des psychothérapies prescriptives et à protocoles nous avons été conduits à nous désigner désormais comme psychothérapeutes relationnels, c’est-à-dire comme des praticiens soutenant une conception de la psychothérapie en termes de sujet ou de personne, et de relation plutôt qu’en termes de méthodes.

En reconnaissant à la relation psychothérapeute-patient le rôle de levier du processus psychothérapique, nous affirmons nos similitudes avec la psychanalyse sans renier nos différences ni nos originalités.

Ce sujet vous concerne, venez en débattre avec nous, les étudiant d’autres écoles agréées Affop et SNPPsy, et nos intervenants.

08:45 — Accueil des participants

09:15 — Jean-Michel FOURCADE, président de l’Affop, psychothérapeute relationnel, Docteur en psychologie, enseignant à Paris 8 , directeur de la NFL.

Ouverture et présentation de la journée

09:45 — Philippe GRAUER, président du SNPPsy, psychothérapeute relationnel, psychanalyste, directeur du Cifp.

Le quatrième côté du Carré psy enfin construit, émergence institutionnelle, naissance du quatrième paradigme.

10:30 — Pause

Marcelle MAUGIN, psychothérapeute relationnelle, docteur en psychologie, créatrice de l’institut de formation à la psychothérapie: IFPAC, à Nantes.
autrice de : Le masochisme dit féminin .

La psychothérapie relationnelle: résurgence et urgence.

Serge TRIBOLET. Psychiatre des hôpitaux, responsable d’une unité d’hospitalisation à Paris, DEA de psychanalyse. Doctorant en philosophie. Il poursuit un travail de recherche sur la psychose. Auteur de : L’abus de psy nuit à la santé –2006- Éd du Cherche-midi. et de plusieurs autres ouvrages.

Je vous accuse de ne pas respirer à la hauteur où je respire
(Montherlant – La reine morte.)

13:00 — Déjeuner

15:00 — Communications & débats

Jacques BLAIZE, Gestalt-thérapeute à Nantes, formateur et ex-directeur de l’Institut nantais de Gestalt-thérapie, agrégé de philosophie, auteur de Ne plus savoir , l’Exprimerie, Bordeaux, 2001.

De l’impertinence de la psychothérapie relationnelle en Gestalt-thérapie

Pierre VAN DAMME, psychologue-psychothérapeute, co-fondateur de CHAMP-G (Institut de Gestalt du Nord). Docteur en psychologie clinique, membre titulaire de Société française de Gestalt.

Liens précoces – liens actuels – lien thérapeutique

16:30 — Pause

17 – 18:00 — Débat général et conclusion.

Littérature, psychothérapie relationnelle & psychanalyse, même combat

Il y eut La princesse de Clèves , ce chef d’œuvre du classicisme littéraire français, notre premier roman en français moderne (avant, il y eut Tristan et Yseult , mais qu’en aurait pu dire notre bouillant moderniste gestionnaire de la culture ?) traitant directement du rapport à la passion, qui subit la vindicte utilitariste de Nicolas Sarkozi. Quand il entend parler de culture il sort sa calculette. Autres temps autres mœurs. ce mode de calcul peut nous coûter très cher. Cela attaque précisément l’identité française. Récidive entre les deux tours, les études littéraires considérées comme une inutilité, devraient s’entreprendre aux frais des étudiants, passé le quota.

La psychothérapie relationnelle, tout comme la psychanalyse, est trop proche de la littérature pour ne pas marquer sa solidarité en la circonstance. En tout cas, au Cifp nous entendons continuer de vous prévenir. Il vaut mieux avoir tout bien pesé et considéré en connaissance de cause avant qu’après.

Philippe Grauer

Communiqué de la Maison des écrivains

Dans le journal gratuit 20 minutes du 16 avril, figure une interview de Nicolas Sarkozy. Entre autres sujets, il y parle de l’université et prend pour exemple de filière inutile, et qui ne devrait plus être prise en charge par les fonds publics, l’enseignement de la "littérature ancienne" :

«Vous vous fixez comme objectif de ne laisser aucun enfant sortir du système scolaire sans qualifications. Comment comptez-vous parvenir à cet objectif ?
Par exemple dans les universités, chacun choisira sa filière, mais l’État n’est pas obligé de financer les filières qui conduisent au chômage. L’État financera davantage de places dans les filières qui proposent des emplois, que dans des filières où on a 5000 étudiants pour 250 places.

Si je veux faire littérature ancienne, je devrais financer mes études ?

Vous avez le droit de faire littérature ancienne, mais le contribuable n’a pas forcément à payer vos études de littérature ancienne si au bout il y a 1000 étudiants pour deux places. Les universités auront davantage d’argent pour créer des filières dans l’informatique, dans les mathématiques, dans les sciences économiques. Le plaisir de la connaissance est formidable mais l’État doit se préoccuper d’abord de la réussite professionnelle des jeunes.»

Ne prenons pas à la légère ces déclarations du candidat de l’UMP. Pour lui, l’Etat n’a pas à assumer le prix de la culture.

Son jugement sur le " plaisir de la connaissance ", opposé à l’utilité ou à la rentabilité érigées en principe politique, manifeste une ignorance et un mépris dangereux qui menacent le socle de toute société démocratique. Il avertit les artistes et les penseurs, nous écrivains, en particulier, du sort qu’il réserve à la culture, la littérature au premier chef, et à leur transmission par l’Éducation nationale

Tous les chefs d’État, jusqu’ici : Charles De Gaulle, Georges Pompidou, François Mitterrand comme Jacques Chirac ont, chacun à leur manière, exprimé leur attachement à l’héritage intellectuel et artistique qui fonde l’identité française. Ils ont écrit, se sont revendiqués de la poésie, du roman, de l’art.

Dans le contexte déjà alarmant que dénonce notre Appel Filières littéraires, une mort annoncée ? , la gravité de cette déclaration ne peut nous laisser d’illusions. Elle engage la communauté littéraire et éducative à se mobiliser.

26 avril 2007

Manifeste de l’IFGT

Depuis bientôt trente ans, l’ Institut français de Gestalt-thérapie contribue à la création de la profession de psychothérapeute en France et en Europe. En ayant pris et en continuant à prendre de nombreuses initiatives, l’IFGT a participé à l’élaboration d’une certaine conception du psychothérapeute, de sa formation, de son éthique, de sa théorie et de sa pratique, ainsi que de ses organisations professionnelles. Par exemple, l’IFGT s’est engagé dès l’origine dans la création du Syndicat national des praticiens de psychothérapie , de la Société française de Gestalt , de la Fédération française de psychothérapie , du Collège européen de Gestalt-thérapie , de l’AFFOP — Association fédérative française des organismes de psychothérapie , de l’ European Association for Gestalt Therapy , de l’ European Association of Psychotherapy ; mais parfois, les choix éthiques ultérieurs de certains de ces organismes nous ont amenés à choisir d’en partir.

L’État prétend aujourd’hui protéger les usagers en détruisant d’un revers de décret le travail de mise en place opéré par ceux et celles qui pratiquent depuis de nombreuses années. Les milliers d’heures passées à rédiger des rapports et documents pour leur expliquer la formation et l’exercice professionnel du psychothérapeute ont été inutiles : le titre de psychothérapeute est confisqué pour pouvoir être décerné à certains professionnels qui n’en demandaient pas tant (comme les ORL, les chirurgiens ou les psychologues du travail), sans conditions, sans exiger d’eux la moindre formation appropriée. Les seuls qui “autrefois” se disaient psychothérapeutes, après de longues années de travail sur soi, une formation théorique, méthodologique, pratique de 5 ans minimum, une supervision continue, un engagement déontologique, seront les seuls à ne plus y avoir droit et sont priés d’intégrer l’Université — qui pourtant reconnaît son incompétence en la matière — pour se faire formater selon l’éthique d’un savoir dit scientifique, savoir auquel les pouvoirs publics eux-mêmes ne croient pas puisqu’ils en dispensent les médecins, les psychologues et les psychanalystes.

L’Institut français de Gestalt-thérapie refuse. L’IFGT entre en résistance.

Nous refusons de piétiner la formation approfondie du psychothérapeute, nous refusons de remplacer notre éthique humaniste par une éthique de sciences fondées en laboratoire, nous refusons de remplacer notre formation à l’écoute et à la présence à l’autre par un savoir académique, quel qu’il soit, nous refusons que des praticiens de professions voisines s’emparent du titre et de la capacité d’exercice sans la moindre formation à cet égard. Nous refusons d’entrer en conventions et compromissions avec un État qui veut nous faire croire de cette façon qu’il cherche à protéger les usagers alors qu’il ne fait que favoriser l’autoproclamation, la pensée unique devenue pensée d’État et ainsi gratifier quelques lobbies dévoués à sa cause libérale.

L’État confisque le titre de “psychothérapeute”. Sous la contrainte, nous le lui abandonnerons et nous replirons momentanément sur celui de “Gestalt-thérapeute”. Le Gestalt-thérapeute est un professionnel de la psychothérapie et cette appellation n’est pas encore confisquée. Le public aura sans doute besoin de quelques mois pour découvrir par l’expérience que ceux qui auront désormais le titre de psychothérapeute n’en auront la plupart du temps que le titre ; il lui faudra quelque temps pour comprendre que le paysage a changé, qu’il lui faut désormais découvrir sous des noms parfois bizarres, des professionnels formés, compétents, crédibles.

Nous ne nous inscrirons ni n’encouragerons nos étudiants à s’inscrire sur les listes préfectorales, même si nous avons et s’ils ont les titres requis.

Le psychothérapeute ne peut être un officier de santé mentale. Il ne peut faire partie d’un corps d’état sous tutelle de la Santé publique ou de l’Éducation nationale. Il exerce une activité professionnelle dans la marge, là où se trouvent tous ceux qui souffrent précisément des normes et de la pensée unique.

Notre Institut, l’IFGT, va donc sans doute être amené à réduire sensiblement son activité puisque sa conception de l’acte psychothérapeutique n’aura pas l’heur de convenir à ceux qui nous gouvernent “démocratiquement”. Qu’importe ! Nous sommes convaincus que cette marginalité extrême à laquelle nous allons être contraints n’aura qu’un temps, le temps que se révèlent les véritables enjeux, économiques, institutionnels, politiques, policiers d’une législation aberrante.

Nous n’allons pas nous “adapter” à cette nouvelle situation, c’est-à-dire renoncer à ce qui nous caractérise depuis notre création en 1980, et remplacer une formation exigeante par un vernis de connaissances choisies et labellisées par des politiciens.

Nous continuerons à former des praticiens de la psychothérapie de haut niveau, des professionnels reconnaissables à leur éthique, à leurs qualités humaines, à leur pratique enracinée dans des connaissances théoriques et méthodologiques.

Nous continuerons à nous soucier de la souffrance de l’homme, à refuser de l’aborder comme une maladie ou une déviance, sans méconnaître ce qui relève du soin, sans cesser la collaboration avec les médecins, psychologues, psychanalystes et autres professions voisines. Nous continuerons à développer nos recherches théoriques et méthodologiques pour que notre accompagnement soit toujours plus sensible. À la psychologie et à la psychopathologie requises comme panacées, nous continuerons d’associer la philosophie, l’esthétique, la sociologie, les sciences de l’éducation et bien d’autres disciplines encore, parce que nous savons que la psychothérapie est au carrefour de ces approches et ne peut s’inféoder à aucune d’entre elles.

Les psychothérapeutes-formateurs de l’IFGT :

Jean-Marie ROBINE,
Brigitte LAPEYRONNIE-ROBINE
Christiane GARRIVET-MARTIN
Anne CHRETIEN
Jean-Pierre GARRIVET
Anne-Marie CHAPPUIS
Ximo TARREGA
Elvira DUEÑAS
Pierre-Yves GORIAUX
Anne SAUZEDE-LAGARDE
Dominique MICHEL
Françoise DERO
Eliane de ROSEN

Programmation génétique (suite)

Communiqué du 17 avril 2007

Par le Collectif de Lorraine

Il se trouve aujourd’hui des hommes politiques prétendant à la plus haute charge de l’État pour affirmer que le suicide chez les jeunes serait programmé génétiquement, ainsi que la « pédophilie ».

L’état actuel des recherches désavoue cette conception du XIXème siècle qui associe un gène à un caractère ou à une zone cérébrale. Un gène n’agit jamais seul, il fait toujours partie d’un réseau complexe d’interactions et on ne peut jamais prédire d’un gène un comportement social.

C’est avec de telles conceptions idéologiques réductrices qu’est oubliée l’importance de l’environnement, des événements et de l’histoire particulière des individus. De plus, une telle position rend caduque les influences sociales et culturelles et désavoue l’action de l’éducation, du soin et de la culture.

Si les inégalités sont inscrites dans la nature des gènes, à quoi bon faire des enfants, espérer les élever, leur parler d’égalité, de fraternité et de liberté !

Les professionnels du champ de la santé et de l’éducation s’alarment de l’avancée de cette idéologie totalitaire et ségrégative au travers de la mise en place de lois, de préconisations et de mesures qui modifient dangereusement notre système de santé, la Justice, les méthodes éducatives à l’école, comme à la maison.

AVERTISSEMENT

Pour ne pas dire “Je ne savais pas”…

16 avril 2007

par Annie Lacroix-Riz *

Le livre de Serge PORTELLI “ Ruptures ” vient d’être empêché de publication avant les élections. Cet ouvrage concerne le bilan de Nicolas Sarkozy.

Chers amis,

Face à l’acte de censure qui vient de frapper le magistrat Serge Portelli, [1] il est d’extrême urgence et d’utilité publique de diffuser son ouvrage interdit, décrivant les années de pratiques ministérielles de M. Sarkozy que la population est ainsi empêchée de connaître. Je n’ai pas abusé des messages politiques dans la période récente, ne me sentant représentée par aucun des candidats de la gauche dite “anticapitaliste” ou “antilibérale” (je ne parle pas de Mme Royal, que je ne considère pas comme une femme de gauche).

Mais il est certain qu’on ne saurait prendre la responsabilité

1° de dire qu’on ne savait pas en avril 2007 ce que le candidat favori du grand capital avait fait pour la “sécurité” de ce dernier et l’insécurité du reste de la population et ce qu’il s’apprêtait, dans une conjoncture ressemblant furieusement à celle de la fin des années trente, à faire une fois porté au poste suprême de l’État français ;

2° d’avoir favorisé son accès audit poste.

Merci de diffuser le plus largement possible.

Amicalement à tous,

Annie Lacroix-Riz *

*Annie Lacroix-Riz est une historienne française, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris VII – Denis Diderot.
Ancienne élève de l’École normale supérieure (Sèvres), agrégée d’histoire.

Les Pasde0deconduite contre la primauté du génétique et la karchérisation hygiéniste

Communiqué de presse Pasde0deconduite du 13 avril 2007

Le Collectif Pasde0deconduite s’élève vigoureusement contre les allégations de biologisation des comportements qui ruinent toute possibilité de bâtir des actions pour une prévention, prévenante, humanisante et éthique. De tels points de vue confisquent la liberté d’un être humain « de devenir celui qu’il choisit d’être » (A. Jacquard).

Le collectif Pasde0deconduite qui regroupe de nombreux citoyens et la plupart des professionnels du développement de l’enfant, de la prévention, des soins, de l’éducation et de l’accueil, dont l’action, avec 200 000 signataires de l’appel Pas de 0 de conduite pour les enfants de trois ans , a contraint le gouvernement à retirer son projet de détection précoce des “troubles du comportement” chez les jeunes enfants de la loi sur la prévention de la délinquance,

• AFFIRME que la thèse selon laquelle la pédophilie, les tendances suicidaires chez les jeunes ou l’homosexualité seraient d’origine génétique n’est pas scientifiquement fondée ni cliniquement éprouvée ;

• SOUTIENT qu’elle procède d’une conception idéologique pervertissant l’autorité de la science pour disculper l’environnement social de sa part dans l’apparition de certaines pathologies.

Une telle position rend caduques les influences sociales et culturelles et désavoue l’action de l’éducation, du soin et de la culture ;

• CONSTATE que, malgré les mises en garde sévères du Comité Consultatif National d’Éthique rappelant les risques que feraient courir au nom de la science une stigmatisation précoce des jeunes enfants, un des candidats à la présidence de la République récidive en proposant d’inscrire le destin des individus dans les cartes génétiques des chromosomes ;

• FAIT REMARQUER qu’une telle déclaration fait fi des recommandations prudentes des scientifiques dont tous les travaux actuels établissent l’étroite interaction permanente entre gènes et environnement dans le développement spécifique et singulier de chaque personne.

Nous appelons l’ensemble des professionnels de terrain et du champ de la recherche à se rassembler et s’exprimer dans le débat de société pour rejeter la primauté d’un déterminisme biologique et génétique du développement de l’enfant et de thèses hygiénistes dans l’élaboration des politiques publiques de santé, d’éducation et d’action sociale.

Élisabeth Roudinesco : “Ne politisons pas la génétique”

TEXTE INTÉGRAL

Qu’il parle de gènes ou qu’il prétende réinventer le vieux
débat sur l’inné et l’acquis, à coup de références à la plasticité
cérébrale, Nicolas Sarkozy, sur le fond, n’a pas changé d’avis. Il continue
à croire que la pédophilie et le suicide — et pourquoi pas l’homosexualité,
la turbulence infantile, le génie créateur ou nos bonnes vieilles névroses?
— résulteraient d’une disposition génétique. Il a l’air de ne pas se soucier
d’avoir désormais contre lui les représentants de l’Église catholique, les
généticiens et les humanistes athées ou chrétiens.

Les uns pensent que si un pédophile est ainsi désigné par ses
gènes, on le transforme en un être irresponsable, inapte à être jugé ou
sanctionné. Les autres soulignent au contraire qu’en se réclamant d’un tel
déterminisme, on méprise la philosophie des Lumières qui a toujours affirmé
— de Diderot à Hugo — que le pire des hommes pouvait être rééduqué par la
raison. Et que, même si ce n’était pas le cas, aucun homme n’avait le droit
de se faire le bourreau d’un autre homme au point de vouloir l’éliminer de
la société humaine, soit par la peine de mort, aujourd’hui abolie en Europe,
soit par une quelconque politique d’eugénisme.

Qu’un candidat à l’investiture suprême puisse parfois se montrer
impulsif, cela est pardonnable dans le contexte d’une campagne où il est
lui-même stigmatisé de façon scandaleuse par la famille Le Pen, en tant que
fils de l’immigration. Mais rien ne saurait excuser l’arrogance avec
laquelle il revendique une opinion absurde. Il n’a pas soutenu par exemple
que telle ou telle maladie mentale — autisme, schizophrénie, etc… — puissent
relever d’une prédisposition génétique, ce qui fait débat aujourd’hui. Non,
il a choisi deux catégories d’actes — la pédophilie et le suicide — qui
n’ont rien a voir l’un avec l’autre mais qui ont pour seul point commun de
ne relever d’aucune sorte de prédisposition génétique. Nicolas Sarkozy a
donc réussi le tour de force de récuser, peut-être à l’insu de son plein
gré, les principes de la religion dont il se réclame, l’héritage humanisme
dont il devrait être le garant et le discours de la science dont il ne cesse
de valoriser les acquis, non sans avoir commis l’erreur de croire que l’on
pouvait dépister des traits de délinquance chez les bébés de moins de trois
ans.

Connue depuis la nuit des temps, la pratique de la mort volontaire
a toujours existé dans toutes les sociétés. Et si le mot n’est apparu que
tardivement (entre 1636 et 1734), il a fallu attendre la fin du XIXe siècle
pour que cet acte, considéré comme héroïque dans le monde antique et le
Japon féodal, puis diabolisé par le christianisme, soit regardé, dans les
démocraties modernes, comme une pathologie de type dépressif liée à un
environnement psychique ou social. Certes, le suicide est universel, mais il
a de multiples facettes. Osera-t-on comparer l’attitude d’un Pierre
Brossolette préférant se donner la mort plutôt que de parler sous la
torture, avec l’immonde suicide collectif des chefs nazis dans leur bunker,
choisissant l’autodisparition plutôt que la confrontation avec leurs crimes?
Le suicide d’un adolescent rebelle à sa famille ressemble-t-il à celui d’un
malade incurable qui décide d’en finir avec ses souffrances? Certainement
pas.

Quant à la pédophilie, elle n’a été criminalisée — à juste titre
d’ailleurs — que depuis un siècle. Considéré aujourd’hui comme un pervers
sexuel, le pédophile est certes psychiquement malade. La plupart du temps,
quel que soit son milieu d’origine, il été lui-même abusé par un adulte dans
son enfance, violé ou maltraité. Mais il n’est ni fou, ni pénalement
irresponsable (au sens de l’article 122 du Code pénal). Quand on ne croit
qu’à la causalité génétique, on peut jouer les docteurs Folamour, façon
Orange mécanique, et traiter les déviants par des châtiments corporels
(castration ou amputation) ou par des addictions à la normalité :
masturbation obligatoire, pénétrations rééducatives avec des prostituées.
Cela se fait, cela est horrible et inefficace. Mais on peut aussi soigner
dignement, et avec succès, les pédophiles par des psychothérapies qui leur
permettent — sinon guérir de leur perversion, du moins de la contrôler et de
ne pas y céder. Cela n’empêchera jamais l’existence de récidives. La société
sans risques n’existe pas puisque la condition humaine est traversée autant
par sa passion de l’idéal du bien que par son envers : l’amour de la haine.

Nicolas Sarkozy n’est ni antisémite, ni l’adepte d’une quelconque
vieille droite française chauvine et xénophobe, même s’il rêve de la
domestiquer. Il est plus simplement l’imitateur d’une école de pensée bien
connue — le néo-conservatisme extrême — aujourd’hui désavouée par plus de la moitié du peuple américain et par ses élites à cause de son désastre
politique et économique. Aussi bien adhère-t-il à une vision de la société
centrée d’un côté sur l’utilisation policière des communautarismes ethniques
et religieux, et, de l’autre, sur la biocratie, laquelle consiste à
pervertir les données de la science pour faire croire en l’idée qu’une
société pourrait être entièrement nettoyée de ses éléments indésirables :
l’alliance du gourdin et de la belle âme.

Nicolas Sarkozy s’étonne toujours de l’image que la société lui
renvoie de lui-même : “On me dit que je fais peur, dit-il, on me prend pour
un monstre
”. Assurément, il ne l’est pas. Aurait-il peur, cependant, de
l’idée que la peur qu’il croit susciter chez autrui soit à ce point ancrée
dans ses gènes qu’il ne saurait comment y remédier?

Libres réflexions à propos des déclarations sur l’inné et l’acquis de Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de la République Française

Libres réflexions à propos des déclarations sur l’inné et l’acquis de Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de la République Française
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Les déclarations

« J’inclinerais, pour ma part, à penser que l’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a mille deux cents à mille trois cents jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que les parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent le cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense » Dialogue avec le philosophe Michel Onfray dans Philosophie Magazine de mars 2007

« Qui peut me dire que c’est normal d’avoir envie de violer un petit garçon de trois ans ? Quelle est la part de l’inné, quel est la part de l’acquis ? … Il y a des gens qui fument deux paquets de cigarettes et qui n’auront jamais de cancer et puis il y a des malheureux qui ne fument jamais et qui auront le cancer, pourquoi ? Parce que leur identité …il y a un terrain qui est plus propice et plus fragile » interview sur France 2 de début avril 2007.

« Je suis né hétérosexuel. Je ne me suis jamais posé la question du choix de ma sexualité. C’est pour cela que la position de l’Eglise consistant à dire que l’homosexualité est un péché est choquante. On ne choisit pas son identité… On a l’identité qu’on a. De la même façon qu’il y a des gens qui ont tendance à grossir et d’autres pas, des chauves et des chevelus, des petits et des grands. Nous sommes 6 millions de migraineux. C’est totalement héréditaire. Ma mère est migraineuse, mes fils sont migraineux » Entretien à Libération du 12 avril 2007.

Quelques réactions

« La vision d’un gène commandant un comportement complexe tel que ceux conduisant à l’agressivité, à la violence, à la délinquance, à la dépression profonde avec dérive suicidaire, est ridicule et fausse… Cette conviction réaffirmée par le candidat de l’UMP à l’Elysée confirme ses liens idéologiques avec la nouvelle droite » Axel Kahn, généticien

« Grave est l’idée que l’on ne peut pas changer le cours de l’existence » Monseigneur André VingtTrois, archevêque de Paris

« Il y a des choses chez Nicolas Sarkozy qui me semblent aujourd’hui, et je le dis avec tristesse, proprement irrecevables, proprement inacceptables… Pour moi, il a franchi la ligne jaune dont j’ai consacré ma vie à dire qu’elle devait être tracée et respectée… Nous dire qu’il y a une prédisposition à la pédophilie, une prédisposition au suicide, que la génétique décide, ça n’est pas supportable… Dans d’autres cas, on se disait, c’est de la tactique, c’est du machiavélisme, il est en train d’aller pêcher les voix de Le Pen. Là non, c’est quelque chose qu’apparemment il pense et je crois qu’une ligne jaune a été franchie » Bernard Henri Lévy, philosophe

« Quelque chose d’extrêmement grave qui rappelle des choses qu’on a entendu à d’autres époques » Marie Georges Buffet, candidate du PCF

« Signe d’un programme profondément réactionnaire et antihumaniste » Najat Belkacem, porte parole de Ségolène Royal

« Interprétation idéologique digne de la scientologie » Jean Marc Ayrault, député socialiste

Le commentaire

La déclaration de Nicolas Sarkozy ne peut être jugée comme un simple dérapage, pas plus que comme un argument de campagne : elle s’inscrit dans une conviction et dans la continuité d’une politique dont il est facile de suivre la logique dans le temps et dans les déclarations.
Ce « fil » conducteur est celui de l’eugénisme et du « fichage ».
Il dépasse, malheureusement, la seule personnalité de Sarkozy : il imprime tout un courant politique de la nouvelle droite.

Le projet de loi sur la délinquance et du dépistage précoce des troubles de comportement chez l’enfant sous-entend l’idée d’éléments constitutifs irréversibles dès le plus jeune âge de la personne : on naît, en quelque sorte, futur délinquant. Tout étant joué, l’action de l’homme politique ne peut consister qu’à établir un système pour empêcher de nuire ces futurs fauteurs de troubles. Les questions de pédagogie et l’éducation n’ont plus lieu d’être.

Le fichage des personnes ayant été l’objet de placements en psychiatrie s’inscrit dans un même processus de prédestination et d’inéluctable récidive. Il confond, en plus, trouble psychique et délinquance. Toute décompensation psychique ne peut être que le signe d’un risque inéluctable de répétition et donc de dangerosité individuelle en puissance. Quelle répercussion cette condamnation peut-elle avoir sur la personne ainsi désignée ?
C’est la même logique que l’on retrouve dans la préconisation des fichages ADN, aujourd’hui pour les délinquants sexuels … demain pour les suicidaires ? A quand le code barre génétique gravé sur l’avant-bras ?

Le projet de statut de « psychothérapeute » s’inscrit dans une logique complémentaire. Reprenant l’évaluation de l’INSERM préconisant les thérapies comportementalistes et cognitivistes, seules efficaces à leurs yeux, il prévoit une formation universitaire des psychothérapeutes basées privilégiant ces approches par rapport à celles basées sur la psychanalyse et autres approches « humanistes ».
On ne peut, en effet, qu’améliorer par conditionnement celui qui est victime de ses gènes.
La psychanalyse ne peut être vécue que comme une science dangereuse puisqu’elle pose la question de la liberté de la personne à travers ses conditionnements posés comme l’interaction de facteurs multiples agencés organiquement les uns aux autres, individuels, collectifs et biologiques

Enfin, la notion d’identité nationale reprend une autre dimension puisque dans sa déclaration sur France 2 ainsi que dans l’entretien à Libération, il associe directement « gènes « et « identité » : demain l’identité française sera-t-elle lisible dans les gènes ?
Il appuie cette notion d’identité mêlée à l’hérédité sur une base prétendument scientifique car biologique, mêlant aussi bien la calvitie, que la taille ou la migraine à des choses d’un autre domaine que sont la sexualité ou la dépression.

D’une part, il utilise la science d’une façon totalement abusive et erronée : ce qui est vérifiable physiologiquement est d’emblée annoncé comme forcément vrai. Il oublie par là aussi bien les notions de cause et d’effet (est-ce la poule qui fait l’oeuf ou l’œuf qu fait la poule) que celle des interactions entre l’observateur, son protocole d’observation et l’objet observé. Ces choses-là sont des évidences reconnues actuellement aussi bien par les scientifiques que par les épistémologues.

D’autre part, il oublie que tout être humain est d’emblée le résultat d’une rencontre de deux patrimoines génétiques qui, d’emblée, interagissent : la génétique est pensée comme clonage. C’est l’exemple étonnant qu’il donne : sa mère, lui et ses enfants liés dans une file clonée d’où tout tiers ou tout hasard est exclu. La psychanalyse aurait effectivement des choses à dire là qui pourraient, on le voit bien, être gênantes pour la construction tranquille et rassurante que veut établir Sarkozy.

Tout cela à un relent délétère d’eugénisme et de police.
Cet eugénisme, comme toujours, s’appuie sur des démonstrations biologiques : c’est ce qui amené, ne l’oublions pas, tous les asservissements et toutes les exterminations ethniques, de même que tous les rejets des « handicaps ».

Par ailleurs, si tout est joué à quoi bon s’encombrer des notions désuètes de liberté, de justice et de droit ? Le responsable politique n’a plus à se soucier des « Droits de l’homme » puisque s’ils sont déclarés libres et égaux devant la loi ils sont en même temps déclarés non égaux devant la nature : la justice est remplacée par un savant rééquilibrage où l’on essaiera seulement de « corriger » au sens propre du terme : « corriger » des infirmités par des prothèses généreusement octroyées par le politique (sous forme allocataire par exemple) ou, alternative qu’il ne faut jamais oublier, « corriger » au sens répressif, si ces « inégalités naturelles » entraînent un danger pour l’ordre social.

Tout est prêt, désormais, pour une organisation politique qui administre, sélectionne et classe.

Tout est prêt pour un pouvoir policier qui scrute et enquête.

La fonction de tout éducateur et de tout soignant est désormais réduite non seulement à celle de dresseur et de réparateur, mais aussi de dépisteur pour livrer tout individu potentiellement dangereux.

Cette tâche, si l’on n’y prend garde, sera également dévolue à tout citoyen désormais chargé de « dénoncer » tout individu ou tout comportement individuel suspects.

C’est l’avènement d’une société de surveillance où chacune peut être suspect aux yeux de chacun, structure que Annah Harendt a nommé en « pelure d’oignon » (chaque couche couvre une autre couche mais est aussi couverte par une autre), qui, pour elle, est signe des sociétés totalitaires.
C’est l’avènement du citoyen transparent, réduit à son code génétique et à sa carte vitale, pistable à tout instant grâce à sa carte bancaire, à son numéro de portable.