Les Pasde0deconduite contre la primauté du génétique et la karchérisation hygiéniste

Communiqué de presse Pasde0deconduite du 13 avril 2007

Le Collectif Pasde0deconduite s’élève vigoureusement contre les allégations de biologisation des comportements qui ruinent toute possibilité de bâtir des actions pour une prévention, prévenante, humanisante et éthique. De tels points de vue confisquent la liberté d’un être humain « de devenir celui qu’il choisit d’être » (A. Jacquard).

Le collectif Pasde0deconduite qui regroupe de nombreux citoyens et la plupart des professionnels du développement de l’enfant, de la prévention, des soins, de l’éducation et de l’accueil, dont l’action, avec 200 000 signataires de l’appel Pas de 0 de conduite pour les enfants de trois ans , a contraint le gouvernement à retirer son projet de détection précoce des “troubles du comportement” chez les jeunes enfants de la loi sur la prévention de la délinquance,

• AFFIRME que la thèse selon laquelle la pédophilie, les tendances suicidaires chez les jeunes ou l’homosexualité seraient d’origine génétique n’est pas scientifiquement fondée ni cliniquement éprouvée ;

• SOUTIENT qu’elle procède d’une conception idéologique pervertissant l’autorité de la science pour disculper l’environnement social de sa part dans l’apparition de certaines pathologies.

Une telle position rend caduques les influences sociales et culturelles et désavoue l’action de l’éducation, du soin et de la culture ;

• CONSTATE que, malgré les mises en garde sévères du Comité Consultatif National d’Éthique rappelant les risques que feraient courir au nom de la science une stigmatisation précoce des jeunes enfants, un des candidats à la présidence de la République récidive en proposant d’inscrire le destin des individus dans les cartes génétiques des chromosomes ;

• FAIT REMARQUER qu’une telle déclaration fait fi des recommandations prudentes des scientifiques dont tous les travaux actuels établissent l’étroite interaction permanente entre gènes et environnement dans le développement spécifique et singulier de chaque personne.

Nous appelons l’ensemble des professionnels de terrain et du champ de la recherche à se rassembler et s’exprimer dans le débat de société pour rejeter la primauté d’un déterminisme biologique et génétique du développement de l’enfant et de thèses hygiénistes dans l’élaboration des politiques publiques de santé, d’éducation et d’action sociale.

Élisabeth Roudinesco : “Ne politisons pas la génétique”

TEXTE INTÉGRAL

Qu’il parle de gènes ou qu’il prétende réinventer le vieux
débat sur l’inné et l’acquis, à coup de références à la plasticité
cérébrale, Nicolas Sarkozy, sur le fond, n’a pas changé d’avis. Il continue
à croire que la pédophilie et le suicide — et pourquoi pas l’homosexualité,
la turbulence infantile, le génie créateur ou nos bonnes vieilles névroses?
— résulteraient d’une disposition génétique. Il a l’air de ne pas se soucier
d’avoir désormais contre lui les représentants de l’Église catholique, les
généticiens et les humanistes athées ou chrétiens.

Les uns pensent que si un pédophile est ainsi désigné par ses
gènes, on le transforme en un être irresponsable, inapte à être jugé ou
sanctionné. Les autres soulignent au contraire qu’en se réclamant d’un tel
déterminisme, on méprise la philosophie des Lumières qui a toujours affirmé
— de Diderot à Hugo — que le pire des hommes pouvait être rééduqué par la
raison. Et que, même si ce n’était pas le cas, aucun homme n’avait le droit
de se faire le bourreau d’un autre homme au point de vouloir l’éliminer de
la société humaine, soit par la peine de mort, aujourd’hui abolie en Europe,
soit par une quelconque politique d’eugénisme.

Qu’un candidat à l’investiture suprême puisse parfois se montrer
impulsif, cela est pardonnable dans le contexte d’une campagne où il est
lui-même stigmatisé de façon scandaleuse par la famille Le Pen, en tant que
fils de l’immigration. Mais rien ne saurait excuser l’arrogance avec
laquelle il revendique une opinion absurde. Il n’a pas soutenu par exemple
que telle ou telle maladie mentale — autisme, schizophrénie, etc… — puissent
relever d’une prédisposition génétique, ce qui fait débat aujourd’hui. Non,
il a choisi deux catégories d’actes — la pédophilie et le suicide — qui
n’ont rien a voir l’un avec l’autre mais qui ont pour seul point commun de
ne relever d’aucune sorte de prédisposition génétique. Nicolas Sarkozy a
donc réussi le tour de force de récuser, peut-être à l’insu de son plein
gré, les principes de la religion dont il se réclame, l’héritage humanisme
dont il devrait être le garant et le discours de la science dont il ne cesse
de valoriser les acquis, non sans avoir commis l’erreur de croire que l’on
pouvait dépister des traits de délinquance chez les bébés de moins de trois
ans.

Connue depuis la nuit des temps, la pratique de la mort volontaire
a toujours existé dans toutes les sociétés. Et si le mot n’est apparu que
tardivement (entre 1636 et 1734), il a fallu attendre la fin du XIXe siècle
pour que cet acte, considéré comme héroïque dans le monde antique et le
Japon féodal, puis diabolisé par le christianisme, soit regardé, dans les
démocraties modernes, comme une pathologie de type dépressif liée à un
environnement psychique ou social. Certes, le suicide est universel, mais il
a de multiples facettes. Osera-t-on comparer l’attitude d’un Pierre
Brossolette préférant se donner la mort plutôt que de parler sous la
torture, avec l’immonde suicide collectif des chefs nazis dans leur bunker,
choisissant l’autodisparition plutôt que la confrontation avec leurs crimes?
Le suicide d’un adolescent rebelle à sa famille ressemble-t-il à celui d’un
malade incurable qui décide d’en finir avec ses souffrances? Certainement
pas.

Quant à la pédophilie, elle n’a été criminalisée — à juste titre
d’ailleurs — que depuis un siècle. Considéré aujourd’hui comme un pervers
sexuel, le pédophile est certes psychiquement malade. La plupart du temps,
quel que soit son milieu d’origine, il été lui-même abusé par un adulte dans
son enfance, violé ou maltraité. Mais il n’est ni fou, ni pénalement
irresponsable (au sens de l’article 122 du Code pénal). Quand on ne croit
qu’à la causalité génétique, on peut jouer les docteurs Folamour, façon
Orange mécanique, et traiter les déviants par des châtiments corporels
(castration ou amputation) ou par des addictions à la normalité :
masturbation obligatoire, pénétrations rééducatives avec des prostituées.
Cela se fait, cela est horrible et inefficace. Mais on peut aussi soigner
dignement, et avec succès, les pédophiles par des psychothérapies qui leur
permettent — sinon guérir de leur perversion, du moins de la contrôler et de
ne pas y céder. Cela n’empêchera jamais l’existence de récidives. La société
sans risques n’existe pas puisque la condition humaine est traversée autant
par sa passion de l’idéal du bien que par son envers : l’amour de la haine.

Nicolas Sarkozy n’est ni antisémite, ni l’adepte d’une quelconque
vieille droite française chauvine et xénophobe, même s’il rêve de la
domestiquer. Il est plus simplement l’imitateur d’une école de pensée bien
connue — le néo-conservatisme extrême — aujourd’hui désavouée par plus de la moitié du peuple américain et par ses élites à cause de son désastre
politique et économique. Aussi bien adhère-t-il à une vision de la société
centrée d’un côté sur l’utilisation policière des communautarismes ethniques
et religieux, et, de l’autre, sur la biocratie, laquelle consiste à
pervertir les données de la science pour faire croire en l’idée qu’une
société pourrait être entièrement nettoyée de ses éléments indésirables :
l’alliance du gourdin et de la belle âme.

Nicolas Sarkozy s’étonne toujours de l’image que la société lui
renvoie de lui-même : “On me dit que je fais peur, dit-il, on me prend pour
un monstre
”. Assurément, il ne l’est pas. Aurait-il peur, cependant, de
l’idée que la peur qu’il croit susciter chez autrui soit à ce point ancrée
dans ses gènes qu’il ne saurait comment y remédier?

Libres réflexions à propos des déclarations sur l’inné et l’acquis de Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de la République Française

Libres réflexions à propos des déclarations sur l’inné et l’acquis de Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de la République Française
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Les déclarations

« J’inclinerais, pour ma part, à penser que l’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a mille deux cents à mille trois cents jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que les parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent le cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense » Dialogue avec le philosophe Michel Onfray dans Philosophie Magazine de mars 2007

« Qui peut me dire que c’est normal d’avoir envie de violer un petit garçon de trois ans ? Quelle est la part de l’inné, quel est la part de l’acquis ? … Il y a des gens qui fument deux paquets de cigarettes et qui n’auront jamais de cancer et puis il y a des malheureux qui ne fument jamais et qui auront le cancer, pourquoi ? Parce que leur identité …il y a un terrain qui est plus propice et plus fragile » interview sur France 2 de début avril 2007.

« Je suis né hétérosexuel. Je ne me suis jamais posé la question du choix de ma sexualité. C’est pour cela que la position de l’Eglise consistant à dire que l’homosexualité est un péché est choquante. On ne choisit pas son identité… On a l’identité qu’on a. De la même façon qu’il y a des gens qui ont tendance à grossir et d’autres pas, des chauves et des chevelus, des petits et des grands. Nous sommes 6 millions de migraineux. C’est totalement héréditaire. Ma mère est migraineuse, mes fils sont migraineux » Entretien à Libération du 12 avril 2007.

Quelques réactions

« La vision d’un gène commandant un comportement complexe tel que ceux conduisant à l’agressivité, à la violence, à la délinquance, à la dépression profonde avec dérive suicidaire, est ridicule et fausse… Cette conviction réaffirmée par le candidat de l’UMP à l’Elysée confirme ses liens idéologiques avec la nouvelle droite » Axel Kahn, généticien

« Grave est l’idée que l’on ne peut pas changer le cours de l’existence » Monseigneur André VingtTrois, archevêque de Paris

« Il y a des choses chez Nicolas Sarkozy qui me semblent aujourd’hui, et je le dis avec tristesse, proprement irrecevables, proprement inacceptables… Pour moi, il a franchi la ligne jaune dont j’ai consacré ma vie à dire qu’elle devait être tracée et respectée… Nous dire qu’il y a une prédisposition à la pédophilie, une prédisposition au suicide, que la génétique décide, ça n’est pas supportable… Dans d’autres cas, on se disait, c’est de la tactique, c’est du machiavélisme, il est en train d’aller pêcher les voix de Le Pen. Là non, c’est quelque chose qu’apparemment il pense et je crois qu’une ligne jaune a été franchie » Bernard Henri Lévy, philosophe

« Quelque chose d’extrêmement grave qui rappelle des choses qu’on a entendu à d’autres époques » Marie Georges Buffet, candidate du PCF

« Signe d’un programme profondément réactionnaire et antihumaniste » Najat Belkacem, porte parole de Ségolène Royal

« Interprétation idéologique digne de la scientologie » Jean Marc Ayrault, député socialiste

Le commentaire

La déclaration de Nicolas Sarkozy ne peut être jugée comme un simple dérapage, pas plus que comme un argument de campagne : elle s’inscrit dans une conviction et dans la continuité d’une politique dont il est facile de suivre la logique dans le temps et dans les déclarations.
Ce « fil » conducteur est celui de l’eugénisme et du « fichage ».
Il dépasse, malheureusement, la seule personnalité de Sarkozy : il imprime tout un courant politique de la nouvelle droite.

Le projet de loi sur la délinquance et du dépistage précoce des troubles de comportement chez l’enfant sous-entend l’idée d’éléments constitutifs irréversibles dès le plus jeune âge de la personne : on naît, en quelque sorte, futur délinquant. Tout étant joué, l’action de l’homme politique ne peut consister qu’à établir un système pour empêcher de nuire ces futurs fauteurs de troubles. Les questions de pédagogie et l’éducation n’ont plus lieu d’être.

Le fichage des personnes ayant été l’objet de placements en psychiatrie s’inscrit dans un même processus de prédestination et d’inéluctable récidive. Il confond, en plus, trouble psychique et délinquance. Toute décompensation psychique ne peut être que le signe d’un risque inéluctable de répétition et donc de dangerosité individuelle en puissance. Quelle répercussion cette condamnation peut-elle avoir sur la personne ainsi désignée ?
C’est la même logique que l’on retrouve dans la préconisation des fichages ADN, aujourd’hui pour les délinquants sexuels … demain pour les suicidaires ? A quand le code barre génétique gravé sur l’avant-bras ?

Le projet de statut de « psychothérapeute » s’inscrit dans une logique complémentaire. Reprenant l’évaluation de l’INSERM préconisant les thérapies comportementalistes et cognitivistes, seules efficaces à leurs yeux, il prévoit une formation universitaire des psychothérapeutes basées privilégiant ces approches par rapport à celles basées sur la psychanalyse et autres approches « humanistes ».
On ne peut, en effet, qu’améliorer par conditionnement celui qui est victime de ses gènes.
La psychanalyse ne peut être vécue que comme une science dangereuse puisqu’elle pose la question de la liberté de la personne à travers ses conditionnements posés comme l’interaction de facteurs multiples agencés organiquement les uns aux autres, individuels, collectifs et biologiques

Enfin, la notion d’identité nationale reprend une autre dimension puisque dans sa déclaration sur France 2 ainsi que dans l’entretien à Libération, il associe directement « gènes « et « identité » : demain l’identité française sera-t-elle lisible dans les gènes ?
Il appuie cette notion d’identité mêlée à l’hérédité sur une base prétendument scientifique car biologique, mêlant aussi bien la calvitie, que la taille ou la migraine à des choses d’un autre domaine que sont la sexualité ou la dépression.

D’une part, il utilise la science d’une façon totalement abusive et erronée : ce qui est vérifiable physiologiquement est d’emblée annoncé comme forcément vrai. Il oublie par là aussi bien les notions de cause et d’effet (est-ce la poule qui fait l’oeuf ou l’œuf qu fait la poule) que celle des interactions entre l’observateur, son protocole d’observation et l’objet observé. Ces choses-là sont des évidences reconnues actuellement aussi bien par les scientifiques que par les épistémologues.

D’autre part, il oublie que tout être humain est d’emblée le résultat d’une rencontre de deux patrimoines génétiques qui, d’emblée, interagissent : la génétique est pensée comme clonage. C’est l’exemple étonnant qu’il donne : sa mère, lui et ses enfants liés dans une file clonée d’où tout tiers ou tout hasard est exclu. La psychanalyse aurait effectivement des choses à dire là qui pourraient, on le voit bien, être gênantes pour la construction tranquille et rassurante que veut établir Sarkozy.

Tout cela à un relent délétère d’eugénisme et de police.
Cet eugénisme, comme toujours, s’appuie sur des démonstrations biologiques : c’est ce qui amené, ne l’oublions pas, tous les asservissements et toutes les exterminations ethniques, de même que tous les rejets des « handicaps ».

Par ailleurs, si tout est joué à quoi bon s’encombrer des notions désuètes de liberté, de justice et de droit ? Le responsable politique n’a plus à se soucier des « Droits de l’homme » puisque s’ils sont déclarés libres et égaux devant la loi ils sont en même temps déclarés non égaux devant la nature : la justice est remplacée par un savant rééquilibrage où l’on essaiera seulement de « corriger » au sens propre du terme : « corriger » des infirmités par des prothèses généreusement octroyées par le politique (sous forme allocataire par exemple) ou, alternative qu’il ne faut jamais oublier, « corriger » au sens répressif, si ces « inégalités naturelles » entraînent un danger pour l’ordre social.

Tout est prêt, désormais, pour une organisation politique qui administre, sélectionne et classe.

Tout est prêt pour un pouvoir policier qui scrute et enquête.

La fonction de tout éducateur et de tout soignant est désormais réduite non seulement à celle de dresseur et de réparateur, mais aussi de dépisteur pour livrer tout individu potentiellement dangereux.

Cette tâche, si l’on n’y prend garde, sera également dévolue à tout citoyen désormais chargé de « dénoncer » tout individu ou tout comportement individuel suspects.

C’est l’avènement d’une société de surveillance où chacune peut être suspect aux yeux de chacun, structure que Annah Harendt a nommé en « pelure d’oignon » (chaque couche couvre une autre couche mais est aussi couverte par une autre), qui, pour elle, est signe des sociétés totalitaires.
C’est l’avènement du citoyen transparent, réduit à son code génétique et à sa carte vitale, pistable à tout instant grâce à sa carte bancaire, à son numéro de portable.

Le souci de traduire

Le souci de traduire …

Georges Steiner, dans Après Babel , postule que la traduction est implicite dans tout acte de communication, que se soit dans le sens séméiotique le plus large ou dans des échanges plus spécifiquement verbaux. Comprendre, c’est déchiffrer. Entendre des significations, c’est traduire.

Pourquoi l’homme a-t-il besoin de répéter ses phrases, l’écrivain de revenir sans cesse sur son ouvrage, le peintre sur sa toile, le musicien sur sa portée, sinon parce qu’ils savent bien qu’un écart fondamental subsiste entre ce qui les habite et ce qu’ils expriment? Toute expression constitue un effort démesuré de tenter d’en restituer quelque chose.

Qui plus est, ce « quelque chose » laborieusement formulé vient s’adresser à un autre qui, même s’il partage la même langue, ne peut y reconnaître un sens qu’à travers ses propres marques linguistiques.

Le signe lui-même, enfin, est marqué d’une ambiguïté structurale. L’analyse par Michel Foucault du dessin de René Magritte Ceci n’est pas une pipe , en fournit un paradigme fulgurant.

C’est dire que le souci de traduction, dont l’abandon progressif est sans doute l’un des mécanismes centraux de notre post-modernité, doit rester essentiel pour assurer le maintien de l’existence des valeurs humanistes qui fondent notre clinique : le souci de traduire demeure le ressort principal de la fonction soignante en psychiatrie.

La psychanalyse a su ouvrir un accès à une lecture de l’inconscient et à ses modes de « traduction » : rêve, lapsus, actes manqués, symptômes.
La psychose montre comment l’homme peut se perdre dans les méandres des traductions engendrées par sa propre subjectivité au contact avec les objets qui l’entourent et le réel qui le guette.

Dans ses efforts de théorisation, le clinicien essaie d’ouvrir des grilles de traduction élargies afin de mieux comprendre et de mieux communiquer, conscient, en même temps, du caractère provisoire et relatif de ses tentatives.

Ce souci de traduire est, aujourd’hui, gravement menacé. Les démarches de certification auxquelles sont soumis les établissements de soin nous imposent de fonctionner dans un langage univoque à vocation totalitariste et comportent le risque de voir disparaître la singularité et la diversité des langues spécifiques aux hommes et aux institutions. Une langue que l’on ne traduit plus condamne le groupe qui l’utilise à une autarcie extinctive.

« Lorsqu’une langue meurt, c’est un monde possible qui meurt avec elle… Une langue contient en elle le potentiel illimité de découvertes, de recompositions de la réalité, de rêves exprimés, ce qui nous sont connus sous le nom de mythes, de poésie, de conjecture métaphysique et de discours de la loi ». Cet avertissement et ce rappel de Georges Steiner, plus que jamais, nous concernent.

L’Inserm : une méthodologie pour liquider l’autre dans la sienne

L’interCoPsycho nous rappelle que L’Inserm organise le mercredi 30 mai un colloque intitulé Méthodologie de l’évaluation en psychiatrie et en santé mentale.

Le colloque initialement prévu devait porter sur l’évaluation des psychothérapies . L’ évaluation, autre mot-clé de l’idéologie scientiste, devant faire le pendant au trouble qui avait présidé à l’opération fichons les bébés. Trouble comme chacun sait, fait figure de mot-clé de voûte du DSM 4, outil classificateur dit "a-théorique" par lequel une certaine psychiatrie ayant fait ses adieux à la psychanalyse, vire au saucissonnage comportementaliste et médicamenteux d’un catalogue de symptômes dépourvu de sens auquel il ne manque provisoirement que le raton laveur pour les troubles compulsifs.

Nous prévoyions au moment de son annonce par J.-M. Damion, occupé à tenter de redresser l’image d’un Inserm enfoncé jusqu’au cou dans sa chasse aux bébés graines de délinquance, que l’affaire risquait de tourner court, à tout le moins de virer de bord. Nous savions l’Inserm peu enclin à organiser un débat scientifique ouvert autour de ce thème aux quatre protagonistes des professions du psychisme s’occupant de psychothérapie justifiant du pluriel employé dans l’annonce.

Eh bien voici que le concept de santé mentale — ah, quel concept commode, et quel troisième beau mot-clé pour verrouiller le malaise dans la maladie ! — a absorbé celui de psychothérapies. Médicalisons, c’est plus sûr. On réduit ainsi le champ et le nombre des partenaires du débat. De quatre on passe à un. Deux à la limite, puisque les psychologues de l’InterCoPsycho visiblement disparus du champ, se proposent d’insister de leur présence. Le triangle de la subjectivation, représentant la moitié du Carré psy qui conjoint méthodologiquement psychanalyse et psychothérapie relationnelle, est évacué. On est tout de même mieux entre soi pour ignorer l’autre.

"On se souvient, nous rappelle J-F Cottes, qu’au mois de novembre s’était tenu un colloque sur le "trouble des conduites" que l’Inserm avait dû organiser, à la demande du Ministère de la Santé, en intégrant des participants du collectif Pasde0deconduite. La démarche des expertises collectives, les recommandations de celle sur le "Trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent", l’utilisation de celle-ci avaient été fortement mises en cause, conduisant l’Inserm à changer de ton. La méconnaissance des acteurs de terrain, la mise à l’écart des praticiens avaient été sévèrement critiquées."

La méconnaissance, voilà un concept que nos savants épris d’évaluation ne sont pas prêts de mettre au menu de leurs grises recherches, à chacun la clé de ses mots. Nos chers terroriciens vont donc cogiter entre eux des arcanes du mesurage de la psychothérapie psychiatrique. Nous ne sommes plus concernés directement, l’intitulé du colloque ayant changé. Nous rappelons que nous n’avons rien contre le principe de l’évaluation, que comme tous les professionnels du psychisme nous pratiquons, celle-ci devant s’ajuster méthodologiquement à son objet. Ce qui reste impensable, c’est qu’un champ méthodologique prétende imposer aux autres ses instruments de mesure au prix du massacre annoncé de leur pratique et au mépris militant de leurs concepts, méthodes et éthique.

Fort heureusement, on peut mesurer ces derniers temps qu’en ce domaine de la coupe aux lèvres il peut se trouver une opportune distance de sécurité, tant que nous poursuivons sans faillir notre travail de résistance.

Philippe Bas notre nouveau ministre de la Santé

Philippe Bas promu ministre de la Santé

PARIS (AP) Après avoir succédé à Dominique de Villepin au poste de secrétaire général de l’Élysée puis l’avoir suivi au gouvernement, le très discret Philippe Bas a été promu lundi ministre de la Santé et des solidarités, après le départ du gouvernement de Xavier Bertrand.

Ancien conseiller social de Jacques Chirac, M. Bas avait fait son entrée au gouvernement en juin 2005, au poste de ministre délégué à la Sécurité sociale, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à la famille. Jusque-là inconnu du grand public, ce haut fonctionnaire est un spécialiste des questions sociales, de sensibilité centriste.

Né le 20 juillet 1958 à Paris, il s’est formé à Sciences Po, puis à l’École nationale d’administration (promotion Louise Michel, 1984). Titulaire d’une licence de droit, il entame sa carrière au Conseil d’État, avant de rentrer en tant que conseiller technique au cabinet de Jean-Pierre Soisson, ministre du Travail, de 1988 à 1989.

Après trois années passées auprès du président sénégalais Abdou Diouf en tant que conseiller juridique, Philippe Bas travaille de 1994 à 1995 avec Simone Veil, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement d’Édouard Balladur. De 1995 à 1997, il occupe le poste de directeur de cabinet de Jacques Barrot, ministre du travail d’Alain Juppé.

Avec la cohabitation, il fait son entrée à l’Élysée en tant que conseiller social, poste qu’il occupera jusqu’en 2000. Il est alors nommé secrétaire général adjoint, aux côtés d’un certain Dominique de Villepin.

Il lui succédera au poste de secrétaire général quand ce dernier entre au gouvernement comme ministre des Affaires étrangères. À ce poste, Philippe Bas se montre aussi discret que Dominique de Villepin avait été flamboyant.

Au gouvernement depuis 2005, Philippe Bas a notamment défendu un projet de loi réformant la protection de l’enfance, destiné à mieux repérer les enfants en difficulté et à mieux les accompagner. Son “plan pour la petite enfance” prévoyait également la création d’ici 2011 de 40.000 places de crèche supplémentaires et le recrutement de 60.000 assistantes maternelles.

Le ministre délégué a aussi présenté en juin 2006 un plan de 2,3 milliards d’euros sur cinq ans pour lutter contre la dépendance et améliorer la prise en charge des personnes âgées. AP

Les psychologues révisés par la médecine ?

« Le psychologue clinicien, auxiliaire du médecin, a pour mission de soigner et d’aider les patients à résoudre leurs troubles de la personnalité ou du comportement. Lors d’entretiens individuels, il fait passer des tests aux patients, établit des bilans et peut, selon ses conclusions, engager une thérapie ou y participer. Il adapte sa pratique aux individus auxquels il est confronté : enfants, handicapés, personnes en fin de vie…»

C’est ainsi que le très officiel Onisep définit le psychologue : auxiliaire du médecin. On est bien loin de l’esprit comme de la lettre de la loi de 1985 portant titre unique de psychologue. Et la suite est à l’avenant. Tout serait à commenter. Voici par exemple le résumé présentant le « métier » de psychologue :

« Recrutement du personnel en entreprise, dépistage des troubles du comportement dans les crèches, accompagnement des malades… le psychologue écoute, observe, diagnostique et soigne ou conseille.»

« Dépistage des troubles du comportement dans les crèches », et pourquoi pas dans les maternités ? On se demande si l’Onisep qui vient de réécrire cette fiche sait la part prise par nombre de psychologues dans le mouvement Pasde0conduite . On se demande aussi s’il ne s’agit pas pour l’Onisep de prendre fait et cause pour l’Inserm.

Deux collègues du collège de l’Institut Camille Miret (Lot), ont écrit à l’Onisep une lettre que Gilles Dufour, responsable du collectif du Lot, m’a transmise – vous la lirez ci-dessous.

J’ai demandé à Véronique Pannetier, responsable du collectif de la Dordogne, et qui connaît très bien les questions d’orientation comme plusieurs de ses contributions dans les Instantanés nous l’ont montré, d’écrire un texte à ce propos – vous pourrez en prendre connaissance dans cet Instantané.

On lit la fiche Onisep en question ici (Les Métiers -> Dico des métiers. Lettre P -> psychologue).

Merci à nos collègues du Lot pour leur vigilance.

Nous vous invitons à envoyer des messages de protestation et de demande d’explications au directeur de l’Onisep, M. Hervé de Monts de Savasse – nous verrons plus tard s’il convient de s’adresser à son ministre de Tutelle, M. Gilles de Robien – en faisant mention de la démarche de nos collègues et du soutien que leur apporte l’InterCoPsychos.

Je viens d’envoyer, en tant que président d’InterCoPsychos, un courrier au directeur de l’Onisep sur cette affaire. Le cas échéant nous diffuserons sa réponse.

Le 24 mars à Port-de-Canet en Roussillon — Un monde de fous

Les Associations APEX, ÉQUINOXE et AFPREA, organisatrices de cette sixième « journée avec… » ont invité Patrick Faugeras, psychanalyste, à venir dialoguer en public avec Patrick Coupechoux, journaliste, autour de son ouvrage Un monde de fous . Ils évoqueront à la fois l’histoire de la folie et les conditions actuelles de l’exercice du soin dans la maladie mentale. Nous aurons, comme à l’accoutumée, trois temps d’échanges :

. • le matin, dès 9 h 30

. • l’après¬midi, à 14 h 30

. • de 16 h 30 à 18 h.

L’accueil des participants se fera à partir de 9H autour d’un petit déjeuner. Les équipes désirant présenter une situation ou une problématique particulière seront les bienvenues. Nous leur demandons, si cela leur est possible, de nous contacter quelques jours avant afin de pouvoir organiser leur prise de parole. Nous souhaitons, par cette formule et avec le soutien de discutants, faciliter les échanges entre Patrick Faugeras, Patrick Coupechoux et les participants.

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Patrick Coupechoux

Le fou est l’exclu par excellence. Gênant pour le bon fonctionnement social, perturbant pour notre vision de la norme, le fou fait peur. Exilé… Enfermé…
Pourtant, il appartient à l’humanité et l’interroge. Humain, si humain…
Regards sur l’histoire, regards d’aujourd’hui… Comment notre époque fait¬elle face au problème de la maladie mentale ?

.• Quelles sont les finalités de la psychiatrie?

.• Quelles sont ses missions ?

.• Quelle est la vision que nous avons aujourd’hui de la maladie mentale ?

.• Quels sont ses rapports avec la société ?

Les profondes mutations et les importantes remises en cause du système psychiatrique français donnent lieu aujourd’hui à un vif débat. Des reportages de terrain, auprès des principaux acteurs du milieu psychiatrique et auprès des malades, au sein des familles, dans les hôpitaux et les institutions, mais aussi dans la rue et les prisons…

Au-delà des témoignages qui rendent compte de la diversité des points de vue, il s’agit bel et bien d’un voyage dans un univers touchant, car humain, que nous propose Patrick Coupechoux. Il s’agit enfin d’un regard neuf sur la façon dont notre société entend aborder le problème de la maladie mentale. Patrick Coupechoux collabore au Monde Diplomatique . Après son travail sur l’autisme paru en 2004 ( Mon Enfant autiste, le comprendre, l’aider , Seuil), il a enquêté pendant une année dans le monde psychiatrique français et ainsi apporté la profondeur de ses vues.

Pierre Delion reçoit Patrick Coupechoux, journaliste, auteur du livre Un monde de fous . “Dès les premières lectures que j’ai pu faire pour préparer cette enquête, je suis tombé sur cette phrase de Bonnafé qui dit, de mémoire : « On juge le niveau de civilisation d’une société à la façon dont elle traite ses marges, ses fous, ses déviants . » Et j’ai trouvé cette phrase géniale. Je l’ai trouvée géniale, parce qu’elle correspondait pratiquement à ce que je cherchais moi, plus ou moins consciemment, et puis je l’ai trouvée géniale parce que je pense qu’il y a des lieux, il y a des moments où la société ne peut pas donner le change.

Où la société ne peut pas se travestir, et je pense que dans la folie, elle ne peut pas se travestir, disons qu’elle peut moins se travestir que dans d’autres domaines. Tout ce qu’elle porte en elle de violence, voire même de barbarie, de tension, de difficultés, notre belle société libérale d’aujourd’hui, elle peut le travestir dans les médias, je suis journaliste, donc je peux parler des médias. Elle peut le travestir dans les médias, elle peut le travestir dans la vie de certaines catégories sociales. Dès le moment où on arrive dans les marges, dès le moment où on arrive dans des lieux où effectivement, comme la folie, elle peut moins se travestir.

Et là on voit et on sent et on découvre les tensions et la réalité du fonctionnement social, dans ce qu’il peut avoir de poussé jusqu’au bout. Alors évidemment, je vais peut¬être y revenir tout à l’heure mais, c’était ça un petit peu le départ, cette phrase de Bonnafé.” (Extrait de la retranscription réalisée par Annie Peltier de l’intervention de Patrick Coupechoux, aux Journées de formation de l’Association Culturelle 59105, le 12 décembre 2006.)

Patrick Faugeras

Le psychiatre Italien Franco Basaglia, qui fut l’un des principaux acteurs de la lutte contre l’existence des asiles psychiatriques en Italie, avait coutume de dire que la première chose que l’on rencontre, en pénétrant dans un asile, ce n’est pas la maladie ou la folie mais la misère. Le parlement italien vota en 1978, la loi 180 autrement dite Loi Basaglia qui décrétait la fermeture des asiles psychiatriques existant et interdisait la création de structures similai¬res. Cette situation exceptionnelle en Europe, notamment par sa radicalité eut, entre autres, pour effet immédiat de rendre manifeste aux yeux de la population la plus large cette misère que paradoxalement les asiles étaient sensés contenir et dissimuler mais qu’en même temps ils ne cessaient de sécréter.

Cette misère ne saurait être due et limitée aux seules conditions socio¬économiques des internés — même si la plupart d’entre eux étaient et sont issus des milieux les plus défavorisés —, ni non plus aux conditions morales idéologiques — même si la folie est l’objet d’une stigmatisation et d’un rejet que seules de rares pathologies connaissent amenant parfois à son extermination pure et simple —, elle est essentiellement l’effet de la répression institutionnelle à laquelle ces internés sont soumis.

Longtemps et peut-être encore, le fou a été assimilé à un réprouvé, et longtemps, peut-être encore, le soin et le contrôle social se sont trouvés confondus. Lorsque, donc, la loi Basaglia fut votée en 1978 et que l’on ferma presque aussitôt l’asile psychiatrique de Volterra, ancienne ville étrusque au cœur de la Toscane et traditionnellement vouée au travail de l’albâtre, on retrouva, parmi les dossiers de l’administration une correspondance « retenue », émanant aussi bien des internés que de leurs familles. (…)

Les lettres « perdues », « détériorées », « interdites », « refusées » méritent à plus d’un titre d’être connues. D’abord, ne serait-ce que pour un juste retour des choses, elles méritent de sortir de l’anonymat auquel la considération de la folie et son « traitement » semblent la contraindre, mais aussi et surtout, parce que, malgré leurs étrangetés, parfois leur gaieté comme leur tristesse, s’y expriment non sans humour, fantaisie ou légèreté, la misère quoti¬dienne mais aussi les émotions, les peurs et la souffrance qui font la texture humaine de l’exis¬tence. Pourtant, cette pratique de censure n’est en aucun cas spécifique à l’asile de Volterra, toutes les institutions totalitaires ont toujours, pour des raisons les plus diverses, exercé ce pouvoir-là.

En cela, ce document n’a rien d’exceptionnel, mais il est d’une tonalité exceptionnelle parce que s’y exprime au cœur même de la détresse, pour peu qu’on y soit attentif, la dimension poétique de l’existence humaine. L’asile de Volterra, cette nef des fous est aujourd’hui laissée à l’abandon comme le furent, naguère, la plupart de ses occupants.

Si les traces de la vie asilaire que partagèrent, à certaine époque 800 patients, sont encore visibles, comme si les lieux avaient dû être quittés soudainement, leurs états actuels semblent témoigner encore de cette gangrène de la répression qui ronge depuis toujours tout rapport à la folie.

Extrait de l’ouvrage de Patrick Faugeras, à paraître en mars : “Lettres mortes” — Correspondance de la Nef des Fous.

Le 22 mars — Sexisme & racisme : les paradoxes de la domination

Sexisme et racisme : les paradoxes de la domination.

par Liliane Kandel

Sociologue. A été responsable du Centre d’études et de recherches féministes de l’Université Paris 7-Denis Diderot. Membre du comité de rédaction de la revue : Les Temps Modernes . A publié Féminismes et nazisme , Odile Jacob 2004.

Sexisme ? Le mot apparu dans les dictionnaires vers le milieu des années 70, est aujourd’hui d’usage courant. Il désigne ce racisme bien particulier qui, à l’instar du racisme anti-noirs ou anti-émigrés prétend définir une nature ou une essence immuable des femmes (le plus souvent d’ordre biologique) et légitimer de ce fait les discriminations, stigmatisations, insultes, violences ou persécutions, perpétrées à leur encontre : tout le registre donc de ce qu’il est convenu d’appeler la “domination masculine”.

Le parallèle imposé par les mouvements féministes, était nécessaire à l’époque pour faire accepter l’idée que la situation dominée des femmes, tout comme celle des autres groupes “racisés” était une construction historique, sociale et politique et qu’elle n’avait ni substrat ni justification biologique d’aucune sorte. Le succès sur ce plan fut incontestable.

Et aujourd’hui ? À travers l’analyse de quelques uns des avatars historiques du parallèle entre “sexe” et “race”, entre sexisme et racisme, on tentera d’examiner à la fois sa fécondité et ses impasses, ses limites et ses points aveugles, en se demandant en particulier jusqu’où il est possible de penser avec les mêmes grilles d’analyse, et de combattre avec les mêmes armes l’oppression raciale et l’oppression de femmes ? Le régime d’apartheid en Afrique du Sud et harcèlement sexuel dans les lieux de travail ? Les viols de guerre comme il y en a eu en ex-Yougoslavie par exemple ? Le refus d’embauche au “faciès” ? La publicité sexiste ? Le génocide des juifs ou des tziganes, ou des Tutsis au Rwanda ? L’absence de parité dans les institutions politiques ? L’inégalité de salaires entre hommes et femmes ? Les injures et insultes racistes ? On pourra se demander également s’il est possible de parler comme certains de “racisme anti-chrétien”, ou “anti-blanc”, ou si au contraire, racisme et sexisme sont seulement deux des multiples figures de la domination.

Y a-t-il autrement dit, un ou bien des racismes ? Un ou bien des sexismes ? Et entre eux des différences de degré, du plus anodin au plus meurtrier ? Ou bien des discontinuités, voire des contradictions ou des ruptures ?

DÉCRET au 21 mars : incertitude finale

Le 15:13 du 16 03 07 nous écrivions :

En définitive, le texte du décret d’application que soumettra le gouvernement au Conseil d’État ne sera pas le dernier texte (élaboré sous la pression d’Accoyer), mais le texte précédent, fruit d’un “compromis” avec le directeur de Cabinet Castex.

La situation a encore changé, Xavier Bertrand le ministre de la Santé quittant ses fonctions lundi prochain. Le décret pourrait avoir été diligenté comme annoncé au Conseil d’État, l’intérimaire successeur continuant de subir des pressions pour que le mauvais fer soit poussé au feu.

Incertitude finale donc pour ce problématique décret.