Serge Ginger nous quitte : la psychologie humaniste en deuil

Chères Amies, Chers Amis,

Nous avons la douleur de vous annoncer le décès de Serge Ginger survenu la nuit du 1er au 2 novembre à l’hôpital Georges Pompidou à Paris.

Nous sommes en contact avec sa famille, qui souhaite que la cérémonie de crémation se fasse dans la stricte intimité. Par la suite, une cérémonie du souvenir sera organisée pour les collègues et amis. Nous vous ferons parvenir les informations nécessaires.

Nous perdons non seulement un collègue, fondateur de la FF2P(1“), qui depuis 1995 au sein de cette institution a donné son temps, son énergie, son intelligence pour la défense de notre profession.

Nous perdons aussi un ami de 40 ans, un humaniste, infatigable combattant pour la reconnaissance de la profession de psychothérapeute, au sein du SNPPsy, puis de la FF2P, de l’EAP et de l’École parisienne de Gestalt.

Nous pensons à sa femme Anne, à leurs enfants et petits enfants à qui vous pouvez adresser vos condoléances par courrier au 183 rue Lecourbe – 75015 Paris ou par courriel à ginger.serge@gmail.com

Bien amicalement,

Michel Meignant
Président

Isabelle Crespelle
Vice-présidente


Anne GINGER, son épouse

Irène, Catherine, Luc, Nathalie, ses enfants, et leurs conjoints

Jean, Maëlle, Simon, Albin, Lise, Pascal, Robin, Jade, Denis, Maugane,

ses petits-enfants, vous informent du décès de

Serge GINGER

Survenu le 1er novembre 2011 à l’âge de 83 ans.


La crémation aura lieu dans l’intimité.

Une cérémonie du souvenir aura lieu le 6 janvier 2012

  • 1 La FFdP fut fondée à l’initiative du PSY’G par ce dernier syndicat et le SNPPsy, auquel appartenait Serge Ginger. Qui par la suite la transforma, après scission de l’AFFOP (1998), en FF2P. Note de la Rédaction.

Michel Rotfus sur Médiapart

Miller toqué du pape et de Julia Kristeva

04 Novembre 2011

Par Michel Rotfus

On s’amuse beaucoup ces temps-ci dans la tribu Miller sans trop se préoccuper de l’état de catastrophe dans laquelle se trouve l’Europe.

Chez les Miller, on joue à habemus papam. Comme la tribu n’a jamais supporté les relations de papa Lacan avec le pape – il voulait le rencontrer et il avait demandé à son frère de servir d’intermédiaire – les Miller, épouse, fils, fille, gendre, adeptes ont envoyé au cimetière où est enterré le vieux à Guitrancourt toute leur secte. Et les toqués de Miller ont défilé des heures devant la tombe, très contents comme ils le disent de vérifier que celle-ci n’était pas surmontée d’un crucifix. Oh bonheur ! Pas de sépulture pour Lacan-papam antéchrist.

Et puis patatrac ! Voilà que la tribu se met à adorer le pape. Ils aiment papam, ils adorent papam, ils sont toqués de papam au point qu’ils font de la publicité pour leur grande, chère et belle Julia Kristeva qui pourtant n’est pas très lacanienne : elle l’a dit des dizaines de fois. Elle n’aime pas les séances toquées à la va vite. Mais, oh grand honneur, elle a rencontré le Pape. Et oui! Elle était à Assise chez Saint François, le 27 octobre dernier, avec une écharpe sur l’épaule digne d’un évêque : Sollers devait se cacher dessous, on le voit avec son whisky gigoter tel un démon. Sur la photo, très sulpicienne (Da Vinci code est passé par là), on la voit entourée de moines encapuchonnés façon Zurbaran pour prononcer son grand discours en dix points sur l’humanisme au XXIe siècle.

Et du coup les Miller ont changé d’église : plus de haine des crucifix plus d’Antéchrist ni de Lacan sans dieu ni religion : vive la puissance papale ! Et je ne résiste pas au plaisir de citer un extrait du discours papal de Julia Kristeva, rendant hommage à Benoît XVI. Point de Lacan (prudente la Julia) mais du Rousseau, du Freud, du Voltaire, du Sade (diantre ! Sollers gigote sous l’écharpe) et du Coran et de la Bible en pagaille avec en plus Bouddha et le Tao. Elle aime toutes les églises la belle Julia. Elle en appelle aux “codes moraux immémoriaux”. Tout le monde est beau et gentil dans l’univers kristevien.

Voilà : “Mais le Babel des langages génère aussi chaos et désordres, que l’humanisme ne régulera jamais par la seule écoute attentive prêtée aux langages des autres. Le moment est venu de reprendre les codes moraux immémoriaux : sans les affaiblir, pour les problématiser, en les à rénovant au regard des nouvelles singularités. Loin d’être de purs archaïsmes, les interdits et les limites sont des garde-fous qu’on ne saurait ignorer sans supprimer la mémoire qui constitue le pacte des humains entre eux et avec la planète, les planètes. L’histoire n’est pas du passé : la Bible, les Évangiles, le Coran, le Rigveda, le Tao nous habitent au présent. Il est utopique de créer de nouveaux mythes collectifs, il ne suffit pas non plus d’interpréter les anciens. Il nous revient de les réécrire, repenser, revivre : dans les langages de la modernité.”

Habemus Kristevam, habemus Millerium, papam, papam.

Je crois qu’en ces jours des morts, je vais aller fleurir la tombe du divin Lacan à Guitrancourt et j’ajouterai un beau crucifix acheté place Saint Sulpice en souvenir de Da Vinci Code : Lacan les adorait comme les mystiques et les Jésuites. Le pauvre, lui il n’a jamais pu rencontrer le pape, il faudrait intervenir auprès de papam pour qu’il ait enfin sa vraie demeure chrétienne : en latin s’il vous plaît.


Miller Jacques-Alain, toqué de Pierre Macherey

23 octobre 2011

N’en déplaise à ceux qui pensent à tort que j’utilise les mêmes méthodes que la famille Miller, je suis tout de même effaré de l’entreprise policière qu’elle met en œuvre, cette famille, pour affirmer que seule doit prévaloir sa lecture de Lacan.

Tout est donc maintenant suspecté de déviation, d’incorrection politique et de malveillance. N’importe quel discours philosophique, historique, théorique est brocardé au nom de la “bonne ligne”, façon Corée du Nord. Voilà donc ce que JAM, sa tribu et ses clones appellent l’opinion éclairée : procès de Moscou, persécution, délire, dénonciation. On a froid dans le dos. Et voilà qu’il s’en prend au dernier livre de Pierre Macherey. Toqué, toqué ce Miller.

Je me souviens de Pierre Macherey, ce professeur qui nous a tant apporté. La rigueur et la richesse de son enseignement étaient égales à son côté bougon. Je me souviens de ses bretelles et de ses chemises à carreaux, salle Cavaillès à la Sorbonne.

Il vient de publier un excellent ouvrage, La parole universitaire, La Fabrique. Plutôt que de faire des remontrances aux professeurs ou aux ministres, il examine soigneusement les discours tenus par les penseurs sur l’Université : Rabelais, Kant, Hegel, Hermann Hesse, etc… Au passage, je me souviens que Roudinesco était aussi salle Cavaillès, dix ans après moi : elle cite beaucoup Macherey dans ses livres (c’est sans doute la raison de l’ire millérienne).

Voilà donc que Macherey a eu le culot de consacrer un chapitre de ce beau livre, son dernier, à Lacan. Péché, péché : les harpies sont en émoi. Il a osé dire que le bon docteur n’est pas une idole que l’on doit vénérer chaque jour à travers son guide suprême. Il montre, en étudiant le séminaire L’envers de la psychanalyse, les contradictions de Lacan à l’égard du discours universitaire : mépris, fascination, retournements, instrumentalisation. Lacan n’était pas simple, tout le monde le sait et plutôt que de raconter des sornettes sur les feux rouges brûlés comme le dit JAM, en se prenant pour un nouveau Plutarque, Pierre Macherey montre, – comme il a été le premier à le dire depuis trente ans –, que Lacan doit plus à Kojève qu’à Hegel. Il dit aussi que Lacan ne croyait pas aux illusions de la révolution et qu’il craignait de voir son enseignement devenir très universitaire, mais que, en voulant dégonfler les idéaux de l’Université réelle, il n’a fait qu’en reconstruire ses formes et les enjeux allant même jusqu’à rêver d’une Université idéale.

Lacan était un sac à malices, un Socrate qui envoyait des boulets de canon : vraiment je préfère ce Lacan là, celui de Macherey, insulté par les Miller, à tout le fatras sectaire que cette famille cherche à nous imposer. Quelle liberté de ton, quelle intelligence chez Macherey. Lisez vite ce livre décapant qui sans apporter de solution à la crise de l’Université contemporaine, décrit sa complexité : son envers, son endroit, ses méandres.


Miller Jacques-Alain insulte François Hollande

20 octobre

Décidément la tribu Miller s’en donne à cœur joie ces temps ci. Insultes, calomnies, campagnes de diffamation contre tout le monde, délire de persécution. Et maintenant la tribu et son chef New Age-born Again, se sont entichés de politique. Le chef toqué tient une chronique (Le Point, 20 octobre) : il déteste la gauche depuis toujours. Le voilà qui traite François Hollande de “relooké imperator” et qui nous explique, tel Monsieur Homais dans son officine à poisons, que la France veut être gouvernée au centre. Quelle découverte! Monlacan par-ci, monlacan par là, ode à monlacan chéri, je t’aime, je t’aime Lacan chéri. Il a tout expliqué monlacan, il a tout dit, il sait, grâce à son petit Miller bien grassouillet que Hollande est un monstre : “Une mue, une métamorphose à la Kafka, le lifting de tout le corps fade et flou…”. Je vous assure, c’est écrit comme ça, dans ce style années trente. Quelle vulgarité tout de même. Pauvre Hollande transformé en gros cafard par un psy timbré.


Miller toqué de Carla, de Rosanvallon et des autres

16 octobre

Dans ses publications insultantes contre le monde entier, Miller se désigne comme l’incarnation vivante de Lacan – born again? Diantre! Nous voilà dans le New Age! On comprend que son vieil ami Partrick Valas l’ait représenté sur son site avec un entonoir sur la tête. Il est vraiment toqué le pôvre. Et du coup, il a fait son université populaire pour se célébrer lui-même en Dieu vivant réincarné. Et il s’est déclaré le Coach de Carla Bruni : Carla, Carla où es-tu, j’ai déjeuné avec toi, je veux encore et encore… C’est écrit, c’est archivé.

Mais le voilà maintenant toqué de Pierre Rosanvallon. Vieille histoire. Le Miller, avec famille et tribu, insulte toute la gauche – vieille affaire – lui reprochant d’adhérer à la politique du marché. Et vlan, un coup contre Mélenchon, un coup contre Obama, un coup contre les autres et vive Tapie et Berlusconi, il les aime, il le dit parce qu’il accuse le peuple de les aimer. Quel mépris pour le peuple!
Mais c’est quand même Rosanvallon dont il est le plus toqué, comme il le dit dans Le Point (29 septembre 2011, p. 72 : “Rosanvallon, lui, rêve à chaque rentrée de faire rêver. Ah qu’il serait beau nous dit-il de vivre dans une société “refondée”, où les égaux – gogos, go! – danseraient tous en rond sur le pont d’Avignon.”
Pourquoi tant de vulgarité? Pardi. Rosanvallon est un auteur du Seuil dont le dernier livre, La Société des égaux, est un best-seller. Quelle tristesse pour la psychanalyse!

Pour l’heure, je vais aller soutenir François Hollande qui n’est pas du tout toqué. Certes, nul n’est “normal” mais enfin on a envie d’un peu d’humour – et il en a – et d’un peu de sérieux au milieu de cette folie. Moi j’aime bien la gauche et je ne supporte pas qu’on l’insulte de façon imbécile…. Ou alors il faut avoir des arguments.


Miller toqué de Roudinesco

11 octobre

Je ne m’attendais pas pour cette rentrée, où la presse célèbre avec intelligence et dignité le trentenaire de la mort de Lacan (avec des conférences de Jean-Claude Milner, Alain Badiou et Élisabeth Roudinesco notamment), à voir surgir sous la plume collective d’une petite secte convaincue de détenir la seule lecture possible de l’œuvre de leur maître, des écrits dignes des pamphlets de l’entre-deux-guerres, façon Léon Daudet ou des imprécations staliniennes des années cinquante.

Tel est bien le style de Madame Nathalie Jaudel, illustre inconnue, qui écrit sous la dictée de son mentor-psychanalyste Jacques Alain Miller, le tout étant hébergé par le site, genre Corée du Nord, de la Règle du Jeu (par BHL alias Botul) :

Roudinesco plagiaire de soi-même. Diantre! Nouveau concept dit lacanien ? De quoi se tordre de rire si l’on ignorait que hélas des cinglés de cette espèce mènent des cures psychanalytiques à cinq minutes la durée de séance, cinq fois par semaine comme ils s’en vantent eux mêmes dans un film documentaire passé récemment à la télévision, réalisé sous la houlette de Gérard Miller, frère du précédent (on s’y perd). Un analyste allumé y explique que Lacan volait de l’argent dans la poche de ses patients. Et il trouve ça formidable, très lacanien, absolument génial.

C’est quoi un “plagiat de soi-même”? : on recopie ce qu’on a déjà écrit? Mais pas une ligne du livre de Roudinesco, Lacan envers et contre tout, n’est la copie de ce qu’elle a écrit. Un plagiat de soi-même? Un auteur reprend des conférences dans un ouvrage? Tout le monde le fait. Et c’est normal. Mais ce n’est pas le cas du livre de Roudinesco. Et quand elle souligne qu’elle reprend des arguments déjà avancés, elle ajoute une note en bas de page comme tous les auteurs sérieux.

Incapable d’achever la transcription des séminaires de son beau-père – Miller, Jacques-Alain, le frère de l’autre, en a fait 15 en 38 ans, il en reste 10 et il a 67 ans, jugez vous-même – et incapable d’écrire la moindre ligne qui ne soit pas insultante, le voilà parti en croisade maniaque contre Elisabeth Roudinesco, historienne de renommée mondiale, dont il est à l’évidence jaloux. Il ne l’aime pas, la belle affaire! Miller, amoureux même pas éconduit, Miller toqué de Roudinesco, la suivant à la trace depuis trente ans. Il peut courir longtemps.

Aveuglé par sa haine, il a ordonné à ses troupes, qui lui obéissent comme des robots, d’organiser chaque jour un déluge d’immondices. Tout le monde en prend pour son grade : Michel de Certeau, le grand historien, traité de sale curé antilacanien, Henri Ellenberger, autre grand historien insulté, Derrida voué aux gémonies (il avait l’habitude), d’autres encore. Badiou en prend plein la figure. La tribu n’aime ni l’histoire ni la philosophie, ni la littérature, elle n’aime rien que son gourou adoré, elle se vautre dans la calomnie.

Lors de la manifestation de l’ENS du 9 septembre pour le trentenaire de Lacan – comme me l’a raconté un ami philosophe qui se marrait bien – Miller, Jacques-Alain, est arrivé vers 23h45 entouré de sa petite famille (enfants, petits-enfants) et de sa secte, hurlant et vociférant, tapant sur des tables sous l’oeil médusé de ceux qui étaient là. Et l’ancien normalien, devenu dingue de Roudinesco, laquelle enseigne justement dans cette prestigieuse école, s’est fait huer par les jeunes élèves qui buvaient tranquillement un verre dans le jardin face au magnifique bassin.

Inutile de dire qu’on ne doit jamais répondre à de tels brulots – tendance jaudéliens-millériens – qui déshonorent ceux qui en sont les auteurs. Et Roudinesco l’a bien rappelé dans son entretien à Libération (1er octobre,Comment former des psychanalystes équilibrés?)

Donc pas question de commenter les sottises robotiques de la pauvre Jaudel, certainement éprise de son mentor, qui n’a pas lu une ligne des textes qu’elle prétend commenter, qui se trompe de sources, de références et de citations : pas une seule n’est conforme à la réalité. Repassez vos examens Madame pauvre Jaudel, vous insultez, vous calomniez et vous êtes illisible. Et en plus, vous traitez d’antisémite un brillant universitaire, Jeffrey Mehlman, traducteur de Roudinesco (justement, ça ne vous plait pas), de Vidal-Naquet et de Régis Debray. Et accusé d’être le complice en antisémitisme de Roudinesco. On n’y comprend plus rien.
Quelle somme de conneries!

Lacan a dit que la psychanalyse ne pouvait rien contre la connerie. Elle peut encore moins contre la connerie des psychanalystes qui se prennent pour ses seuls héritiers et qui calomnient tous ceux, psychanalystes ou non, qui ne pensent pas comme eux. Amusant spectacle! Mais très triste quand on pense aux vrais événements d’aujourd’hui. Cette bande d’insulteurs professionnels, qui se disent psychanalystes, défigurent le débat psychanalytique français…

A qui appartient l’avenir ?


Julien Green

J’ai toujours beaucoup aimé la psychanalyse et son histoire et je suis triste de voir qu’elle est défigurée par ceux qui pourtant devraient la défendre. Mais passons pour le moment.

Aujourd’hui, il me revient en mémoire, le beau journal de Julien Green, L’avenir n’est à personne (Fayard, 1993) dont le titre me rappelle d’ailleurs un autre texte, L’avenir dure longtemps de Louis Althusser qui est aussi un journal par certains côtés, un émouvant témoignage de la vie d’un homme, détesté lui aussi par des médiocres et des imbéciles.

Et voilà ce que je lis à la page 317 de ce journal de Green, datée du 8 novembre 1991 (vingt ans déjà!) et dans lequel il relate sa rencontre avec l’historienne venue l’interroger sur ses relations avec Gide, Stefan Zweig et la psychanalyse : “Hier, journée passée avec Élisabeth Roudinesco qui m’a paru plus belle encore qu’à l’ordinaire dans une grande robe blanche. Arrivée tôt, elle est restée une grande partie de l’après-midi.” Et encore : “Que son œil noir est beau et que l’intelligence y brille mystérieusement.”

On comprend à lire ces pages combien l’intelligence et la beauté peuvent rendre bêtes et jaloux ceux qui ne se nourrissent de la haine et du mépris des autres….

Miller toqué

Quelques extraits du Blog de notre ami Michel Rotfus sur Médiapart. Octobre 2011

Miller toqué de Roudinesco

Je ne m’attendais pas pour cette rentrée, où la presse célèbre avec intelligence et dignité le trentenaire de la mort de Lacan (avec des conférences de Jean-Claude Milner, Alain Badiou et Elisabeth Roudinesco notamment), à voir surgir sous la plume collective d’une petite secte convaincue de détenir la seule lecture possible de l’oeuvre de leur maître, des écrits dignes des pamphlets de l’entre-deux-guerres, façon Léon Daudet ou des imprécations staliniennes des années cinquante.

Tel est bien le style de Madame Nathalie Jaudel, illustre inconnue, qui écrit sous la dictée de son mentor-psychanalyste Jacques Alain Miller, le tout étant hébergé par le site, genre Corée du Nord, de la Règle du Jeu (par BHL alias Botul) : «Roudinesco plagiaire de soi-même». Diantre! Nouveau concept dit lacanien ? De quoi se tordre de rire si l’on ignorait que hélas des cinglés de cette espèce mènent des cures psychanalytiques à cinq minutes la durée de séance, cinq fois par semaine comme ils s’en vantent eux mêmes dans un film documentaire passé récemment à la télévision, réalisé sous la houlette de Gérard Miller, frère du précédent (on s’y perd). Un analyste allumé y explique que Lacan volait de l’argent dans la poche de ses patients. Et il trouve ça formidable, très «lacanien», absolument génial…

C’est quoi un “plagiat de soi-même”? : on recopie ce qu’on a déjà écrit? Mais pas une ligne du livre de Roudinesco, Lacan envers et contre tout, n’est la copie de ce qu’elle a écrit. Un plagiat de soi-même? Un auteur reprend des conférences dans un ouvrage? Tout le monde le fait. Et c’est normal. Mais ce n’est pas le cas du livre de Roudinesco. Et quand elle souligne qu’elle reprend des arguments déjà avancés, elle ajoute une note en bas de page comme tous les auteurs sérieux.

Incapable d’achever la transcription des séminaires de son beau-père – Miller, Jacques-Alain, le frère de l’autre, en a fait 15 en 38 ans, il en reste 10 et il a 67 ans, jugez vous-même – et incapable d’écrire la moindre ligne qui ne soit pas insultante, le voilà parti en croisade maniaque contre Elisabeth Roudinesco, historienne de renommée mondiale, dont il est à l’évidence jaloux. Il ne l’aime pas, la belle affaire! Miller, amoureux même pas éconduit, Miller toqué de Roudinesco, la suivant à la trace depuis trente ans. Il peut courir longtemps…

Aveuglé par sa haine, il a ordonné à ses troupes, qui lui obéissent comme des robots, d’organiser chaque jour un déluge d’immondices. Tout le monde en prend pour son grade : Michel de Certeau, le grand historien, traité de sale curé antilacanien, Henri Ellenberger, autre grand historien insulté, Derrida voué aux gémonies (il avait l’habitude), d’autres encore. Badiou en prend plein la figure. La tribu n’aime ni l’histoire ni la philosophie, ni la littérature, elle n’aime rien que son gourou adoré, elle se vautre dans la calomnie.

Lors de la manifestation de l’ENS du 9 septembre pour le trentenaire de Lacan – comme me l’a raconté un ami philosophe qui se marrait bien – Miller, Jacques-Alain, est arrivé vers 23h45 entouré de sa petite famille (enfants, petits-enfants) et de sa secte, hurlant et vociférant, tapant sur des tables sous l’oeil médusé de ceux qui étaient là. Et l’ancien normalien, devenu dingue de Roudinesco, laquelle enseigne justement dans cette prestigieuse école, s’est fait huer par les jeunes élèves qui buvaient tranquillement un verre dans le jardin face au magnifique bassin….

Inutile de dire qu’on ne doit jamais répondre à de tels brulots – tendance jaudéliens-millériens – qui déshonorent ceux qui en sont les auteurs. Et Roudinesco l’a bien rappelé dans son entretien à Libération (1er octobre, «Comment former des psychanalystes équilibrés?»)

Donc pas question de commenter les sottises robotiques de la pauvre Jaudel, certainement éprise de son mentor, qui n’a pas lu une ligne des textes qu’elle prétend commenter, qui se trompe de sources, de références et de citations : pas une seule n’est conforme à la réalité. Repassez vos examens Madame pauvre Jaudel, vous insultez, vous calomniez et vous êtes illisible. Et en plus, vous traitez d’antisémite un brillant universitaire, Jeffrey Mehlman, traducteur de Roudinesco (justement, ça ne vous plait pas), de Vidal-Naquet et de Régis Debray. Et accusé d’être le complice en antisémitisme de Roudinesco. On n’y comprend plus rien.
Quelle somme de conneries !

Lacan a dit que la psychanalyse ne pouvait rien contre la connerie. Elle peut encore moins contre la connerie des psychanalystes qui se prennent pour ses seuls héritiers et qui calomnient tous ceux, psychanalystes ou non, qui ne pensent pas comme eux. Amusant spectacle! Mais très triste quand on pense aux vrais événements d’aujourd’hui. Cette bande d’insulteurs professionnels, qui se disent psychanalystes, défigurent le débat psychanalytique français…

À qui appartient l’avenir ?


Après les calomnies, voilà maintenant le mépris bien poli et bien lisse. Je n’ai jamais eu la prétention de penser que la vie intellectuelle française avait besoin de moi et des mes hauteurs de vue. J’ai enseigné modestement pendant plus quarante ans la philosophie dans des classes terminales et j’ai participé à de nombreux débats, notamment au Greph ou bien à ceux que j’ai moi-même organisé dans mon dernier lycée en y invitant des intellectuels prestigieux.

J’ai eu parfois des élèves difficiles mais jamais ils ne m’ont méprisé de cette façon grotesque.

J’ai été souvent très heureux d’enseigner et pendant si longtemps. J’y reviendrai dans ce blog en évoquant quelques souvenirs.

J’ai toujours beaucoup aimé la psychanalyse et son histoire et je suis triste de voir qu’elle est défigurée par ceux qui pourtant devraient la défendre. Mais passons pour le moment.

Aujourd’hui, il me revient en mémoire, le beau journal de Julien Green, L’avenir n’est à personne (Fayard, 1993) dont le titre me rappelle d’ailleurs un autre texte, L’avenir dure longtemps de Louis Althusser qui est aussi un journal par certains côtés, un émouvant témoignage de la vie d’un homme, détesté lui aussi par des médiocres et des imbéciles.

Et voilà ce que je lis à la page 317 de ce journal de Green, datée du 8 novembre 1991 (vingt ans déjà!) et dans lequel il relate sa rencontre avec l’historienne venue l’interroger sur ses relations avec Gide, Stefan Zweig et la psychanalyse : “Hier, journée passée avec Elisabeth Roudinesco qui m’a paru plus belle encore qu’à l’ordinaire dans une grande robe blanche. Arrivée tôt, elle est restée une grande partie de l’après-midi.” Et encore : “Que son œil noir est beau et que l’intelligence y brille mystérieusement.”

On comprend à lire ces pages combien l’intelligence et la beauté peuvent rendre bêtes et jaloux ceux qui ne se nourrissent de la haine et du mépris des autres…


Miller toqué de Carla, de Rosanvallon et des autres

Dans ses publications insultantes contre le monde entier, Miller se désigne comme l’incarnation vivante de Lacan – born again? Diantre! Nous voilà dans le New Age! On comprend que son vieil ami Partrick Valas l’ait représenté sur son site avec un entonoir sur la tête. Il est vraiment toqué le pôvre. Et du coup, il a fait son université populaire pour se célébrer lui-même en Dieu vivant réincarné. Et il s’est déclaré le Coach de Carla Bruni : Carla, Carla où es-tu, j’ai déjeuné avec toi, je veux encore et encore… C’est écrit, c’est archivé…
Mais le voilà maintenant toqué de Pierre Rosanvallon. Vieille histoire. Le Miller, avec famille et tribu, insulte toute la gauche – vieille affaire – lui reprochant d’adhérer à la politique du marché. Et vlan, un coup contre Mélenchon, un coup contre Obama, un coup contre les autres et vive Tapie et Berlusconi, il les aime, il le dit parce qu’il accuse le peuple de les aimer. Quel mépris pour le peuple!
Mais c’est quand même Rosanvallon dont il est le plus toqué, comme il le dit dans Le Point (29 septembre 2011, p. 72 : “Rosanvallon, lui, rêve à chaque rentrée de faire rêver. Ah qu’il serait beau nous dit-il de vivre dans une société “refondée”, où les égaux – gogos, go! – danseraient tous en rond sur le pont d’Avignon.”
Pourquoi tant de vulgarité ? Pardi. Rosanvallon est un auteur du Seuil dont le dernier livre, La Société des égaux, est un best-seller. Quelle tristesse pour la psychanalyse !

Pour l’heure, je vais aller soutenir François Hollande qui n’est pas du tout toqué. Certes, nul n’est “normal” mais enfin on a envie d’un peu d’humour – et il en a – et d’un peu de sérieux au milieu de cette folie. Moi j’aime bien la gauche et je ne supporte pas qu’on l’insulte de façon imbécile…. Ou alors il faut avoir des arguments.

à suivre

SYRIE : Libérez Rafah Nached

–

Laure Murat, L’homme qui se prenait pour Napoléon. Pour une histoire politique de la folie

L’Homme qui se prenait pour Napoléon, de Laure Murat : l’Histoire en délires

Critique | LE MONDE DES LIVRES | 13.10.11 , daté du 14 octobre. La Une.

Par Élisabeth Roudinesco

Laure Murat, L’homme qui se prenait pour Napoléon. Pour une histoire politique de la folie, Gallimard, 367p., 24,90 €.

Tous les médecins de l’âme se sont posés la question de savoir si les troubles politiques jouaient un rôle dans l’éclosion du délire et dans l’apparition de la folie. C’est dans cette perspective que les fondateurs français de la psychiatrie, Philippe Pinel et Etienne Esquirol, tous deux héritiers des Lumières, de la Révolution, de l’Empire et de la Restauration, ont abordé cette question à travers leurs écrits et leur pratique clinique. Quant à Laure Murat, elle revisite à son tour cette problématique de façon résolument nouvelle dans cet essai fort bien documenté et appuyé sur des archives inédites.

Elle compare en effet les élaborations théoriques et cliniques des deux aliénistes et de leurs successeurs avec les discours des aliénés célèbres ou anonymes. D’un côté comme de l’autre, les paroles, les concepts, les diatribes, les engagements s’enchevêtrent. Les savants et les fous sont persuadés, les premiers que les troubles liés aux violences politiques de l’époque se retrouvent dans les délires et les seconds que ces mêmes troubles sont à l’origine de leur destin glorieux ou malheureux.

Aussi bien retrace-t-elle l’itinéraire du Marquis de Sade, haï de tous les régimes et enfermé contre son gré à Charenton, en 1803, pour ses vices et ses écrits alors qu’il n’était pas fou, et, a contrario, celui de Théroigne de Méricourt, internée à la Salpêtrière au lendemain de la Terreur, après qu’elle eut sombré dans une mélancolie profonde, consécutive à l’effondrement de son idéal révolutionnaire qui avait fait d’elle l’une des pionnières du féminisme.

A quoi Laure Murat ajoute l’une des grandes figures paradigmatiques de l’univers asilaire post-impérial et toujours présent dans la conscience collective moderne : « l’homme qui se prend pour Napoléon, monomane coiffé d’un bicorne, la main dans sa redingote grise et le regard braqué sur un horizon de gloire. » Et elle cite un rapport d’Alphonse Esquiros rédigé en 1847 : “L’année où l’on ramena à Paris le cercueil de Napoléon, écrit-il, le docteur Voisin constata à Bicêtre l’entrée de treize à quatorze empereurs (…) Cette présence de Napoléon parmi nous, les images, les signes extérieurs dont on entoura sa mémoire et qui semblaient pour ainsi dire multiplier sa figure, tout contribua à créer dans cet événement une cause particulière d’aliénation mentale.”

Si chaque maison de fous héberge ses dieux, ses rois, ses reines, ses empereurs, ses ministres et ses courtisans, cela signifie bien que le discours de la folie – celui des fous et celui des savants – va de pair avec une organisation de l’asile et de la clinique qui ne fait que refléter l’ordre social dont il est issu. Et pour montrer que cette concordance existe, Laure Murat reprend à son compte, pour en analyser les effets, la thèse balzacienne selon laquelle en coupant la tête du roi les révolutionnaires auraient mis fin à l’autorité patriarcale et à toute une représentation de la société centrée sur la figure de dieu le père.

Et d’ailleurs, souligne-t-elle avec subtilité, la naissance de la psychiatrie coïncide avec l’invention de la guillotine dont le spectre demeure présent au coeur de l’œuvre et de la pratique de Pinel. Traumatisé par l’exécution de Louis XVI à laquelle il avait assisté le 21 janvier 1793, celui-ci en avait conclu qu’à dater de jour la France entière avait «perdu la tête» et que les aliénés étaient les plus touchés. En témoigne cet horloger, traité par lui, et devenu fou à cause du «mouvement perpétuel» de la guillotine. Il affirmait avoir perdu sa véritable tête au profit d’une autre de substitution qui ne lui convenait pas.

Si les fondateurs de la psychiatrie cherchaient à restaurer la figure de l’autorité patriarcale en inscrivant le fou dans la dépendance du savant, nouveau consolateur des passions d’une époque, leurs successeurs n’eurent de cesse de poursuivre cette entreprise notamment entre 1840 et 1870.

On sait qu’à partir des années 1860, sous l’influence du darwinisme, le discours psychiatrique épousa de plus en plus les principes répressifs du nouvel ordre bourgeois au point de définir la notion même de révolution comme un acte de terreur et de folie. Les foules, comme l’indique Laure Murat, furent alors stigmatisées pour leur «hystérie» tandis que se profilait la montée d’un antisémitisme qui allait faire du Juif comme de l’homosexuel un dégénéré. Quant à l’aliéné, réduit à ses comportements, il fut assimilé à un déviant dangereux et de plus en plus incurable. D’où la transformation de l’asile en une vaste institution d’observation : un lieu de mort et de misère, sans échange thérapeutique, et qui ne sera mis en cause qu’après 1905, avec l’abandon progressif de la doctrine de la dégénérescence et sous l’influence d’un nouveau dynamisme fondé sur l’apport de Freud.

À cet égard, on lira avec intérêt les belles pages que Laure Murat consacre à la Commune et à ses pétroleuses désignées comme des monomanes syphilitiques : “En cela, les aliénistes confortent l’opinion bourgeoise prompte à assimiler la Commune à un acte de démence.” Et elle ajoute, citant Jules Vallès, qu’il faudra bien “un jour renverser les maisons de fous comme celles des rois”.

L’ouvrage s’achève sur une visite effectuée par l’auteur à l’hôpital de Charenton, rebaptisé Esquirol en 1973, et devenu de nos jours une sorte de dépôt où sont hébergés en silence des patients hébétés, soumis à des traitements chimiques. Dans une niche, au centre de tous les regards, se dresse une statue d’Esquirol protégeant de son manteau un aliéné étendu à ses pieds : mémorial muet de ce que fut, dit-elle, “la période la plus brillante de la psychiatrie française”.

Au terme de ce parcours, on ne peut que se rappeler l’injonction de Bertrand Barère, le 23 Messidor an II, annonçant tout à la fois la création de l’asile et l’espoir de sa disparition future. Comme si la Révolution s’était donné pour tâche de faire parler le délire plutôt que de le taire. Car on sait bien que l’effacement de ses traces menace une société bien plus qu’elle ne la protège.

Tel est le message délivré par ce beau livre érudit et original.

Titre de psychothérapeute: une réécriture de l’annexe au décret d’application est en cours!

S’organiser ou périr, tel est le diktat !

07 octobre 2011

titre de psychothérapeute : où en sont-ils ?

Selon le SNP – Syndicat national des psychologues, la réécriture par le ministère de l’annexe du décret n° 2010-534 du 20 mai 2010 relatif au titre de psychothérapeute serait en cours. Voici ce qu’en dit ce syndicat.

Comme l’a précisé Xavier Bertrand dans une réponse faite à un député l’interrogeant sur ce point à la demande d’une adhérente du SNP, le Syndicat national des psychologues : “Les discussions menées ont permis de finaliser une proposition visant à mieux reconnaitre les cursus de psychologie. Cette proposition fait actuellement l’objet d’une expertise avec le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche et devrait permettre de trouver rapidement un consensus avec la profession.”

Après plusieurs aller-retour et discussions, une nouvelle rédaction de l’annexe du décret nous est effectivement soumise conjointement par les deux ministères, santé et enseignement supérieur.

Cette proposition stipule :

Psychologues : dispense totale de l’enseignement théorique

&

– Aucun mois de stage, soit dispense totale, pour les titulaires d’un titre de formation accompagné d’une attestation de stage d’une durée de 5 mois minimum au sein d’un établissement mentionné au deuxième alinéa de l’article 4 du présent décret.

– Deux mois de stage pour les titulaires d’un titre de formation non accompagné d’une attestation de stage d’une durée de 5 mois minimum au sein d’un établissement mentionné au deuxième alinéa de l’article 4 du présent décret.

Cette formulation ferait enfin droit à notre demande de reconnaissance de la formation des psychologues sur le plan théorique pour tous et sur le plan pratique pour tous les masters incluant des stages au contact de la psychopathologie et dont attestation pourra être fournie par les universités en accompagnement du diplôme.

Les deux ministères attendent notre éventuel accord sur ce texte avant le 15 octobre 2011.

J.Borgy, SNP, le (05/10/2011)

http://www.psychologues.org/modules/news/article.php?storyid=200


nos nouveau nom de métier et titre demeurent

Les ARS ne travaillant ni au même rythme ni apparemment toujours selon les mêmes critères, ces dernières modifications (toujours en cours) risquent d’accentuer les différences de traitement des dossiers. Il n’y aura plus qu’à s’armer de patience et de recours quand nécessaire.

De toute façon cela ne change rien au nouveau nom de métier de psychopraticien que notre déjà ancienne profession professe dorénavant ni au titre de psychopraticien relationnel (SNPPsy), dorénavant notre bien commun.

“psychothérapeute ou psychopraticien ?”

La profession de psychothérapeute est désormais réglementée en France. Pourtant, il vous est toujours possible de bénéficier d’une solide formation en psychothérapie, tant pratique que théorique… et de devenir un professionnel de la psy !

1) Psychothérapeute est juridiquement parlant un titre et non une profession. La confusion est constante. La dénoncer ou énoncer, ne jamais la commettre.

2) Préciser : un professionnel de la psy désigne à proprement parler l’ensemble des professionnels du psychisme, soit psychiatres, psychologues, psychanalystes (eux-mêmes psychiatres ou psychologues dans leur quasi totalité), psychopraticiens, au total quatre métiers.

• Quel statut ?

• Les écoles

• Les fédérations

Quel statut ?

Psychopraticien, c’est désormais le titre que vous pourrez porter si vous désirez vous engager dans une formation en psychothérapie.

3) psychopraticien n’est pas un titre mais un nom de métier

4) auparavant psychothérapeute désignait en tant que terme générique un praticien précisément en psychothérapie, comme ce nom l’indique, sans aucune précision sur ce que le terme psychothérapie peut signifier, c’est pourquoi il s’agissait d’une dénomination générique.

5) autrefois le SNPPsy décernait le titre de psychothérapeute titulaire du SNPPsy. a) psychothérapeute : nom de métier – b) titulaire : porteur du titre, décerné à ceux des membres du syndicat satisfaisant aux Cinq critères dont le 5ème critère). (1“)

« Le titre de psychothérapeute a été vidé de son sens… » déplore Serge Ginger, secrétaire général de la Fédération française de psychothérapie et psychanalyse (FF2P). C’est pourquoi tous les syndicats représentatifs de la profession se sont mis d’accord sur le terme de psychopraticien – qui peut éventuellement être assorti du qualificatif “certifié” ou “relationnel”.

6) inexact, il ne s’agit pas de “tous les syndicats représentatifs” mais des {{deux syndicats historiques représentatifs, PSY’G et SNPPsy, + les deux fédérations FF2P et AFFOP historiques représentatives de la profession qui se sont mis d’accord sur le terme de psychopraticien – qui, assorti du qualificatif certifié (FF2P), agréé (PSY’G) ou relationnel (SNPPsy, AFFOP), se mue en titre. Cela compte uniquement les 4 organisations regroupées dans le cadre du GLPR, délivrant 3 titres et aucun autre. Attention aux contre-façons mises en ligne.}}

[Le texte se poursuit ainsi :] Il ne s’agit donc pas d’un titre, mais de la dénomination d’une activité professionnelle, comme celle d’ingénieur ou de chef d’entreprise, mais qui a été déposée à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) en 2009.

7) Exact : pas un titre (cette seconde assertion, correcte, vient en contradiction avec la phrase erronée du début de l’article : “Psychopraticien, c’est désormais le titre que vous pourrez porter“). Seulement partiellement exact : une activité professionnelle devient profession en s’organisant et se pourvoyant d’institutions de référence, c’est ce qui est arrivé aux psychopraticiens.

En effet, sous couvert de vouloir réglementer la profession et de protéger les patients, le nouveau titre légal de psychothérapeute défini par la loi d’août 2009 et le décret de mai 2010 est maintenant réservé aux psychiatres, ainsi qu’aux médecins qui auront effectué quelques stages, aux psychanalystes et psychologues moyennant des formations complémentaires, aux “anciens” psychothérapeutes qui ont plus de cinq ans d’exercice et devront passer devant une commission… Au final, on aboutit à un méli-mélo de dispositions incompréhensibles. Les connaissances théoriques sont dorénavant privilégiées par rapport à l’expérience personnelle.

8) pas si incompréhensible que ça. Les seuls détenteurs du savoir académique, pourvu d’un diplôme universitaire se verront désormais, à leur demande, pourvus du titre de psychothérapeute de nouvelle désignation.

Aussi, les deux fédérations FF2P et AFFOP, conjointement aux deux syndicats PSY’G et SNPPsy regroupés dans le cadre du GLPR ont-ils synchronisé leurs efforts et veillent-ils ensemble à la rigueur des cursus et systèmes de certification qu’eux seuls encadrent, fournissant une saine alternative.

La FF2P pour sa seule part ayant clarifié ses positions (?) donne les conseils suivants pour choisir son école. Toutes les formations crédibles exigent un solide engagement dans une démarche personnelle de thérapie. Cela vous permet de vous assurer que la méthode dont vous voulez suivre le cursus de formation correspond à votre personnalité, à votre demande, aux espoirs que vous mettez dans votre futur métier. Pour obtenir le titre de psychopraticien certifié (FF2P), vous devrez suivre une formation complète à une méthode reconnue : gestalt-thérapie, analyse transactionnelle, hypnose éricksonienne, programmation neurolinguistique, approches psychocorporelles… Vous devrez suivre une formation en psychologie et en psychopathologie clinique ; avoir une supervision tout au long de votre pratique ; vous engager à vous conformer à la charte déontologie de votre profession et être accrédité par une commission nationale de pairs. Lorsqu’une école affiche la mention “formation certifiante”, cela signifie qu’une attestation de formation est décernée à la fin d’un cycle de formation. Ces attestations ne sont pas reconnues par l’État, mais dans la plupart des cas par les fédérations d’une même méthode.

9) En effet la FF2P est une fédération fondée sur le principe de la reconnaissance des méthodes (dont elle esquisse la liste EAP) et par les méthodes (dont elle valide après-coup les diplômes qu’elle transmue alors en CEP). Son système la caractérise, par quoi elle se différencie de ses trois partenaires du GLPR, qui valident la personne du praticien lui-même, lors de son passage devant des comités de pairs (5ème critère).

L’AFFOP (dont le SNPPsy est membre) ne délivre pas les mêmes conseils, elle propose d’en passer par ses écoles agréées (diplôme) puis de franchir la seconde ligne de la titularisation qu’offrent ses organismes titularisants (cinq critères dont l’accent sur le Cinquième)


Voir également à ce sujet

– profession
– reconnaissance
– titre générique de psychothérapeute
– psychopraticien relationnel [ex psychothérapeute relationnel]
– psychopraticien [ex psychothérapeute]
– psychothérapeute
– psychothérapeute NN : nouvelles normes
– psychothérapeute relationnel et/ou psychopraticien relationnel
– psychothérapeutes (les)
– Carré psy


  • 1 Il décerne maintenant le titre de psychothérapeute relationnel membre titulaire du SNPPsy (titre).

Comment former des psychanalystes équilibrés ?

Interview par Béatrice Vallaeys

Pour son essai sur Jacques Lacan, Élisabeth Roudinesco est attaquée en justice par la fille du maître. [Image : Sans titre]
L’historienne réplique en dénonçant les «délires interprétatifs» de certains psychanalystes.

Historienne renommée de la psychanalyse, directrice de recherche à l’université de Paris-VII, élisabeth Roudinesco publie Lacan, envers et contre tout, trente ans après la mort du psychanalyste. Dans ce livre, elle accentue les traits marquants de sa personnalité, Lacan et Antigone ; Lacan, penseur d’Auschwitz ; Lacan, penseur des Lumières sombres, et Lacan baroque… ce qui ne plaît pas à Judith Miller, la fille du psychanalyste, qui intente un procès à l’historienne. À cette occasion, Élisabeth Roudinesco évoque l’attitude des intellectuels et des psychanalystes dans les conflits de la pensée.


La fille de Jacques Lacan a porté plainte en justice contre vous. Que vous reproche-t-elle ?

Je tombe des nues ! Judith Miller prétend me faire un procès sur une question de sépulture et de funérailles, déjà évoquée dans la biographie que j’ai consacrée à Lacan, en 1993 (1). Elle se sent offensée, mais ne défend aucun point de vue puisque je ne porte pas atteinte à la mémoire de Lacan. La famille Miller utilise l’ombre de Lacan, lequel n’est pas en cause, pour délirer et salir mes écrits.

En quoi est-ce si grave que l’affaire arrive au tribunal ?

Dans l’ouvrage que je viens de publier, je fais état du commentaire de Lacan sur Antigone, la pièce de Sophocle d’où est tiré d’ailleurs le titre de mon essai : Envers et contre tout. Dans ce texte, Lacan distingue la sépulture des funérailles, et il souligne que seul l’acte des funérailles – le rite – préserve, par-delà la mort, l’être du sujet, et que la sépulture ne suffit pas : on ne doit pas enterrer les morts comme des “restes”, dit Lacan. Et comme j’ai montré qu’il était attaché au rite des funérailles catholiques, au point d’avoir dit qu’il voulait mourir à Rome ou à Venise, sans être croyant, j’ai fait remarquer dans ce nouvel essai ce que j’avais déjà dit autrement : il eût souhaité des funérailles catholiques.

C’est un point de vue, et c’est mon droit d’émettre des hypothèses qui ne concernent en rien la famille, que je ne mentionne pas dans cet essai. Que les proches de Lacan se sentent persécutés, c’est leur affaire, pas la mienne. Du point de vue scientifique et historiographique, l’œuvre de Lacan appartient à tout le monde, et on a le droit de la commenter de manière multiple.

Comment un intellectuel peut-il être procédurier ? Existe-t-il une vérité juridique ?

Le recours au droit est une manière de se dérober au débat intellectuel. On injurie l’autre pour se dire offensé : on voit dans l’autre non pas un adversaire avec lequel on peut débattre, mais un ennemi qu’il faut abattre. Moi, je n’ai jamais fait de procès à personne, alors que je suis fréquemment insultée. Je suis favorable à des débats vifs, et il y en a souvent. Mais là, il n’y a aucun argument scientifique.

Quelle image le public et les analysants vont-ils avoir de la psychanalyse face à un tel déferlement procédurier ?

C’est d’autant plus surprenant que le langage est censé être le moyen le plus adapté en psychanalyse pour discuter, se disputer même.

C’est ce que disait Freud : “Cela me déroute parfois que les analystes eux-mêmes ne soient pas radicalement changés par leur commerce avec l’analyse.” Force est de constater qu’il y a un peu plus de délires interprétatifs dans la communauté psychanalytique depuis ses origines que dans d’autres disciplines. Pourquoi ? Parce que ceux qui s’intéressent aux gens qui vont mal ont eux-mêmes parfois traversé des épisodes difficiles, dépressifs, réactionnels ou violents. Historiquement, cela concerne tous les praticiens des médecines de l’âme, et les institutions psychiatriques, psychanalytiques ou de psychothérapie en ont eu conscience. Il y a un beau film de Vincente Minelli, tourné en 1955, la Toile d’araignée, qui fait état de cette question. Dès ses débuts, le mouvement psychanalytique y a été confronté. Comment former des psychanalystes qui soient “équilibrés” et qui sachent dominer leurs passions ? Périodiquement, il y a des délires dans le monde psychanalytique. Notamment aussi parce que les psychanalystes ont constitué des associations qui échappent aux règles de l’enseignement public. A l’université, vous n’avez pas le droit d’insulter votre collègue du département d’à côté.

La psychanalyse n’est-elle pas le lieu où tout peut-être dit ?

A priori, oui. Mais on y rencontre des fous sympathiques, comme Wilhelm Reich, qui a apporté beaucoup de choses à la psychanalyse et au marxisme. C’était un authentique penseur et praticien. Si, par moments, il délirait, il a quand même eu raison sur le fait qu’il ne fallait pas que le mouvement psychanalytique allemand s’engage dans une collaboration avec le nazisme, comme l’a fait Ernest Jones. Ensuite, après son émigration aux Etats-Unis, Reich a construit une théorie délirante de l’énergie sexuelle, et il a terminé sa vie dans un pénitencier après un procès pour escroquerie. Figure tragique de l’histoire de la saga freudienne, comme d’autres d’ailleurs. Je songe aussi à Otto Gross, psychiatre autrichien, freudo-nietzschéen toxicomane, retrouvé mort après une longue errance sur les trottoirs de Berlin.

Actuellement, le mouvement analytique se professionnalise. Et il cherche plutôt à se normaliser et à ne plus tolérer des praticiens délirants. Mais attention, trop de normes exclut aussi le talent. Lacan, qui n’était ni fou ni délirant, a été considéré à tort par ses ennemis comme un gourou démoniaque. Thèse absurde. Il s’occupait des psychotiques, des mystiques, et il était fasciné par les extrêmes. Il était capable d’excès, comme les surréalistes, et il mettait en cause l’opinion commune. Ces esprits-là sont précieux.

S’envoyer des noms d’oiseaux est un sport très pratiqué chez les intellectuels français…

Les querelles d’intellectuels existent partout, mais en France, on bat tous les records : pensez aux insultes proférées contre Sartre et Simone de Beauvoir, contre Foucault, contre Derrida. Quand je me fais insulter, je suis donc l’héritière d’une assez belle dynastie. Parce qu’en France, depuis la fin du XIXe siècle, les figures d’avant-garde jouent un rôle plus important dans la gestion de l’opinion que dans d’autres pays.

D’où vient ce talent de magistère chez les intellectuels français ?

De la Révolution de 1789. La France est le seul pays où l’on a coupé la tête du roi sans réinstaurer la monarchie, comme l’ont fait les Anglais. Et, auparavant, au XVIIIe siècle, les encyclopédistes avaient ouvert la voie à la Révolution. Il y a des Lumières allemandes, mais les Lumières françaises sont premières et différentes. C’est pourquoi les historiens parlent «d’exception française». Les penseurs, les écrivains et les intellectuels ont un réel impact sur l’opinion publique. Cela reste vrai aujourd’hui. Quand on nous regarde de l’étranger, on envie nos débats. Probablement que Freud est aussi, comme Darwin, l’un des intellectuels les plus insultés.

Les intellectuels français ont-ils tendance à ériger des idoles ?

Ce n’est pas spécifiquement français. Il y a toujours eu de l’idolâtrie dans tous les domaines intellectuels. On idolâtre un maître, ce qui est une manière de l’anéantir, de le soustraire à l’histoire et à tout héritage scientifique plutôt que de saisir l’œuvre de façon critique : fidèle et infidèle. Chez les analystes, ça prend parfois une tournure grave quand certains d’entre eux pensent que la lecture des œuvres des psychanalystes n’est pas la même si l’on est analysé ou pas, si l’on pratique la psychanalyse ou non. D’où parlez-vous ? Il y a là une illusion : parce qu’ils sont psychanalystes ou qu’ils sont traversés par l’expérience de la cure, ils entretiendraient un rapport privilégié avec le texte du maître. Il ne faut pas se laisser impressionner par cette attitude.

Vous n’êtes pas procédurière mais vous ne lâchez jamais, d’où cela vous vient-il ?

De ma mère et de l’esprit de la Résistance. Née en septembre 1944, je viens d’une famille juive assimilée où on n’a pas porté l’étoile jaune car on était résistant. J’ai été baptisée catholique dans une famille de juifs républicains. Le baptême catholique servait à quelque chose. J’allais au catéchisme sans vraiment comprendre pourquoi mais, avec le temps, j’ai mesuré combien cela m’a appris du point de vue esthétique : j’aime l’art baroque. C’est quelque chose que j’ai bien compris chez Lacan, d’autant que j’ai été initiée à l’histoire par Michel de Certeau, père jésuite, membre comme moi de l’École freudienne de Paris, fondée par Lacan.

Freud considérait la religion comme une névrose, ce qui ne l’a pas empêché de s’occuper de Moïse et de religion. Lacan ne considérait pas que la foi fût une névrose. C’est une connaissance de Dieu qu’il ne partageait pas, mais il a compris la quête de spiritualité des chrétiens, beaucoup plus que Freud. D’où le fait qu’il a voulu rencontrer le pape en 1953, par l’intermédiaire de son frère, Marc-François Lacan, moine bénédictin, pour lui “exposer sa doctrine“.

N’êtes-vous pas actrice d’une scène théâtrale où tout le monde en fait des tonnes et qui finit par agacer l’opinion ?

Peut-être, mais pour vous répondre sur la ténacité, je vais vous raconter une histoire que j’ai évoquée dans mon livre de 2009 (2). En Algérie, en 1966-1967, j’enseignais la littérature au centre de Boumerdès. Au moment de la guerre de Six-jours, les murs de plusieurs salles de classe – dont la mienne – furent couverts de croix gammées. La plupart des professeurs français refusèrent de voir dans cet acte une manifestation d’antisémitisme. Ils pensaient qu’un symbole n’a pas la même signification selon le contexte dans lequel il est utilisé. La discussion fut vive. Finalement, je pris la décision de convaincre mes élèves de nettoyer les murs. Et pour bien leur faire entendre ce que j’avais à dire, je leur donnai un cours sur la Seconde Guerre mondiale et sur les camps de la mort. J’étais déjà structuraliste au moment de cette expérience : je pensais déjà qu’un signifiant est un signifiant, et qu’aucun relativisme culturel ne justifie qu’on négocie cette affirmation.


(1) Jacques Lacan, esquisse d’une vie, histoire d’un système de pensée, Fayard. On peut à présent se le procurer deux en un : Élisabeth Roudinesco, Histoire de la psychanalyse en France, suivi de Jacques Lacan, édition révisée et augmentée, 2009, Paris, Pochothèque, 2118 p., 29 €.- Incontournable pour tout professionnel.

(2) Retour sur la question juive, 2009, Paris, Albin Michel, 320 p.-

Jacques Lacan 30 ans après – programme 2011

Lacan trente ans après

À l’occasion du trentième anniversaire de la disparition de Jacques Lacan (1901-1981), plusieurs manifestations, articles de presse et parutions sont prévus pour l’année 2011-2012

Parutions, début septembre

Jacques Lacan. …ou pire, Le Séminaire, livre XIX. Et : Je parle aux murs, textes établis par Jacques-Alain Miller, Seuil.

Jean-Claude Milner, Clartés de tout. Entretiens, Verdier.

Élisabeth Roudinesco, Lacan, envers et contre tout, Seuil.

Élisabeth Roudinesco : rencontres, débats, lectures

1- PARIS, rue d’Ulm

vendredi 9 septembre, de 19:30 à minuit : 50 lecteurs – philosophes, historiens, comédiens, cinéastes, écrivains, journalistes et psychanalystes – liront des textes de Lacan choisis par Catherine Clément en trois lieux de l’École normale supérieure (ENS), 45 rue d’Ulm, 75005 Paris. Entrée libre.

2 – LYON, villa Gillet

Jean-Claude Milner & Élisabeth Roudinesco


jeudi 22 septembre à 19:30
: débat entre Jean-Claude Milner et Élisabeth Roudinesco, Villa Gillet, 25 rue Chazières, Lyon.

3 – PARIS, au Centre national des Lettres

jeudi 29 septembre à 19:00 : débat avec Élisabeth Roudinesco, Centre national des lettres, 53 rue de Verneuil, 75007 Paris.

4 – PARIS, BNF

Alain Badiou et Élisabeth Roudinesco

mardi 4 octobre à 18:30 : Bibliothèque nationale de France : débat entre Alain Badiou et Élisabeth Roudinesco sur le thème Lacan, trente ans après, grand auditorium, en partenariat avec Philosophie-Magazine et France culture. Quai François Mauriac, 75706 Paris cedex 13. Entrée libre.

5 – Autres rencontres avec Élisabeth Roudinesco

Bordeaux (librairie Mollat, mercredi 14 septembre), Paris (librairie Le Divan, dimanche 18 septembre, et FNAC forum des Halles, le mercredi 21 septembre à 17h, Strasbourg (librairie Kleber, samedi 24 septembre), Toulouse (librairie Ombres blanches, mercredi 28 septembre), Montpellier (librairie Sauramps, mercredi 5 octobre), Lille (jeudi 10 novembre, Cité-philo, grand auditorium des Beaux-Arts). Renseignements sur place.

Deux colloques à la Sorbonne

1 – Lacan matérialiste – 16-18mars 2012
colloque organisé par Geneviève Morel pour l’Association Savoirs et clinique et par le CRIMIC (16-18 mars, 2012)

2 – Penser avec Lacan : nouvelles lectures – 30-31 mars
colloque organisé par Guy Félix Duportail.

Habemus papam

LE REGARD QUI BAT. . . Le cinéaste et son œuvre

“Il y a en effet un chemin qui permet le retour de l’imagination à la réalité, et c’est l’art” Sigmund Freud

Le regard qui bat : c’est une fois par mois la projection d’un film suivie d’un débat entre spectateurs, cinéastes, psychanalystes, philosophes, historiens…

Lundi 26 septembre 2011 à 20h15 – Projection du film HABEMUS PAPAM, suivie d’un débat au cinéma La Pagode


Dieu s’absente pendant que le pape s’effondre

Ou alors la psychanalyse ?

[Image : Sans titre]

Synopsis : après la mort du Pape, le Conclave se réunit afin d’élire son successeur. Plusieurs votes sont nécessaires avant que ne s’élève la fumée blanche. Enfin, un cardinal est élu ! Mais les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendent en vain l’apparition au balcon du nouveau souverain pontife. Ce dernier ne semble pas prêt à supporter le poids d’une telle responsabilité. Angoisse ? Dépression ? Peur de ne pas se sentir à la hauteur ? Le monde entier est bientôt en proie à l’inquiétude tandis qu’au Vatican, on cherche des solutions pour surmonter la crise.


Désir de non !

Par J-J. Moscovitz

Le Pape, à peine nommé, vient d’entrer en psychanalyse trois fois par semaine pour des années…. Il désire ! Il désire dire « non… !» Il ne pense plus qu’à ça. L’humour atteint ici le sérieux où nous sommes, au delà du moment politique italien, européen, ou encore les commémorations du trentenaire de la mort de J. Lacan qui, lui, en connaissait un bout sur la compatibilité entre psychanalyse et religion. Malraux dans les années 1950 avance : “Depuis cinquante ans la psychologie réintègre les démons dans l’homme. Tel est le bilan sérieux de la psychanalyse. Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connu l’humanité, va être d’y réintroduire les dieux“. Allons-y d’un des fils de ce film bien plus profond qu’il y paraît : si “le XXI siècle sera religieux ou ne sera pas ” lance “ou alors la bombe” ? Ou plutôt ou alors la psychanalyse ? soit que le Ça de l’Homme soit frappé d’un manque qui le rend humain, l’infaillibilité des grands de ce monde est à revisiter calmement, et Nanni Moretti nous y invite. À bon entendeur…