Freud, entre amour & haine : une révolution de l’intime

Mercredi 18 août , à 18h30 :
au café Jougla à Camplong — près de Béziers et non comme on serait porté à le croire de Pnohm Pen.

Lectures vagabondes

vous invite à une rencontre-débat avec

Élisabeth Roudinesco

Des ouvrages d’Élisabeth Roudinesco ressort un portrait de Freud, conquérant des lumières sombres et dont l’œuvre éclaire le XXIème siècle. Pourtant, le succès que la psychanalyse remporte dans le monde se heurte à des attaques incessantes et parfois violentes. “ L’histoire de la haine de Freud est aussi ancienne que celle de la psychanalyse. On ne touche pas impunément au sexe, au secret de l’intimité, aux affaires de famille, à la pulsion de mort et à la barbarie des régimes qui asservissent les femmes, les homosexuels, les marginaux, les anormaux, sans avoir à en payer le prix” écrit-elle. Ces attaques manifestent “une haine à l’état pur”, une détestation de Freud portée à l’incandescence.

Elles n’ont rien à voir avec le travail de l’historien qui s’accompagne d’une nécessaire critique de l’histoire dorée de la psychanalyse, du dogmatisme des praticiens de l’inconscient, voire de la théorie freudienne elle-même quand elle devient un corpus sacré.

C’est à cette tâche qu’Élisabeth Roudinesco a consacré l’essentiel de ses livres et de son enseignement, faisant en sorte qu’ainsi “la question de la psyché, du désir et de l’inconscient redevienne, au même titre que celle du bonheur et de la révolution, une idée neuve dans le monde.”

Michel Rotfus, s’entretiendra avec Élisabeth Roudinesco.

Michel Rotfus est professeur de philosophie au lycée international de Paris, Honoré de Balzac.

Élisabeth Roudinesco est historienne, directrice de recherches à l’Université de Paris VII-Diderot. Elle a écrit une vingtaine d’ouvrages, traduits en trente langues.

Derniers ouvrages parus

Histoire de la psychanalyse en France – J. Lacan, Esquisse d’une vie, histoire d’un système de pensée. Coll. La Pochothèque.
Retour sur la question juive. Albin Michel .
Théroigne de Méricourt (rééd.). Albin Michel.
Préface au journal d’Hilda Doolittle, Pour l’amour de Freud. Des femmes-Fouque.
Mais pourquoi tant de haine ? (L’affabulation d’Onfray). Seuil.
La part obscure de nous-mêmes : une histoire des pervers. Albin Michel.
Pourquoi la psychanalyse ? Champs Flammarion
De quoi demain… Dialogue. Jacques Derrida et Élisabeth Roudinesco, Fayard.
Philosophes dans la tourmente. Fayard.

Médecins généralistes sous anxiolytiques

Comme les enseignants les médecins généralistes sont psychiquement surexposés. Cette maladie du Chifre qui traverse tout, histoire de sacrifier à l’épidémiologie et la scientisticité, fournit parfois des aperçus intéressants sur l’état de “santé mentale” comme ils disent, du nécessaire bon équilibre psychique des professionnels de ladite. Nous, qui en psychothérapie relationnelle savons de quoi il retourne, raison pour laquelle nos praticiens ont souvent plus de dix années de psychothérapie ou psychanalyse personnelle à leur actif et poursuivent impérativement leur mise en supervision toute leur vie professionnelle durant, ne nous étonnons pas des difficultés psychologiques qui peuvent atteindre nos collègues médecins généralistes, omnipraticiens devant faire face sur tous les fronts avec de plus en plus de coups de transfert contre-transfert et une désolante zéro formation ad hoc, sauf la formation démarchage intensive des visiteurs médicaux et bientôt de temps à autre un stage aux îles Fortunées payé par les laboratoires Tournenron, sur relation d’aide, neurosciences et TCC, le tout assisté par molécules — DSM à la clé.

De plus, puisqu’ils s’auto médiquent eux-mêmes à coups de produits, c’est qu’ils y croient et surtout ne connaissent pas autre chose, ce qui est compréhensible mais parfois dommage, cela s’appelle laisser à désirer, professionnellement. Et quand on laisse à désirer sans fournir au désir de quoi cheminer c’est dommage, cela tourne au manque dont il n’est pas pris soin. Avec à la clé un risque pour les patients, et … pour les praticiens eux-mêmes. Comme ça il y en aura pour tout le monde des raisons de consommer un peu plus de psychotropes. C’est les laboratoires Tournenron qui vont se frotter les mains.

Philippe Grauer


Selon une enquête sur les pratiques et les conditions d’exercice en médecine générale, 8 praticiens sur 10 se déclarent en bonne santé (une proportion inférieure à celle des cadres et des professions intellectuelles), mais plus de 1 sur 10 sont en détresse psychologique. L’enquête qui, à l’automne 2008, a porté sur leur état de santé, leurs comportements à risque et leurs pratiques en matière de dépistage a réuni 1.900 généralistes venus de 5 régions (Basse-Normandie, Bretagne, Bourgogne, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Pays de la Loire).

Dans les symptômes les plus fréquemment mentionnés par les généralistes, la fatigue vient en tête, dans une proportion presque deux fois plus élevée que chez les cadres et les professions intellectuelles supérieures. Elle est suivie par le stress et les troubles du sommeil. En revanche, ces médecins déclarent moins de maladies chroniques (un sur trois est, tout de même, concerné). Mais plus d’un généraliste sur dix se dit en état de détresse psychologique, les femmes (19 %) plus que les hommes. La proportion est supérieure à celle de la population active avant 45 ans, et inférieure ensuite, comme si ceux qui avaient réussi à tenir jusque-là étaient les mieux adaptés aux contraintes de la profession.

Le recours aux psychotropes est, globalement, proche de celui de la population générale : au cours des 12 mois précédant l’enquête, 20 % ont pris des anxiolytiques ou des hypnotiques et 5 % des antidépresseurs (8 % des femmes). Dans 60 % des cas, le traitement antidépresseur a été autoprescrit, 84 % des praticiens interrogés étant leur propre médecin traitant, remarque le Quotidien du médecin. Des idées de suicide sont évoquées par 4 % des médecins de Basse-Normandie, contre 2 % parmi ceux des autres régions. Ce n’est pas la zone géographique qui est en cause, mais le mode d’exercice, les généralistes travaillant seuls étant plus susceptibles d’être tentés par le suicide. De plus, près d’un généraliste sur cinq déclare avoir subi des violences ou agressions dans le cadre de son exercice, dans l’année écoulée, les femmes plus souvent que les hommes (24 % contre 18 %).

La loi sur les psychothérapeutes a ouvert la boîte de Pandore

Gérard Guingouain (SFP) : « La loi sur les psychothérapeutes a ouvert la boîte de Pandore » in Le cercle psy
Propos recueillis par Jean-François Marmion
Article publié le 07/07/2010


Après la parution de son décret d’application le 20 mai 2010, l’article 52 de la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique entre en vigueur pour définir l’usage du titre de psychothérapeute. Les réactions des psychologues sont quasi unanimement hostiles. Que reprochent-ils à ce texte, censé pourtant garantir une formation correcte des psychothérapeutes ? Réponses de Gérard Guingouain, président de la Société française de psychologie (SFP), et maître de conférences en psychologie sociale à l’université de Rennes 2.

Pourquoi les psychologues critiquent-ils à ce point la réglementation de l’usage du titre de psychothérapeute ?

La loi relative à l’usage du titre de psychothérapeute avait pour objectif de garantir la sécurité des usagers par une bonne formation des professionnels. Malheureusement, elle n’y répond pas. Je suis extrêmement inquiet du décret paru au mois de mai. Il part de l’article 52, dont tout le monde sait qu’il est mal rédigé en ce qu’il mélange et traite de la même façon diplôme d’Etat, diplôme national et association loi de 1901. Ensuite, comme les décrets d’application n’ont été produits qu’avec d’énormes difficultés, les services du ministère sont arrivés à une cote mal taillée. Le résultat est totalement absurde : d’une part, des gens qui n’ont aucune formation en psychologie pourront devenir psychothérapeutes moyennant quelques petits compléments en psychopathologie ; d’autre part, des psychologues formés vont devoir se reformer en psychologie ; de plus, elle différencie psychologues cliniciens et non cliniciens, mais sans les définir. Au final elle avantage surtout les « ni-ni-ni », ni médecins, ni psychologues, ni psychanalystes, à qui il faudra, en gros, quatre cents heures pour acquérir le droit à l’usage du titre. Comme si quatre cents heures équivalaient à cinq ans de formation en psychologie… C’est un très mauvais signe que l’on envoie au public des compétences supposées acquises au cours de cette formation universitaire : cela laisse supposer que le bagage d’un psychothérapeute ou d’un psychologue ne se limiterait finalement qu’à quelques compétences personnelles, un « savoir-être », ignorant ou négligeant un corpus de connaissances et de méthodologie qui a mis deux cents ans à se construire. Un psychologue doit en effet assimiler un savoir, des expériences, des connaissances accumulées qui s’appliquent dans une multitude de domaines allant de la santé à l’industrie. Prétendre les résumer en quatre cents heures, c’est un peu léger ! La loi va, de plus, permettre à toute personne inscrite dans une association reconnue de psychanalystes (relevant de la loi de 1901) de devenir psychothérapeute. Demain matin, on est cinq, on va à la préfecture pour créer une association incluant par exemple le terme de psychanalyse, et l’on devient de fait éligible à l’usage du titre de psychothérapeute ! Tout cela relève d’un mépris total de la discipline (psychologie comme psychanalyse d’ailleurs) et va laisser apparaître, sur le terrain, des praticiens qui n’y connaissent rien en psychologie sur des domaines qui pourtant en relèvent. Cela ne peut qu’être propice à des dérives sectaires, c’est-à-dire justement ce que le législateur voulait empêcher ! C’est très dangereux. En fait, n’importe qui pourra se déclarer psychothérapeute. Comprenez que le président de la SFP s’en trouve affecté… J’aimerais que tous mes collègues soient très vigilants sur le sujet. Cela vaut pour les « ni-ni-ni », mais je pose aussi la question pour les professions médicales : combien d’heures sont consacrées à la psychologie durant leur formation ?

Vous pensez que le décret favorise les médecins ?

Autant, comme président de la SFP, je n’ai aucune réticence à penser qu’un psychiatre puisse être, par définition, psychothérapeute, autant j’ai quelques doutes qu’un médecin sans spécialité de psychiatrie puisse le devenir avec un tout petit complément de deux cents heures et de deux mois de stage (c’est-à-dire moins qu’un psychologue en titre n’ayant pas la qualification de clinicien !). Je rappelle que si l’Homme est composé de neurones, il existe des mécanismes psychologiques qui ne se mesurent pas de la même manière, qui ne relèvent pas des mêmes principes et du même corpus de connaissances. Personne n’imaginerait cela dans le domaine de la santé physique. Qui oserait préconiser de former des médecins à moitié, ou des cardiologues qui ne soient pas d’abord médecins ? Personne, nulle part ! En revanche on pourrait être psychothérapeute, prendre en charge la santé mentale des gens, sans être d’abord psychologue, c’est-à-dire formé aux fonctionnements mentaux, à la manière dont se construit une personnalité ?

Redoutez-vous que des employeurs préfèrent employer un psychothérapeute mal formé et mal payé plutôt qu’un psychologue plus exigeant ?

C’est manifeste. Les contraintes économiques induisent de faire appel à des gens moins formés, parce que moins chers. C’est une certitude, même si les psychologues sont excessivement mal payés pour la formation et la responsabilité qui sont les leurs. Si on pouvait les payer encore moins cher, je pense qu’on le ferait. A défaut, les établissements de santé ou les entreprises pourront donc recruter des psychothérapeutes plus soumis, plutôt que des psychologues difficilement maîtrisables et souvent trop autonomes. Les psychologues sont en danger, je le crois. Et les usagers aussi, car c’est au final eux qui en paieront les conséquences. En ouvrant ainsi la boîte de Pandore, on va permettre toutes les dérives. Nous avions proposé des garanties qui étaient celles de l’université : « si vous ne pouvez pas faire autrement au niveau du texte, faites en sorte que les formations complémentaires soient attestées par l’université, qui a cet avantage de dépendre d’une entité, l’Etat, responsable indépendant de la santé mentale ». Or, dans le texte, c’est laissé à la discrétion du niveau local : certes des ARS (Agences régionales de santé) dépendant de l’Etat, mais aussi des commissions locales qui vont évidemment être soumises à toutes sortes de pressions, qu’elles soient politiques ou de courants. Personne n’est dupe. Ou alors, il faudrait vivre dans un monde de Bisounours…

Pourquoi les psychologues n’ont-ils pas réussi à peser davantage durant ces années de débat ? Ne sont-ils pas entrés dans la bataille trop tardivement, et en ordre dispersé ?

Vous êtes très méchant, à appuyer là où ça fait mal ! Sans doute, en effet, ne sommes-nous pas suffisamment corporatistes. Les psychologues sont trop divers, de par leurs pratiques, leurs domaines d’interventions, leurs courants de référence. Par ailleurs les universitaires, pour toutes sortes de raisons, entre autres de carrière, se sont sans doute trop investis dans leurs propres recherches en oubliant la sortie : les praticiens de la psychologie. Nous nous sommes beaucoup divisés, en une multitude d’associations thématiques soit par domaine, soit par paradigme. Nous n’apparaissons pas unis. Le résultat, c’est que nous ne sommes pas crédibles. Pour reprendre l’expression de Staline parlant du pape : « Combien de divisions ? » Nous ne représentons qu’une multitude de petites divisions très séparées. Et comme nous n’avons pas su nous défendre en tant que profession, représenter un corps comme les infirmiers ou les médecins, notre ministère de tutelle nous regarde d’un air amusé.

Parmi les législateurs, on compte beaucoup de médecins mais pas de psychologues…

C’est notre point faible : les psychologues ne sont pas assez engagés en tant que citoyens. Et là, il s’agit moins d’une question de divisions que de présence dans les postes à responsabilités. Les psychologues restent trop psychologues. Quand vous restez dans votre cabinet, vous êtes le chef de votre cabinet. Lorsque vous êtes élu ou exercez un poste important en termes de visibilité, vous pouvez avoir de l’influence. Or, nous manquons d’engagement de la sorte.

Maintenant que la loi va être appliquée, que comptez-vous faire pour vous y opposer ?

C’est terrible. Quand nous avions indiqué au ministère que l’article 52 était inapplicable, on nous avait répondu qu’il était impossible de changer la loi parce que ce serait trop compliqué. Nous n’avons pas eu l’énergie ni le pouvoir pour essayer malgré tout. Résultat, nous arrivons à un décret que le monde de la psychologie, toutes tendances confondues, depuis les “cognitivistes” jusqu’aux “psychanalystes”, trouve mauvais. Nous sommes donc en train d’essayer de nous organiser pour y répondre. La SFP soutiendra toutes les actions initiées contre ce décret. Pour l’instant, nous restons au niveau des communiqués et malheureusement, la santé mentale n’est pas un sujet très porteur politiquement. S’il s’agissait de maisons de retraite, nous aurions davantage de pouvoir. Peut-être même que si nous pouvions favoriser l’équipe de France de football, nous aurions des chances d’être reçus par le président de la République… Nous aimerions que les politiques se réveillent, et qu’ils n’attendent pas qu’il arrive quelque catastrophe pour légiférer de nouveau, et dans la précipitation. Nous leur demandons, pour une fois, un regard à long terme, qu’ils soient de droite ou de gauche.

Les délinquants du titre de psychothérapeute : le délit commence le 1er juillet 2010

Nous vous conseillons si vous n’êtes pas tranquillement sur votre lieu de vacances bien méritées, de vous déclarer psychopraticien/ne relationnel/le, y compris aux Pages jaunes qui devront s’en débrouiller — elles sont avisées depuis plus d’un an par nos soins de cette nouvelle dénomination.

Naturellement si vous avez déjà introduit un dossier de demande de jouissance du titre de psychothérapeute (NN), vous pouvez continuer de le porter.

On continue de ne pas s’affoler. Personne ne viendra vous embêter en plein mois d’août sur votre plage ou montagne préférée. La mise en place de la loi prendra son temps. Il ne faut simplement pas confondre le droit et le fait. Le droit est net. Le fait est vacanciel.

Pour plus de précision reportez vous au § 5 c de l’éditorial.

Et portez-vous bien jusqu’à la Rentrée, que nous effectuerons ensemble en bon ordre.

Philippe Grauer


L’usurpation de titre de psychothérapeute commence dès le 1er juillet 2010, date d’entrée en vigueur du décret http://www.lta.frdm.fr/spip.php?article184 et d’exécution de l’article de loi http://www.lta.frdm.fr/spip.php?article58 – article 52 modifié de la loi du 9 août 2004, relatif au titre de psychothérapeute.

Art. 17 du décret (mesures transitoires) : « À la réception du dossier complet, il est délivré à l’intéressé un accusé de réception délivré dans les conditions fixées par le décret du 6 juin 2001 susvisé. Celui-ci permet au professionnel qui utilisait précédemment le titre de psychothérapeute de continuer à l’utiliser jusqu’à l’intervention de la décision. ».

Par conséquent, seuls ceux qui déposent un dossier de demande de bénéfice des mesures transitoires (et qui « *utilisaient précédemment le titre de psychothérapeute* »), et qui obtiennent un récépissé de dossier complet, peuvent continuer, en attendant la décision, à faire usage du titre de psychothérapeute.

Les autres tombent sous le coup du délit d’usurpation de titre : http://goo.gl/u1zP
« Code pénal
* Partie législative
o LIVRE IV : Des crimes et délits contre la nation, l’État et la paix publique
+ TITRE III : Des atteintes à l’autorité de l’État
# CHAPITRE III : Des atteintes à l’administration publique commises par les particuliers
* Section 9 : De l’usurpation de titres
Article 433-17
Modifié par LOI nº 2009-1437 du 24 novembre 2009 – art. 50
¶ L’usage, sans droit, d’un titre attaché à une profession réglementée par l’autorité publique ou d’un diplôme officiel ou d’une qualité dont les conditions d’attribution sont fixées par l’autorité publique est puni d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende.
¶ Les personnes physiques ou morales coupables du délit prévu à la présente section encourent également la peine complémentaire suivante : interdiction de l’activité de prestataire de formation professionnelle continue au sens de l’article L. 6313-1 du code du travail pour une durée de cinq ans. ».

Il se présente un « vide législatif et réglementaire » pour ceux qui pratiquaient la psychothérapie plus de cinq ans à la date de publication du décret, *et* qui « *utilisaient précédemment le titre de psychothérapeute* », *et* dans la période entre le 1er juillet 2010 et leur dépôt de dossier. Si des poursuites étaient engagées, l’on devrait examiner si les motifs de délai à déposer leur dossier sont légitimes ou non.

En droit, le délai d’un an pour déposer un dossier ne constitue aucunement une excuse pour continuer à user du titre de psychothérapeute. Car ce délai s’applique aussi à ceux qui ne faisaient pas « précédemment » usage du titre de psychothérapeute, et qui ne peuvent donc pas en faire usage entre le récépissé de leur dossier complet et la décision sur leur dossier.

Mais… en pratique, dans la période d’un an à compter de la publication du décret, qui forme le délai pour déposer un dossier, il est difficile d’imaginer que des poursuites soient engagées contre les délinquants.

La règle à ce sujet de l’usurpation est claire, mais en pratique elle ne sera pas appliquée… probablement ?

Mais voilà pourquoi les Pages Jaunes commencent à diffuser leur courrier, afin d’éviter la « complicité » d’usurpation de titre :
http://www.facebook.com/photo.php?pid=4964591&id=300259906937
et certains assureurs demandent déjà le titre de psychothérapeute à des psychologues pour assurer leur activité clinique comme travailleurs indépendants.

Quant à ceux qui auront obtenu et obtiendront leur master en psychologie ou master en psychanalyse à l’issue de l’année universitaire 2009-2010, ils sont dans le vide absolu puisque aucune formation en « psychopathologie clinique pour l’obtention du titre de psychothérapeute » n’est agréée pour l’année 2010-2011, puisque les commissions idoines chargées de l’examen des dossiers relatifs à la formation ne sont pas encore constituées….

Psychanalystes et psychologues à leur tour au Conseil d’État

Décret relatif au titre de psychothérapeute, recours contentieux devant le Conseil d’État par les organisations de psychologues et de psychanalystes.


Ils se disputent le gâteau, nous maintenons l’alternative

Ils ont raison, et leur raison est tordue. il avait bien été dit part à deux avec la médecine. Le décret publié ne correspond pas à l’attente des fidèles alliés, scientifiques, anti charlantans et tout, de la psychologie. La psychiatrie ramasse la mise et inféode de fait grossièrement la psychologie : Messieurs et dames, vous reviendrez en faculté de médecine refaire vos études en psychopathologie qui ne valent pas tripette et vous n’oublierez pas, comme le dit notre professeur Kammerer, que la psychothérapie c’est nous, la psychiatrie, par excellence et de droit académique de médecine divin.

Alors ils recourent au Conseil d’État et demandent audience aux ministres de tutelle. Rien de grave on va leur arranger ça. Pour faire un peu plus de bruit ils lancent une souscription pour les frais. Nous connaissons et supportons à l’AFFOP (le CIFP en est membre fondateur) depuis des années ce genre de frais, sur des budgets incommensurablement plus réduits. En lançant une souscription ça fait de la mousse dans la baignoire. Cela dit les souscripteurs plus les psychanalystes de l’Association Analyser(1“) réunis sur la même affiche, nous tenons la liste des voleurs de notre titre. Il est bon de savoir qui a participé à la curée, et continue de s’en réjouir.

Nous dénonçons d’une main et soutenons de l’autre. La mainmise par la médecine sur la “santé mentale” envahissant le maximum du champ des travailleurs du psychisme, progressant vers la médicalisation de l’existence que dénonce à juste titre Roland Gori, n’est pas une bonne chose.

Les ministères approchés vont leur arranger ça, aussitôt après le remaniement ministériel à venir, vous verrez. L’essentiel c’est tout de même de nous avoir expulsés du titre.

Nous, ex psychothérapeutes à titre exclusif, nous n’aurons plus qu’à continuer à exercer honnêtement et avec compétence un métier qui aura changé de nom mais pas de mérite ni d’intérêt, offrant l’alternative d’une écoute professionnelle qualifiée non paramédicalisée et rigoureuse, résolument à visage humain : relationnel.

Philippe Grauer


APPELS À SOUSCRIPTION POUR LES FRAIS RELATIFS AUX RECOURS DEVANT LE CONSEIL D’ÉTAT

Par ordre de date des recours :
Récapitulatif sur http://goo.gl/2O8j

I. Recours par Association Analyser

20100707
Pour le recours devant le Conseil d’État relatif à la mention des psychanalystes et leurs associations dans le décret relatif au titre de psychothérapeute, et son appel à souscription, cf. http://analyser.asso.fr (la Requête et un Journal sélectif sont publiés sur le site).

La requête devant le Conseil d’État et d’autres documents y relatifs sont publiés sur le site
http://analyser.asso.fr

II. Recours conjoint par les six Organisations principales de Psychologues

20100722

Voir l’appel à souscription pour le financement du recours des organisations de psychologues devant le Conseil d’État :

Site SNP 2 août 2010 : http://goo.gl/dFhc

et site FFPP 4 août 2010 : http://goo.gl/ceBL

Cinq organisations de psychologues ont formé un recours comme parties principales devant le Conseil d’État contre le décret relatif au titre de psychothérapeute.

Ces organisations sont le SNP Syndicat national des psychologues, la FFPP Fédération française des psychologues et de psychologie, le SIUEERPP Séminaire inter-universitaire européen d’enseignement et de recherche en psychopathologie et psychanalyse, la SFP Société française de psychologie et le syndicat UNSA-Santé-Sociaux. Une organisation est partie intervenante au soutien de la requête : la Fédération CGT Santé et Action sociale.

Décret… Appel à souscription
Site SNP 2 août 2010 : http://goo.gl/dFhc
et site FFPP 4 août 2010 : http://goo.gl/ceBL

le 2/8/2010

Décret réglementant le titre de psychothérapeute : les psychologues s’engagent pour agir !

Appel à souscription

Site SNP 2 août 2010 : http://goo.gl/dFhc

et site FFPP 4 août 2010 : http://goo.gl/ceBL

Chers (ères) collègues

Lors de notre communiqué commun du 7 juillet nous avons affirmé notre décision d’agir conjointement. Notre première action est un recours en Conseil d’État, précédant une rencontre au ministère de la santé. D’autres actions sont en cours d’élaboration dont une rencontre au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Cette action en justice a un coût important : 7176 € sans compter les frais de fonctionnement qui s’y rattachent et qu’il est à ce jour difficile d’estimer. Aucune de nos organisations n’est en capacité d’assumer ces dépenses même si, comme nous l’avons décidé ensemble, elles seront partagées.

Vous avez été très nombreux à signer les motions-pétitions : onze mille signatures individuelles et cent soutiens institutionnels à ce jour. Si votre soutien est précieux, votre engagement l’est plus encore et nous nous adressons à l’ensemble des professionnels sous forme d’une souscription exceptionnelle.

Vous pouvez adresser votre participation financière sous forme de chèque à l’association ou au syndicat de votre choix participant au recours et en stipulant au dos du chèque que cette somme est destinée à soutenir l’action « Recours en Conseil d’État, décret psychothérapeute ». Un reçu vous sera adressé par le trésorier de l’organisation choisie par vous.

Vous êtes seul décideur de la somme. Si votre soutien contribuera à aider notre profession, l’ampleur de votre participation montrera aussi aux rédacteurs de ce décret que notre détermination est majeure.

Ensemble, agissons !

Adressez votre contribution à l’organisation de votre choix :
SNP

http://goo.gl/dFhc

40 rue Pascal – Porte G – 75013 PARIS

Jacques Borgy, Secrétaire général :
snp-sg@psychologues.org 06 82 16 44 71


FFPP
http://goo.gl/ceBL

71 avenue Edouard Vaillant 92774 Boulogne Billancourt cedex

Brigitte Guinot et Benoît Schneider coprésidents
Jacques Garry Trésorier
copresidents@ffpp.net 06 81 56 47 13


SIUEERPP

35 rue Élisée Reclus – 93300 Aubervilliers

Alain Abelhauser, Président & Mohammed Ham, Secrétaire Général
mohammed.ham@wanadoo.fr ou abelh@wanadoo.fr
06 11 63 86 88


UFMICT CGT

Syndicat CGT Fédération santé action sociale

Case 538 263 rue de Paris
93515 MONTREUIL cedex

tel 01 48 18 20 92
ufmict@sante.cgt.fr


SFP

71 av. Edouard-Vaillant 92774 BOULOGNE cedex

gerard.guingouain@uhb.fr 01 55 20 58 32


UNSA

LORET JC Secrétaire Général UNSA santé et sociaux

unsa.picardie@wanadoo.fr et unsa@ch-stquentin.fr

TEL: 03.23.06.74.70


  • 1 Coucou les revoilà, il s’agit du Groupe de contact, Jacques Sédat, vous vous souvenez, ceux qui à l’acmé de la crise n’ont pas levé le petit doigt pour protester contre la déferlante ostraciste contre les psychothérapeutes-charlatans — les Roms de l’époque qu’il fallait déloger de leur titre, lancée contre nous. Le Groupe de contact conjugue à présent ses efforts avec l’ECF sous l’appellation commune Association Analyser, avec l’ECF, où apparaissent, à part mais avec, Jacques-Alain Miller et Lilia Mahjoub.

    Autres temps autres mœurs, on se souvient que Jacques-Alain Miller au plus fort de la crise Accoyer fut le seul avec Élisabeth Roudinesco à manifester sa solidarité avec les psychothérapeutes relationnels, qu’il fit reconnaître par le ministre Douste-Blazy. Ministre parti, reconnaissance restée, soutien de Jacques-Alain Miller indélébile.

Onfray :”j’ai tapé au portefeuille”: mauvaise foi manichéenne

Une méchante polémique à propos d’un méchant livre


Freudophilie vs. freudophobie

Après l’excès de gloire celui d’indignité. Freud, ni saint ni ange, ne mérite pas les actuels accès d’excès dont Onfray nous gratifie sur France-culture. Où l’on voit Onfray en ange exterminateur se retrouver exécuter selon Pascal la figure de la bête. Bête médiatique certes, sa faconde est parfois plaisante, il tient son public, mais tout de même, peu regardant sur l’argumentation et les faits, péremptoirisés. Mais l’histoire c’est pas du catch, et l’anti idolâtrie ne vaut pas mieux que l’idolâtrie. Sa pensée de philosophe rappelons-le — aucune expérience ni sens clinique, n’est pas éblouissante et hélas son argumentation ne présente pas toujours le niveau attendu.

Démasquer oui écorcher vif, non !

Attendu sur France-culture ! C’est vrai c’est les vacances et les programmes d’été, allégeons-nous. Sauf que ça n’est pas si divertissant que ça de s’entendre marteler des énormités, des informations biaisées, de la pensée malhonnête. Et pourquoi surtout, en arriver là, alors que les recherches, ni pro ni anti, les recherches freudiennes sérieuses n’ont pas besoin de ça. Onfray arrive en démolisseur d’idoles déjà jetées à terre. Moins fatigant. Comme les portes ouvertes tellement plus facile à enfoncer, il s’en prend à ce qui était connu et démasque une figure depuis longtemps démasquée. On connaît l’histoire du sultan qui d’un petit geste de la main ordonne aux eunuques d’ôter à chaque fois un nouveau voile à la danseuse. Distrait, d’un geste de trop il fait écorcher vive la danseuse déjà dénudée.

Soutenir la vérité et une certaine dignité

Onfray en est réduit à écorcher Freud. Enfin, la vérité. On en arrive à la question d’éthique et non de fric, n’en déplaise à Julie Malaure. La même méthode Onfray appliquée aux religions ne volait pas plus haut. Cet homme imbu de lui-même fait feu de tout bois susceptible par l’incendie de rehausser sa figure. Là comme il s’en prend — c’est le moment opportun avec tout ce qui se passe sur la scène psy et de la santé mentale — à la psychanalyse, psychanalystes et psychopraticiens relationnels (comme vous savez les ci-devant psychothérapeutes relationnels n’ont plus droit à ce titre) ont pétitionné pour soutenir la vérité, et qu’il était peut-être indigne de France culture d’héberger ce drôle de berger pour moutons de Panurge que ne sont pas ses auditeurs.

Maccarthisme ou manichéisme ?

Michel Onfray ne manque pas non plus de bassesse. Un seul exemple. À la façon années 30, il stigmatise les psychanalystes et leur avidité “bien connue”. Bien connue puisque Freud l’était, avide, au point de demander (en fin de carrière et très malade il est vrai mais tout de même) selon Onfray impavide la modique somme de 450 € pour une consultation. Qu’il s’agisse là d’une traduction anti scientifique, et pour tout dire malhonnête, puisqu’il ne tient aucun compte des remarques et études critiques, comme celle ici même publiée, tout le monde s’en fout, cela rehausse le portrait d’Onfray. Tout le monde sauf les quelques uns qui ont protesté auprès de France culture parce que c’était leur devoir d’intellectuels. Alors accourt Julie Malaure pour crier au Maccarthysme anti Onfray. Détournement de concept peu glorieux.

Dorian Gray

Voici donc la prose parue dans le Point s’efforçant de discréditer les outrés transformés en outrageurs. On peut imaginer, s’agissant de portrait, que celui produit par Onfray de Freud fonctionne sur le principe cette fois inversé du célèbre Dorian Gray.

L’honneur maintenu de la psychanalyse et des psychopraticiens relationnels

Il est inadmissible de voir assimiler des praticiens honorables et dévoués à ceux qui recourent à eux par millions (8, je ne sais pas) pour y voir un peu plus clair dans l’affaire de leur vie, ces collègues si souvent ces temps-ci vilipendés par des politiciens à la faconde populiste, il est indigne de les assimiler aux dénonciateurs ultra réactionnaires qui firent une si triste réputation aux États-unis aux durs moments de la guerre froide. J’ai signé, nous sommes nombreux à avoir signé, la pétition demandant que Michel Onfray aille ailleurs que sur France-culture diffuser ses prêches bien biaisés et mal fondés. Nous l’avons fait dans le souci de l’honneur, car nous honorons Freud à la pensée de qui nous savons devoir beaucoup, et de la vérité, une matière première très appréciée de notre côté du Carré psy et chez les chercheurs en sciences humaines. Je me soucie bien davantage de mon éthique que de ma caisse, c’est hélas pour cette dernière proverbial. Je trouverai pusillanime de ne pas soutenir l’honneur de ces collègues, atteints non au portefeuille fantasmé de Onfray et Malaure réunis, mais au cœur et à la raison : de grâce relevons le débat.

Et relevons le défi de l’insulte, gratuite pour le coup. Quoi qu’il en soit lisez et appréciez à sa valeur le § paru dans Le Point, qui ne manque en tout cas ni d’odieux ni de culot ni de ridicule.

Philippe Grauer


Un Maccarthisme anti-Onfray

Nouvelle offensive dans la cabale lancée contre Michel Onfray. Une pétition rédigée par les émules de l’historienne et psychanalyste Élisabeth Roudinesco réclame la cessation définitive de la diffusion sur France Culture des conférences du philosophe, réalisées dans le cadre de l’Université populaire de Caen. Une initiative qui n’est pas sans rappeler la chasse aux sorcières anticommuniste aux États-Unis dans les années 50. La pétition en appelle à la ” diversité des voix ” par la censure d’une seule, celle d’Onfray. Une contradiction dans la forme et une ambiguïté quant au fond. Car c’est lui, personnellement, qui est visé. Onfray et son ” entreprise de dénigrement “, les ” outrages et affabulations de ses ouvrages “, sa ” tentative de destruction “. Destruction de quoi ? D’une certaine légende de Freud. Rappelons que son livre, Le crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne, chez Grasset, a en partie déboulonné la statue en présentant notamment Freud comme un imposteur cocaïnomane, un incestueux avide d’argent et de gloire, inventant des preuves pour étayer ses théories. Vérité pour Onfray, révisionnisme pour les psychanalystes ; le philosophe est depuis la cible d’un lynchage médiatique. Roudinesco, en tête, exerce un abondant droit de réponse au nom de Freud et vient de signer un ouvrage anti-Onfray, Pourquoi tant de haine, Seuil. “Elle attaque ma sexualité, la mémoire de mon père, mon intégrité. J’ai été traité de fasciste, de nazi, d’antisémite“, explique Onfray, invité à répondre pour Le Point. Plus grave encore, il raconte les manœuvres pour la suppression des subventions de l’Université populaire de Caen. La raison profonde d’un tel déferlement ? ” C’est que j’ai tapé au portefeuille “, poursuit-il. Malgré les 8 millions de personnes en thérapie en France, la pétition laisse entrevoir des psychanalystes aux abois, flairant les ” effets nocifs ” de la voix d’Onfray sur une manne de personnes ” en voie de s’adresser à des praticiens “. Un détournement de clientèle, en somme, et un sacré manque à gagner. Comme si Onfray avait visé juste (1“).

Julie Malaure, Le Point, Polémique.

Si le cœur vous en dit vous pouvez écrire ce que vous pensez de tout cela directement à Françoise Vernat au Point, c’est l’adresse du pseudo Malaure, l’auteur réel de l’article saura réceptionner.

On nous signale une nouvelle adresse, plus pertinente, permettant d’atteindre son destinataire sans coup férir mais avec un coup de fou rire.

  • 1 Peut-être bien mais visé quoi ou qui, au juste ? celui qui le dit qui l’est ? Michel Onfray entretiendrait un rapport très serré à l’argent. Pourquoi pas ? La question du portefeuille lui tiendrait personnellement à cœur. L’auteur de ce § qui ne pêche ni par élévation de pensée ni par excès de méthode entreprend de relayer ainsi sans chercher un peu plus loin certaines préoccupations propres à son héros du jour.

Psychothérapeutes : cafouillage autour d’une loi

Dans l’article qui suit le SNPPsy et l’AFFOP sont absents des références de base de la profession, sans compter le Psy’G, on ne saurait tout savoir quand on est journaliste. Il eût été bon qu’elle sût que le GLPR regroupe Psy’G, SNPPsy, FF2P, AFFOP, dans l’ordre d’entrée en scène institutionnelle historique, et que ça représente tout ce qui compte vraiment en la matière.

Psychopraticiens /psypraticiens

Ces quatre organismes ont décidé de se concerter en septembre sur le nom à donner à leur profession rebaptisée à la suite du coup de force légal médicalisant le titre (1“) de psychothérapeute. Sont en lice parmi d’autres psychopraticien (à quoi le SNPPsy et l’AFFOP accolent relationnel, déterminant auquel ils tiennent beaucoup), déjà adopté par ces deux organisations, ou psypraticien certifié, choix organisé tout récemment par la FF2P. Ça, c’est du débat interne qui regarde principalement les professionnels entre eux.

Universitaires / reconvertis

Ce qui concerne tout le monde c’est que dans tous les cas les professions de la psychothérapie se scindent :

– universitaIres d’un côté, axés sur la psychopathologie d’inspiration médicale, — côté diagnostic et thérapies brèves à protocole d’inspiration TCC mais pas uniquement ;

– reconvertis (2“) de l’autre — côté relation, ces derniers centrés sur la dynamique de subjectivation, tout comme la psychanalyse, ce qui les situe dans son voisinage quand on se réfère au Carré psy, avec un accent sur la dimension phénoménologique et émotionnelle.

Casse des métiers

En dehors des ex ou ci-devant psychothérapeutes (relationnels) — ex pour expulsés de leur titre — les psychologues scandalisés de se voir dépouillés par la médecine du vol de notre nom qu’ils avaient organisé avec elle protestent unanimement auprès de la Ministre qui va bien entendu les rassurer. N’empêche qu’on s’avance à grands pas vers une médicalisation du psychisme, comme de l’existence, et qu’on assiste comme le dit le Roland Gori de l’Appel des appels, à une véritable casse des métiers.

Celui de psychopraticien relationnel et/ou psypraticien certifié rebondira bien, avec ses environ 5500 professionnels organisés sur 7500 (nous renonçons à la gonflette des chiffres), un record quant on songe au taux de base de la syndicalisation en France. Il n’offre pas du tout le même service dans la même ambiance, les offres se complèteront.

Le côté positif de l’affaire

c’est que l’organisation

– soit universitaire — diplôme de psychothérapeute ou de psychologie révisé médecine

– soit associative — auto réglementation des Écoles agréées et des praticiens à titularisation professionnelle de société savante ou syndicale professionnelle

encadre sérieusement les professionnels du psychisme — mais nous c’était déjà fait et les psychologues c’est ni fait ni à faire.

Laissant les “autoproclamés” de Bernard Accoyer sur le bas-côté de la route, à la fameuse rubrique “Soins hors d’un cadre réglementé” des Pages jaunes. L’affaire n’est pas achevée loin de là, les remaniements en cours se prolongeront des années durant. Qu’on songe que la psychiatrie s’est séparée de la neurologie en 1968, pour y revenir trente ans plus tard. Chaque génération remanie les configurations, tant la matière psy est explosive, fissible, insaisissable. Comme l’âme humaine dont elle s’occupe.

{{La psychothérapie relationnelle

se verra administrée par les ex psychothérapeutes relationnels renommés(3“), les étudiants sortis de leurs bonnes écoles car il y en a de bonnes personne ne le conteste, et les praticiens des institutions historiques indépendantes et reliées dans le cadre du GLPR. Longue et bonne vie à elle et ses serviteurs dévoués.

Le public les connaît de longue date et n’est pas près de renoncer à leurs services,, uniques et précieux, centrés sur la relation, le dialogue, une implication mutuelle maîtrisée, une pratique éthique hautement professionnalisée.

Le côté négatif

Un embrouillamini phénoménal. On n’y comprenait déjà pas grand chose, la clarté style ministère de l’intérieur qui vient vous aveugler quand vous considérez la nouvelle lampe qu’on vient d’allumer est ravageuse pour pratiquement tout le monde — à l’exception notable des psychiatres reneurologisés et de droit divin : “{un psychiatre est par essence psychothérapeute” — ce qui fait tout de même beaucoup. Le désir d’éradiquer notre profession et la psychanalyse par dessus le marché, s’il est probablement du style yeux plus gros que le ventre, reste à intention nociceptive.

Franchir l’obstacle

Nous y ferons face et franchirons l’obstacle, aidés par le public, le soin de citoyenneté et le développement constant de notre souci de qualité humaine et scientifique, par notre détermination humaniste.

Note

Attention aux notes. Le diable est dans le détail. Nous avons annoté le texte figarelien à l’endroit des chiffres qu’il produit. Surmontez votre phobie des chiffres au cas où, ne vous laissez pas embarquer dans des comptages ayant un coup de pouce dans l’aile.

Philippe Grauer}}


Depuis début juillet, les personnes souhaitant user du titre de psychothérapeute doivent répondre à des critères stricts. Une réglementation attendue depuis longtemps mais qui laisse une grande partie des professionnels insatisfaits.

Près de 4 millions de Français suivent, ou ont suivi, une psychothérapie (ou une psychanalyse). Or, jusqu’au 1er juillet dernier, aucun diplôme ni expérience n’étaient exigés pour se revendiquer « psychothérapeute ». Ce flou juridique laissait notamment le champ libre aux charlatans et aux sectes pour profiter de la faiblesse de certains patients mal renseignés. Inquiets, professionnels et autorités ont lancé il y a plus de dix ans des travaux pour réglementer l’usage du titre. Après des années de négociations, on aurait pu croire le problème réglé avec la publication, le 20 mai dernier, d’un décret listant les compétences requises pour les psychothérapeutes désireux de se présenter comme tels. Mais la fronde lancée par une partie des professionnels concernés, insatisfaits de la nouvelle réglementation, risque de rendre la situation encore moins lisible pour le grand public.

Au cœur du problème, les nouvelles exigences de formation, qui vont contraindre certains psychothérapeutes, psychanalystes, psychologues ou médecins non psychiatres à revenir sur les bancs de l’école s’ils souhaitent exercer en tant que psychothérapeutes. Le décret d’application de la loi HPST prévoit en effet que seuls les psychiatres puissent revendiquer cette appellation d’emblée, toutes les autres professions devant se soumettre à une formation théorique complémentaire plus ou moins longue (de 100 à 400 heures), assortie d’un stage de plusieurs mois dans des établissements accrédités par les Agences régionales de santé. Une dérogation totale ou partielle est toutefois possible pour ceux qui exercent depuis au moins cinq ans, après décision de commissions régionales (non encore nommées).

« On ne tient pas compte de la réalité du terrain »

En première ligne des insatisfaits, les organisations professionnelles de psychothérapeutes, qui déplorent que l’on renvoie en formation des gens ayant en moyenne « bac +7 ». « Les psychothérapeutes certifiés inscrits dans nos annuaires professionnels ont suivi en moyenne quatre ans d’études dédiées uniquement à la psychothérapie (dans des instituts privés, NDRL). Ils sont reconnus par une commission nationale de pairs, sont supervisés par d’autres professionnels plus expérimentés, et ont eux-mêmes suivi une thérapie », rappelle Serge Ginger, secrétaire général de la Fédération française de psychothérapie et psychanalyse (FF2P), qui représente près de 5 000 psychothérapeutes certifiés, sur les 7.000 (4“) estimés en France.

Pour lui, la formation exigée par la loi « ne tient pas compte de la réalité du terrain ». « Elle fait la part belle aux diplômes universitaires, mais ceux-ci ne permettent pas de sélectionner une personne équilibrée, alors que c’est un critère essentiel pour accéder à la formation en psychothérapie. En outre, elle se concentre trop sur le diagnostic (psychopathologie), et pas assez sur les méthodes pour soigner. C’est comme si on accordait le permis de conduire juste après les épreuves théoriques du code ».

Le ministère relativise

Les psychologues cliniciens s’indignent pour leur part de l’obligation qui leur est faite de suivre une formation redondante avec leur master. Une intersyndicale, soulignant sa « mobilisation sans précédent », a été reçue fin juillet par le cabinet de Roselyne Bachelot. « Nos interlocuteurs on pu entendre nos remarques et se sont engagés à y chercher des solutions. Les discussion sont ouvertes », précisent les organisations dans un communiqué.

D’une façon générale, le cabinet de Roselyne Bachelot tente de minimiser la grogne. « C’est une opinion vraiment minoritaire, relativise-t-on. La formation minimale exigée par la loi a été définie en concertation avec les professionnels. Elle est consensuelle ».

Un psychiatre est par essence psychothérapeute

Les psychiatres, qui n’ont, eux, aucune obligation nouvelle, sont les seuls à juger la loi « légitime ». « Un psychiatre est par essence psychothérapeute », affirme François Kammerer, vice-président du Syndicat français des psychiatres, regrettant l’image de « pharmacologue » dont souffre parfois la profession. Il juge en revanche nécessaire que les autres professionnels aient l’obligation de suivre des stages dans des établissements certifiés. « Le stage prévu n’est pas très long, la formation théorique non plus, mais ça servira au moins à acquérir une certaine culture générale commune, estime-t-il. Il ne serait pas normal que l’on puisse être psychothérapeute sans avoir vu des cas graves, des névroses, même si on n’y est pas confronté tous les jours ».

En attendant, la fronde autour de ce décret risque d’avoir des effets contre-productifs pour le grand public en termes de lisibilité. La FF2P s’apprête par exemple à faire inscrire ses membres dans les pages jaunes sous une autre désignation, vraisemblablement « psypraticien certifié ». Psy en mouvement, une autre organisation professionnelle de psychothérapeutes (4 000 membres (5“) – dont un certain nombre sont aussi membres de la FF2P), a de son côté consulté ses troupes de manière informelle. Bilan : une majorité se dit prête à une « désobéissance civile collective » en gardant sa plaque, même si 60 % envisagent de s’enregistrer sur les listes pour revendiquer le titre officiellement.

Pauline Fréour
Journaliste. Le Figaro.

  • 1 Seulement le titre, attention c’est déjà considérable mais la pratique de la psychothérapie (relationnelle en tout cas) reste libre.
  • 2 Écoles associatives et privées, 2000 heures soit cinq années de formation spécifique. Formation proposée aux deuxième âge, déjà psychothérapisés ou psychanalysés, ayant déjà exercé un autre métier, et le plus souvent constitué une famille, ce qui ne gâche rien, franchement, pour bien écouter les gens.
  • 3 Attention, le {{titre (pas la pratique) devient strictement réservé aux psychologues-psychothérapeutes et aux médecins (eh oui ! avec formation bidon).
  • 4 Serge Ginger annonce officiellement 4500, chiffre probablement renforcé. Le système Affop-SNPPsy devrait peser 1500, Il faut encore compter le Psy’G. Si l’on abaisse les 4500 de Ginger à 3500, avec l’Affop maintenu à 1500 on arriverait aux environs de 5500, ce qui n’est pas mal du tout rapporté aux 7500 de l’ensemble de la profession car c’est le chiffre exact. Minorer le dernier en majorant le premier, coups de pouce complémentaires, permet de se représenter la FF2P comme couvrant les 3/4 du champ, ce qui est inexact. Les chiffres fluctuent mais la raison se doit d’y flotter sans sombrer.

    Loger là-dedans les “4000” dont “un certain nombre” relevant en fait de la FF2P au dire du président de l’officine bien connue des internautes qui les revendique, agitant le chiffon rouge de la “désobéissance civile collective”, on commence à ne plus savoir où on en est, ça va finir par ressembler aux quatre tiers de Raimu dans une de ses meilleures colères à propos de la composition du Pastis.

  • 5 D’où provient ce chiffre inflationniste ? il mesure quelle population au juste ? Cf. note précédente.

La parole ou la mort

Film documentaire réalisé par Abraham Ségal,
produit par Olivier Mille.
Une production Artline Films et Films en Quête (96 min).


Les attaques acharnées et malhonnêtes intellectuellement contre Freud, en ce moment relayées par Michel Onfray sur France culture, relèvent de la même ligne obscure et obscurantiste.

Murs ou passerelles, murs de la honte et de la connerie réunies ou passerelles de l’espérance, à chacun ses préférences en architecture.

Philippe Grauer


La Parole ou la Mort est un film sur les dangers des fondamentalismes et sur les moyens de les contrer. Ce documentaire est une enquête sur les relations dangereuses entre politique et religion, entre religions et sciences, entre doctrines religieuses et règles de vie en société.

En effet, les répercussions du mélange politique-religion et de la confusion, dans le champ de l’éducation, entre faits scientifiques et convictions religieuses sont largement répandues en ce début du 21e siècle.

À l’origine de notre enquête on trouve cette question inspirée de la réflexion critique de Spinoza sur la lecture des textes fondateurs : comment les mêmes paroles extraites des textes sacrés de la Bible et du Coran peuvent-elles conduire aussi bien à la haine, au meurtre et au sacrifice qu’à éclairer les chemins de la sagesse et de la vie ? Une piste essentielle d’investigation est celle des manipulations politiques des paroles bibliques ou coraniques par des fondamentalistes issus des religions du Livre.

Mais, à l’instar de la musique, les paroles peuvent aussi vivifier, éclairer l’esprit, établir des ponts entre cultures. Le West-Eastern Divan Orchestra dirigé par Daniel Barenboïm rappelle d’autres expériences de vivre ensemble entre juifs, musulmans et chrétiens.

Si l’imbrication entre religion et politique est très ancienne, avec ses ententes historiques et ses affrontements meurtriers, de nouveaux liens entre la politique et Dieu apparaissent aujourd’hui de par le monde. Nous pensions que les notions de croisade, djihad, guerre sainte appartenaient au Moyen Âge. À l’aube du XXIe siècle, nous sommes frappés par la force du cocktail explosif entre versets bibliques ou coraniques, messages politiques et actions meurtrières qui enflamme et nourrit des guerres au nom de Dieu.

Mais les offensives fondamentalistes débordent le domaine du politique. Elles visent la science, l’éducation, la vie sociale. Ainsi les attaques acharnées contre Darwin et sa théorie de l’évolution ont d’abord été menées par des créationnistes religieux bardés de certitudes bibliques, puis par des néo-créationnistes « scientifiques », promoteurs de l’Intelligent Design.
Aux États-Unis, les tentatives d’introduire des théories anti-darwiniennes dans les programmes scolaires bénéficient du soutien de puissantes organisations chrétiennes et de l’appui de figures politiques de premier plan.
Notre enquête sur les dangers du fondamentalisme portera enfin sur les visions apocalyptiques – messianiques de la fin des temps dans les trois religions monothéistes.

Dans ce documentaire, on verra d’une part les murs érigés par des fondamentalistes entre peuples, entre civilisations et, d’autre part, les ponts entre communautés, jetés par des hommes de culture, de science et de foi.

La parole ou la mort est une investigation effectuée à tour de rôle par deux enquêteurs : la journaliste Maya Siblini et l’écrivain Frédéric Boyer. Présent à l’écran dans de nombreuses situations, l’enquêteur se déplace de lieu en lieu, interroge des témoins, cherche des preuves, établit des liens entre faits et textes, formule les questions qui structurent l’enquête.

Pages Jaunes : un conseil, ne suivez pas le leurre

Les Pages Jaunes diffusent ces derniers temps une sorte de directive. Ne vous y laissez pas prendre.

1) Vous remplissez les conditions

Ou bien vous êtes grand-père ou grand-mère, et il ne vous reste plus si vous le désirez qu’à souscrire aux réserves que vous proposent les Jaunes pages.

Vous remplissez donc la condition exigée par la loi d’un exercice de plus de cinq ans, et disposez d’un an pour déposer une demande d’homologation auprès de la DRASS de la région où vous exercent après la date de parution du décret. L’Administation a six mois pour vous répondre, ce qui vous laisse la possibilité de conserver le titre de psychothérapeute pendant un an et demi, jusqu’au 22 octobre 2011.

La réponse à adresser aux Pages jaunes est alors celle du maintien dans la rubrique Psychothérapeute jusqu’à cette date et au-delà si la demande d’homologation a reçu une réponse positive. En cas de réponse négative le retrait de la rubrique doit être demandé par la personne par lettre RAR pour être en conformité avec la loi.

2) Vous ne remplissez pas les conditions grand-parentales

Vous n’avez plus droit au titre de psychothérapeute NN, ou préférez ne pas solliciter ce nouveau titre. S’offrent alors trois voies

– a) demander à être inscrit dans une autre rubrique existante (1“).

– b) demander à être inscrit dans la rubrique commune convenable dont le nom est en négociation entre les quatre grandes organisations du GLPR (Psy’G, SNPPsy, FF2P, AFFOP) travaillant ensemble au choix du nouveau nom de notre métier, ce dont les Pages Jaunes ont été saisies. À noter que depuis le 14 septembre 2009 nous avons entamé avec elles une correspondance visant à créer la rubrique psychopraticien. Cette ancienneté milite d’ailleurs pour l’adoption de ce terme, au moins par notre mouvance.

– c) s’inscrire dans la case proposée aimablement par les Pages jaunes, à leur vieille rubrique Soins hors d’un cadre réglementé. Vous jouirez ainsi du prestigieux statut d’une catégorie fourre-tout sans rapport avec ce que vous faites, qui va de techniques corporelles de bien-être à coach (2“) en passant peut-être par quelque spécialité n’ayant rien à voir avec la souffrance psychique. Vos ennemis (car nous avons non seulement des adversaires mais des ennemis, ce qui nous honore par ailleurs) seront ravis et la confusion à son comble.

La pire des solutions : le fourre-tout Pages jaunes

Cette dernière solution [c] est la pire. Elle provient d’une proposition scandaleuse, puisque nous avons approché les Pages jaunes largement à temps pour éviter ce ridicule cas de figure. Ne souscrivez pas à la rubrique Soins hors d’un cadre réglementé aimablement adressée pendant les vacances par les Jaunes pages, par ailleurs déjà approchées par les nôtres de soins (3“) en vue de constituer une rubrique convenable.

“Je suis les consignes de mon syndicat, je désire m’inscrire à la rubrique psychopraticien”

Dans l’expectative, répondez seulement que vous désirez vous désinscrire (car l’usurpation de titre ne vous intéresse pas et si vous n’avez plus droit au titre il faut le faire sans délai) mais pour vous réinscrire à la rubrique psychopraticien, }bien dommage qu’elle ne soit pas proposée à ce jour, vous attendez les consignes de votre syndicat en une aussi délicate matière, pour vous déterminer pour une désignation de nom de métier. Sachant que votre fédération responsable (le SNPPsy est membre de l’Affop qui a déposé une demande) a entrepris dès 2009 les démarches nécessaires auprès des Pages jaunes. Le choix définitif sera arrêté à la Rentrée par le GLPR. Vous pouvez toujours vous déclarer psychopraticien relationnel en attendant, à charge pour les Pages jaunes d’enregistrer cette requête et de ne pas la dévoyer en lui substituant une autre réponse.

C’est simple, on attend calmement la Rentrée et les conseils des quatre institutions historiques responsables, on oublie les orientations, vides de sens par manque de mise à jour de leur part en ce qui nous concerne, des Pages Jaunes(4“).

Donc, pas de panique, les Pages Jaunes ne sont pas tout à fait à la page. Nous nous en occupons, ne vous précipitez pas.


Cet article provient du site snppsy.org

[Image : Sans titre]

  • 1 Si cela bien entendu correspond à votre activité professionnelle. Par exemple psychanalyste qui ne fait l’objet d’aucune définition légale.
  • 2 “Ils n’auront qu’à s’appeler coaches !“, s’exclame M. About au Sénat interrompant J-P Sueur soutenant notre cause. Que les coaches, eux-mêmes organisés en profession émergeante nous pardonnent, nous ne relevons pas de la même profession, ce qui ne discrédite pas la leur, nous désirons seulement bien délimiter la nôtre.
  • 3 Lesquels comme chacun sait sont auto réglementés, relèvent de l’ordre du souci et ne se dénomment prudemment pas “soins”.
  • 4 Par ailleurs évidemment immédiatement interpelées par nous. Nous attendons leur réponse.

Décret : à propos des dispenses de formation suplémentaire

Décret Psychothérapeutes : Retour sur les dispenses de formation supplémentaire


Ceci concerne exclusivement les grands-parents et psychologues. Bien entendu il y en a chez nous. Il y en a aussi qui entendent volontairement ne pas s’intituler psychothérapeute NN. Tout ce remue-ménage dans le Carré psy aboutira tout bien recalé et calé à une nouvelle répartition des titres, appellations et zones de compétence, constituant de ce qu’on appelle communément un paradigme. Pas de souci, nous y occuperons toute notre juste place.

Philippe Grauer


– Conditions principales des dispenses de formation supplémentaires pour l’obtention du titre de psychothérapeute : article de loi “art 52 tel que modifié en 2009” http://goo.gl/aric : Les dispenses partielles ou totale de formation supplémentaire concernent « les titulaires d’un diplôme de docteur en médecine, les personnes autorisées à faire usage du titre de psychologue dans les conditions définies par l’article 44 de la loi nº 85-772 du 25 juillet 1985 portant diverses dispositions d’ordre social et les psychanalystes régulièrement enregistrés dans les annuaires de leurs associations ».

– Il n’y a aucun critère de master pour les dispenses : c’est le titre de psychologue qui est le critère (lequel n’exige pas dans tous les cas le master), ou l’enregistrement dans les annuaires (pour les psychanalystes), ou le diplôme de docteur en médecine (le master mention ou spécialité psychanalyse ne fait pas partie des critères pour les dispenses, pas plus que le master en psychologie).

– Les conditions supplémentaires des dispenses sont fixées dans les entêtes de colonnes du tableau annexe au décret http://goo.gl/L3Qx

– En 6e et dernière colonne du tableau, l’on trouve comme intitulé « Professionnels n’appartenant à aucune des catégories précédentes ».

– Par conséquent, cela nous indique que les catégories précédentes des entêtes de colonnes représentent des professionnels, et non des diplômés.

En-têtes

– Parmi les entêtes, Médecin signifie la profession de médecin, réelle, pratiquée, non le diplôme de docteur en médecine.

– S’agissant de Psychiatres l’on pourrait hésiter s’il s’agit du diplôme ou de la profession, mais l’intitulé de colonne 6 nous oblige à comprendre qu’il s’agit des professionnels psychiatres, exerçant réellement la psychiatrie.

– Psychanalystes enregistrés dans leurs annuaires signifie praticiens pratiquant réellement la psychanalyse.

– De la même manière, Psychologues cliniciens signifie une profession, consistant à recevoir des patients pour des soins : ce n’est pas un master, c’est une pratique réelle, c’est la pratique réelle entraînant actuellement l’exonération de la Tva, on connaît donc déjà très bien cela comme critère de fait.

– Psychologues non cliniciens signifie de même tous les professionnels qui travaillent effectivement, qui font usage professionnel du titre de psychologue, mais qui ne reçoivent pas de patients. Ils peuvent avoir droit au titre de psychologue, mais si dans leur pratique, statut, emploi professionnel, ils ne font pas usage réel du titre de psychologue, alors ils relèvent de la 6e colonne.

– La 6e colonne concerne donc les Autres professionnels , et ceux-ci n’ont pas de dispense ; et a fortiori, ceux qui n’exercent aucune profession n’ont pas de dispense – et d’ailleurs ne peuvent pas s’inscrire sur les listes de psychothérapeutes : il faut être professionnel pour cela, cf. 1er alinéa de l’article 52 http://goo.gl/aric

— Il n’y a donc pas besoin de définir, justifier en droit de la signification de Psychologue clinicien dans le tableau du décret, puisque c’est une catégorie déjà bien connue des services fiscaux pour l’exonération de la Tva : cette catégorie concerne tous les psychologues par exemple travailleurs indépendants actuels dont l’activité est actuellement exonérée de la Tva : les Finances pourraient en fournir la liste à la Santé. S’agissant des psychologues travaillant dans des établissement de santé, une attestation de leur employeur de ce qu’ils reçoivent des patients pour une activité clinique de soins psychologiques ou psychothérapeutiques sera appropriée.

L’annexe du décret est donc bien pire que je ne l’ai vu dénoncer le plus souvent.

– En effet, pour parler du cas des étudiants qui sortent de master, ils ne sont pas encore professionnels. L’on pourrait donc croire qu’ils ne bénéficient d’aucune dispense. Mais ce serait inexact. Les conditions de la dispense sont à réunir à la date de la demande. Un étudiant qui sort de master et qui suit la formation pour obtenir le titre de psychothérapeute, peut demander dix ans après, par exemple, à être inscrit sur la liste des psychothérapeutes. Rien ne l’interdit dans le décret et les arrêtés. C’est donc dix ans après que l’on examinera si à cette époque il remplit les conditions d’un des cas de dispense prévus au tableau annexe du décret. Donc, l’étudiant en question peut avoir choisi juste après son master de suivre la formation réduite s’agissant des psychologues cliniciens. Simplement, pour s’inscrire le moment venu sur la liste des psychothérapeutes, il devra à ce moment être un professionnel clinicien.

Jusque là, tout va bien, je viens d’exposer des souplesses du régime prévu par le décret.

Là où tout va mal

– Mais là ou tout va mal, c’est qu’en réalité, compte tenu du “marché du travail” des psychologues, tous les étudiants voudront obtenir immédiatement le titre de psychothérapeute, lors de leur première embauche, en indiquant sur leur curriculum qu’ils ont suivi la formation et qu’ils remplissent les conditions pour obtenir le titre de psychothérapeute. Et comme leur première activité professionnelle ne sera pas forcément clinicienne, mais que même dans ce cas les employeurs privilégieront ceux à leurs yeux les plus formés, c’est-à-dire ceux aptes à obtenir le titre de psychothérapeute, alors tous les étudiants ne pourront que faire le “choix” de suivre la formation réduite pour les psychologues non cliniciens, voire par sécurité suivront la formation complète, sans réduction.

Comme cela ils pourront s’inscrire sur les listes de psychothérapeutes, quelle que soit leur première activité professionnelle, même si celle-ci n’est pas clinicienne, même si cette activité ne comporte pas l’usage professionnel du titre de psychologue, et même si cette activité n’a aucun rapport formel avec la psychologie. (Cependant rappel : le titre de psychothérapeute se “perd” si l’on en use pas professionnellement pendant plus de deux ans ; auquel cas il faut repasser par la démarche de demande d’inscription, mais après tout, l’on peut comme cela refaire la demande tous les deux ans, pour disposer du titre de psychothérapeute même si l’on n’en use pas.)

François-R. Dupond Muzart ~ frdm