Question écrite du sénateur Sueur

Le sénateur Sueur appuie la revendication des psychologues de se voir restituer la partie du butin à nous volé concernant le nouveau titre de psychothérapeute paramédical.

Réparer une injustice locale ne change rien au fait qu’il s’agit d’une loi mal faite nous ayant injustement dépouillés d’un titre que nous avons su soutenir et illustrer au point de faire très envie à la médecine, suivie de près par la psychologie. Il s’agissait de venir mettre un peu d’ordre dans nos affaires, en s’efforçant de les confisquer, et de tenter de nous interdire de faire ce que l’on ne sait ni ne veut pas faire soi-même.

On sait que ça continue de batailler entre psychologie et médecine, les premiers se voyant spoliés protestant, mais pas contre la première spoliation. Les cartes battues en voie de redistribution, le Carré psy attend sa nouvelle donne, et ses nouvelles batailles.

On peut compter sur nous pour n’en manquer aucune, jusqu’à la victoire de notre bon droit. La justice viendra sur nos pas triomphant.

Philippe Grauer


Paris, le 21 juillet 2010

Formation des psychologues et décret relatif au titre de psychothérapeute.

M. Jean-Pierre SUEUR s’étonne auprès de Madame le Ministre de la Santé et des Sports des termes du décret n°2010-534 du 20 mai 2010 relatif à l’usage du titre de psychothérapeute eu égard aux diplômes et qualifications dont peuvent se prévaloir les psychologues des filières psychopathologie et psychologie clinique. Ces derniers ont reçu une formation de haut niveau en psychopathologie, articulant enseignements, stages et travaux de recherche. Il est, dans ces conditions, incompréhensible que ces professionnels soient mis dans l’obligation par le décret précité, s’ils veulent user du titre de psychothérapeutes, de suivre une formation en psychopathologie… qu’ils ont déjà suivie. Il lui demande en conséquence quelles dispositions elle compte prendre pour mettre fin à cette anomalie. Il lui demande en particulier si elle compte modifier ce décret après concertation avec les professionnels concernés.

JEAN-PIERRE SUEUR
_____
SENATEUR DU LOIRET _____
VICE-PRESIDENT DE LA COMMISSION DES LOIS _____
ANCIEN MINISTRE

La psychanalyse à la portée du plus grand nombre


Que devient la psychanalyse, magnifiquement illustrée par la NRP ? Chez nous dans notre École elle est étudiée soigneusement, mais pas en position dominante. Dans le cadre d’un paradigme où elle a toute sa place, mais pas toute la place. D’elle-même la psychanalyse n’a tendance qu’à tenter d’absorber, d’intégrer, des disciplines connexes, comme le psychodrame ou certaines pratiques de relaxation. Elle ne s’inquiète pas trop de s’interroger là où les autres voient et font ce qui lui est inaccessible. Il lui reste beaucoup d’arrogance, de prétention, de mépris. Elle s’en dégagera progressivement, sous peine de s’étouffer avec.

C’est notre multiréférentialité qui peut donner le coup de neuf de disciplines s’interpelant et s’interrogeant mutuellement, sur un pied d’égalité, révérence gardée pour l’immense avance qu’un siècle de pratique et d’histoire a pu conférer à la psychanalyse par ailleurs. L’Histoire ne s’arrête jamais et la psychothérapie relationnelle a quelque chose d’important à apporter à la recherche permanente dans le domaine de la dynamique de la subjectivation. Nous nous honorons d’y contribuer. Fort heureusement, le voyage n’est pas tout à fait fini, mais quel trajet déjà parcouru !

Philippe Grauer


C’est une petite tache d’encre qui en dit long. Pendant vingt-cinq ans, de 1970 à 1994, elle a orné chacune des 50 couvertures de la Nouvelle Revue de psychanalyse (NRP). Une sorte de test de Rorschach. À l’interprétation libre, donc. Dans son bureau perché en haut des escaliers en colimaçon de la maison Gallimard, Jean-Bertrand Pontalis s’amuse encore aujourd’hui de ce choix illustratif, qui, bien sûr, n’avait rien d’anodin. L’intellectuel, ancien élève de Sartre et collaborateur des Temps modernes, n’avait qu’une idée en tête lorsqu’il décida, en 1970, de se lancer dans l’aventure de la NRP : créer une revue libre où “chacun pouvait y voir ce qu’il voulait”.

À la fin des années 1960, la guerre des clans fait rage en France au sein de la psychanalyse. Pour faire simple, c’est freudiens contre lacaniens. “J.-B.” a beau être un ancien proche de Lacan, avec qui il a fait son analyse didactique, il ne supporte pas cette “allégeance à la parole d’un Maître”, quel qu’il soit. Dans le premier numéro, “Incidences de la psychanalyse”, qui paraît au printemps 1970, Pontalis expose son projet : “Ne pas rester entre soi“, pourfendre les chapelles, et “s’ouvrir à des travaux d’auteurs étrangers, par leur pays, leur discipline, leur pensée singulière“. La revue, qui sortira deux fois par an, ne sera donc ni l’organe officiel d’une institution, ni réservée aux seuls analystes.

Cette liberté se traduit d’abord par la présence, au sein du comité éditorial, de cinq analystes d’obédience différente — Didier Anzieu, André Green, Masud R. Khan, Guy Rosolato et Victor Smirnoff — mais aussi du philosophe et ethnologue Jean Pouillon, et de l’historien des idées et critique littéraire Jean Starobinski. J.-B. refuse aussi que ses auteurs jargonnent. Le vocabulaire technique est proscrit. “Une seule exigence, écrit-il : rendre sensible, sans l’effacer, l’animation de l’inconscient, rendre son travail intelligible, sans prétendre le maîtriser.” Pas question de “sortir la grosse artillerie psychanalytique”.

Ces principes se retrouvent dans le choix des titres des 50 volumes collectifs publiés, et tous centrés sur un thème. Le numéro 5 est ainsi intitulé “L’espace du rêve” pour éviter le terme “interprétation“. De même celui (n° 13) consacré à la question du narcissisme se dénomme “Narcisses” : “Le narcissisme avait été théorisé en long et en large, explique l’analyste Michel Gribinski, qui fut pendant treize ans membre de l’équipe de rédaction de la revue. L’intitulé “Narcisses” permettait d’explorer les différents destins de ce concept cher à la pensée grecque, à la mythologie et à la philosophie.”

J.-B. Pontalis semble particulièrement fier du titre du 33e numéro : “L’amour de la haine” qui rompait avec le traditionnel “amour et haine“, grand classique de la littérature analytique. Un choix éditorial inspiré de la nouvelle de Joseph Conrad, Le Duel, qui raconte comment la vie de deux officiers napoléoniens s’organise autour de la haine qu’ils ont l’un pour l’autre.

Mis à part ceux à qui la psychanalyse fait trop peur, peu d’auteurs sollicités pour collaborer à la NRP refusent d’y apposer leur signature. Les historiens Georges Duby et Pierre Nora participent à “Mémoires“, le numéro 15. Un bel exercice puisque le premier écrit sur “Mémoires sans historien” et le second est interrogé sur “Mémoire de l’historien, mémoire de l’histoire“. Fasciné par les mots, J.-B. Pontalis demandera à son ami Georges Perec de collaborer au numéro 16 “Ecrire la psychanalyse“, avec un article intitulé “Vues d’Italie“.

La liste des invités — Claude Lanzmann, Roger Grenier, Jean Baudrillard… — est trop longue pour en faire une recension complète. Mais ce que l’on pouvait penser n’être au départ qu’un projet marginal au monde de la psychanalyse s’impose rapidement comme une référence. Au point d’y faire écrire des membres de la Société psychanalytique de Paris, la gardienne du temple freudien. “Les réunions du comité étaient un lieu passionnant de remue-méninges, se souvient Michel Gribinski. On brassait les idées, c’était drôle, c’était vif. Chacun y était tout entier soi-même et les désaccords quand il y en avait étaient vite oubliés.” Même si la revue déroute parfois, les ventes atteignent au total 250 000 exemplaires, soit une diffusion moyenne de 5 000 numéros par titre. Le plus beau score revient au thème (n° 19) consacré à “L’enfant” (près de 8 000 ventes). Claude Gallimard, qui dirige alors la prestigieuse maison d’édition, est largement satisfait.

Pourtant, alors que la renommée de la revue et les ventes ne font qu’augmenter, J.-B. Pontalis décide de mettre fin à l’aventure. Le cinquantième numéro sera le dernier : il s’appelle “L’inachèvement“. Pourquoi ce sabordage ? L’agrégé de philosophie s’en explique dans l’éditorial : “Je m’étais dit, dès le départ, que le jour où la force de l’habitude l’emporterait sur l’amour des commencements, il serait bon de marquer au moins un temps d’arrêt (…). Quelque chose n’est plus au rendez-vous. Quelque chose qui pourrait s’appeler le désir de fonder, à chaque fois, comme au premier jour.“

Aujourd’hui, il reconnaît volontiers que cette décision regrettée par ses collaborateurs avait été dictée par “un peu d’égoïsme“. “Au bout d’un certain temps, j’ai eu envie de passer à autre chose.” J.-B. souhaitait notamment se consacrer davantage à la nouvelle collection “L’un et l’autre“, qu’il dirigeait, depuis 1989, chez Gallimard. Mais dans nombre de bibliothèques, il reste comme un vide. Beaucoup de lecteurs n’ont pas compris cet arrêt brutal. Afin de les consoler, J.-B. terminait son éditorial par cet aphorisme : “Quand le train entre en gare, le voyage n’en est pas pour autant fini !“


Paru dans la rubrique La saga des revues du Monde du 28 07 2010

Nouvelle Revue de psychanalyse. 1970-1994. Dirigée par Jean-Bertrand Pontalis.

Les 39 contre la nuit sécuritaire : Meeting à la Rentrée !

Non à une loi de grand renfermement !

3ème Meeting national du Collectif des 39

Samedi 25 Septembre 2010
De 10:00 à 17:00


La psychiatrie aussi se trouve mise à mal. Les gens du Carré psy n’harmonisent pas leurs luttes, les psychiatres trop occupés à dominer les psychologues trop occupés à éliminer les psychothérapeutes relationnels, les psychanalystes cherchant sous couverture de psychologie ou de psychiatrie à naviguer au mieux de leurs supposés intérêts, et … de l’élimination des psychothérapeutes relationnels.

Pendant que tout ce petit monde s’occupe au jeu d’un clou chasse l’autre, la même politique de médicalisation de l’existence s’exerce vers un “hospitalocentrisme” qui nous ramène du côté du XIXème siècle. Alors, chacun dans son coin soudain se rend compte que quelque chose ne va pas et sonne l’alarme. L’alarme des alarmes existe d’ailleurs, c’est l’Appel des appels, impulsé par Roland Gori.

Nous répercutons ici le combat du collectif contre le retour de la barbarie en psychiatrie (c’est déjà fait sur un nombre important de points, les électrochocs rebaptisés, ça y va ! et il n’y a pas que ça), car tous nos combats objectivement se rejoignent et nous nous portons solidaires de tout ce qui va contre nos convictions humanistes et citoyennes, bases capitales de l’éthique dans nos professions et disciplines.

La garde à vue psychiatrique, le casier psychiatrique et le tout sécurité ne nous mettrons jamais à l’abri d’un drame occasionnel (alors que la population concernée est massivement inoffensive), mais mettront en danger nos libertés fondamentales et ruineront l’idée de “soin”. On savait déjà les fous dans la rue pour une part en prison pour l’autre, voici que les pouvoirs publics tendent à mettre en place une psychiatrie sécuritaire, comme ça la boucle sera bouclée les fous relèveront du ministère de l’intérieur et tout le monde sera bien policé.

Vous me direz, peu importe je ne suis pas directement concerné, ni fou ni psychiatre. Notre profession frôle trop parfois le domaine de la folie pour s’indifférer de ce qui se passe du côté de la psychiatrie. Et puis, si on vous fait peur avec les fous, méfiez-vous à tout hasard des institutions qui joueraient avec votre peur et l’émotion du public, ça n’est jamais très sain.

Quand on considère tout cela on se prend à s’interroger sur l’usage qui sera fait des futurs psychothérapeutes Accoyer délégués par la psychiatrie pour accompagner la médicamentation des astreints.

Philippe Grauer


Un projet de loi de réforme de la loi du 27 Juin 1990 va être débattu au Parlement à l’automne, « Projet de loi relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et à leurs modalités de prise en charge ».

Trois mots résument ce projet qui s’inscrit dans le droit fil du discours sécuritaire du Président de la République à Antony le 2 décembre 2010 :

IMPOSTURE, ILLUSION, ET RÉGRESSION.

Imposture

Car ce texte détourne, pervertit le mot « soin ». Sous le prétexte “d’améliorer l’accès aux soins et de garantir la continuité des soins“, il met en place une logique de contrôle et de surveillance aux antipodes d’une approche qui permette de tisser une relation thérapeutique. Il est articulé uniquement (pas un article ne concerne les soins sans contrainte !) autour de la dangerosité.

Avec la notion de soins sans consentement, qui remplace celle d’hospitalisation, il instaure une « garde à vue psychiatrique » de 72 h. qui pourra passer à 6 jours avec le délai dont disposerait le Préfet pour rendre son avis.
Avec l’instauration des soins sans consentement, il s’agit d’un saut, d’une rupture avec la conception des soins psychiques et des libertés analogue à celle de la loi de février 2008 sur la rétention de sûreté !
À aucun moment, il n’est question des hospitalisations libres ou des soins librement consentis, alors que ceux-ci représentent 80 % des situations cliniques.
Imposture enfin, car il s’appuie sur un pseudo – consensus des syndicats et des associations professionnelles, qui pour la plupart ont dénoncé cette loi comme une loi sécuritaire et non sanitaire.

Illusion

Car elle laisse croire aux familles que cette loi « répondra enfin » à leurs inquiétudes, leurs désarrois, leurs impasses dans les situations complexes.
Car elle veut faire croire à l’opinion publique qu’avec cette loi, le risque zéro drame sera possible !
Car elle veut faire croire que le traitement médicamenteux est le seul garant et le seul à même de soigner les maladies mentales.

Régression

Car il s’agit d’un renforcement de l’hospitalocentrisme, avec la mise en place systématique d’une hospitalisation à plein temps inaugurale pendant au minimum trois jours.
Car, de ce fait, elle conduirait à la fermeture systématique des services d’hospitalisation.
Car elle instaure des assouplissements pour les entrées et un durcissement des procédures de sortie.
Car « les soins sans consentement en ambulatoire » assortis d’une obligation à accepter visites et consultations seraient sous – tendus par une menace de réhospitalisation par la force publique !
Car il instaure sans le dire un fichier psychiatrique (équivalent du casier judiciaire) : le médecin, demandant que le patient bénéficie du droit commun, devra systématiquement rappeler tous les antécédents d’hospitalisation sous contrainte.

Ce projet de loi est inacceptable !


Le Collectif des 39 appelle à un grand débat national de société sur l’hospitalité pour la folie, qui définisse une nouvelle politique de soins en psychiatrie :

– Quelle conception de la folie ?
– Quelle formation pour les professionnels ?
– Quels moyens en effectifs et quel budget pour la psychiatrie ?
– Quels droits et libertés ?
– Quelles places pour les patients et les familles dans le dispositif soignant ?

À Villejuif 94800

ESPACE CONGRÈS LES ESSELIÈRES

3, boulevard Chastenet de Géry

Rond point du Général de Gaulle

94800 Villejuif

Lettre ouverte aux responsables de France Culture au sujet de l’émission de Michel Onfray

programmée de fin juillet à fin août 2010 à 19h


Le texte qui suit a été établi par un collectif de psychanalystes

___________________________________________________

À Monsieur Bruno Patino Directeur de France Culture

et

À Monsieur Jean-Luc Hees Président de Radio France

France-Culture possède aujourd’hui un rayonnement important ; c’est en trouvant le ton juste lorsqu’il s’agit des affaires du monde qu’elle peut maintenir son statut de radio d’exception. Nous sommes donc stupéfaits que France-Culture fasse de nouveau une très large place aux conférences que donne M. Onfray à l’université populaire de Caen en les diffusant cet été.

Depuis des années en effet, universitaires et chercheurs, venus des horizons les plus divers, ont démontré que les publications de M. Onfray ne reposaient le plus souvent que sur l’approximation grossière, l’affabulation, l’erreur ou la rumeur, notamment lorsqu’il s’agit des trois grands monothéismes, de Marx, de Montaigne, de Charlotte Corday, de Marat, d’Eichmann et de Kant, de Freud enfin.

Les outrances et les aberrations que contiennent ses ouvrages, dont le dernier en particulier, Le crépuscule d’une idole, l’affabulation freudienne, ont suscité une protestation qui ne cesse de s’étendre ; car le débat qui s’est installé autour de celui-ci dépasse largement la question de Freud et de la psychanalyse : il s’agit une fois encore d’une imposture érigée en savoir. Cela fait maintenant sept ans que sont ainsi diffusées les conférences de Michel Onfray. On se demande au nom de quoi celui-ci bénéficie d’une telle pérennité. Onfray ne peut même pas être considéré comme une des voix de la philosophie.

Nous ne pouvons accepter que France Culture, radio publique, continue ainsi à légitimer une telle entreprise de dénigrement et de désinformation qui risque fort à l’heure qu’il est d’avoir des effets nocifs sur des personnes peu averties et qui, de par leur souffrance psychique sont en voie de s’adresser à des praticiens de la psychanalyse et de la psychothérapie qui s’en inspire. Nous sommes là face à une tentative de destruction envers une profession, et de tout un ensemble de professionnels (psychiatres psychologues et autres de formation psychanalytique).

Michel Onfray est le seul intellectuel français à bénéficier ainsi d’une situation qui fait de lui l’égal d’institutions aussi prestigieuses que le Collège de France, ou l’Ecole des Hautes Etudes. Or très nombreux sont les philosophes, historiens, chercheurs en sciences humaines dont les travaux font autorité en France et à l’étranger et qui pourraient trouver sur France-Culture une égale diffusion, dans le respect de la pluralité des voix.

Pour toutes ces raisons, nous demandons que dans les conditions réglementaires en vigueur, il soit mis fin à un contrat qui lie ainsi la radio publique à Michel Onfray. L’antenne sera ainsi de nouveau disponible à une diversité des véritables voix philosophiques.

Pour signer on clique ici et on signe en ligne. Attention, en phase 2 on vous demande de l’argent en anglais. Vous pouvez parfaitement l’ignorer, vous serez inscrit sans paiement aucun. C’est une habitude anglosaxonne de se nourrir des dons de signataires, si vous désirez sacrifier aux mœurs exotiques vous le pouvez, mais on peut choisir de s’inscrire à la latine, sans frais, avec seulement de la conviction.


Notre site s’est situé immédiatement aux côtés non seulement de la psychanalyse mais de la faculté de bien juger et de distinguer le vrai du faux, contre les affabulations pas trop “culturelles”, en tout cas pas critiques du tout, au sens kantien du terme mais on sait par le goy du boccage que Kant et Eichmann c’est tout un, pas critiques pour un sou donc, du philosophe de l’université populiste.

Il s’ensuit que nous collaborons volontiers à l’important mouvement qui se dessine de rejet d’un manichéisme frustre et prétentieux qui manque de respect à l’idée que nous nous faisons de la France et de la culture, sans parler de la psychothérapie.

Philippe Grauer


Premiers signataires

Christine Accarion (Psychanalyste)
Jean Andreau (Directeur d’Etudes émérite à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales)
Nuria d’Asprer (Professeur de traduction. Faculté de Traduction et d’Interprétation. Universitat Autònoma de Barcelona)
Fabienne Ankaoua (Psychanalyste)
Martine Bailly (Pédiatre)
Marie de Beauchêne (Médecin)
Alban Benoit (Psychologue clinicien)
Wladimir Berelowitch (Directeur d’études à l’EHESS, professeur d’histoire à l’Université de Genève)
Francis Bismuth (Psychologue clinicien, psychothérapeute et psychanalyste)
Christophe Bisson (Auteur réalisateur).

Danièle Brun (Professeur de psychologie)
Olivier Brunschwig (Psychiatre, psychanalyste)
Marianne Carabin (Etudiante en psychologie)
Patrick Chemla (Psychiatre et psychanalyste, Centre Antonin Artaud ,Reims)
Marie Cousein (Psychanalyste)
Laurence Croix, (Maître de Conférences à Paris Ouest en sciences humaines)
Mélanie Cuvelier (Auteur en littérature jeunesse)
Alejandro Dagfal (Professeur adjoint, Université de Buenos Aires, Argentine ; Professeur titulaire, Université de La Plata, Argentine)
Chercheur (CONICET, Argentine)
Pierre Delion (Psychiatre)
Anne Delobelle (Professeur de philosophie)

Jean-Marie Demarque (Psychanalyste)
Alain Deniau (Psychiatre, psychanalyste)
Bernard Desroches (Doctorant en philosophie)
Barbara Didier-Hazan (Psychanalyste)
Marie-Laure Dimon (Psychanalyste)
Olivier Douville (Maître de Conférences ; Directeur de publication de Psychologie Clinique)
Marthe Dubreuil (Psychanalyste)
Fabienne Espitalier Jacquinot (Analysante)
Romuald Esman (Psychologue clinicien et professeur de chaire supérieure en mathématiques)
Nabile Farès (Psychanalyste, écrivain)
Frédéric Forest (Chercheur associé au CRPMS – Université Paris 7 Denis Diderot)

Xavier Gassmann (Psychanalyste Psychologue clinicien Hospitalier)
Helèhe Godefroy (Psychanalyste)
Marie-Noël Godet (CNRS-EHESS)
Wilfried Gontran (Psychologue)
Catherine Guilbot (Commissaire d’expostion)
Anne-Marie Houdebine-Gravaud (Professeure émérite de linguistique et sémiologie)
Florian Houssier (Psychanalyste)
Jean-Pierre Journet (Psychanalyste)
Alexandre Khetib (Psychologue)
Michel Kreutzer (Professeur à l’Université Paris 10 – Nanterre)

Adeline Landolt (Psychanalyste)
Charlotte Laplace (Psychologue Clinicienne, Bruxelles)
Jacques Le Brun (Directeur d’études à l’Ecole pratique des Hautes Etudes, section des sciences religieuses, Sorbonne)
Chrisine Leguisai (Psychanalyste)
Patrick Linx (Psychanalyste)
Paolo Lollo (Psychanalyste)
Khadija Maach (Psychologue clinicienne)
Nicole-Claude Marhieu (A, EHESS Paris)
Jean-Pierre Martin (Psychiatre responsable médical des équipes Psy Précarités CH Esquirol)
Céline Masson (Psychanalyste, Université Paris 7)

Nicole Milgram (Psychanalyste)
Cedric Moine- Urbain (Artiste )
Simone Molina (Psychanalyste,Présidente du Point de Capiton –Vaucluse, Responsable pédagogique de l’ECRPF/ Inter-S-tisse, Chargée de cours à l’Université de Marseille.)
Geneviève Morel (Psychanalyste)
Jean-Jacques Moscovitz (Psychiatre, psychanalyste)
Christian Muller (Psychiatre des hôpitaux, chef de pôle du secteur 59 G23, epsm de l’agglomeration lilloise)
Marc Nacht (Psychanalyste, écrvain)
Stéphane Nannini (Responsable de projet Design graphique)
Françoise Nielsen (Psychanalyste)
Nathalie Patti-Grimopont (Infirmière en psychiatrie)

Françoise Peille (Psychologue psychanalyste auteur de plusieurs ouvrages sur l’enfance)
Mariane Perruche (Professeur agrégée de Lettres Modernes, chargée de cours à Paris 7)
Claude-Noële Pickmann (Psychanalyste)
Tama Pogna (Psychologue clinicien, Pointe Noire, Congo)
Marie-Claire Potier (Psychanalyste)
Sylvie Protassieff (Psychanalyste, Psychologue clinicienne)
Marie-José Proust (Psychanalyste)
Katell Quidelleur, (Psychologue, psychanalyste).
Roland Reumond (Alcoologue, psychanalyste)
Hans Richter (Ecrivain, La Haye Pays Bas)
Michel Rotfus (Professeur de philosophie au Lycée Balzac, Paris)

Henri Roudier (Professeur agrégé de mathématiques au Lycée Chaptal, Paris),
Jacques Roussille (Psychanalyste)
Jean-Pierre Rumen (Psychiatre des Hôpitaux Honoraire)
Carnita Sabater (psychologue clinicienne)
Guy Samama (Agrégé de philosophie, directeur de la revue Approches, ancien membre du Collège international de philosophie)
Catherine Sautter (ingénieur d’études à l’EHESS)
Sabine Schaefer (Psychologue clinicienne)
Silke Schauder, (Maître de conférences à l’IED-Université Paris 8, psychologue clinicienne, art-thérapeute)
Gérard Schmitt (professeur agrégé de philosophie, chargé de cours Université Nancy 2)
Sandra Stein (Etudiante)
Senja Strin (Présidente du Réseau national des psychologues)
Pierre-André Taguieff (Philosophe et historien des idées, Directeur de recherche au CNRS)

Khadija Taoujni. (Étudiante en psychologie)
Christine Theodore (Psychologue, psychanalyste)
Francis Theodore( Praticien Hospitalier, chef de pôle, président de la CME de Ville Evrard)
Bruno Vincent (Etudiant en psychologie à Paris 7)
Dimitry Weill (étudiant en recherche doctorale, Université Paris 7)
Micheline Weinstein, Psychanalyste / Écrivain (Diplômée de l’Institut National d’Orientation Professionnelle, de l’Institut de Musicologie, artiste musicienne, Professeur de Conservatoires Nationaux de Région jusqu’en 1983)
Nicole Yvert (Psychanalyste)
Colette Zapponi (Psychanalyste, Luxembourg)
Joseph Zudas (Psychanalyste)
Jeanette Zwingenberger (Critique d’art contemporain et membre de l’AICA – International Association of Art Critics)

Actions contre le décret concernant le titre de psychothérapeute

Les organisations de psychologues unies contre le décret.


Mais pas un mot de leurs collègues bientôt sans doute retitrés psychopraticiens relationnels, à la confiscation de leur part au titre générique de psychothérapeute de laquelle sans gêne ni honte ils ont applaudi, se réservant ensuite d’oublier le tout. Il conviendrait de renforcer dans les études de psychologie l’enseignement du déni en section clinique (ce qu’il en restera).

Réfugions nous dans l’esthétique et admirons le travail. C’est beau la solidarité professionnelle au sein du Carré psy.

Voici en attendant comment se mobilise le Syndicat national des psychologues. Nous rappelons à ceux qui ne seraient pas informés de la complexité du champ psy, que les psychologues et nous ne pratiquons pas le même métier, n’évoluons pas dans le même espace éthique et méthodologique (ni institutionnel puisqu’ils sont essentiellement hospitaliers(1“)) et que cela va s’aggraver, vu l’orientation TCC neurosciences psychiatrie-DSM assistée par industrie pharmaceutique, que prend dans toutes les facs la psychologie. Il y aura les accoyothérapeutes médicalisés, “dont la mise en œuvre déconsidère la profession“(2“) (ça fait rager les psychologues cliniciens qui ont pourtant mis en place ce qui se développe à présent) et nous, pas du tout la même chose.

À quelque chose malheur est bon. Cela confirme que cette loi demeure injuste dans son principe. Comme le rappelait il y a peu (3“) aux Matinales de France-culture Élisabeth Roudinesco, “cette loi ne plaît à personne. Les psychothérapeutes qui existent depuis cinquante ans ne sont pas contents.” Elle ajoutait : “Ces systèmes d’évaluation ne vont pas, on ne peut pas évaluer le psychisme. On fait disparaître l’enseignement de la psychanalyse des Départements de psychologie. Quand on insulte 8 millions de patients, quelque chose ne va pas.”

On constate en effet que l’ensemble des organisations de psychologues proteste unanimement, mieux vaut tard que jamais, contre — soyons modestes, non contre la loi Accoyer qui leur refile notre titre, mais son application médicaliste dont ils ont cru que leur titre de psychologue les protégerait —. Las, un titre chasse l’autre et celui qu’ils nous ont ravi menace de liquider le leur.

Les organisations de la psychothérapie relationnelle unies pour la faire vivre

Il nous reste à nous nos yeux pour pleurer — comme les émotions c’est notre truc, ça va, nous en ferons quelque chose, pour pleurer la perte de notre titre, et notre vaillance pour persévérer, et faire vivre notre champ disciplinaire, celui de la relation (lire en particulier la note 3 de l’hyperlien) au sens fort du terme, comme ressort et principe de notre psychothérapie, dans un cadre professionnel heureusement non monopolisé. Il nous reste à donner toute sa vigueur à notre autorégulation, par le moyen de bonnes écoles sérieusement validées. En ce qui nous concerne l’Affop pour notre École et le SNPPsy comme référence pluraliste, éthique et déontologique, constituent des garanties honorablement reconnues par le public et les professionnels.

Le cadre du GLPR regroupant les quatre instances historiques de la psychothérapie relationnelle confortera l’édifice. Nous ajouterons au tout la touche d’élégance d’appuyer nos collègues psychologues en butte à la médicalisation de l’existence, car face à cette dernière et au tout sécuritaire de la santé mentale en marche il ne faudra pas moins de toutes nos forces réunies pour la contenir, maintenir la psycho diversité et le nécessaire contre-champ d’une psychothérapie non paramédicalisée, pour poursuivre l’alternative d’une pratique libre, aux côtés de la psychanalyse, de la dynamique de la subjectivation.

Philippe Grauer


Le SNP reste mobilisé et en lien avec les autres organisations de psychologues.

Il se propose de demander, solennellement, avec l’ensemble des organisations, audience auprès du ministre de l’enseignement supérieur et auprès du ministre de la santé afin de leur signifier que les psychologues exigent une réécriture de l’annexe du décret.

Dans le même temps, il étudie, avec le concours de juristes, la possibilité d’une contestation juridique.

En l’état actuel des textes, les psychologues n’ont pas à figurer sur des listes de psychothérapeutes dont la mise en œuvre déconsidère leur profession. C’est peut-être ce que suggérait B. Accoyer en disant que les psychologues n’étaient pas concernés…

Étant donné la surdité actuelle des ministères, signataires du décret, à nos sollicitations et alors que la motion de réaction à ce décret recueille à ce jour près de 10000 signatures individuelles et plus de 6O signatures institutionnelles, la proposition d’une inscription massive sur les listes, que nous avions dans un premier temps envisagée et pour laquelle nous avions publié une lettre type dans le but de faire valoir nos droits, pourrait apparaître comme un cautionnement du décret dont nous exigeons par ailleurs la réécriture. Elle n’est donc plus d’actualité. Si nous n’obtenons pas d’être reçus par les ministres concernés, nous envisagerons d’autres actions…

  • 1 Les psychologues désireux de “s’installer” en libéral sont généralement perdus, ils n’ont pas appris notre métier, et ça ne s’improvise pas tellement d’accompagner les gens au long cours de façon responsable et efficace. C’est alors que certains d’entre eux se rapprochent de celles de nos écoles qui leur semblent de bon niveau pour se former.
  • 2 Laquelle au juste ? le SNP revendique pour les psychologues cliniciens, psychothérapeutes par excellence, en fait psychologues d’inspiration psychanalytique n’ayant pas forcément travaillé sur eux-mêmes, on mesure la confusion, aussi bien que psychologues psychanalystes, opérant par cumul mais ignorant tout de notre psychothérapie proprement dite, voisins de palier, l’ensemble à l’exclusion des psychothérapeutes relationnels cela va de soi. Comment s’y retrouver ? Il est pourtant vital, conceptuellement, d’y voir clair dans ces horribles mélanges.
  • 3 Le 16 juillet.

Élisabeth Roudinesco

aux Matinales de France culture, vendredi 16 juillet de 07:00 à 09:00.

Critique du Crépuscule d’une idole de M. Onfray

De quel mouvement d’ensemble procède la dernière production de Michel Onfray ? La nécessaire critique de fond s’élabore.

PHG


Quelques jours après la parution du livre Le crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne, le psychologue et psychanalyste Serafino Malaguarnera à réagi avec deux vidéos. Avec cet ouvrage, l’auteur nous présente une critique du livre de M. Onfray d’une manière plus articulée et systématique. Cette critique se déploie en quatre mouvements : un prélude qui situe le Crépuscule d’une idole sur un axe historique et critique sous forme allégorique ; un premier temps et deuxième temps où sont présentés les points majeurs des critiques qui lui ont été avancés ; un troisième temps où l’auteur propose un commentaire critique des thèses sur lesquelles est bâti le Crépuscule d’une idole et des quatre premiers chapitres.


* ISBN : 978-2-35209-304-6
* 166 pages
* Date de publication : 17/06/2010
* Format : 141x226mm

Achat du livre : dans toutes les librairies ; Internet : ILV-Edition

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Table des matières

– Remerciements

– Introduction


Prélude

Le triptyque

– La mise en œuvre

– Châtiments

– Un sort à part


Premier temps

Chapitre I Les critiques de toute part

– Introduction

– Les traces de quelques critiques

– Projection


Deuxième Temps

Chapitre II Les critiques des psychanalystes

– Introduction

– Les traces de quelques critiques

Troisième temps

Chapitre III Commentaire critique du Crépuscule d’une idole

– Introduction : « Le vauteur »

– La critique

– La critique des thèses

– Préface du livre

– Chapitre I, Mettre le feu aux biographes

– Chapitre II, Détruire Nietzsche, dit-il

– Chapitre III, Le freudisme, un nietzschéisme

– Chapitre V, Comment assassiner la philosophie

– Le commentaire se termine

– Conclusion


Annexe

Quelques citations de/sur Freud

– Problèmes d’argent

– Manque de temps

– Les passions de Freud

– Les ambitions de Freud

– Secrets d’alcôve

– Freud et la philosophie

– Ce que les autres disaient de Freud

– Freud et la politique

– Résistance à la psychanalyse

– Freud et les références bibliographiques

– Oraison funèbre


Un peu d’histoire sur le triptyque

– Premier tableau : Mensonges freudiens

– Deuxième tableau : Le livre noir de la psychanalyse

– Troisième tableau : Le crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne


Bibliographie

– Les références de la polémique autour du livre de M. Onfray

– Ouvrages cités

“voir la vidéo intitulée “critique du livre de Michel Onfray par Serafino Malaguarnera”

Décret : “Recours contentieux pour excès de pouvoir”

Édition spéciale

Les voleurs volés continuent de protester. Volés et incroyablement naïfs. Qui pouvait penser sérieusement qu’il est juste et sain de procéder au dépouillement des praticiens en psychothérapie relationnelle du titre générique dont ils avaient durant quarante ans et plus illustré généreusement et soigneusement encadré — {{autorégulé, ce terme existe bien, et c’est par mauvaise foi volontaire que la campagne populiste parle d’auto-proclamés — la spécificité de la dynamique de subjectivation. Et que cela serait sans conséquence pour soi-même ? C’est en effet aussi méchant que bête.

Comptons ceux qui n’ont pas trempé dans ce calcul.

La santé mentale est une machine de guerre contre la psychanalyse et la psychothérapie relationnelle, indissociablement, les deux côtés du Carré psy que les scientistes de la médecine organiciste alliée à une psychologie neuro TCC qu’elle entend se subordonner aimeraient soumettre à leur empire sinon pire si opportunité. Ne perdons jamais de vue les fondamentaux.

C’est dans ce cadre qu’intervient la requête d’Association Analyser, aveugle au fait qu’innombrables furent les psychanalystes à applaudir à une loi qui nous dépouillerait de notre titre au motif d’une politique de santé mentale où ils pensaient se loger à l’abri et de là considérer notre déconfiture sans trop de compassion. Cela ne s’est pas passé comme ça et ne se passera pas comme ça. C’est tout simplement irréaliste. Laissons-les engager une bataille de procédure, les psychologues vont faire de même, et vivons en attendant notre vie de psychopraticiens relationnels hors champ, hors du panier de crabes, à l’abri de la médicalisation de l’existence.

Philippe Grauer}}


Communiqué : L’Association Analyser a enregistré sur place au Greffe du Conseil d’État le 7 juillet 2010 un “Recours contentieux pour excès de pouvoir”, tendant à l’annulation partielle du Décret du Premier ministre nº 2010-534 du 20 mai 2010 « relatif à l’usage du titre de psychothérapeute », en ce que ledit décret ne comporte nulle mesure d’application sérieuse qu’appellent et qu’ordonnent, à propos des « psychanalystes » et de « leurs associations », les dispositions de l’article législatif, article 52 modifié de la loi nº 2004-806 du 9 août 2004 « relative à la politique de santé publique », et requérant injonction au Premier ministre de prendre les mesures nécessaires. – Le Dossier de Requête introductive d’instance est publié à l’adresse :http://analyser.asso.fr

– François-R. Dupond Muzart ~ frdm

Un commentaire que je reporte ici :

— Vous me demandez pourquoi la requête d’Association Analyser en annulation du décret devant le Conseil d’État est limitée au point concernant les associations de psychanalystes (dont pour autant la presque totalité sont des psychologues, du moins les psychanalystes déclarés, et hormis les médecins bien sûr).

— Tout d’abord, le but associatif d’Association Analyser est soigneusement rédigé pour ne pas faire doublon avec les buts connus et supposés des organisations de psychologues. A priori ce n’est pas pour… ensuite présenter des requêtes au Conseil d’État qui reprennent les buts des organisations de psychologues. Mais c’est un argument au moins partiellement formel : si cela pouvait être utile, nous pourrions modifier les statuts, le but associatif, d’Association Analyser.

— Ensuite, ce n’est précisément pas ce que j’ai cru bon proposer dans nos discussions d’association.

En effet, un projet de loi relatif à la psychiatrie et la “santé mentale” a été présenté en Conseil des ministres ce printemps. Il est prévu qu’il vienne en discussion au Parlement à l’automne. Il faudrait se souvenir de ce que sont les amendements… surprise. Comme juriste, je peux bien évaluer des moyens juridiques d’attaquer un décret, mais si c’est pour voir au cours du contentieux des amendements… surprise venir confirmer, dans la loi relative à la psychiatrie et à la “santé mentale”, le décret attaqué, voire faire empirer celui-ci au détriment, ici, des psychologues, je ne vois pas l’intérêt.

— Or, j’ai déjà écrit ceci, je l’ai diffusé à 400 responsables et récents responsables au sein d’organisations et collectifs de psychologues, en parlant d’épée de Damoclès. Ce que j’ai dit précédemment, c’est que s’agissant d’une question de société, elle méritait le débat démocratique ultime qui est celui du principe procédural du contradictoire devant une juridiction. J’ai même dit que je pourrais verser une contribution si un “Psychothon” était lancé pour financer un tel recours des organisations de psychologues.

Mais je n’ai jamais dit que je voudrais être celui qui par une requête de partie principale, prendrait la responsabilité ou si peu, de contribuer à la motivation d’amendements surprise au Parlement, venant conforter le décret ou le faire empirer. Si les organisations de psychologues prennent cette “responsabilité”, alors je les soutiendrai. Mais moi je n’en prendrai pas la responsabilité de partie principale demanderesse devant le Conseil d’État.

— Par conséquent, je me contente d’attaquer le décret en son silence relatif aux conditions d’applications relatives aux associations de psychanalystes, parce que là, c’est ce silence même qui rend absurde l’application, et je considère que ce silence est volontaire, destiné à ridiculiser la mention des psychanalystes et de leurs associations dans l’article de loi. Parce que je sais, pour l’avoir entendu rapporter et pour l’avoir entendu de mes propres oreilles de Mme Aronica, maintenant pékinoise, quand elle était conseillère sur ce dossier au ministère, que le ministère de la Santé est uniment opposé à la mention des psychanalystes et de leurs associations.

Donc ils ont fabriqué un décret qui ridiculise l’application de la loi en ce qui concerne ces mentions dans la loi, pour ensuite venir la bouche en cœur demander au Parlement de supprimer ces mentions dans la loi. Donc sur ce point il n’y a strictement rien à perdre. Mais j’estime de plus qu’ils ne le feront pas dans la loi en cours de procédure relative à la psychiatrie et à la “santé mentale”. C’est trop tôt, semble-t-il, l’application absurde sur laquelle le ministère compte pour convaincre les parlementaires, dont Bernard Accoyer soi-même, de supprimer les psychanalystes et leurs associations de la loi, cette application absurde n’aura pas eu le temps de se manifester. Et bien au contraire de fuir les parlementaires, je vais envoyer une copie de ma requête à Bernard Accoyer, qui incessamment ne tarit de protestations de ses bonnes intentions et opinions à propos des psychanalystes et de la psychanalyse, et de Sigi en or bien sûr.

— En toute hypothèse, le tableau annexe au décret, tableau qui fixe les dispenses seulement partielles de formation complémentaire pour les psychologues, pour l’obtention du titre de psychothérapeute, ne présente pas d’illégalité éventuelle par rapport à la loi, puisque la loi dit « dispense totale ou partielle pour les psychologues », et en donne le pouvoir de décider au Premier ministre par décret.

L’illégalité éventuellement constatée par le Conseil d’État le serait donc non par rapport à la loi, mais par rapport aux faits : au fait que les psychologues suivent déjà une formation en psychopathologie au cours de la formation qui les conduit au diplôme de master. Il faudrait donc convaincre le Conseil d’État de quelque chose de très difficile, presque subjectif, qui est à la limite du droit et des faits.

— De plus, même si l’on peut apparemment trouver des exceptions, la formation supplémentaire n’est pas “la même”, puisque la formation supplémentaire en psychopathologie pour le titre de psychothérapeute comporte obligatoirement des médecins (psychiatres)-professionnels de santé non seulement dans l’équipe pédagogique, mais aussi dans le conseil scientifique de la formation. Le Conseil d’État prendra précisément, éventuellement, appui là-dessus, pour prononcer que n’y ayant en cela d’identité et de doublon des formations, le décret ne serait pas illégal.

— Je comprends donc très bien que les organisations de psychologues prennent du temps pour arriver à formuler une décision et un communiqué commun à propos d’un recours contentieux (si même du moins c’est sur de telles considérations qu’elles hésitent, mais peut-être pouvez vous leur rappeler ces considérations, au cas où elles les auraient oubliées…).

Sur une illégalité manifeste du Décret d’application

Associations de psychanalystes et Décret d’application relatif au Titre de psychothérapeute


L’excellent frdm nous livre ici une méditation juridique intéressante. Il en ressort que la loi Accoyer contient en elle l’hyper réglementation de la psychanalyse comme la nuée contient l’orage. Nous étions déjà alertés par le fait que le quatrième personnage de l’État se permet de dénommer “auto-proclamés” les auto réglementés ce qui comporte on l’aura noté une petite différence.

Nos institutions responsables historiquement de la psychothérapie relationnelle ont tout mis en place, actuellement regroupés dans le cadre du GLPR, en plus de trente ans d’activité syndicale puis fédérative, pour sécuriser, précisément, notre profession. Cette réalité ne pourra pas indéfiniment se voir opposer le déni rigidifié du pouvoir, qui sait parfaitement où nous trouver pour nous rencontrer, comme où ne pas aller nous chercher quand ça l’arrange, pour tenter de nous livrer à la vindicte médiatique, sauf que les gens ne sont pas idiots, et savent à qui faire confiance quand ils s’adressent en connaissance de cause à nos praticiens, membres vérifiés de nos institutions responsables.

Que les autoproclamés, les véritables, qui ne sont rattachés à rien d’institutionnellement solide, vivent et prennent leurs risques, mais de grâce qu’on cesse de faire semblant de les confondre avec nous. La mauvaise foi du bon docteur Accoyer, viendra un temps où elle se retournera contre ses auteurs. En attendant, nous consoliderons notre légitime et éthique identité professionnelle et disciplinaire, au moment où les psychanalystes sont confinés avant d’être éliminés de l’université, et où la voie du salut pour les mainteneurs du processus de subjectivation dans le Carré psy se trouve dans la protection de leurs écoles et institutions tutélaires historiques, au service des personnes qui savent ce qu’elles font en adressant leur demande à leurs membres régulièrement inscrits sur leurs listes professionnelles associatives pour parler en termes d’enregistrement.

Philippe Grauer


L’article législatif, art. 52 relatif au titre de psychothérapeute, indique http://goo.gl/aric :
« [Al. 3] « Un décret en Conseil d’État précise les modalités d’application du présent article (…) ».
« [Al. 5] « Le décret en Conseil d’État définit les conditions dans lesquelles (…) les psychanalystes régulièrement enregistrés dans les annuaires de leurs associations peuvent bénéficier d’une dispense totale ou partielle pour la formation en psychopathologie clinique. ».

La décret d’application du 20 mai 2010 relatif relatif à l’usage du titre de psychothérapeute indique http://goo.gl/L3Qx :
« Article 8 / (…) / II. — Les professionnels appartenant à l’une des trois catégories mentionnées au cinquième alinéa de l’article 52 de la loi du 9 août 2004 susvisée fournissent en outre selon les cas : (…) 3º Soit l’attestation de l’enregistrement régulier dans un annuaire d’association de psychanalystes. / Cette attestation est établie par le président de l’association. Elle est accompagnée d’une copie de l’insertion la plus récente au Journal officiel de la République française concernant l’association et mentionnant son objet. ».

L’arrêté du 9 juin 2010 relatif aux demandes d’inscription au registre national des psychothérapeutes indique http://goo.gl/1hB3 :
« Annexe I / Formulaire de demande d’inscription sur la liste départementale des psychothérapeutes / (…) / Je, soussigné (nom, prénom) , / né le (date de naissance) à (lieu de naissance), / demande à être inscrit sur la liste départementale des psychothérapeutes en application de l’article 7 du décret nº 2010-534 du 20 mai 2010. / A cette fin, je joins au présent : / (…) / Si j’appartiens à l’une des trois catégories mentionnées au cinquième alinéa de l’article 52 de la loi du 9 août 2004 susmentionnée, je fournis en outre : / (…) / 3º Soit l’attestation de l’enregistrement régulier dans un annuaire d’association de psychanalystes, établie dans les conditions fixées au dixième alinéa de l’article 8 du décret nº 2010-534 du 20 mai 2010, accompagnée d’une copie de l’insertion la plus récente au Journal officiel de la République française concernant l’association et mentionnant son objet. / Fait à… / le… ».

Illégal

Il ressort de l’ensemble de ces dispositions que le décret du 20 mai 2010 est illégal, en ce qu’il ne prévoit pas la justification de ce que les « associations de psychanalystes » sont composées exclusivement de psychanalystes.

Le décret est illégal aussi en ce qu’il ne prévoit pas d’écarter les attestations émanant de présidents d’associations dont l’objet n’est pas la psychanalyse. En effet, une association composée exclusivement de psychanalystes peut très bien avoir exclusivement pour objet associatif « la promotion de la pêche à la ligne ». Il est illégal que le décret d’application ne prévoie aucune condition à cet égard, alors que l’article de loi indique « [Al. 3] « Un décret en Conseil d’État précise les modalités d’application du présent article (…) ».

Il y a donc lieu à annulation du décret devant le Conseil d’État, en ce que le décret ne prévoit pas de « conditions » sur ces deux points, en violation de l’article de loi qui en donnant le pouvoir au Premier ministre de préciser ces conditions, comporte corrélativement l’obligation pour le Premier ministre de préciser toutes les conditions qu’appelle l’application de l’article de loi. L’erreur d’appréciation est manifeste, en ce que le décret ne comporte pas l’exigence de justification de ce que les associations de psychanalystes sont composées exclusivement de psychanalystes, et des conditions relatives notamment à l’objet associatif desdites associations.

Vu à la télé

Or, M. le président de l’Assemblée nationale, M. Bernard Accoyer, a déclaré le 29 mai 2010 dans une émission de télévision :

« — Bernard Accoyer : Je n’ai jamais visé les psychanalystes, non ! Jamais !

— Laurent Ruquier : Vous vous y êtes mal pris au départ, alors. Ils ont cru qu’ils étaient visés.

— B. Accoyer : Non, le problème qu’ils redoutaient, et qui peut d’ailleurs se produire maintenant, c’est que les auto-proclamés qui représentent probablement plus de dix-mille professionnels en France(1“) les auto-proclamés maintenant qu’ils ne vont plus pouvoir s’appeler « psychothérapeutes », ils vont peut-être chercher un autre nom, et je pense que certains psychanalystes redoutent cela. C’est un problème. Eh bien, il faudra faire pour les psychanalystes — mais j’espère en moins de onze ans ! — ce que j’ai fait pour sécuriser les usagers, ceux qui sont en souffrance, et qui ont besoin de leurs soins. ».

Et maintenant, réglementer la psychanalyse

La carence du décret d’application à poser les conditions susvisées, en violation de l’article législatif susvisé, correspond au projet de M. Accoyer d’imposer une nouvelle réglementation supplémentaire aux psychanalystes. La prétendue nécessité d’une telle réglementation supplémentaire trouve son fondement exclusif dans l’abstention du Premier ministre d’appliquer la loi, en ce qu’il s’est abstenu de prévoir au décret d’application des conditions d’application s’agissant des associations de psychanalystes.

Ceci constitue un motif d’annulation du décret précité, en ce que celui-ci reste taisant quant aux conditions susvisées, qu’appelle pourtant nécessairement l’article législatif.

François-R. Dupond Muzart ~ frdm

  • 1 On compte à ce jour environ 7500 “psychothérapeutes” — j’emploie volontairement les guillemets pour désigner ceux qui jusque là s’intitulaient tels, nos organisations doivent en encadrer, à la louche disons environ 4500, ce qui est considérable vu le taux ordinaire de syndicalisation dans notre pays. Cela laisse environ 3000 “auto-proclamés”. Les 2500 de plus pour atteindre les 10 000, nous ignorons où le Président de l’Assemblée nationale est allé les chercher. En tout cas l’amalgame entre ceux qui se sont donné le mal au service des fameux “usagers” que protège le pavé l’ours accoyériste, de qualibrer leurs écoles et leurs organismes titularisants, avec la masse flottante de personnes dont on ne saurait déterminer la professionalité, reste interrogeable sur le plan, précisément, de l’éthique.

Le statut de psychothérapeute : vers une psychothérapie d’État ?

Pas si simple. La situation au sein du Carré psy ressemble assez à ce qui se passe dans un casier à homards. S’ils sont trop serrés il doit bien s’en trouver pour se pincer eux-mêmes sans se rendre compte de ce qui se passe.

Les Écoles qui bénéficieront de l’agrément en vue de dispenser les fameux cursus de psychopathologie seront essentiellement celles que monteront les universitaires eux-mêmes, nous avons déjà vu fonctionner ce système en Italie, évidemment, elles bénéficieront de toutes les autorisations sans aucune difficulté. On y formera selon la règle du quatre quarts, une pâtisserie parfois étouffe chrétienne, intégrant son petit quart de psychanalyse et voilà tout.

Quoi qu’il en soit et advienne ne pas oublier que la psychothérapie relationnelle n’a rien à voir avec la “psychothérapie” à guillemets mentionnée dans le texte de Joseph Mornet, à base neuro-cognitivo-DSM. Cette vraie “psychothérapie” d’État des psychothérapeutes Accoyer, appelons-les accoyothérapeutes pour ne pas tout confondre, se nommerait accoyothérapie qu’on y verrait plus clair.

Bien entendu l’accoyothérapie ne serait pas davantage à l’abri des sectes que les médecins du Temple solaire. Et puisque nous voici rendus à la médecine, comment vous confier en toute sécurité à votre médecin traitant devenu accoyothérapeute en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire ! Cette farce, comment va-t-elle tourner ? — accessoirement pourvu que les patients n’en soient pas les dindons.

Notre nouveau nom qui arrive bientôt si le GLPR s’acquitte de sa tâche en cours, au moins nous mettra à l’abri de ces vicissitudes et offrira une alternative humaniste et saine à une situation en passe de tourner au rocambolesque(1“).

Philippe Grauer


Le décret n°2010-534 du 20 mai 2010 vient définir l’accès au titre de psychothérapeute. Il entend venir clore une longue et vieille histoire.

A son origine, elle s’est justifiée d’une protection de cette fonction et de ses clients contre l’emprise des sectes. A son point de départ, nous trouvons le Docteur Accoyer, actuel Président de l’Assemblée Nationale, simple député UMP alors. Cette question semblait particulièrement le préoccuper puisqu’il avait organisé dès 2000 un colloque sur La psychothérapie et la loi. Sa deuxième (2“) proposition législative en 2001 ayant été écartée, il dépose le 16 octobre 2003 un nouveau texte d’amendement dans le souci de « réserver la psychothérapie aux médecins psychiatres, médecins et psychologues ». Le 9 août 2004, une première loi avait subordonné l’usage du titre de psychothérapeute à l’inscription dans une registre national. Le décret actuel vient en préciser les conditions d’accès.

Entre temps, le projet de loi avait connu de nombreux rebondissements et créé de multiples agitations dans les milieux des professionnels, des universitaires, des instituts de psychothérapie, des psychanalystes, Jacques Alain Miller s’érigeant comme porte-parole des défenseurs de la psychothérapie. Le bilan : une agitation de façade qui n’a servi qu’à masquer la lente et sûre progression d’un projet dont les conclusions sont non seulement inacceptables mais dangereuses pour l’avenir de la psychothérapie et donc du soin de la souffrance psychique.

Pour beaucoup, l’attitude la meilleure aurait consisté à, d’emblée, refuser d’entrer dans un tel projet de définition d’un statut de psychothérapeute, les garanties universitaires fournies par la formation en psychopathologie et en relation de soin par les facultés de médecine et de psychologie étant amplement suffisantes.

Mais le décret est désormais là : son texte s’inscrit tout à fait dans la logique de la loi HPST et des orientations politiques actuelles du soin psychique c’est-à-dire déqualification des professionnels (psychiatres et psychologues cliniciens) et ouverture des « psychothérapies » à des techniciens sous-formés. Au bout du compte, l’espoir d’économies sur le soin et un barrage fait aux sectes ? Difficile à en savoir l’exacte finalité pour le législateur.

Par contre ce qui est sûr c’est que le texte renforce l’encadrement de la psychothérapie par le champ des nouvelles approches cognitives, comportementales et neuroscientifiques : il prévoit des formations basées sur quatre champs pré-définis, les champs cliniques et psychanalytiques classiques n’en représentant qu’un quart, les trois autres étant réservées aux approches évoquées ci-dessus.

Le texte est par ailleurs, étrangement évasif sur les institutions pouvant donner ces formations : la psychothérapie rentre sur le marché de la formation et déjà des instituts privés peaufinent leurs plaquettes pour être habilités. L’enseignement universitaire, c’est sûr, y perd un peu plus sa crédibilité et sa place centrale au profit d’une privatisation déguisée (qui, entre parenthèses, n’offre aucune protection contre les emprises sectaires).

Pour justifier cette analyse, la simple lecture du tableau récapitulatif des formations et stages qui habiliteront désormais les futurs « psychothérapeutes » (décret du 20 mai 2010, consultable sur legifrance.gouv.fr) est suffisante :

– L’accès est sans condition pour les psychiatres. Il exige 2×100 h de deux modules de formation pour les médecins : « théories se rapportant à la psychopathologie » et « approches utilisées en psychothérapie » + 2 mois de stage.

-Les psychologues cliniciens ne devront se soumettre qu’à 2 x 50 h pour ces deux modules, mais ils devront suivre 50 h d’un module supplémentaire : « les critères des grandes pathologies psychiatriques ». Ils devront également justifier de 2 mois de stage.

-Les psychologues non cliniciens sont soumis aux mêmes contraintes mais doublées : les heures de formation sont portées à 3 x 100 h, et le stage à 5 mois

– Les psychanalystes devront se soumettre à 100 h du module sur les critères puis 2 x 50 h pour les deux suivants ainsi que 2 mois de stage
Enfin, les autres ne devront s’acquitter que de la même chose ou presque (si l’on tient compte de la longueur et de la lourdeur des études universitaires et des processus de reconnaissance comme psychanalystes) : 3 x100 h de chaque module, 5 mois de stage Ils devront cependant se former en 100h à un nouveau module, « développement, fonction et processus psychiques ».

Comment les universitaires peuvent-ils accepter un tel désaveu de leur enseignement ? Comment les psychiatres, si prompts à réagir sur la politique actuelle de la santé, peuvent-ils accepter qu’un médecin généraliste soit aussi naturellement qualifié pour exercer la psychothérapie qu’un psychologue alors que sa formation ne l’y qualifie en rien ?

Comment tous, psychiatres, psychologues et psychanalystes peuvent-ils accepter ces nouvelles contraintes d’une « psychothérapie d’État » (puisque c’est l’État désormais qui dicte ce que doit être « la » vraie psychothérapie) ouverte à des personnes sans formation sur un nouveau « marché » du diplôme ?

Comment, enfin, envisager les « stages » imposés dans un environnement où les institutions ne sont même pas capables de répondre aux stages imposés par les formations universitaires (sans parler de leur rémunération imposée qui pose d’énormes problèmes dans la champ de la santé) ?

De multiples réactions surgissent, des pétitions : il est urgent de savoir, enfin, se mobiliser.

Joseph Mornet

  • 1 Sans oublier son côté usine à gaz qui fait l’unanimité, psychiatres exceptés, contre elle.
  • 2 La première date de 1999, c’est en riposte à ce premier amendement que le SNPPsy prit l’initiative de déposer la proposition de loi Marchand. Note de la Rédaction CIFPR.