RechercherRecherche AgendaAgenda

Actualités

Revenir

3 janvier 2019

PSYCHOPRATICIEN RELATIONNEL STATUT ET NOM DE MÉTIER, CHRONIQUE D’UN CASSE-TÊTE CHRONIQUE

par Philippe Grauer

Problématique identitaire en rapport avec la question de savoir si notre profession a intérêt, vus les restrictions apportées, à se faire reconnaître administrativement et de la sorte authentifier comme réglementée. Faut-il ou non aller se faire chausser chez Procuste, ou cette image fausse-t-elle la réalité ?

Grandeur et servitude de la condition psy en matière relationnelle

Notre métier sort des limbes en 1942, avec l’ouvrage fondateur de Carl Rogers, devenu immédiatement best-seller à la surprise de son auteur, Counseling & Psychotherapy, Western Behavioral Sciences Institute [La relation d’aide et la psychothérapie, ESF éditeur, 1970 (17ème édition en 2011), 235 p.-].

Pourquoi ce titre ? Counseling — traduit parfois à tort en français par Développement personnel, c’est pour éviter le conflit frontal avec la psychiatrie, se considérant aux États-Unis comme la légitime et unique propriétaire de la psychothérapie, qu’elle a assimilée à la médecine en même temps qu’elle s’incorporait en la médicalisant désastreusement la psychanalyse. Le psychologue pré-humaniste élargit à la relation d’aide sa révolution de la psychothérapie, la deuxième après celle de Freud, mort quelques années auparavant. Le relai est assuré. La psychologie humaniste, instituée sous le nom de Troisième force, ce sera pour 1961, patience dans l’azur psy.

La psychothérapie humaniste ce serait pour plus tard encore. Même pas.  Cela ne s’est pratiquement jamais dit. Partis de la psychologie humaniste on est passé aux « psychothérapeutes« , praticiens de « la psychothérapie« , la seule vraie, celle des psychothérapeutes, que le SNPPsy a rapidement fait entériner par les Pages jaunes. Il s’agissait de la psychothérapie exercée par les praticiens de la Troisième voie, les futurs ninis, ceux qui n’étaient d’origine ni psychologues ni psychiatres, diplômés en d’autres disciplines n’ayant le plus souvent rien à voir avec la psy quelle qu’elle fût, les reconvertis, que personne n’a jamais eu l’idée de baptiser reconversos (pourtant promis aux assauts de déconsidération qui viendraient, adversité normale aux nouveaux arrivants, si l’on y songe), engagés au cours d’une découverte personnelle progressive dans un processus de reconversion au cursus artisanal dans ses débuts il fallait tout vérifier et normer, autoréglementer — qu’encadra précisément le SNPPsy à son démarrage.

Revenons à notre psychologie humaniste. Entre temps donc, on avait assisté à la seconde révolution humaniste (après celle des groupes), celle du psychocorporel, succédant au rogerisme. Plus précisément avec deux apports déterminants. Celui de l’existentialisme combiné à la théorie de la forme (Gestalt en allemand) qui se développe à partir de 1951, celui dont on peut repérer les premiers traits avec l’apparition agonistique du clinicien Perls dans le film Gloria. Et celui de la bioénergie extraite de la doctrine et méthode d’un psychanalyste marginal un peu dingue et génial (le cas n’est pas unique) ayant fait vivre l’idée nouvelle que le psychisme résiderait aussi dans la musculature striée, sous forme de tensions sédimentées, l’ensemble dégraissé des théories genre savant fou de Reich par son disciple pieds bien sur terre au sens propre du terme Alexandre Lowen. Se souvenir au passage que Perls eut aussi Reich comme thérapeute. Le tout dans une ambiance à la fois sensualiste généralisée, largement teintée de religiosité zen californienne, de Beat Culture et de lutte contre la guerre du Viêt-Nam, cela s’appellera le Mouvement du potentiel humain (Maslow 1967, Max Pagès 1969, CDPH 1972). Se souvenir au passage des deux danseuses épouses respectivement de Perls et de Lowen, et de leur influence marquante méconnue à l’époque.

montée en puissance de « la psychothérapie » comme profession autonome

En France et en Europe c’est la psychothérapie, à ce titre nouveau dans l’emploi qui est fait de cette appellation, qui va flamber et révolutionner le domaine psy. Elle s’appellera Les Nouvelles Thérapies pour commencer. Les disciples laïcs (ni psychologues ni psychiatres) de la psychologie humaniste vont se dire psychothérapeutes, et s’enregistrer sous cette dénomination partiellement à partir de 1966 (PSY’G), plus largement et systématiquement de 1981 (SNPPsy) par le moyen de la syndicalisation. C’est là qu’ils prennent nom. À l’échelle mondiale et européenne « les psychothérapeutes » vont s’organiser par méthodes, transmises par chacune son école. Tout cela prend figure institutionnelle. L’ensemble convergeant en 1990 avec la Déclaration de Strasbourg, proclamant l’indépendance de la nouvelle profession de psychothérapeute, dégagée de la psychiatrie et de la psychologie. Et la revendiquant pour ses seuls ressortissants. Pendant qu’on y est !

Vous pensez bien que les intéressés victimes de cette tentative de confiscation institutionnelle ne vont pas l’entendre de cette oreille. Ils pèsent lourd. La psychiatrie mère de toutes les psys, la psychologie dernière venue tout juste en train de parvenir, c’est le monopole universitaire. Ça va rapidement se résoudre. Résumons-nous, la conquête, 1960-1999, la reconquête1999-2010.

mondialisation de la réglementation

Le mouvement est mondial. On réglemente partout en Europe. Le monde psy n’y échappe pas. L’heure a sonné. On soumet la nouvelle discipline à ses tutrices naturelles, la psychiatrie fondamentalement, la psychologie d’autre plus petite part mais comme la psychiatrie va mal, cette part a tendance à croître. Battus, battant en retraite, en France les psychothérapeutes du SNPPsy deviennent psychopraticiens (2006, terme adopté par le GLPR en 2011). Cela s’appelle ne plus savoir comment on s’appelle. Les psychanalystes, tous psychologues ou psychiatres, jouent la partie « mains propres » contre les amateurs ébouriffés, chargés de noms d’oiseaux, dont l’infamant charlatan cher à la médecine scientifique depuis le XVIè siècle. Ils ne comprennent pas que c’est à une opération contre eux-mêmes en tant que psychanalystes  qu’ils prennent part. Leur tour viendra à partir de 2018, où l’on en est à pétitionner contre leur éviction de l’université.

C’est ici que va jouer en France en particulier le ressort d’antagonismes internes à la nouvelle profession restée hors les murs universitaires. Exception française, la nouvelle psychothérapie se sera dotée dans notre pays pour exister institutionnellement de deux syndicats (modèle du PSY’G, la psychologie et son SNP, syndicat national des psychologues, ce que c’est qu’un héritage). À noter, ironie de l’histoire, que le SNP arché tutélaire, milite pour « le maintien de la profession de psychologue dans le champ des sciences humaines, et plus précisément en-dehors des professions de santé (sic) ». C’est le PSY’G, le plus ancien syndicat représentant (partiellement, conjointement aux psychologues et psychanalystes) les psychothérapeutes comme praticiens distincts, qui participe (depuis Bruxelles, Londres, Vienne) à la mise en place de l’Association européenne de psychothérapie (dirigée par un psychiatre — tout de même !), proclamatrice de la Déclaration de Strasbourg. C’est encore lui qui fait entraînement et met en place avec le SNPPsy (représentant uniquement les psychothérapeutes) qui n’y voit que du feu la FFdP, en 1995, une Fédération française de psychothérapie, d’obédience européenne puisque l’Association européenne de psychothérapie dont elle est l’incarnation française siège à Vienne (le 7 juin 1990 l’Autriche a créé à l’université trois départements psys avec passerelles, psychiatrie, psychologie, psychothérapie, admirez la restructuration du paysage). Un nouvel ordre psy est en train de venir au monde.

logiques antagonistes

Mais cette fédération, aux mains des méthodes-écoles, estime que ce nouvel ordre européen signe la déchéance des syndicats nationaux, d’autant plus qu’il n’en existe qu’un (l’italien a rapidement sombré sous les coups du politique local. Il nous avait prévenus). La FFdP n’est pas centrée sur le métier du praticien au-delà des méthodes comme l’est le SNPPsy, mais sur les méthodes en deçà du métier, une vingtaine de méthodes « scientifiquement validées » (cooptation de méthodes, s’entre examinant sur une liste de critères. Le principe de validation porte sur les organismes. Critérisation : on ratisse comme on veut, large ou serré) considérées comme la référence « scientifique » de base en matière professionnelle. L’exact contraire épistémologique et institutionnel[1].

Détaillons, puisque le diable est dans le détail. En France la FFdP puis FF2P se positionnera tantôt en rivalité déclarée soit en soutien mou avec antagonisme sourd, par rapport au SNPPsy dont elle est massivement issue. Les deux logiques demeurent antagonistes. Ou le centre de gravité c’est la personnalité professionnelle du praticien confirmé par ses pairs (cinquième critère), ou bien c’est la personnalité morale d’une méthode-école, seul noyau identitaire assignable dont l’autorité émane de l’AEP, qui « autoréglemente » ses diplômés par répercussion administrative à l’échelle européenne (CEP, Certificat européen de psychothérapie). Comme nous le mentionnons plus haut, la FF2P s’est mise à pratiquer le modèle mixte, prétendant intégrer le cinquième critère dans une cuisine locale (sur le modèle du pâté d’alouette, une alouette, un cheval) fatalement ambiguë, agglutinant les inscriptions individuelles contrairement aux accords internationaux fondateurs.

En fait l’analyse de ces décalages n’a pas été produite à temps par le SNPPsy lors de la fondation de l’AEP avec suffisamment de discernement. Il se trouve que les faits étant têtus le caillou séjourne toujours dans la chaussure.  Si bien que chacun voit midi à sa porte. Il en découle des visions du monde qui se révèlent pourvues de logiques antagonistes durables. Qui n’ont pas empêché la constitution du GLPR récemment accidenté. Vous pensez bien que ce genre de débat avec ses enjeux échappe au commun des mortels.

En tout cas les deux syndicats, devant la conduite anti démocratique de la FFdP (Et ceci se passait dans des temps très anciens), qui les scandalise autant que neutralise, ne trouvent comme issue que d’en sortir, en se constituant comme AFFOP, fédération dissidente (à haut degré d’exigence dans l’examen des organismes candidats), en 1998. Évidemment situation insoluble. Comment voulez-vous que Vienne admette deux fédérations françaises ? résultat, une grosse une petite, en chiens de faïence. La grosse grossit encore. Elle ponctionne les syndicats en se structurant comme para-syndicat, par le biais de l’inscription individuelle. Ce piratage est illégal, les statuts stipulant que les fédérations nationales regroupent des organismes uniquement. Personne ne songe à aller en justice. Rapidement le PSY’G quitte l’AFFOP (mais pourquoi donc ?), qui maigrit encore, et se réfugie dans la stricte observance de valider soigneusement ses membres (deux ans de travail), et de ne pas inscrire de candidats à titre individuel. Du point de vue du pouvoir, un véritable suicide.

confiscation du nom de métier

Il résultera de tout cela deux foyers institutionnels, deux philosophies, deux éthiques, distincts. Le gros rayonnant médiatiquement, fort de ses adhésions siphonnées sur les syndicats (mais si les syndicats se sont laissé faire avec cette concurrence déloyale c’est leur problème), le petit fort de sa réflexion de fond, moins actif. Ça ne bouge plus jusqu’à la crise de la reconquête du début du siècle. Où le SNPPsy et l’AFFOP d’autant plus conjoints qu’ils sont emboîtés, collaborent avec la FFdP dans le cadre de la Coordination psy, une alliance de rencontre avec… la Cause freudienne, dirigée par cette dernière, qui elle se bagarre de façon opportuniste pour récupérer de la légitimité chez les psychanalystes, autre histoire. Trop heureux de rencontrer une alliance avec certains psychologues-psychanalystes et psychiatres-psychanalystes (dire psychanalystes tout court induit en erreur) alors qu’ils étaient en train de se faire laminer, « les psychothérapeutes » des deux fédérations soudains réunis, luttent au coude à coude vaillamment et préservent ensemble le cœur de leur identité, assistant impuissants à leur mise à l’écart et confiscation de leur nom de métier. Devenu en moins de dix ans de lutte politique, un titre d’exercice réservé au psychologues cliniciens (les psychiatres n’ont pas besoin de ce titre pour continuer l’exercer la psychothérapie qu’ils disent leur domaine réservé), essentiellement formés en psychopathologie (les psychologues-psychanalystes seront éliminés dix ans plus tard de l’université).

Lessivés à l’issue de l’opération rondement menée sous la houlette de l’Académie de médecine, les psychothérapeutes à l’initiative du SNPPsy se rebaptiseront psychopraticiens (2006). Comme au tournant du millénaire, toujours à l’initiative du SNPPsy, ils se sont définis comme relationnels (la psychothérapie relationnelle s’institue en novembre 2001) les deux vocables se conjugueront lors de la caducité de psychothérapeute comme nom de métier. Un champ disciplinaire propre commence à se faire jour, celui, après la guérison par surcroît du lacanisme, de la relation qui soigne. Véritable basculement épistémologique, qui mettra du temps à apparaître comme tel.

La FF2P (elle a changé de nom en 2006, peu après que le SNPPsy ait lui-même intégré la psychanalyse à son acronyme) quoique n’adoptant pas cette dénomination, en valide la déclinaison lors de la fondation à l’initiative de Philippe Grauer (alors Président du SNPPsy) du GLPR, Groupe de liaison de la psychothérapie relationnelle (13 janvier 2011), regroupant les deux syndicats et les deux fédérations.

rentrer par la fenêtre du ministère du travail

Mais le mal est fait. Perte substantielle de statut, avenir institutionnel incertain. Pour récupérer une position sociale, si, chassés par la porte du ministère de la Santé on essayait de passer par la fenêtre de celui du Travail ? le nouveau cadre CNCP (Commission nationale de la certification professionnelle) le permettrait. À l’issue d’un parcours coûteux dans un labyrinthe administratif hérissé d’épreuves dont le résultat restera sujet à précarité toujours maintenue, la nouvelle profession de psychopraticien (non spécifiée comme relationnelle, n’en demandez pas trop) franchira-t-elle le tir de barrage du RNCP (Répertoire national de la certification professionnelle) ? des deux fédérations finalement seule la FF2P, ayant décidé de faire cavalier solitaire, se lancera dans la course à la reconnaissance. Hasardeuse car la Santé en demeure partenaire associé. Pas moyen de la court-circuiter. La Santé protectrice des intérêts des psychologues, qui veillent au grain.

Il sortira de cette course poursuite devenue chimérique une brouille entre les deux fédérations, la petite estimant dévoyés par l’action politique de la grande, et radicalement compromis, les objectifs de protection professionnelle de la psychothérapie (relationnelle ou psychothérapie tout court ?). Pendant que la grande s’impatiente des critiques de la petite. Ça ne fait que 30 ans que ça dure. On ratisse large et on a les idées larges (et le budget) qui vont avec. Ou on ratisse court, idées fortes, influence médiatique restreinte, rayonnement idéologique et politique solide et confidentiel. Il faut de tout pour faire un monde. Qu’en pensez-vous ?

impasse

Le GLPR finira par mourir en 2018 de ce conflit perpétuel. En quoi et à quoi tient la discorde ? faut-il toujours la taire pour pouvoir sur certains points limités conjoindre nos efforts ? faut-il toujours se taire ? s’auto censurer diminue encore le rayonnement de celui qui choisit de mettre sa lampe sous le boisseau. Comment la situation est-elle truquée ? vous parlez, vous devriez vous taire, vous vous taisez vous devriez parler. Cela ressemble terriblement à une impasse névrotique. Comment notre psychothérapie (chacun sa déclinaison) se trouve-t-elle coincée par l’opposition méthodes / métier ? comment sortir de cette figure ? notre métier prône la parole. Il faudrait aussi de la médiation. Commencer par écrire, ça je sais faire.

lignes de force du conflit

L’argumentaire polémique se déploie selon les lignes de force suivantes :

— rejet / acceptation de la proposition ministérielle de rattacher la nouvelle profession, pour la reconnaître, à la fiche métier de Développement personnel et bien-être : déni inadmissible d’identité ou compromis historique ?

— Niveau d’études : bac + 3 (vs. bac + 5 revendiqué et pratiqué) : création d’un grade (et d’une image) de sub-praticiens, au détriment de la dignité scientifique et éthique de notre profession.

parité zéro avec le métier de psychologue (Bac + 5) : évidemment ! tout le dispositif de la loi (non reprenable actuellement) va à l’encontre de ce cas de figure.

appartenance au champ de la Santé mentale : comme sous-psys sinon rien.

Mais si on définit la psychothérapie relationnelle comme profession de santé non médicale, on se situe hors la santé mentale (régie par la psychiatrie).

— champ professionnel comportant le mot psychothérapie (un acquis de la FF2P) mais de psychothérapie sociale. À bien distinguer. Le terme naturellement (et heureusement) n’est pas défini. Mais aucun texte scientifique ne définit ce champ, créé sur critères purement administratifs, alors que d’innombrables textes scientifiques (sciences humaines) définissent, circonscrivent et illustrent la psychothérapie relationnelle. Clairement on rejoint le fameux Counseling de Rogers, qui tant a déjà embarrassé les britanniques de UKCP (l’organisation représentative du monde psychothérapique britiche sauf une seule organisation de psychanalystes purs et durs) jusqu’à nos jours, en créant une sous-profession concurrente de celle de psychotherapist.

— nos amis de la FF2P font remarquer qu’il convient d’éviter de confondre la certification RNCP avec un nom de métier. Il ne s’agit selon eux que d’un enregistrement (R pour registre). Un par organisme donc va pour un pour l’AFFOP. Pourrait-on concevoir selon cette logique de « demander un RNCP de psychopraticien relationnel AFFOP » lequel serait réputé entrer dans la case psychothérapie sociale (bac + 3) alors qu’il fonctionne sur la base bac+5 et « produit » (prétend produire, tout est là) une compétence clinique équivalente à celle de psychologue clinicien (ce qui ne saurait être démontré puisque aucune commission d’équivalence aboutissant à une telle définition n’est envisageable). Demeurerait toujours au bout du compte, un déclassement. Et s’il me plaît à moi d’être déclassée ? répliquerait Martine. Nous voici rendus à Molière.

Tout ceci reste parfaitement logique. On peut même dire que le ministère a fait des efforts. Donnant donnant, que la FF2P fournisse les siens. Vous êtes administrativement reconnus moyennant dégradation inévitable (en fait faites donc le deuil de vos illusions), mais avec le terme psychothérapie vous ne perdez pas tout. De toute façon c’est à prendre ou à laisser.

une existence réglementaire qui nous définit autrement que ce que nous sommes

L’AFFOP résume, dans un texte de clarification qui a déclenché une réponse en forme de rupture, sa position. Elle dit en agissant comme vous le faites vous embarquez l’ensemble de la profession dans un naufrage. Choisirons-nous nous-mêmes de disparaître en acceptant une nouvelle définition de notre métier pour accéder à une existence réglementaire qui nous définit autrement que ce que nous sommes ? question vitale de définition d’identité. Dilemme du plat de lentilles. La FF2P ne peut que soutenir qu’elle négocie ce qu’elle veut et surtout ce qu’elle peut, pour ses seuls membres, n’engageant pas la profession dans son ensemble (ce point reste matière à controverse).

Une consultation nationale avec débat résoudrait-elle le problème ? à l’heure actuelle ça n’en prend pas le chemin. Pas sûr de toute façon, le souci de sécurité institutionnelle risquerait de pousser les psychopraticiens (non relationnels) au compromis. On ne peut pas passer non plus par la fenêtre, elle-même bien gardée, mais par un soupirail on nous permettrait (peut-être) d’accéder à un entresol, juste au-dessus de l’animalerie, ça sent un peu mais enfin avec cette option on serait dedans, avec le statut de fille de salle mais dedans.

question de santé ou malaise existentiel ?

Comment maintenir ensemble les deux options contradictoires, donc incompatibles (attention, contradictoire n’est pas contraire) ? faut-il réclamer l’inscription de notre profession dans le cadre de la santé mentale, autrement dit de la psychiatrie élargie certes mais affichant résolument la revendication de régir la santé publique ? Nos écoles ne devraient-elles pas opter pour l’option non médicale et se contenter de parler de santé psychique ? ou même de rééquilibrage psychique, lâchant le concept de santé et la rage de « guérir » (revenir à l’état antérieur, une absurdité), à la médicale, puisqu’il s’agit davantage de résoudre. Étonnante destinée de cette profession où dans notre langue ni le nom du praticien ni celui de celui qui recourt à lui ne sont assurés. Et si malaise (existentiel) et maladie se voyaient enfin, par nos soins ( ! ) disjoints (ce qui n’empêche nullement une coopération interprofessionnelle) ? et si ceux qui n’en veulent pas n’entrent volontairement pas dans le cadre et la problématique d’une réglementation par ailleurs hasardeuse et pas forcément, à terme, si profitable que ça en aurait au premier abord l’air ? pourrions-nous envisager de nous regrouper en dernier (ou premier) village gaulois ? risques et gains ? et l’honneur, qu’est-ce que vous en faites ? en psychothérapie relationnelle la dignité ça compte.

Que de leur côté ceux qui veulent exercer en santé mentale fassent comme ils l’entendent. Le problème s’affiche à présent sur votre écran. À vous de penser les termes du conflit et de déterminer quelle position vous semble juste.


[1] Principe de l’auto-réglementation. On reconnaît soit la méthode, qui désigne ses membres, soit le praticien, qui se présente à ses pairs (cinquième critère, de confirmation parmi ses pairs) et se voit à l’issue d’un dialogue critique, ajourné avec accompagnement ou confirmé et validé dans sa définition et son exercice à titre de praticien/ne (peu important la méthode).


TENTATIVE DE MATRAQUAGE PUBLICITAIRE

Et n’oubliez pas, pour ne pas rester ignorant/e de toutes ces belles choses parmi tant d’autres, de vous procurer sans tarder l’ouvrage impérissable des Dupont Dupond de la psychothérapie, dont voici l’image de la page de garde. Une fois acheté, vous pourrez vous faire un second petit cadeau, reporter sa lecture à plus tard. Le luxe. Vous n’aurez accès à ce plaisir raffiné que si vous disposez du volume chez vous.

Enfin tant pis, si la curiosité vous pousse, pour certains chapitres un coup de pouce de paracétamol n’en sera pas, du luxe. Bon courage et — qui sait ? bonne lecture !

une Déclaration des Droits de l’Âme

Remonter

Remonteren haut de la page