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7 mai 2022

LES PSYS CONTRE « MONPSY »

par Philippe Grauer

À l’issue de la mise en place du dispositif MonPsy les psychologues en colère manifestent le 10 juin prochain. De quoi s’agitent-ils ?


AIDE MÉMOIRE

À PROPOS D’UN ÉPISODE RÉCENT DE LA GUERRE DES PSYS

sur fond de médicalisation de l’existence mondialisée

et de mise en déclin corrélative des disciplines de la

dynamique de subjectivation, que nous sommes décidés à maintenir

Avertissement. Cette esquisse de classification ne prend pas en compte le fait que les catégories exposées sont susceptibles de combinaisons multiples. Vu la contrainte existentielle d’imperfection en vigueur dans notre univers, grâce à quoi ce dernier engendre son devenir, cet articulet est incomplet, partiel et parfois partial. L’indulgence critique du lecteur lui servira de viatique.


Qu’est-ce qui se passe quand psychologiquement parlant ça commence à aller mal dans votre vie ? vous vous décidez à aller voir quelqu’un (mais qui ?), à en parler à un représentant du monde de la santé[1].


Guerre corporatiste des psys

—psychologues vs. psychopraticiens relationnels

les psychologues dénoncent et dénigrent leurs collègues psychopraticiens, toutes catégories confondues, rhétorique qui permet d’amalgamer les correctement autoréglementés et les autoproclamés, afin de discréditer les premiers. Situation de conflit économique, corporatiste, identitaire, scientifique, éthique, anthropologique, idéologique. Le débat ordinaire en sciences humaines.

psychologues vs. médecine

les psychologues d’autre part continuent d’avoir à batailler contre les médecins et leur tentative inextinguible d’emprise sur eux.

psychanalyse en crise

les psychologues-psychanalystes et psychiatres-psychanalystes sont en perte de vitesse[25]. Les vieux continuent jusqu’à la retraite. La psychanalyse[26] aussi est en crise.

psychologues pratiquant les techniques qu’ils dénoncent

les psychologues, désormais à l’abri de leur titre d’exercice de psychothérapeute[27], ont tendance notamment en territoire rural et périurbain, à pratiquer toutes sortes de techniques issues du développement personnel[28], allant jusqu’à mobiliser la pensée magique. Reprenant à leur compte le charlatanisme dénoncé au tournant du siècle au moment de confisquer légalement (loi HTPS de 2004) le titre d’exercice de psychothérapeute aux désormais psychopraticiens relationnels relégués institutionnellement mais toujours vivaces, à effectif réduit

psychopraticiens relationnels bien autoréglementés

formés dans de petites écoles dont certaines correctement agréées par les institutions historiques (SNPPsy/AFFOP, FF2P).

I — SECTEUR MÉDICAL

I.1 — un médecin en ville[2], vous médique (psychotropes) mais il n’est pas psychiatre (médication plus fine, spécialité en déclin, reconversion en neurologie en cours) et peut vous adresser à un collègue

I.2 — psychiatre [3] en ville

Pour cause de diagnostic de maladie mentale, débordant sa compétence de généraliste. Là vous pouvez tomber sur

I.3 — un service psychiatrique hospitalier

Accueillera par ailleurs à partir d’une urgence toute personne aux prises avec un épisode de santé mentale déréglée. Puis suivi psychiatrique. Institution en difficulté et régression. Nous ne développons pas ici la question du déclin et de la crise de la psychiatrie française.

II— SECTEUR NON MÉDICAL adressé

Le médecin (I.1) n’ayant pas le temps d’écouter vos plaintes à raison de 45 minutes hebdomadaires, ce pour quoi il n’est pas formé, vous adressera peut-être (rebond : possible collaboration médecine médicaments + psychologie écoute/protocoles) à

II.1 —un psychologue clinicien[4]

II.1.1 — un psychologue[5] en ville[6] (titre datant de 1985[7]), bénéficiaire depuis 2004[8] du titre d’exercice[9] de psychothérapeute

II.1.1.a — méthode rapide — « fast psy ») à protocoles :

psychologie d’accompagnement bref, recourant à des protocoles. Méthodologie TCC[10] notamment. Expertise de dépannage. C’est là que la médecine parvient à paramédicaliser[11] les psychologues, allergiques à pareille régression institutionnelle.

II.1.1.b — méthode approfondie — « slow psy », sur mesure, méthodologie de la dynamique de subjectivation[12], à deux volets, subdivisé comme suit

II.1.1.b.1 — psychologue-psychanalyste d’ancienne formation[13]. Le plus souvent. Accompagnement approfondi, à transfert[14], plus engagé de part et d’autre, qui vise à ce que vous entriez en relation avec le double fond de vous-même (méthodologie de l’inconscient).

— durée/profondeur, processus imprévisible. Ça prend le temps qu’il faut[15].

II.1.1.b.2 — psychologue relationnel[16], beaucoup plus rare[17], qui à partir du dialogue engagé mette en lumière vos dysfonctionnements relationnels générateurs de vos problèmes. Interrogation existentielle[18] en co-présence.

— durée/profondeur, processus imprévisible. Ça prend le temps qu’il faut.

II.2 — un psychopraticien relationnel [cadre autoréglementé] connu de lui. Cas de figure plus rare. Rappel : ce dernier

— répond aux spécifications et déclinaisons ci infra en III.2 : à partir du dialogue engagé mette en lumière vos dysfonctionnements relationnels générateurs de vos problèmes. Interrogation existentielle[18] en co-présence.

— peut répondre également à la définition II.1.1.b.1 [psychologue-psychanalyste d’ancienne formation[13].] Accompagnement approfondi, à transfert[14], plus engagé de part et d’autre, qui vise à ce que vous entriez en relation avec le double fond de vous-même (méthodologie de l’inconscient).

— durée/profondeur, processus imprévisible. Ça prend le temps qu’il faut.

II.3 — [cadre autoproclamé, le médecin ordinairement ignore cette catégorie] un psychopraticien non spécifié

— garantie, durée, méthode, cadrage : aléatoire.

III — SECTEUR NON MÉDICAL en première intention

Sans passer par la case médecin vous pouvez vous adressez directement à

III.1 — un psychologue clinicien enregistré sur le registre des psychothérapeutes[19]. Cadre réglementé. Voir plus haut (II.1)

III.2 —un psychopraticien du cadre autoréglementé[20] décliné comme suit

III.2.1 — psychopraticien relationnel® (agrément SNPPsy/AFFOP[21]) ; équivaut au psychologue-psychanalyste

III.2.2 — psychopraticien certifié FF2P ; équivaut à peu près[22] au psychologue-psychanalyste.

III.3 — psychopraticien tout court, garanti par rien[23], avoisinnant le domaine des techniques de développement personnel, hors du champ psychothérapique[24].

IV — POINTS DE FRICTION ACTUELS

IV.1 — Les psychologues en ville[29] refusent tout dispositif dans lequel ils régresseraient à un statut dépendant de celui de médecin. Depuis 1985 ils constituent une profession reconnue comme telle, identifiable au titre universitaire de psychologue, qui les rend expressément indépendants de la médecine[30]. Laquelle continue de tenter de les soumettre comme paramédicaux[31].

IV.2 — Une tentative unilatérale d’origine ministérielle récente de constitution d’un Ordre des psychologues[32], a soulevé l’indignation de ces derniers, pour cause de non concertation préalable, et de désaccord sur le fond.

Avec cela, le récent dispositif MonPsy, octroyant sur prescription médicale une dizaine d’entretiens remboursés par la sécurité sociale, payés à bas prix, a suscité une levée de boucliers chez de nombreux psychologues, dont les organismes représentatifs ont lancé une journée de protestation et de grève[33] pour le 10 juin.

IV.3 — le[34] psychopraticien relationnel[35], ex psychothérapeute[36], représentant d’une psychothérapie affichée comme résolument non médicale[37], centrée sur le principe de la relation qui soigne[38], exerce en ville en libéral, en dehors du cadre réglementé (psychologues et psychiatres, titre d’exercice de psychothérapeute pour les premiers), selon un cadre historique (1981[39]) autoréglementé (SNPPsy, AFFOP, FF2P).

Les psychologues, en tant que corps, ignorent leurs collègues psychopraticiens relationnels. Ils ont tort car ils ne sont pas blancs comme neige.

IV.4 — Désir d’hégémonie des psychologues

Luttant contre la médicalisation de l’existence menaçant l’exercice des deux approches dites de la dynamique de subjectivation, les praticiens du courant de la psychothérapie relationnelle se déclarent solidaires de l’actuel combat des psychologues. Qui s’en indiffèrent, résolus à continuer d’ignorer et discriminer leurs collègues autoréglementés, car ils ne veulent connaitre et reconnaitre que les professionnels diplômés de l’université[40]. La guerre des psys et sa cascade de mépris semble interminable.

IV.5 — Droit à la variété des méthodes psys (psycho diversité)

Et le service auprès du public là-dedans ? et les enjeux de civilisation à la clé des conflits de méthodes en sciences humaines et sociales cliniques ? autre débat, autre fiche.


Notes

[1] Il existe si l’on peut dire deux santés, et plusieurs types de méthodologie, dont ici nous retiendrons deux :

1) La médicale, médecin traitant, psychiatre (lequel, en crise professionnelle, tend à déléguer au psychologue pour mission d’écoute régulière sur trois quarts d’heure) ;

2) la non médicale (cf. définition de l’OMS de la santé intégrant le concept de bien-être), dont une des branches s’occupe de la dynamique de subjectivation (pour un profane, quelle terminologie !) dont les deux champs disciplinaires de référence sont : psychanalyse et psychothérapie relationnelle.

Pour tout compliquer, tout ça se combine (multiréférentialité, intégrativité), ou se juxtapose (pluralisme, modèle SNPPsy) allègrement. Pour mémoire il faudrait encore aborder le concept de méthodologie prescriptive, de rapport au savoir et de type de savoir, et celui de psychothérapie anti autoritaire.

[2] En institution le psychologue clinicien est administrativement soumis au psychiatre, médecin chef de l’établissement. Soumis mais indépendant (titre de psychologue, personnel non paramédicalisable), pour sa pratique. Compliqué. Constant rapport de force exercé par la médecine.

[3] Mais vous pouvez aussi bien recourir directement à un psychiatre en ville. Débordé. Un psychiatre-psychanalyste, devenu rare, peut faire l’affaire. Il vous médique et vous écoute (délicate articulation de bio et psycho soins).

[4] Sur la formation à la psychothérapie de nos psychologues cliniciens, on consultera l’excellent article d’un enseignant à l’université catholique d’Angers, qui milita longuement à la FFPP si notre mémoire est bonne, installé sur le site cifpr.fr. Ne pas se décourager, il faut scroller, faire défiler le texte illisible avant de l’obtenir lisible. En attendant la réparation en cours comme on dit. Voici l’URL :

https://cifpr.fr/texte_document/ethique-et-psychotherapie-principe-de-parite-versus-principe-de-competence/

On lira également une analyse équivalente plus récente :

https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0003448722000920?dgcid=author

[5] À proprement parler il faudrait toujours dire psychologue clinicien. Compliqué du fait qu’ils se disent aussi psychothérapeutes (titre d’exercice), compétents puisque universitaires, en rivalité avec les psychopraticiens relationnels, systématique confondus avec les psychopraticiens tout court, par eux réputés mal formés (accusation de charlatanisme, un tic d’origine médical), puisque issus d’écoles extra-universitaires dont certaines (agréées AFFOP, autoréglementation historique) sont de qualité éprouvée. Quel maquis !

[6] La plupart des psychologues cliniciens travaillent en institution, hôpital ou CMP. Nous ne pouvons ici dresser un tableau exhaustif.

[7] Aboutissement de trois quarts de siècle d’une évolution de la corporation vers l’indépendance de la profession par rapport à la médecine.

[8] Loi HTPS (2004) mettant en place le titre d’exercice de psychothérapeute, réservé aux psychologues cliniciens (du cadre réglementé).

[9] Simple licence d’exercice, obtenue par enregistrement, il ne s’agit pas d’un diplôme.

[10] Thérapie comportementale et cognitive. Exemple, désensibilisation de la phobie des araignées, vous habituer à mettre la main dans un bocal plein de ces petites bêtes. Mais si la phobie, comme on appelle ça, vient d’ailleurs et va plus loin (peur du danger, de la mort, de l‘adversité, peur de vivre), ces pauvres TCC lâchent l’affaire.

[11] Une salve de dix séances à bon marché, prescrites par le médecin, comme une série de séances de kinésie thérapie.

[12] Méthodologie commune aux psychanalystes et aux relationnellistes, vise à permettre à la personne de devenir le sujet de sa propre existence, de la réviser et choisir, en en prenant la responsabilité. Doctrine de l’émancipation individuelle.

[13] Au milieu du XXème siècle les psychanalystes incrustés comme professeurs en psychologie, d’une part dispensaient la théorie psychanalytique à leurs étudiants, et cherchaient à investir/subvertir les enseignements de psychopathologie ; d’autre part s’efforçaient de convaincre leurs étudiants d’engager pour eux-mêmes une psychanalyse, seul lieu valide de formation à la discipline. La grande question, une telle formation fortement implicative n’était qu’une option : charlatanisme institutionnel à l’horizon. Cette période est résolue. La psychanalyse s’est vue expulsée des UER de psychologie (tout autant d’ailleurs que des cursus de psychiatrie).

[14] Prendre inconsciemment sa psychanalyste pour son père.

[15] La question de la temporalité psychothérapique est capitale. Le temps d’évoluer psychiquement, la question du rythme, sont incontournables dans cette méthodologie.

[16] Les psychopraticiens relationnels, majoritaires de la catégorie relationnelle, pour leur part, ne sont pas psychologues — à quelques exceptions près.

[17] Car issus d’une formation par des écoles privées parfois épistémologiquement et éthiquement sérieuses (autoréglementation depuis 1981) d’une population de thérapisants adultes en reconversion, infiniment moins nombreuse. Mais plus mûre. N’ayant pas passé par une formation initiale de psychologue, donc non reconnue par l’institution de la psychologie. Les psychologues professent une détestation scientifique corporatiste vigoureuse à leur égard. L’eau et le feu peuvent cependant collaborer. Il suffit d’une casserole.

[18] Prégnance de l’existentialisme (Kierkegaard, Sartre, Husserl, Heidegger — ce dernier en dépit de son nazisme persévéré). Cf. Rollo May, puis Irvin Yalom.

[19] Et pourquoi donc le dispositif MonPsy serait-il obligatoirement régi par la médecine ? les psychologues ont décelé près de 8 000 microgrammes de particules de lobbying médical par mètre cube de corridor ministériel.

[20] Dit « hors du cadre réglementé ». Le cadre autoréglementé évacué par cette expression.

[21] Ici emboîtement institutionnel complexe, dont nous vous faisons grâce.

[22] Il peut pencher du côté du psychologue neuroscientifique et TTC. Nous ne le définissons pas davantage dans le cadre restreint de cette fiche.

[23] Il faudrait dire par rien qui vaille.

[24] Champ d’activité à dissocier de la relation d’aide, proche de la psychothérapie. Voyons voir comment je m’appelle. Un trésor pour les cruciverbistes. À certains moments les professionnels eux-mêmes y perdent leur latin, en tout cas leurs repères. Il serait partant de là erroné d’arguer de la diversité du champ pour soutenir qu’il n’est pas concevable, définissable, délimitable, comme objet rationnel.

[25] Petite approximation d’annonce institutionnelle, ils se disent psychanalystes sans toujours ajouter qu’ils sont calés socialement comme psychologues. Les psychiatres affichent plus volontiers leur titre de psychiatre. Ne pas oublier non plus la dichotomie en ville/hospitaliers et assimilés.

[26] Une méthode fameuse au XXème siècle, et un métier, jusqu’ici toujours adossé soit à la médecine soit à la psychologie. Pour respectabilité institutionnelle. Titre de psychanalyste non protégé mais listes historiques. Le psychanalyste de En thérapie est un psychiatre lacanien amélioré.

[27] Usurpé au tournant du siècle par un coup politique, en relation avec la mondialisation. Au départ, psychiatrie, Académie de médecine conservatrice, s’appuyant sur les psychologues-psychanalystes trop heureux de se débarrasser des psychothérapeutes (représentés par une assemblée de méthodes-écoles, et deux syndicats dont un spécifique, le SNPPsy) venant de proclamer au niveau européen à leur détriment l’indépendance de leur discipline (Déclaration de Strasbourg, 1990).

[28] En amont du côté du bien–être, techniques et conseils de vie à l’intention de personnes n’étant pas en état de souffrance (le cœur de cible de la psychothérapie). L’éventail est large et va jusqu’aux cristaux et parfums. Sans compter la spiritualité.

[29] Nombreux sont les psychologues en institution. Autre débat.

[30] Mèzalor pourquoi passer obligatoirement par la case médecine ? simple, répond Patrick Ange Raoult pour les psychologues en ville :

« Les problèmes sont multiples autour de ce dispositif MonPsy, décidé par le gouvernement l’an dernier. 95% des collectifs, des associations, des organisations professionnelles sont tout à fait opposées à ce dispositif. Pour deux raisons principales. La première, c’est le tarif, qui est complètement indécent dans le cadre d’une pratique libérale : 40 euros la première séance, puis 30 euros les séances suivantes. Donc quand vous enlevez les charges, il reste 12 ou 13 euros de l’heure, pour des gens qui ont au moins un bac +5, avec généralement des diplômes universitaires en plus, parfois des doctorats, etc.

Le deuxième point, c’est la prescription médicale. Il faudra une ordonnance pour bénéficier de ces séances remboursées. Cela distord complètement les modalités de travail. On avait proposé d’autres modalités, parce qu’on entend bien la nécessité d’une régulation des coûts. Mais pourquoi passer par le médecin ? Emmanuel Macron nous a dit : "Je ne peux pas faire ça aux médecins". Donc, on est face à un lobbying qui impose ce système. »

[31] D’un côté ils s’efforcent de soumettre les psychologues, de l’autre ils sont trop heureux, en pleine crise, dont une crise d’effectif, de leur déléguer les missions auxquelles ils ne peuvent plus répondre. Le cadre, complexe, par ailleurs pêche par incohérence. Fâcheux pour un cadre.

[32] Pouvant prétendre à interdire comme exercice illégal de la psychothérapie (jamais définie, et indéfinissable par le législateur) l’exercice professionnel des ni psychologues ni psychiatres, ie les psychopraticiens relationnels par exemple. Le fantasme d’une interdiction professionnelle a de fortes chances de rester fantasmatique, mais tout de même. On mesure ici la violence des conflits et l’ampleur des enjeux. Les psychologues eux-mêmes y sont réticents, satisfaits d’être déjà organisés dans le cadre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et pourvus d’un code de déontologie propre. Ils y voient une machine à gaz issue d’une gouvernance verticale, source de multiples soucis :

g/2021/04/12/actualites/la-creation-dun-ordre-pour-les-psychologues-la-fausse-bonne-solution/

[33] La majorité des psychologues est salariée à l’hôpital et aux CMP.

[34] Mieux vaudrait dire la, la profession se féminisant.

[35] Titulature privée, autoréglementation à partir de 1981, dénomination scientifique disciplinaire datant de 2000.

[36] Les psychothérapeutes, organisés en syndicat représentatif, ont créé en 1981 le titre d’exercice par la suite confisqué.

[37] Ce qui ne veut pas dire qu’il faille éviter la médecine ! il s’agit de différencier deux champs scientifiques, épistémologiques, méthodologiques. Et bien entendu, le cas échéant, les articuler.

[38] Cf. Irvin Yalom.

[39] Un premier cadre professionnel date de 1976 avec l’apparition du syndicat Psy’G, qui comportait déjà un collège interne de psychothérapeute.

[40] Selon une logique parfaitement compréhensible, que nous n’avons pas le temps d’exposer ici, mais qui ignore un apport novateur important issu d’un puissant mouvement de rénovation psy datant des années 40, depuis appelé psychologie humaniste américaine. Ce mouvement scientifique d’importance mondiale a bouleversé le champ psy dans notre pays à partir des années 60. La psychanalyse s’est renouvelée de l’intérieur, pendant qu’un champ alternatif à base existentialiste prenait son essor. La conjonction des deux ressort de la dynamique de subjectivation, consistant, existentiellement parlant, à s’engager dans un processus visant à s’approprier son être-au-monde.

Mitoyen avec la philosophie, qu’on pourrait appeler clinique. Il faudrait pour être complet aborder le sujet, collatéral comme les dégâts, des neurosciences, en elles-mêmes passionnantes.


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