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11 octobre 2016

La psychanalyse comme fiction. Littérature et cinéma. Élisabeth Roudinesco – Séminaire d’histoire de la psychanalyse

Rue d'Ulm, Élisabeth Roudinesco raconte l'aventure de la psychanalyse au cinéma

Philippe Grauer

Comme chaque année Élisabeth Roudinesco, historienne de référence dans le monde entier pour la psychanalyse, tient son cours à l’École normale supérieure. Il suffit de s’y présenter pour bénéficier du privilège et plaisir de l’entendre, pas la peine de s’auto intimider. Le cours lui-même est passionnant. Cette année nous évoluerons en plein Hollywood chez les psys. Un siècle de psychanalyse, un siècle de cinéma, un siècle d’art appliqué à une discipline du rêve qui se prête volontiers à sa transposition cinématographique.


Rue d'Ulm, Élisabeth Roudinesco raconte l'aventure de la psychanalyse au cinéma

Élisabeth Roudinesco est passionnée de cinéma et, on le savait, de psychanalyse. Cette année la conjonction savante de ses deux passions promet de mieux comprendre comment le monde de l’art, en l’occurrence du 7ème, a contribué à porter jusqu’à l’incandescence l’intérêt du XXème siècle pour la psychanalyse et plus généralement pour la psychothérapie portant sur le sujet aux prises avec ses conflits, ses rêves et la complexité d’une vie psychique que tant de réalisateurs se sont fait un plaisir de déchiffrer à la lumière des théories de Freud.

La production cinématographique relative à la psychanalyse est immense et cela se conçoit car le cinéma se prête volontiers à la représentation des fantasmes et contenus de rêves. Belle série de séminaires en perspective. Étant donné le talent de narratrice de l’historienne on ne va pas s’ennuyer rue d’Ulm en soirée cette année.  N’oubliez pas que la fréquentation de ce cours du mardi soir est ouverte au public. Cela dure 90 minutes, le format classique d’une séance. Pourquoi vous en priver ?


Élisabeth Roudinesco – Séminaire d’histoire de la psychanalyse

Rue d’Ulm, derrière le Panthéon, à deux pas de ce qui fut dans les années 60 la cinémathèque d’Henri Langlois, cette année Élisabeth Roudinesco évoque ce cinéma d’Hollywood qu’elle aime tant, quand en particulier il fictionne à partir des théories freudiennes. Rendez-vous les mardi soir cette année des cinéphiles, freudophiles et curieux de tous poils, aux côtés des étudiants de l’École normale supérieure, qui leur ouvre grandes ses portes.

ecran 2016-10-12 à 19.31.37Freud et ses disciples ont inventé le terme de psychanalyse appliquée pour démontrer que leur discipline permettait d’expliquer la genèse des œuvres de création, d’une part en étudiant la vie inconsciente des auteurs, de l’autre, en interprétant la signification des œuvres comme s’il s’agissait de récits biographiques masqués. Qui veut connaître un écrivain, un acteur de l’histoire ou un artiste doit le chercher dans son œuvre : telle est la vulgate de cette psychanalyse appliquée qui a donné naissance à la psychobiographie très critiquable.
Une autre approche est possible. Partout dans le monde, la psychanalyse a été portée par la littérature, les arts et le cinéma. Elle a contribué à un essor des avant-gardes : le surréalisme notamment. Selon cette perspective, je me propose d’étudier comment elle est utilisée « dans la fiction et comme fiction », autant chez les écrivains qui ont transformé les freudiens en personnages romanesques ou les concepts en support d’un roman, que chez les cinéastes qui ont été marqués par son aventure. Il existe en effet une proximité entre l’art psychanalytique fondé sur le déchiffrement des signes et la réactualisation des mythes, et le cinématographe qui vise à reconstruire, image par image, le langage même du rêve, du désir et de l’inconscient. C’est dans l’art hollywoodien que se traduit de façon spectaculaire cette utilisation de la psychanalyse comme fiction.

Les mardis de 18:00 à 20:00
les 3, 17, 31 janvier, 21 et 28 février, 7, 21, 29 mars, 4 et 25 avril, 2 et 9 mai.
Salle U/V, département de mathématiques, au fond de la cour Pasteur,
ENS, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris