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22 mars 2009

L’Affop réagit à l’amendement Bachelot d’inspiration Accoyer. AFFOP, présenté par Philippe Grauer

AFFOP, présenté par Philippe Grauer

Rien n’est joué mais le cours que prennent les choses ne laisse pas d’inquiéter. Comme dans d’autres pays d’Europe nos Écoles ont mis en place des cursus longs et exigeants de formation à la psychothérapie relationnelle. Massacrant le paysage psy à la tronçonneuse l’accoyérisme de cette loi imposerait — pour se réclamer du titre générique de psychothérapeute, encore faudrait-il le désirer ! — cinq ans d’études universitaires supplémentaires à nos étudiants en reconversion qui effectuent déjà cinq ans et davantage.

Ça n’est pas au motif que nos apprentis-étudiants sont des adultes en reconversion, dont les études universitaires sont déjà effectuées au cours des deux décennies précédentes, et qui n’auront garde de retourner faire psychopatho en cinq ans de psychologie administrée au jeunes gens qui se préparent à devenir psychothérapeutes d’État ne connaissant rien à la réalité des choses humaines comme dit le poète, cependant dûment diplômés en théorie cognitiviste et psychopathologie théorico théorique, qu’il serait judicieux, démocratique et républicain de les punir de choisir notre digne identité professionelle. En connaissance de cause puisqu’il ont l’âge de peser leurs choix et d’accompagner leurs patients à l’aide de leur savoir, savoir-faire et savoir faire être, accompagné d’une expérience de la vie, retravaillée par psychothérapie individuelle ou psychanalyse, qui ne manque pas de prix.

Pourquoi pas faire psycho ? quand on est jeune il faut un diplôme et si on veut devenir psy autant que ce soit en psychologie, même si celle qui prévaut dans nos universités bien françaises à l’avant-garde du front de la recherche états-unienne des années Reagan et Bush, laisse craindre que l’accueil psy dans nos hôpitaux ne soit à l’avenir pas si brillant qu’on nous le promet foi de thérapie brève, courte mais bonne comme certaines plaisanteries parfois mauvaises au bout du compte — mais c’est une autre histoire puisque de toute façon nos psychothérapeutes relationnels œuvreront en secteur libéral privé.

Bref, comme le soutient si bien Catherine Génisson, députée socialiste fidèle aux principes Accoyer assidue des heures tardives propices à l’irruption des « cavaliers », mais malheureusement pas seulement elle, vive le diplôme en cinq ans ajouté aux cinq ans de la formation à la psychothérapie relationnelle, promis, si cela continue sur cette voie, à un nouveau nom de baptème, on connaît ainsi des juifs qui en 40 ont été pour plus de sûreté baptisés catholiques puis protestants.

L’affaire suit son cours, nous suivons l’affaire. Qui n’est pas pour autant dans le sac comme aurait dit Prévert qui avait plus d’un tour dans le sien, nous tâcherons de nous en souvenir tout au long de notre action pour soutenir notre belle bonne et originale profession qui fait tant de jaloux.

Philippe Grauer


COMMUNIQUÉ DE L’AFFOP

Modification de l’article 52

C’est dans la nuit du 5 mars 09, à 23h.42 que l’Assemblée Nationale a adopté en 1ère lecture et à l’unanimité des rares parlementaires présents à cette heure tardive un nouvel amendement concernant l’usage du titre de psychothérapeute.

Celui-ci, proposé par le gouvernement, présenté et défendu par Mme Roselyne Bachelot, ministre de la santé, modifie le texte de l’article 52, texte que nous connaissons bien, en effaçant certaines de ses contradictions qui n’ont jamais permis que la rédaction de plusieurs décrets d’application successifs puisse être mise en œuvre.

Face à ces difficultés inhérentes à un texte de loi, lui-même contradictoire, le gouvernement, probablement sous une nouvelle impulsion de Bernard Accoyer, actuel président de l‘Assemblée Nationale, a décidé de passer en force et en rapidité en faisant voter cet amendement au sein d’une loi concernant la réforme de l’hôpital, jugée urgente et ne bénéficiant que d’une seule lecture dans les deux chambres.

Du point de vue de la forme

Celle-ci est contestable en droit.

Car il s’agit à nouveau d’un cavalier dont Bernard Accoyer est friand, mais jusqu’à présent sans succès institutionnel. Son objet : faire passer rapidement et en force un texte législatif dont le propos ne concerne pas la loi dans laquelle il est inclus, ce qui est anticonstitutionnel. En effet quel rapport entre la réforme de l’hôpital et la question du titre de psychothérapeute qui concerne majoritairement des praticiens en exercice libéral ?

Une de nos premières options de riposte est de saisir le conseil constitutionnel sur ce point. Cela nécessite la signature de 60 parlementaires, à suivre.

Du point de vue du fond

Le dernier projet de décret ainsi que l’arrêté qui lui était joint étant devenus obsolètes, le combat devrait continuer sur de nouvelles bases.

Le nouvel amendement fait habilement disparaître la distinction entre les « de droit » et les « non de droit », en supprimant les 3èmes & 4èmes alinéas de l’art.52, et en leur substituant 4 nouveaux alinéas.

Cependant il fait drastiquement référence à une exigence de pré-requis universitaires de haut niveau, doctorat en médecine, master 2 en psychologie ou psychanalyse pour pouvoir prétendre à suivre une formation universitaire de psychopathologie clinique.

Ceci, de fait, exclut une bonne partie des psychothérapeutes relationnels qui ont suivi leur cursus de formation dans nos écoles agréées, cursus théorique, expérientiel et didactique effectué souvent à la suite d’une décision de reconversion professionnelle.

Quelles que soient les équivalences ou dispenses accordées, pour les étudiants sérieux qui sont nombreux à l’être, l’addition sera lourde.

Comment cumuler, psychothérapie personnelle, formation dans une de nos écoles agréées, et cursus universitaire ?

Et pour ceux d’entre nous qui sont formateurs, quelles seront les conditions de l’agrément de celles nos écoles qui en feront la demande ?

Nous avons par ailleurs soigneusement noté que, dans cet amendement, les pouvoirs publics semblent se soucier du sort des professionnels déjà en exercice.

Pourtant les conditions se durcissent, ne s’appliquant, dans ce même amendement, qu’aux praticiens disposant de plus de 5 ans d’exercice à la date de parution du prochain décret.

Et nous ne savons rien du sort réservé à ceux qui se sont engagés dans un cursus de formation dans nos écoles.

Soyez sûrs que nous nous soucierons de défendre les nouveaux praticiens ainsi que nos élèves, auprès du Sénat d’abord, puis dès que nous