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1 novembre 2019

LIBAN : PRISE CONSCIENCE OU DE POUVOIR ?

par Mariange NOHRA, ex Présidente des psychothérapeutes libanais

une analyse à chaud des événements depuis Beyrouth

Mariange Nohra, ex Présidente des psychothérapeutes libanais, qui organisa en mai 2017 un colloque mémorable sur les problèmes de la psychothérapie relationnelle et intégrative au Liban, auquel Yves Lefebvre et moi-même avons eu l’honneur de participer, nous adresse sa description de la situation libanaise.

notre soutien confraternel

Connaissant la fragilité politico-sociale du Liban dans son environnement de guerre, nous formulons tous nos vœux pour que le mouvement actuel parvienne pacifiquement à ses fins, et adressons nos sentiments de soutien chaleureusement confraternels à tous les psys du Liban, et en particulier à ceux affiliés bien entendu à la SIHPP, à commencer par Chawki Azouri, son éminent représentant libanais.

PHG

Il y a maintenant exactement 13 jours qu’un soulèvement général de la population libanaise entraine des manifestations fortement médiatisées sur l’ensemble du territoire libanais.

Depuis le 17 octobre 2019 le peuple dans un mouvement exceptionnel, se rassemble sur les places publiques, pour demander de

– Combattre la corruption générale, qui traîne depuis plus de 30 ans, en entraînant les élus coupables aux tribunaux.

Changer le gouvernement actuel qui perpétue et couvre la corruption dans le pays.

– Organiser de nouvelles élections législatives pour pouvoir changer le parlement divisé.

C’est l’occasion historique que détiennent les jeunes de faire pression sur le Parlement pour voter de nouveaux projets de Loi contre la corruption. Puis partir vers de nouvelles élections qui représenteront mieux le Peuple et surtout veilleront à l’exécution de ses revendications.

ce mouvement de Révolte est plus que justifié depuis que

– l’inflation continue a appauvri les gens toutes classes sociales confondues.

– le chômage des jeunes notamment les diplômés d’entre eux, fait fuir les cerveaux à l’extérieur et cause une émigration incessante.

– Un nombre de réfugiés syriens qui fait plus que la moitié de la population libanaise et qui se greffe à un système économique déjà défaillant.

– Une infrastructure non établie par les responsables ou mal entretenue en termes d’eau, d’électricité et d’environnement.

période critique

C’est une période extrêmement critique, car depuis, les banques sont fermées, les routes sont bloquées, et des tensions se font ressentir entre les différents protagonistes.

Nous ne savons pas jusqu’à quand ça va durer… ni quelles en seront les conséquences.

Il va falloir beaucoup de tact et d’intelligence politique dans la gestion de la crise pour sortir avec le moins de dégâts possible.

Nombreux sont ceux qui sont conscients du risque anarchique de toute manifestation populaire. Mais plus nombreux encore sont ceux qui n’en peuvent plus d’attendre que la bonne personne soit à la bonne place, sans piston ni corruption. Le peuple aspire à une vie saine dans un environnement sain, qu’il n’a pas connu au final depuis des décennies.

Le Dr. Mariange Nohra est psychanalyste & psychothérapeute multiréférentielle


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