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30 avril 2007

Littérature, psychothérapie relationnelle & psychanalyse, même combat

Il y eut La princesse de Clèves , ce chef d’œuvre du classicisme littéraire français, notre premier roman en français moderne (avant, il y eut Tristan et Yseult , mais qu’en aurait pu dire notre bouillant moderniste gestionnaire de la culture ?) traitant directement du rapport à la passion, qui subit la vindicte utilitariste de Nicolas Sarkozi. Quand il entend parler de culture il sort sa calculette. Autres temps autres mœurs. ce mode de calcul peut nous coûter très cher. Cela attaque précisément l’identité française. Récidive entre les deux tours, les études littéraires considérées comme une inutilité, devraient s’entreprendre aux frais des étudiants, passé le quota.

La psychothérapie relationnelle, tout comme la psychanalyse, est trop proche de la littérature pour ne pas marquer sa solidarité en la circonstance. En tout cas, au Cifp nous entendons continuer de vous prévenir. Il vaut mieux avoir tout bien pesé et considéré en connaissance de cause avant qu’après.

Philippe Grauer

Communiqué de la Maison des écrivains

Dans le journal gratuit 20 minutes du 16 avril, figure une interview de Nicolas Sarkozy. Entre autres sujets, il y parle de l’université et prend pour exemple de filière inutile, et qui ne devrait plus être prise en charge par les fonds publics, l’enseignement de la "littérature ancienne" :

«Vous vous fixez comme objectif de ne laisser aucun enfant sortir du système scolaire sans qualifications. Comment comptez-vous parvenir à cet objectif ?
Par exemple dans les universités, chacun choisira sa filière, mais l’État n’est pas obligé de financer les filières qui conduisent au chômage. L’État financera davantage de places dans les filières qui proposent des emplois, que dans des filières où on a 5000 étudiants pour 250 places.

Si je veux faire littérature ancienne, je devrais financer mes études ?

Vous avez le droit de faire littérature ancienne, mais le contribuable n’a pas forcément à payer vos études de littérature ancienne si au bout il y a 1000 étudiants pour deux places. Les universités auront davantage d’argent pour créer des filières dans l’informatique, dans les mathématiques, dans les sciences économiques. Le plaisir de la connaissance est formidable mais l’État doit se préoccuper d’abord de la réussite professionnelle des jeunes.»

Ne prenons pas à la légère ces déclarations du candidat de l’UMP. Pour lui, l’Etat n’a pas à assumer le prix de la culture.

Son jugement sur le " plaisir de la connaissance ", opposé à l’utilité ou à la rentabilité érigées en principe politique, manifeste une ignorance et un mépris dangereux qui menacent le socle de toute société démocratique. Il avertit les artistes et les penseurs, nous écrivains, en particulier, du sort qu’il réserve à la culture, la littérature au premier chef, et à leur transmission par l’Éducation nationale

Tous les chefs d’État, jusqu’ici : Charles De Gaulle, Georges Pompidou, François Mitterrand comme Jacques Chirac ont, chacun à leur manière, exprimé leur attachement à l’héritage intellectuel et artistique qui fonde l’identité française. Ils ont écrit, se sont revendiqués de la poésie, du roman, de l’art.

Dans le contexte déjà alarmant que dénonce notre Appel Filières littéraires, une mort annoncée ? , la gravité de cette déclaration ne peut nous laisser d’illusions. Elle engage la communauté littéraire et éducative à se mobiliser.

26 avril 2007