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19 avril 2010

Onfray : en bas et extrêmement à droite Michel Rotfus

Michel Rotfus

Des professeurs de philosophie se mobilisent contre l’usurpation intellectuelle d’Onfray

Que dire de cette désolante opération Onfray, sinon que le personnage dans le rôle titre n’y va pas par quatre chemins dans un style qu’on n’avait pas connu depuis l’avant-guerre, du temps des Ligues ? Notre Goy du terroir du bocage de basse Normandie n’hésite devant rien pour faire monter une tension émotionnelle idéologiquement nauséabonde à son comble et de ce fait barrer la route à la réflexion dans le moment qu’il se présente comme celui qui dit enfin ce que « tout le monde » pensait tout bas, à la Le Pen.

Il y a toutes sortes de façons de se faire connaître. On peut se dispenser de recommander celle qu’a choisit Michel Onfrey. Nous attirons l’attention du public sur l’allure extrême droitière de ce libertarisme pour le coup passablement crépusculaire.

Jugez par vous-même, allez voir sur Médiapart le genre d’invective diffamatoire où l’on chercherait en vain le moindre soupçon d’élégance que diffuse notre nouveau grand penseur. Prenez connaissance du dossier, lisez par ailleurs Roland Gori ici même. Entre personnes civilisées, considérons l’affaire médiatique en cours en gardant sang-froid et raison critique.

Philippe Grauer


L’affaire Onfray devient depuis  quelques jours, un débat d’ampleur nationale et qui nous concerne directement à plusieurs titres.

Depuis qu’il a quitté l’enseignement privé où il enseignait la philo comme vacataire dans les classes techniques, Onfray se  répand en invectives contre les enseignants de l’éducation nationale “agents  d’une doctrine officielle”, qui “stérilisent les esprits des élèves et les  châtrent”. Il est lui, à l’inverse le philosophe solaire, anarchiste libertaire qui a eu accès à une parole libre.

Prenant publiquement position à l’extrême gauche, Onfray dans son dernier livre, rejoint ouvertement l’extrême droite raciste  et antisémite en tressant des couronnes à Pierre Debray-Ritzen, pédopsychiatre viscéralement antifreudien, l’un des activistes de la  “Nouvelle Droite” et du “G.R.E.C.E.”, et de Jacques Benesteau auteur de   Mensonges freudiens, proche du Club de l’Horloge et du Front national. Ce dernier explique notamment dans son livre qu’il n’y a jamais eu d’antisémitisme à Vienne dans l’entre deux guerres, où d’ailleurs les juifs tenaient la banque, les affaires, la culture, la presse…  

Il explique aussi dans le même ouvrage que Freud était un abominable pervers qui a  réduit en esclavage sexuel ses trois filles et sa belle sœur, un admirateur de Mussolini, un soutient d’Hitler et un assassin du peuple juif, ce qui rend la psychanalyse l’égale du nazisme.
   

En réaction au texte d’Élisabeth Roudinesco, Michel Onfray publie dans Médiapart une diatribe qui ne comporte aucun argument théorique ni critique. Son texte est diffamatoire, misogyne et insultant. Cohn Bendit y est de nouveau traité de pédophile. Ce texte est rédigé selon le style des pamphlets de l’extrême droite.

Onfray s’y définit comme « goy du terroir du bocage de basse Normandie, » victime des « beaux quartiers parisiens ». À l’évidence, il oppose les humbles du terroir provincial aux intellectuels parisiens riches et cosmopolites. Ne s’agirait-il pas des juifs par hasards ?  Il accuse Élisabeth Roudinesco d’être une « hystérique compulsive, stalinienne, éleveuse des vipères lubriques et des hyènes dactylographes, empochant les bénéfices de son petit commerce », « défendant les pédophiles et la pédophilie », enfin de vouloir se mettre sur lui dans la « position du missionnaire ».

Devant le caractère outrancier et grotesque de tels propos, elle a préféré communiquer à la presse le message suivant :  

Le livre de Michel Onfray, Le crépuscule d’une idole , paraît le 21 avril. J’ai eu l’occasion de dire ce que j’en pense. Dans le contexte des polémiques qui entourent désormais les prises de position de Michel Onfray, je lui suggère d’accepter enfin le débat public, à armes égales, sur une chaîne de radio ou de télévision, ce qu’il a refusé jusqu’à maintenant. Le public et les lecteurs jugeront.

Il me semble qu’il importe que chacun sache qui est Onfray et le fasse savoir du mieux possible. Les valeurs d’universalité, de rationalité, d’humanisme, qui nous tiennent à cœur, nous imposent  aujourd’hui de dénoncer et de combattre cette idéologie nuisible qui encore une fois relève la tête.

Bien évidemment, vous pouvez à votre tour répercuter et diffuser tous ces textes.

Michel Rotfus