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30 août 2019

SERGE TISSERON : UNE AUTOANALYSE chapeau de Philippe Grauer

Extrait du Bulletin de la SIHPP — Société d'histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse

par Élisabeth Roudinesco, Le Monde des Livres, 30 août 2019.

Extrait du Bulletin de la SIHPP — Société d'histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse

Logés à la même enseigne que leurs patients, les psychanalystes comme les psychopraticiens relationnels ont une vie. Dans laquelle ils ont  fait du ménage, le nécessaire (soigneux) ménage préalable pour ce genre de professionnels. Comme ça ils savent comment ça marche, le processus qui à chaque fois improbablement s’engage, les engageant pour leur part aux côtés de qui vient auprès d’eux chercher quelqu’un à qui parler, et pas n’importe comment.

Serge Tisseron appartient à cette espèce de psychanalystes prête à réexaminer l’histoire et à procéder à son évaluation sous bénéfice d’inventaire critique. On sait par ailleurs, l’ayant incorrectement attribuée à Freud s’étant prétendument sorti de l’étang en se tirant par les cheveux, qu’une « autoanalyse » à proprement parler est impossible. L’expression servant de titre à l’historienne n’en prend que plus de sel.

PHG


Une autoanalyse

par Élisabeth Roudinesco

Connu pour ses travaux sur la bande dessinée et les pathologies familiales, Serge Tisseron relate ici avec humour son enfance provinciale au sein d’une famille modeste. Huguenot et rigide, son père, figé dans le silence, était incapable du moindre affect. Quant à sa mère, catholique irascible, elle suscitait la terreur et la honte chez son fils, tandis que son grand-père maternel passait son temps à lui poser des questions obscènes.

Ses études de médecine le mènent à une brillante carrière de psychiatre et de psychanalyste. Dans ce récit, construit comme une auto-analyse, Tisseron n’hésite pas extirper de son inconscient le secret qui le taraudait depuis tant d’années, à travers ses propres dessins : sa mère, victime elle-même d’attouchements dans son enfance, l’avait initié à des séances de « câlins », en se servant de sa main enfantine pour se masturber.

Voilà un livre fort bien écrit qui montre que les psychanalystes sont souvent atteints des mêmes traumatismes infantiles que les patients dont ils s’occupent.


chapeau de Philippe Grauer

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