RechercherRecherche AgendaAgenda

Bibliographie

Revenir

BIBLIOGRAPHIE MISE À JOUR extraite de « La psychothérapie relationnelle », Enrick éd.

par Philippe Grauer

ÉLÉMENTS BIBLIOGRAPHIQUES DE BASE en psychothérapie relationnelle

On mesure par ces éléments bibliographiques l’importance du champ de recherche que constitue la psychothérapie en tant que relationnelle. Nous n’avons pas couvert l’ensemble du champ, mais seulement un canevas de premières références qui serviront de repères de base au chercheur, au curieux, au public.

Comme indiqué dans l’ouvrage le positionnement de la relationnellité relativement à la psychanalyse l’inscrit pour une part dans la généalogie de cette dernière, et pour une part importante dans une identité épistémologique nettement distincte d’elle,  se  déployant selon une logique phénoménologique et existentielle, renvoyant au concept d’empathie tel que développé par Rogers. Les deux galaxies constituant l’amas désigné sous le vocable de disciplines de dynamique de subjectivation.

Nous avons raisonné certaines entrées. Ce travail se poursuit. Rectifiant certaines omissions par erreur ou simplement complétant le travail, viennent s’ajouter de nouveaux titres. Indexés d’un * (pas toujours hélas).

liste officielle ou curiosité personnelle ?

Nos étudiants nous demandent une liste d’une dizaine d’ouvrages, dits de base, pour éviter la désorientation d’une liste brute. Nous dresserons cette liste quelque jour. Mais commencez par activer votre curiosité. Dévidez la présente liste, scrollez ! et arrêtez-vous à un ouvrage qui vous dise quelque chose à vous. Cela n’est pas non plus de mauvaise méthode. Un peu de vagabondage ne fera aucun mal.

février 2018


ALLPORT Gordon, FEIFEL Herman, MASLOW Abraham, MAY Rollo, ROGERS Carl, Psychologie existentielle, [Existential Psychology, 1965], Paris, Épi, 1971, 107 p.- Parmi les plus éminents psychologues des États-Unis collaborent à cet important manifeste. Devenu la référence de la psychologie humaniste (noter psychologie, et non psychothérapie ; le flottement entre les deux termes se maintiendra longtemps). Noter aussi le glissement depuis le soubassement existentialiste de la psychologie existentielle d’inspiration sartrienne (actuellement passé de mode) jusqu’à la référence phénoménologique heideggerienne pure et dure très à la française des 20 dernières années.

ARVEILLER Jacques (dir.), Psychiatries dans l’histoire, Actes du 6è Congrès de l’Association européenne pour l’histoire de la psychiatrie, Caen, 2008, 478 p.-

ASSAGIOLI Roberto, Le développement transpersonnel [posthume 1988], Paris, Desclée de Brouwer, 1994, 316 p.- Formé par le premier Jung, ayant connu Maslow, c’est un pionnier de sa Méthode. Évidemment spiritualiste.

ATLAN Henri, Croyances, comment expliquer le monde ? Paris, Autrement, 2014, 371 p.- Incontournable brillant exposé en termes clairs en philosophie des sciences. Quand on a lu ça on est immunisé relativement au virus "c’est-ta-croyance".

BACHELART Maximilien, L’approche intégrative en psychothérapie. Anti-manuel à l’usage des thérapeutes. Esf, Paris, 2017, 303 p.- Un ouvrage important. Fait avancer la question qu’il expose. Reste à poursuivre le travail, ce que nous envisageons sérieusement. La question de la multiréférentialité doit servir à augmenter le discernement critique.

BAKEWELL Sarah, Au café existentialiste, A. Michel, 2018, 505 p.-*

Excellent ouvrage pour s’introduire à ce mouvement qui domina le XXè siècle et poursuit sur sa lancée au XXIè. Simple à lire, plein d’informations délivrées de façon fluide, au fil d’un récit agréable. Les grandes questions y sont abordées, pas en casse-tête.  Une bonne introduction au domaine.

C’est Brentano qui a mis le feu aux poudres, ça a commencé de bonne heure, 1862, avec un écrit sur Aristote et la signification de l’être. Avant, il y avait eu Kierkegaard, dans les années 1840, avec le concept d’angoisse et la fondation de l’existentialisme avant la lettre.

Il faudrait savoir distinguer, pour commencer entre être phénoménologue (Husserl), philosophe rigoureusement descriptiviste soucieux d’atteindre "le cœur des choses", à l’articulation de la philosophie et d’une théorie de la perception qui se veut strictement dégagée de la psychologie (qui pourtant rapidement avoisinera une théorie de la forme, ça se complique), ou se dire existentialiste, années 30 au Bec de gaz rue Montparnasse (Raymond Aron retour de Berlin informe Sartre et Beauvoir). Le XXè siècle repose sur trois piliers. Le développement de l’univers psy (psychiatrie, psychologie, psychanalyse, puis psychologie humaniste américaine, puis psychothérapie relationnelle), le déploiement des totalitarismes, enfin la phénoménologie (avec sa filière existentielle). Ne pas omettre d’autre part trois autres piliers (ce qui en fait déjà six au total), la nouvelle théorie de la gravitation où la masse pèse sur le temps, ni le Sacre du printemps et les Demoiselles d’Avignon, ni le cinéma bien entendu.

presque un roman

C’est au bistrot Le Bec de gaz que Sarah Bakewell démarre son roman de l’existentialisme. Presque. Presque un roman. Le roman de l’intentionnalité ou le roman de l’existence ? et d’abord qu’est-ce qu’être au monde ? qu’est-ce qu’être ? qu’est-ce qu’un étant ? un bout d’être, de l’êtritude immédiate. Que serait l’existentialité ? pas simple en français mais quand ça se met à emprunter à un allemand philosophico poétique très contourné si réputé incontournable ! déjà nous avons eu nos lacaneries. Avec les heideggeraneries nous voici resservis. Traductions à l’appui, avec introduction de termes réputés intraduisibles, toujours la même chanson, Dasein ça veut dire quoi au juste ? existence ? alors disons existence. Et cela se tient à la frontière entre psychisme et philosophie. Tout ça pour dire en termes simples que le clivage à l’occidentale sujet/objet peut se transcender (!) en passant de un objet dans une conscience à une conscience de quelque chose. Sartre a paraît-il beaucoup regretté que L’existentialisme est un humanisme soit si simple. Pourtant, s’engager en situation, son maître mot, mû par le souci constant d’user de sa liberté à tout moment, c’est bien ce qu’il a su faire de sa vie, et nous invite, prêchant d’exemple, à faire à notre tour, pourvu que le cœur nous en dise, ce cœur qui veut dire courage, le courage d’agir selon ses valeurs parmi les autres.

Sarah Bakewell vous fait comprendre tout cela comme si vous y étiez. C’est son talent de conteuse. Un historien c’est quelqu’un qui sait raconter des histoires et vous fait passer l’Histoire comme ça, en vous la racontant. Tout en restant rigoureusement exacte et critique.

Cf. également à ce sujet impératif pour tout relationnelliste, de Yaqui MARTINEZ, Philosophie existentielle pour psychothérapeutes et autres curieux.

BALINT Michael, Le défaut fondamental, aspects thérapeutiques de la régression [The basic fault], Paris, Payot, 2003, 324 p.- Livre phare de la question.

BARRUCAND Dominique, La catharsis dans le théâtre, la psychanalyse et la psychothérapie de groupe, Paris, Épi, 1970, 394 p.- La catharsis, un grand concept clé de la psychothérapie relationnelle.

BENASAYAG Miguel, Critique du bonheur, Paris, La Découverte [1989], 2016, 190 p.- Édition numérique réalisée à partir d’un support physique, parfois ancien, conservé au sein du dépôt légal de la Bibliothèque nationale de France, conformément à la loi n° 2012-287 du 1er mars 2012 relative à l’exploitation des Livres indisponibles du XXe siècle.*

BENASAYAG Miguel, Le mythe de l’individu. Paris, La Découverte, 1998, 177 p.- La question de l’individu, de l’individualisme et de la subjectivité admirablement traitée par Alain Renaut, prend ici une couleur libertariste. L’individualisme s’y voit décrit comme impasse, que le psy devrait se garder de considérer du haut de son mirador. Car la situation de la massification néolibérale en cours impose au psy non de faire avec mais de Résister.

BENASAYAG Miguel, collab. DEL REY Angélique, Clinique du mal-être, la "psy" face aux nouvelles souffrances psychiques, Paris, 2015, La Découverte, 173 p.-

BENASAYAG Miguel, Cerveau augmenté, homme diminué, [El cerebro aumentado, el hombre disminuido, Buenos Aires, ed. Pidos, 2015.], Paris, La Découverte, 2016, 201 p.- Thèmes : cerveau, transhumanisme, neurosciences cognitives, philosophie et neurosciences, biomédicalisme, ordinateur et réseaux neuronaux.*

BENSLAMA Fehti, Un furieux désir de sacrifice, le surmusulman, Seuil, 2016, 148 p.- Intéressante contribution psychanalytique à la dimension psychique et psychosociale du terrorisme islamo fasciste. Figure produite par près d’un siècle d’islamisme, le désir sacrificiel moteur de la radicalisation est un fait religieux et un symptôme psychosocial. Quand la fureur réputée invincible transforme l’humilité en arrogance. Voici que réapparaît le mélange toxique espagnol, terrible mixture de religion ultra réac et de fascisme, voué à la pulsion de mort et à un nouveau théâtre de la cruauté. On a parlé de guerre d’Espagne inversée, mais c’est la même – côté Franco !

BESSON Jacqueline, BRAULT Yves, La relation psychothérapeutique. Existence, identité, histoire, Paris, L’Harmattan, 2012, 239 p.- Deux psys psychocorporéistes témoignent de 40 ans de pratique Boyesen.

BILLETER Jean-François, Contre François Jullien, Paris, Allia, 2014, 123 p.- Il faut lire l’un et l’autre, Jullien et Billeter, pour se faire à l’idée de la Chine pour un occidental. Pour nous faire saisir à l’occasion une différence utile et difficile à qualifier. Pour comprendre, à rebours du message jésuite, que la Chine et les chinois sont aussi du même monde que nous, et aspirent comme nous à la démocratie et la liberté. Des valeurs décidément universelles.

BILLETER Jean-François, Leçons sur Tchouang-Tseu, Paris, Allia, 2010, 153 p.-

BING François et al (dir.), Actualité de Georges Canguilhem — Le normal et le pathologique. Actes du Xè colloque de la Société internationale d’histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse, Paris, Empêcheurs de penser en rond, 1998, 135 p.- Faire de la Résistance et avoir la chance de n’en pas mourir, comme les copains. Puis rester actuel longtemps après sa mort. Pas mal. Une pensée et une présence aussi fortes o,t besoin d’être cultivées.

BION Wilfrid R., Recherches sur les petits groupes, Paris, PUF, [1961, Experiences in Groups] 1991, VIII-140 p.- Pour mémoire, un grand classique. Il y eut aussi Kurt Lewin, puis Rogers, ne l’oublions pas.

BINSWANGER Ludwig, Phénoménologie, psychologie, psychiatrie, Paris, Vrin, 2016, 280 p.- Comprendre et expliquer, la psychothérapie comme métier, événement et vécu, tout un programme. Un détail, Dasein veut dire être là — et bien là ! au monde, présent à son monde (Umwelt en allemand). Exister en tant qu’être (humain). Existence en français, l’existence, ça devrait vous dire quelque chose. Des fois, on a mal à l’existence.

BINSWANGER Ludwig, Analyse existentielle et psychanalyse freudienne, discours parcours et Freud, Paris, Gallimard, 1981, 378p.- Textes de 1920 à 1956. " Freud écrivit un jour à Biswanger : « Nous ne pouvons probablement pas établir de dialogue entre nous et il se passera des siècles avant que notre querelle soit close. » Pourtant, ce dialogue impossible, ils n’ont cessé l’un et l’autre de le maintenir." Et Bugental en tentera une synthèse : 1934, Binswanger met au point l’analyse existentielle. Foucault fait traduire (Jacqueline Verdeaux) et publier le Rêve et existence datant de 1930 (1954, DDB puis Minuit), avec des notes et une préface plus longue que le livre lui-même.

BERTHOZ Alain, JORLAND Gérard (dir.), L’empathie, O. Jacob, 2004, 308 p.- Cognitivisme, philosophie, éthologie, mécanismes de destruction de l’autre, esquisse d’une théorie de l’empathie, intéressant tour d’horizon de la pitié humaine. Penser à lire, de François Jullien, Fonder la morale, pendant que vous y serez.

Cf. également sur le sujet HOCHMANN, fondamental, PINOTTI,  TISSERON. Évidemment on trouvera chez Carl ROGERS une ample réflexion théorique et clinique, littéralement fondatrice de la renaissance psychothérapique de la psychologie humaniste.

BESNIER Jean-Michel, KLEIN Étienne, LE GUYADER Hervé, WISMANN Heinz, La Science en jeu, Actes sud, 2010, 320 p.- Qu’est-ce que la science ? que peut-elle, que vaut-elle ? et peut-être que vouloir, qu’attendre d’elle ?

BIN Kimoura, Psychopathologie phénoménologique, PUF, hélas épuisé.

BLAIZE Jacques, Ne plus savoir. Phénoménologie et éthique de la psychothérapie, Bordeaux, L’Exprimerie, 2000, 225 p.- Arrêtez de comprendre et d’être intelligent/e, mettez vous à vous tenir là, présent/e. Le plus difficile. Inaccessible à notre université en son état actuel. Quel dommage. Quelle belle occasion.

Présentation de l’éditeur

À l’évidence, toute forme de psychothérapie, et donc aussi la gestalt-thérapie, s’appuie sur un savoir. Et pourtant, l’acte thérapeutique véritablement créateur n’est la plupart du temps possible que par la mise entre parenthèses de ce savoir. Cette suspension, au moins provisoire, du savoir constitué, c’est, pour le thérapeute, la tentative, jamais aboutie mais toujours nécessaire, d’être simplement présent à son patient, comme s’il le découvrait pour la première fois. Une telle position se fonde, naturellement, sur l’approche phénoménologique initiée par Husserl, c’est même en quelque sorte la définition de cette approche. C’est donc à une relecture phénoménologique de la Gestalt-thérapie, mais peut-être aussi de l’acte psychothérapeutique en général, que nous convie l’auteur, dans une langue à la fois claire et concise, mais toujours rigoureuse et soucieuse d’éviter les simplifications abusives. La Gestalt-thérapie, en effet, parfois oublieuse de son fondement phénoménologique, a elle-même trop souvent succombé à la fascination des techniques, à l’illusion de croire que ses concepts étaient des réalités, qui plus est définitives, et qu’elle avait le pouvoir d’exorciser la souffrance et de conduire au bonheur ! Quitter cette illusion, c’est accepter le moment du " ne plus savoir ", ce moment où s’articule la possibilité de la nouveauté par la sortie de la répétition névrotique, bref, la possibilité du changement véritable. C’est aussi réintroduire la dimension éthique au cœur même de l’acte thérapeutique.

BLANQUET Édith, Apprendre à philosopher avec Heidegger, Ellipses, 2012, 256 p.- Excellent ouvrage d’une psychologue clinicienne gestaltiste qui introduit bien à l’œuvre de Heidegger, "un salaud de génie", ce dont elle n’est pas près de convenir, comme tant de philosophes français, pris dans l’idolâtrie du "renard" éthiquement peu recommandable, et la mode française depuis Tel Quel, du "retour à Heidegger" après celui de Lacan à Freud, en passant à saute mouton par dessus Husserl, Ian Patocka et Sartre. Or l’éthique, en psychothérapie, il paraîtrait que ça importe. Au moins convenir de l’inconvenance du petit Monsieur (qui lui n’était que philosophe mais c’est pas une excuse). Tout peut se vivre sinon s’admettre, si au moins c’est dit. Sinon, complicité de malfaiteurs. Apprendre à philosopher certainement, mais pas à n’importe quel prix, en tout cas pas au prix de la vérité si l’on est psy, donc se revendiquant moral.

BLAY Michel, Dieu, la nature et l’homme. L’originalité de l’Occident, Paris, A. Colin, 2013, 358 p.

Les sciences et la technique sont parties pour, après avoir épuisé Dieu,  épuiser la terre, puis l’humanité. C’est qu’il y a deux "nature", celle de Galilée, mathématisable, devenue l’épuisante, et la nature… humaine. Giordano Bruno y avait pensé, en distinguant deux infinis, incommensurables. On retrouve cette idée avec les sciences de l’esprit vs. sciences de la nature (tiens donc !), dont nous entretient le Husserl de la Krisis.

Même type de préoccupation chez l’Étienne Klein du Galilée et les Indiens.

BLAY Michel, Penser ou cliquer ? Paris, CNRS éditions, 2016, 58 p. 4 €.-

"Pourquoi renoncer à penser ce que nous sommes au profit du monde plat des circuits électroniques, de la fascination des écrans et des comportements devenus quasi instinctifs imposés par les touches des machines ? Sommes-nous encore capables de construire nos existences ?"

Excellent pour la santé. & court, pourquoi pas ?

BLIN Bernadette, CHAVAS Brigitte, Manuel de psychothérapie transpersonnelle, Paris, Interéditions, 2011, 352 p.- Typiquement psychothérapie intégrative Jung-Grof, psychocorporel à travail de souffle. Bernadette Blin, comme JMarie Delacroix, est orientée psycho spiritualité. Clairement affiché. Compétente et sérieuse dans l’exercice de son métier. Il faut savoir qu’une frange du métier se profile ainsi. Cela dure au moins depuis l’attelage Maslow-Grof et la "4ème Force". Faudrait-il parler de double métier ? La collection dans laquelle est publié l’ouvrage s’appelle Nouvelles évidences. Évidence et croyance, tout est là. Cf. ATLAN, sur la croyance. Cf. également ci infra :

Cyrille CHAMPAGNE et al, Psychologie transpersonnelle et états modifiés de conscience. Histoire, recherches, applications thérapeutiques, Enrick B éd., 2021, 344 p.

BLOCH Ernst, Le Principe espérance, tome III, partie V, Les images-souhaits de l’instant exaucé, Paris, Galimard 1991, 563 p.- Le devoir d’utopie. Un maître livre. Ses idées datent du début du XXe siècle. Œuvre-système, Le Principe Espérance remet en cause toute idée de système, tout système culminant en une Idée. Il s’ouvre sur l’avenir de l’homme et du monde. Influence considérable sur plusieurs de ses contemporains, tels Bertolt Brecht, Kurt Weil, Walter Benjamin et Theodor W. Adorno. Contre le marxisme officiel il dit la dynamique positive d’une fonction utopie à visage humain (et quitte la DDR pour Tübingen).

BRISSAUD Frédéric, Pour un renouveau de la psychothérapie. Mutations. Paris, L’Harmattan, 2010, 188 p.-

BRISSAUD Frédéric, Approches du métier de gestalt-thérapeute. Orientation, maïeutique, compétences, formation, évaluation, La pensée vagabonde, 2012, 150 p.

BRISSAUD Frédéric, Éclairer l’existence et cultiver la croissance, T. 1, Métier altruiste, La pensée vagabonde, 2016, 186 p.-*  Six compétences de base : écoute et accueil ; présence à la situation ; engagement dans le lien (investissement) ; authenticité dans la rencontre ; développement de la conscience ; mise en œuvre du cadre professionnel.

BRUSSET Bernard, Psychanalyse du lien, Paris, PUF, 2007, 281 p.-

BUBER Martin, Je et Tu, Paris, Aubier, 1969 [éd. allemande, 1923], 173 p.- Fondateur et fondamental. Classique de base. Au commencement était la relation. C’est Bachelard qui convainquit Buber de publier ce flamboyant fragment.

"Martin Buber (1878-1965) est essentiellement le philosophe de la réciprocité [c’est nous qui soulignons. Il est en effet à l’origine de l’attention toute particulière accordée à la problématique de l’autre dans les philosophies existentielles du XXe siècle. Publié à Heidelberg en 1923, le Je et tu (Ich und Du) suscita, influença ou accompagna les réflexions de Husserl sur la coexistence des intentionnalités, celles de Max Scheler sur la «sympathie», celles de Jaspers sur la «communication», de Heidegger sur le «mit sein», de Sartre sur le «pour-autrui» et de Lacan sur «l’autre». Si tous n’ont pas forcément lu ou médité Martin Buber, chacun au moins, par son cheminement autonome, exprime l’importance primordiale de la réflexion sur l’autre. Notamment Levinas, chez qui la philosophie du visage comme signe divin fait écho à la doctrine bubérienne du Face-à-Face. Gaston Bachelard exprime le centre incandescent de l’œuvre de Buber, dans sa Préface au Je et tu : «Il faut avoir rencontré Martin Buber pour comprendre dans le temps d’un regard la philosophie de la rencontre [nous soulignons, PHG], cette synthèse de l’événement et de l’éternité. Alors on sait d’un seul coup que les convictions sont des flammes et que la sympathie est la connaissance directe des âmes. C’est ici qu’intervient la catégorie bubérienne la plus précieuse : la réciprocité."

CANGUILHEM Georges, Le normal et le pathologique, Paris, PUF, 2017 [thèse de 1943], 290 p.- Bachelard, Canguilhem, Foucault, Bourdieu, voici la chaîne de filiations. Pour "le Cang", " l’objet d’étude de la biologie est irréductible à l’analyse et à la décomposition logico-mathématique." Canguilhem dénonce "une psychologie où le mot âme fait fuir et le mot conscience rire", dans laquelle "la vérité de l’homme est donnée dans le fait qu’il n’y a plus d’idée d’homme, en tant que valeur différente de celle d’un outil" (Conférence au Collège philosophique de France (1958) :"qu’est-ce que la psychologie ?"

CANTER KOHN Ruth, Les enjeux de l’observation : sur les enjeux de nos façons de percevoir et de décrire les faits humains et une exploration de l’observation questionnante, Paris, PUF, 1982, 210 p. [observation participante]. À mettre entre toutes les mains — en particulier des étudiants chercheurs dans le champ de la psychothérapie relationnelle.

CANTER KOHN Ruth, collab. Pierre NÈGRE, Les voies de l’observation, repères pour les pratiques de recherche en sciences humaines, Paris, Nathan, [1991] 2003, 256 p.-

CANTER KOHN Ruth, direct. de publication, Pour une démarche clinique engagée, Paris, L’Harmattan, 2013, 138 p.-

CHAMBON Olivier, MARIE-CARDINE Michel, Les bases de la psychothérapie. Approche intégrative et éclectique, Paris, Dunod, 2003, VIII-349 p.-*

Important ouvrage, victime d’une omission technique lors de la première édition. Pour les auteurs "le processus relationnel [en psychothérapie], en lui-même n’a rien de spécifique. Il [serait] au contraire très général, bien que dans sa généralité même il présente déjà des potentialités thérapeutiques. Mais il tire toute sa force, sa concentration et son orientation thérapeutique, du cadre qui le limite, et, en le limitant, lui donne sa spécificité, le différencie donc très nettement du reste des autres processus environnementaux. […] Le cadre est porteur de la théorie, de la technique, mais également de la réalité et des modalités pratiques."

Nous nous efforçons quant à nous (PHG) d’apporter le concept de relationnellité, qui spécifie les propriétés du cadre lorsqu’on a affaire à la psychothérapie relationnelle, par différenciation paradigmatique avec les déclinaisons de la psychothérapie qui ne le sont pas précisément.

"Toute psychothérapie agit sur l’une des cinq cibles […] : le contexte social et interpersonnel, les cognitions, les affects, et les émotions, les comportements et les sensations. Même si la plupart des psychothérapies expliquent, leur efficacité par leur action privilégiée sur l’un de ces aspects, chacun d’eux est en interaction dynamique avec les autres et chaque type de psychothérapie, en agissant initialement sur un seul de ces facteurs, agit finalement sur l’ensemble de ceux-ci."

Deux remarques. D’abord l’analyse multifactorielle du fait psychothérapique (non médical) et psychothérapeutique (à composante médicale) que produisent les auteurs les rapproche de celle, plus approfondie, que produit Nicolas Duruz vers une définition du psychothérapique (cette fois-ci au masculin). Mais une conception universalisatrice ne devrait pas dissoudre les spécificités qu’elle discerne. Certes on peut soutenir qu’un facteur mis en avant, les autres jouent toujours comme harmoniques. Cela vaut, parfois, partiellement, mais prévient toute différentiation critique, tout étant dans tout et réciproquement, ce qui floute l’image et par là finit par laisser à désirer. Ah ! l’éclectisme