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Quatre modèles heuristiques pour mieux distinguer les psychologies et les psychothérapies


Ce texte de référence, repris d’une communication au premier congrès(1*) de la FFdP à Dourdan probablement le 27 juin 1997, paru au numéro 100 d’Actua-psy, édité par le SNPPsy en janvier-février 1998, à partir duquel s’élabora la réflexion aboutissant au concept de psychothérapie relationnelle [terme du Rapport moral de Philippe Grauer, adopté en novembre 1999, avec valeur de prise position terminologique et scientifique, par l’AG du SNPPsy — parenthèse du 26 juin 2022] s’articulant aux secteurs cardinaux organisés dans le concept de Carré psy, était devenu introuvable. Nous remercions Stéphane Ménil, aujourd’hui diplômé de l’école, qui, étudiant achevant sa formation au Cifp, a consacré la patience et la minutie nécessaires à son rétablissement.

Mis à part quelques améliorations minimes dans la constitution des paragraphes et l’usage des majuscules, et l’introduction de quatre intertitres facilitant la lecture, il vous est livré dans son intégrité et intégralité. Les acronymes sont d’époque, on n’a touché à rien pour le fond (depuis l’AFFOP s’est créée en se détachant de ce qui deviendrait la FF2P, pour continuer avec le SNPPsy une politique professionnelle différente, axée sur le métier plus que sur les méthodes). Dix ans déjà nous séparent de cette édition. On mesurera l’avancement de la situation, et l’actualité d’une pensée qui n’a pas pris de rides.

Si l’on va au fond, le débat pourrait porter sur la répartition des pluriels. Je considère la psychanalyse comme une, comportant de multiples courants, non contradictoires avec les principes de base freudiens, théorie de l’inconscient, primat de la sexualité, pulsion de mort pour être concis. Ce qui unifie le champ épistémique.

Et autorise à traiter de même celui de la psychothérapie relationnelle. Agissant dans le cadre d’un processus de subjectivation à partir du ressort de l’engagement voir aussi- expérientiel- multiréférentialité- psychothérapie intégrative- psychothérapie multiréférentielle- multiréférentiel- intégratif- psychanalyse intégrative- patients-limites et psychanalyse intégrative- neurosciences et psychothérapie

</div><span style="color: #ff6600;"><i>par dans et pour</i> la Relation</span>Le tout est relation de nos jours peut valoir aussi peu que le tout est relatif pour expliquer la relativité. Relationnel accolé à psychothérapie signifie strictement que le ressort psychothérapique c’est la relation, l’intersubjectivité en action, la dynamique relationnelle, transfert et contre-transfert compris, entre les deux protagonistes de la rencontre psychothérapique, où l’un vient auprès du spécialiste se faire entendre. Et écouter au passage ce qu’il se trouve être en train d’exprimer, réverbéré par le dispositif de la relation suractivée par le cadre proposé.<br/><i>

Les psychothérapeutes et psychopraticiens qui œuvrent par dans et pour la relation(1"), à partir d'elle et par son ressort, dans le cadre d'une psychothérapie du lien et de la dynamique de la subjectivité, intégrant sous des formes diverses la dimension du transfert, ont choisi de se dire relationnels</i> (Ces lignes en italiques proviennent de l'article psychothérapie relationnelle. NdlR).

&lt;br/&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;relationnel&lt;/span&gt;Relationnel représente alors une valeur forte, témoigne du difficile dialogue entre soi et soi et l’autre, où se clarifie ce qui se passe quand je prends l’autre (ou moi-même) pour quelqu’un d’autre. En cas d’embrouille existentielle, cela se démêle avec beaucoup de patience, de savoir faire et d’art. D’art aussi de savoir faire être, savoir faire advenir.&lt;br/&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;&lt;em&gt;Relation&lt;/em&gt; avec majuscule&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;Soit Relation renvoie au couple &lt;strong&gt;Je-Tu&lt;/strong&gt; de Buber, un fondamental de notre profession — ça ne s’étudie pas ça se transmet et s’expériencie, soit, et cela n’est pas mutuellement exclusif, Relation renvoie à l’érosion progressive de la relation transférentielle au sens psychanalytique. Dans les deux cas, ce concept sert de pierre de touche pour distinguer notre psychothérapie relationnelle, celle des psychopraticiens du même nom, des simples psychologues, même cliniciens car les cliniciens n’ont pas appris dans nos écoles l’important complément à leur discipline autre, de type objectiviste, de l’ordre de la rationalité procédurale — en prise directe avec la possible médicalisation de l&#039;existence, apprise à l’université.&lt;br/&gt;Bref la psychopratique relationnelle, pour parler dans le cadre strict de la terminologie nouvelle que la loi nous impose, représente (depuis plus de trois décennies) un métier et une discipline spécifiques, complexes, mettant la relation au cœur de la pratique et théorisation, &lt;strong&gt; &lt;i&gt;une relation motrice à double implication,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; graphié par nous &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Relation&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; pour la distinguer de la relation à faible taux d&#039;implication &lt;strong&gt;Je-Cela&lt;/strong&gt;.&lt;br/&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;consultation &amp;amp; processus relationnel&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;La psychothérapie sera dite relationnelle si au cours du processus intervenant dans le cadre de la relation (unité de temps de lieu et d&#039;action de la séance) celle-ci met en jeu l&#039;implication des subjectivités déployant leur interaction à risque comparable sinon égal. On est loin du puisqu’on est deux dans la pièce il est trivial que nous sommes en relation puisque nous nous parlons. Exact mais distinguer échange et prescription d’un expert tout sachant à un venu le consulter tout penaud, de parole vraie, à face à face mutuellement impliqué, en progression dialoguale vers l&#039;élaboration de moments de vérité par celui qui, par ce processus même, vient, parvient à lui-même.&lt;br/&gt;PHG&lt;i&gt;Entrée créée en 2010. Mises à jour : 9 octobre 2011, 7 mars 2012, 15 août 2012, &lt;/i&gt; &lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt; Rien à voir avec la proposition à la Homais : mais par son principe même toute psychothérapie est relationnelle puisqu&#039;elle engage deux personnes en relation thérapeutique. Dire psychothérapie relationnelle serait tout simplement tautologique. C&#039;est Monsieur Homais qui s&#039;embrouille dans sa platitude. Parce que voyez-vous dès que deux personnes s&#039;adressent la parole il y a de la relation entre elles. Cela tombe sous le sens commun. Commun oui. Non, certaines psychothérapies n&#039;engagent pas profondément dans toute sa vitalité et intimité dynamique les deux protagonistes également en relation, dans le cadre d&#039;une intersubjectivité intense. Seules celles qui exigent méthodologiquement que le praticien ait effectué un travail sur soi approfondi et suffisamment abouti, et que cette qualité d&#039;être, ce savoir être et faire être tout à fait particulier bien connu des psychanalystes et praticiens en psychothérapie relationnelle, que cette qualité relationnelle soit engagée profondément dans le processus entre les deux protagonistes, sont qualifiables au sens fort du terme de relationnelles. Que l&#039;engagement se joue sur une base phénoménologique ou psychanalytique, il reste moteur, à risque pour les deux en présence, et la dynamique de l&#039;implication, intégrant la question du transfert, autrement complexe, délicate et puissante. Il s&#039;agit ici d&#039;un concept et non plus d&#039;un lieu commun qui évacue la pensée. Nous nous trouvons alors véritablement dans l&#039;espace épistémique de la psychothérapie relationnelle proprement dite. Toute &quot;relation&quot; psychothérapique ne présente pas cette caractéristique, toute relation n&#039;est pas Relation.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</div><div class=glossaryTooltipMoreLinkWrapper><a class=glossaryTooltipMoreLink href=https://cifpr.fr/glossaire/relationnel/ ></a></div> » href= »https://cifpr.fr/glossaire/relationnel/ » target= »_blank » data-gt-translate-attributes='[{« attribute »: »data-cmtooltip », « format »: »html »}]’>relationnel

entre deux sujets dont l’un s’ignore et l’autre alternativement se saisit et se perd de vue au cours de la cure, inconscient pris en compte, la psychothérapie relationnelle peut alors être considérée comme constituant un champ disciplinaire unifié, réparti en courants, disjointe des psychothérapies objectivistes et de principe prescriptif, opérant par le ressort de l’action d’un sujet sachant sur un consultant ignorant.

J’ai jusqu’ici avec Nicolas Duruz parlé de &lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;Voir aussi&lt;/span&gt;- psychothérapies- 500 &quot;psychothérapies&quot;- les-psychothérapeutes- la-psychothérapie- psychothérapie = 4 psys- psychothérapie institutionnelle- titre- Philippe Grauer, Titre de psychothérapeute – une mécanique institutionnelle complexe, 24 juin 2011.- la psychothérapie &amp;amp; les psychologues- Philippe Grauer, éthique &amp;amp; psychothérapie : de la psychopathologie à l’autoproclamation [7 novembre 2013].- Philippe Grosbois, Éthique et psychothérapie : principe de parité &lt;i&gt;versus&lt;/i&gt; principe de compétence, 7 novembre 2013.- terminologie- GLPR, février 2010.

&lt;/div&gt;&lt;hr /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;Définition 1&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;Processus psychique opérant à partir de la conjonction d&#039;un professionnel proposant un cadre déterminé et d&#039;une personne entreprenant la démarche à partir de ce cadre de l&#039;entretenir d&#039;elle et des souffrances et conflits dont elle ne parvient pas à se dégager ou dont la résolution lui échappe. On peut parler de soin par le psychisme, sachant qu&#039;il faut alors définir soigneusement (!) le terme soin. L&#039;idée de psychothérapie se corrèle à celle de changement.&lt;br/&gt;

Toute psychothérapie comporte&lt;div class=&quot;view-also&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- une théorie générale du psychisme humain- en relation avec une anthropologie- un arrière-plan philosophique- un système de valeurs (en rapport avec ce que d&#039;après Lacan la psychanalyse entend par &lt;i&gt;éthique&lt;/i&gt;)- une psychopathologie [certaines écoles y répugnent, comme à un mélange des paradigmes contaminateur de l&#039;alter par l&#039;ortho]- une théorie de la relation (qui comporte la question du transfert)- une théorie de l&#039;inconscient ou des faits psychiques inconscients- une théorie énergétique psychique ou pulsionnelle- une méthodologie à engager pour aider par le moyen de la parole (la dimension psychocorporelle fait émerger une parole)- une théorie de la régression- une théorie des émotions et de la catharsis (libération ou décharge émotionnelle génératrice de sens en relation&lt;em&gt; vs&lt;/em&gt;. abréaction : beaucoup de bruit pour trois fois rien)- une théorie de l&#039;avènement de la signification (question de l&#039;herméneutique, pouvoir donner un sens à son malheur — et au passage au bonheur)- une théorie de la mise en récit- une théorie du changement.

&lt;/div&gt;Certaines psychothérapies, en particulier celles relevant du champ comportementaliste et cognitiviste, cochent à &lt;i&gt;néant&lt;/i&gt; la réponse à plusieurs des items listés précédemment. Ce qui crée des différences parfois considérables, et milite pour spécifier à chaque fois de quelle psychothérapie on est en train de parler.&lt;br/&gt;On distinguera&lt;br/&gt;- la psychothérapie de type objectiviste, d&#039;orientation médicale ou psychologique, qui propose un traitement : un sujet agent expert administre des soins, fournit des directives, à un patient qui en est l&#039;objet.&lt;br/&gt;- la psychothérapie de type relationnel, subjectiviste, d&#039;orientation psychanalytique ou phénoménologique, qui jouant sur la dynamique de la rencontre comme relation soignante en elle-même, dans l&#039;entre deux intersubjectif, assiste par voie de dialogue l&#039;intéressé à prendre soin et conscience de lui, mobilisant le &lt;strong&gt; &lt;i&gt;souci &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; de soi et l&#039;engagement de sa responsabilité. La dimension inconsciente de l&#039;opération étant prise en charge notamment par la considération du transfert (prise en compte d&#039;un système relationnel inconscient).&lt;br/&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;la psychothérapie comme allant de soi ou de moi ?&lt;/span&gt;Il n&#039;existe pas de définition officielle ou légale de la psychothérapie. Et c&#039;est heureux, le législateur n&#039;a pas à définir un champ scientifique. La psychothérapie vue par un professionnel est celle qu&#039;il pratique ou croit pratiquer. Souvent il conçoit difficilement qu&#039;on puisse se la représenter autrement que lui. C&#039;est l&#039;usage de &lt;strong&gt; &lt;i&gt;la psychothérapie comme allant de soi, comme allant de moi,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; voir à psychothérapie relationnelle. D&#039;où les innombrables regroupements de psys. Cette multitude et &quot;psychodiversité&quot;, en matière de science humaine, est souhaitable. Les tendances dogmatiques ne sont pas rares, les méfiances et les mépris courants, ainsi que les estimes réciproques entre membres de camps opposés.&lt;br/&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;historiquement&lt;/span&gt;Historiquement le terme apparaît dans le titre de l&#039;ouvrage d&#039;Hyppolite Bernheim, &lt;i&gt;Hypnotisme, suggestion et psychothérapie,&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;1891.&lt;/strong&gt; Il sera utilisé continument jusqu&#039;à nos jours dans les sens les plus divers.&lt;br/&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;classification&lt;/span&gt;On peut classer les écoles de psychothérapie ou méthodes selon une dizaine de courants, plutôt que les lister par simple inventaire rhapsodique, parfois fort prévertissant.&lt;br/&gt;- &lt;i&gt;La psychothérapie&lt;/i&gt; ne constitue pas une seule discipline mais un champ disciplinaire hétérogène à épistémologies diverses (voir contradictoires) qu&#039;on peut ramener à deux – la psychothérapie relationnelle, si. La psychothérapie dissémine plutôt que regroupe une quantité de méthodes et techniques, appareillées à des disciplines ou champs disciplinaires (médecine, psychologie, psychanalyse, psychothérapie relationnelle) d&#039;horizons épistémologiques variés. &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Le psychothérapique&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; désigne et regroupe les différents traits pertinents dont la présence conjointe de plusieurs dans le processus peut produire l&#039;effet psychothérapique, à savoir l&#039;apparition d&#039;un changement autogène allant dans le sens de ses valeurs(3&quot;) chez la personne qui consulte – &lt;i&gt;9 juillet 2013.&lt;/i&gt;&lt;br/&gt;&lt;i&gt;19 août 2011 – modifié le 30 juin 2014 – PHG&lt;/i&gt;&lt;hr /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;Définition 2&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;Terme désignant de façon générique tout travail psychique&lt;br/&gt;- de type cognitiviste comportementaliste, neuronal&lt;br/&gt;- d&#039;adaptation personnelle et sociale ou de rééducation&lt;br/&gt;- processuel aboutissant à un récit de soi inédit au cours duquel le sujet ayant entrepris sa narration de soi s&#039;atteint dans son être en qualité d&#039;auteur de ce récit.&lt;br/&gt;- de type psychodynamique, inspiré par la psychanalyse, de découverte de soi en tenant compte du transfert, de la dimension de l&#039;inconscient et du primat de la sexualité.&lt;br/&gt;- de résolution des problèmes de l&#039;existence par la voie de la parole (écoute, accompagnement).&lt;br/&gt;- de résolution par l&#039;avènement d&#039;un sens.&lt;br/&gt;Ce &lt;strong&gt;terme générique&lt;/strong&gt; ne tient pas compte de l&#039;organisation structurale du champ conceptuel, qui répartit la psychothérapie selon la ligne de partage épistémologique de l&#039;implication intersubjective ou de la mise en œuvre d&#039;une stratégie d&#039;intervention objectiviste.&lt;br/&gt;Ce terme ne permet pas de discriminer l&#039;actuel basculement de paradigme de l&#039;univers psy, où la psychiatrie redevenue neuropsychiatrie administre la santé mentale avec des méthodes et une épistémè objectivistes et managériales.&lt;br/&gt;Hist. – de &lt;i&gt;La&lt;/i&gt; psychothérapie à la psychothérapie&lt;em&gt; relationnelle&lt;/em&gt;L&#039;usage du terme psychothérapie est libre en France. En effet, fort heureusement, la tâche de définir (puis régenter, évidemment) &quot;la&quot; psychothérapie – entité qui pourrait mériter l&#039;emploi du pluriel, et pourtant cette facilité n&#039;est pas à recommander – incombe seulement aux praticiens et chercheurs des domaines multiples répondant diversement à cette appellation. En aucun cas au législateur. Notre mouvement ou mouvance comme on voudra, autour d&#039;un collectif de chercheurs regroupés au sein du SNPPsy et de l&#039;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Affop,&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; ont &quot;décroché&quot; de l&#039;appellation générique, hétérogène, pour cerner et discerner le concept de psychothérapie relationnelle.&lt;br/&gt;Jusqu&#039;en &lt;strong&gt;2001&lt;/strong&gt;, ceux qui répondaient au nom de &quot;&lt;i&gt;Les psychothérapeutes&lt;/i&gt;&quot; pensaient représenter eux seuls légitimement &quot;&lt;i&gt;La psychothérapie&lt;/i&gt;&quot;, celle que définissaient les deux syndicats historiques, que représenta et revendiqua l&#039;&lt;i&gt;Association internationale de psychothérapie&lt;/i&gt;, celle de la Déclaration de Strasbourg. Le Snppsy à la suite de toute une réflexion, en vint à concevoir que chacun se prétendant le seul représentant légitime de la psychothérapie telle qu&#039;il la concevait, il convenait de discerner en sorte que nul ne puisse prétendre à l&#039;universalité du nom ni du concept, sinon comme terme générique complexe et contradictoire dans ses fondements épistémologiques. Cela conduisit au Carré psy et corrélativement à la définition délimitée de psychothérapie relationnelle, débouchant sur une conception politique et scientifique d&#039;articulation de blocs disciplinaires distincts.&lt;br/&gt;&lt;div class=&quot;view-also&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;délimiter des champs et pratiques hétérogènes&lt;/span&gt;Cela permit d&#039;échapper aux confusions et de distinguer entre autres&lt;br/&gt;- la &lt;i&gt;psychologie clinique&lt;/i&gt;, sorte de compromis trouble entre psychanalyse d&#039;université et psychologie psychopathologiste (lieu d&#039;exercice principal l&#039;hôpital)&lt;br/&gt;- la &lt;i&gt;pratique des psychiatres&lt;/i&gt; spécialisés en psychopathologie médicale (4&quot;) n’ayant jusqu&#039;à présent pas suivi même de cours de psychothérapie à l’université.&lt;br/&gt;- la &lt;i&gt;pratique des psychologues&lt;/i&gt; (hospitalière mais parfois aussi libérale) n’ayant pas effectué (5&quot;)une démarche personnelle quelconque ou du moins suffisante pour se connaître eux-mêmes, et ne disposant par conséquent pas de formation approfondie à la psychothérapie relationnelle au sens précis de cette expression(6&quot;).&lt;br/&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr /&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;définition 3&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Soin par la parole&lt;/strong&gt;, accompagné ou non d&#039;une dimension émotionnelle ou corporelle. La psychothérapie peut relever du soin-souci de soi (psychopraticien relationnel ou psychanalyste) ou du soin-traitement administré (médecin ou psychologue revêtu du titre réservé de psychothérapeute). Les &lt;strong&gt; &lt;i&gt;deux types de soin&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; se combinent parfois.&lt;br/&gt;&lt;strong&gt;Art du psychothérapeute&lt;/strong&gt; au sens général du terme et non uniquement du professionnel du psychisme psychologue ou médecin jouissant du privilège de ce titre en France(7&quot;). Cependant aucun professionnel à partir de 2010 ne peut s&#039;afficher comme psychothérapeute sans en porter légalement le titre. Tous ceux qui ne le peuvent pas se nomment dorénavant psychopraticiens, terme auquel ils accolent les déterminants qui le spécifient.&lt;br/&gt;Psychothérapie relationnelle : &quot;les psychothérapeutes qui œuvrent par dans et pour la relation [6], à partir d’elle et par son ressort, dans le cadre d’une psychothérapie du lien et de la dynamique de la subjectivité, intégrant sous des formes diverses la dimension du transfert, ont choisi de se dire relationnels. Cela définit un &lt;em&gt;champ disciplinaire&lt;/em&gt; (et nullement une nouvelle méthode), comportant de nombreuses méthodes, et même transméthodiste (on peut s&#039;en réclamer par delà sa ou ses méthodes de référence. Dans ce cas se faire légitimer par le moyen du 5è critère)&lt;br/&gt;La psychothérapie relationnelle [7] est issue du courant de la psychologie existentielle américaine des années 50, relancée sous le nom de psychologie humaniste puis de Nouvelles thérapies dans les années 70 et 80. Elle procède de la même éthique et méthodologie que la psychanalyse. Dont, sans pour autant émaner d’elle purement et simplement, elle porte souvent l’empreinte.&quot;&lt;br/&gt;Ce qui la rapproche de la psychothérapie existentielle, parfois dénommée Daseinsanalyse, au gradient relationnel puissant, puisqu&#039;il s&#039;agit d&#039;une psychothérapie de la co-présence dynamique, d&#039;inspiration philosophique clinique. De nombreux chercheurs dans le champ de la phénoménologie ont, voulant marquer la différence et spécificité de la psychothérapie posée comme alternative à la médicalistaion de l&#039;existence, baptisé différemment leur psychothérapie de la relation : &lt;i&gt; &lt;strong&gt;psychothérapie situationnelle&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; (Miguel Benasayag(8&quot;)), &lt;strong&gt; &lt;i&gt;psychomaïeutique&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; (Frédéric Brissaud, &lt;i&gt;Pour un renouveau de la psychothérapie, Mutations,&lt;/i&gt; Paris, L&#039;Harmattan, 2010, 188 p.- ), etc. La question de l&#039;éparpillement terminologique pose celle, politique, du syndicalisme psychothérapique français(9&quot;). Pouvons-nous concevoir par accord une terminologie commune ? Vastes débat et enjeux.&lt;br/&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;&lt;strong&gt;4 – Classification des professionnels exerçant la psychothérapie&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;a) &lt;strong&gt;psychothérapeute 1&lt;/strong&gt; – terme &lt;strong&gt;générique,&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;sens large.&lt;/strong&gt; Professionnel pratiquant la psychothérapie – discipline vaste au champ hétérogène. Lorsque nous traduisons des textes étrangers ignorant notre spécificité nationale, nous sommes conduits à parler de psychothérapeute au sens générique, &lt;i&gt;psychotherapist&lt;/i&gt; en globish. Lorsque nous traduisons des textes étrangers ignorant notre exception française nous sommes conduits à parler de psychothérapeute au sens générique, international. La langue aussi est têtue. Tout le monde continue de dire et penser psychothérapeute là où nous disons et imprimons psychopraticien. Dans la décennie qui vient nous verrons bien comment se fixera l&#039;usage. La loi française de réglementation  introduit une ambiguïté terminologique en ayant fait d’un nom de profession un titre d&#039;exercice réservé(10&quot;)&lt;br/&gt;b) &lt;strong&gt;psychothérapeute 2&lt;/strong&gt; – psychothérapeute par titre d&#039;exercice : en hexagonal, psychologue ou médecin (le psychiatre est médecin) ayant revendiqué son inscription à ce titre (!) sur une liste régionale.&lt;br/&gt;c) &lt;strong&gt;psychopraticien&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;nom de métier&lt;/i&gt; ouvert à tous, &quot;psychothérapeute 1&quot; (&lt;i&gt;psychotherapist&lt;/i&gt;) exclu du (droit au) titre d&#039;exercice réservé dorénavant aux médecins et psychologues.&lt;br/&gt;d) psychopraticien relationnel : praticien en psychothérapie relationnelle la plupart du temps à titre (!) exclusif. Ce nom de discipline n&#039;est garanti que référé à un organisme historique représentatif membre de l&#039;&lt;i&gt;Affop&lt;/i&gt; qui le cautionne. Psychopraticien relationnel du SNPPsy désigne un &lt;strong&gt; &lt;i&gt;praticien qualifié&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; professant la psychothérapie relationnelle en tant que discipline encadrée. Il s&#039;agit d&#039;une &lt;strong&gt;appellation disciplinaire autorisée garantie&lt;/strong&gt; par le SNPPsy (disposant de la marque INPI détenue par l&#039;&lt;i&gt;Affop&lt;/i&gt; au bénéfice des organismes qu&#039;elle fédère).&lt;br/&gt;e) titre professionnel d&#039;exercice de psychopraticien relationnel® : &lt;i&gt;appellation protégée INPI&lt;/i&gt;. Désigne un praticien en psychothérapie relationnelle à titre exclusif relevant de la couverture procurée par l&#039;&lt;i&gt;Affop&lt;/i&gt; (dont est membre le SNPPsy père de l&#039;appellation(11&quot;)). Il s&#039;agit d&#039;un titre d&#039;exercice. Nous l’avons aussi appelé altertitre (d&#039;exercice) pour marquer qu&#039;il représente le pendant alternatif au titre (d&#039;exercice) paramédical de psychothérapeute. L&#039;une des déclinaisons de ce titre (d&#039;exercice) professionnel privé (au sens de syndical &lt;i&gt;vs.&lt;/i&gt; d&#039;État) est &lt;i&gt;titulaire du SNPPsy.&lt;/i&gt; Elle signifie psychopraticien relationnel® autorisé par le SNPPsy au titre des Cinq critères.&lt;br/&gt;&lt;div class=&quot;view-also&quot;&gt;Voir aussi- psychothérapie relationnelle- carré psy- domaine de la psychiatrie : psychothérapie institutionnelle&lt;/div&gt;&lt;hr /&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;5 – Subdivision de la psychothérapie en deux champs scientifiques distincts&lt;/span&gt;Une analyse épistémologique permet de subdiviser la psychothérapie en deux grandes familles.&lt;br/&gt;- 1) le champ disciplinaire de la psychothérapie prescriptive issues d’un savoir construit sur le modèle des sciences de la nature par la méthode expérimentale : psychologie expérimentale, neuropsychiatrie, thérapies comportementales et cognitives, thérapie systémique (cette méthode comportant deux branches, l&#039;une d&#039;entre elles relationnellisable). La formation correspondante, sanctionnée par un diplôme, s&#039;effectue par enseignements théoriques et stages. Les praticiens formés à ces psychothérapies sont les psychiatres et les psychologues cliniciens qui reçoivent leur formation théorique dans le cadre de l’Université et leur formation pratique au cours de stages. Ils utilisent des protocoles ne nécessitant pas une expérience psychothérapique personnelle.&lt;br/&gt;- 2) le champ disciplinaire intersubjectif fondé sur le transfert et la relation psychanalytique et psychothérapique :&lt;br/&gt;a) la psychanalyse dans sa diversité (freudienne, kleinienne, kohutienne, bionnienne, lacanienne, intégrative, etc.), et ses déclinaisons psychothérapiques (à base de transfert et d&#039;écoute de l&#039;inconscient) selon les écoles.&lt;br/&gt;b) la psychothérapie relationnelle.Issue des théories de la psychologie humaniste américaine, sur la base du constat de l&#039;inadaptation de l’application à la psyché humaine de la méthode expérimentale propre aux sciences de la nature, la psychothérapie relationnelle a construit son paradigme sur le principe implicatif de la méthode expérientielle. Elle voisine la psychanalyse en l&#039;infléchissant selon des méthodes actives et à médiation, adossée au principe de la phénoménologie. Développée dans les années &lt;strong&gt;1970&lt;/strong&gt; sous le nom de Nouvelles thérapies – psychodrame, gestalt-thérapie, analyse transactionnelle, thérapies psychocorporelles (analyse bioénergétique, néo-reichienne, etc.), psychothérapie de groupe, etc. –, différenciée de la psychanalyse dont elle est cependant pour une grande part issue, elles en a conservé les fondements, le cadre et les modalités de formation, et en est demeurée épistémologiquement parente.&lt;br/&gt;Ainsi la psychanalyse, discipline de l&#039;inconscient, dans sa diversité, et – post freudienne – la psychothérapie relationnelle, discipline de la relation, peuvent, conceptuellement regroupées, se voir considérées comme ressortissant d&#039;un courant épistémologique unique, œuvrant à la dynamique de subjectivation, paradigmatique des méthodes de type prescriptif objectiviste et cognitiviste.&lt;br/&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;&lt;strong&gt;la relation thérapeute-patient comme ressort du changement&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;Ces deux disciplines du psychisme axées sur la subjectivité et l&#039;intersubjectivité, privilégient en effet essentiellement la relation thérapeute-patient comme ressort du changement. Ce qui impose à leurs praticiens un type de formation spécifique consistant à effectuer un travail psychothérapique ou psychanalytique personnel préalablement ou concurremment à l’acquisition des connaissances théoriques et méthodologiques propres, et à l’engagement dans une formation pratique.&lt;br/&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;implication personnelle et expérientielle&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;De la sorte, les psychopraticiens relationnels (ex psychothérapeutes relationnels) tout comme les psychanalystes, reçoivent leur formation théorique parfois pour une part dans le cadre universitaire et leur formation spécifique, théorique et pratique, dans le cadre d&#039;organismes ou sociétés professionnels(12&quot;). Ceci du seul fait qu&#039;elles passent par une implication personnelle et expérientielle que le cadre universitaire, centré sur la rationalité procédurale, ne permet pas de mettre en œuvre. À noter que psychiatres et psychologues recourent souvent pour eux-mêmes à ces organismes de formation lorsqu’ils souhaitent pratiquer également la psychothérapie relationnelle.&lt;br/&gt;En définitive on peut dire que les quatre professions du psychisme (psychiatre, psychologue clinicien, psychanalyste, psychopraticien relationnel (psychopraticien cautionné par le système institutionnel SNPPsy-&lt;i&gt;Affop&lt;/i&gt;) pratiquent la psychothérapie (la psychanalyse en soi ne se classant pas comme psychothérapie à proprement parler mais acceptant parfois le principe de sa déclinaison psychothérapique), entité nous venons de le voir hétérogène. Ceci soit de manière uni-méthodique, soit poly-méthodique dans le seul cadre de la &lt;i&gt;relationnellité&lt;/i&gt;, soit inter-méthodique ou plus rigoureusement interdisciplinaire, dans le cas de combinaison de méthodes issues des deux grandes familles disciplinaires prescriptive et relationnelle.&lt;br/&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;un demi siècle d&#039;encadrement de la profession&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;La coopération sur le terrain entre professionnels d&#039;obédiences épistémologiques variées a d’ailleurs fonctionné de façon positive avant la nouvelle réglementation du titre de psychothérapeute par l&#039;article 91 de la loi du &lt;strong&gt;21 juillet 2009&lt;/strong&gt; (HTSP). Si préalablement à ce texte il n’existait aucune réglementation légale en la matière, ceux qui se sont appelés à partir de &lt;strong&gt;2001&lt;/strong&gt; psychothérapeutes relationnels, conscients de la nécessité de procurer au public la garantie d&#039;une éthique et d&#039;un professionnalisme conséquents, avaient mis en place depuis bientôt un demi siècle l&#039;encadrement de leur profession. Ils s&#039;étaient regroupés pour créer successivement deux syndicats, le PSY&#039;G (&lt;strong&gt;1966 puis 75&lt;/strong&gt;) puis le SNPPsy (&lt;strong&gt;1981&lt;/strong&gt;), puis deux fédérations, la FFdP (&lt;strong&gt;1996&lt;/strong&gt;) puis l’AFFOP (&lt;strong&gt;1998&lt;/strong&gt;)(13&quot;)&lt;br/&gt;&lt;div class=&quot;view-also&quot;&gt;

tous organismes promouvant les Cinq critères de reconnaissance et confirmation de leurs praticiens :- avoir suivi un travail psychothérapique (ou psychanalytique) personnel accompli pour professionnels- avoir reçu une formation spécifique de haut niveau (incluant la psychopathologie nécessaire)- suivre une supervision et formation permanente durant toute leur vie professionnelle- adhérer à un code de déontologie spécifique- avoir été reconnu et confirmé par des pairs expérimentés.

&lt;/div&gt;C&#039;est sur la base de ces cinq critères qu&#039;un processus de titularisation des professionnels par une Commission de pairs expérimentés d’une part, et d’agrément des organismes de formation d’autre part, fut mis en place, enregistrant professionnels et organisations sur des annuaires publics.

&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;Considération sur la pratique de chacun. Un métier au-delà des méthodes.&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;&lt;strong&gt;1)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; Les Quatre organismes représentatifs historiquement responsables susnommés se sont regroupés en 2010 dans le cadre du GLPR — &lt;em&gt;Groupe de liaison de la psychothérapie relationnelle&lt;/em&gt;, qui maintient le dialogue et la concertation entre institutions résolues à fédérer leurs efforts au service de la psychothérapie relationnelle en dépit de leurs divergences.&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;2)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; Ne pas confondre le principe du classement taxinomique avec la pratique individuelle de chaque praticien, à charge pour chacun de la soutenir devant ses pairs. Tout le monde peut prétendre s&#039;inscrire dans le champ disciplinaire de la psychothérapie relationnelle, en légitimant cette inscription par le jeu du Cinquième critère, pleinement en vigueur dans l&#039;univers de référence AFFOP-SNPPsy-PSY&#039;G. En dehors de quoi sa revendication et référence restent indécidables.

&lt;i&gt;Mises à jour : 20 juillet 2011 – 19 août 2011 – 19 septembre 2011 – 11 septembre 2012 – 6 janvier 2013 – 9 janvier 2013 – 16 avril 2014 – 24 avril 2014 – 10 août 2014 – 15 mai 2015 – 9 juin 2015 – 16 juin 2015 – avril 2017 – août 2017 —&lt;/i&gt;&lt;hr /&gt; &lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt; Dans le &lt;i&gt;Rapport moral&lt;/i&gt; prononcé par Philippe Grauer à l&#039;Assemblée générale du SNPPsy.&lt;br/&gt; &lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt; La FF2P, fédération, agit comme para-syndicat en enregistrant des professionnels à titre particulier, ce qui différencie cette fédération de l&#039;&lt;i&gt;Affop,&lt;/i&gt; qui n&#039;agrée que des organismes. Des deux syndicats existants (PSY&#039;G et SNPPsy, seul le second attribue, sous couvert de l&#039;AFFOP à laquelle il appartient, le titre d&#039;exercice professionnel autoréglementaire de psychopraticien relationnel®, dans cette entrée aussi appelé &lt;em&gt;altertitre&lt;/em&gt;.&lt;br/&gt; &lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt; Elles-mêmes soumises à examen et révision. Question de l&#039;éthique de la psychothérapie relationnelle.&lt;br/&gt; &lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt; Souvent 15 minutes pour renouveler l&#039;ordonnance, comment faire autrement ?&lt;br/&gt; &lt;strong&gt;5&lt;/strong&gt; Sauf exception par initiative individuelle non prescrite dans le diplôme. Par ailleurs une seule démarche personnelle ne forme pas à l&#039;exercice de la psychothérapie relationnelle, pas davantage qu&#039;à la psychanalyse. Il y faut ajouter en ce qui concerne la psychothérapie relationnelle, un long cursus dans une école dûment agréée, aboutissant à un diplôme puis à reconnaissance puis à confirmation. Bref il s&#039;agit d&#039;un métier distinct de celui de psychologue, même clinicien.&lt;br/&gt; &lt;strong&gt;6&lt;/strong&gt; Les remarques triviales du type qui dit psychothérapie dit obligatoirement relation révèlent la courte vue de ceux qui les formulent.&lt;br/&gt; &lt;strong&gt;7&lt;/strong&gt; Par ailleurs la langue insiste et &lt;i&gt;psychothérapeute&lt;/i&gt; continuera de désigner en français commun un praticien de la psychothérapie quelle qu&#039;elle soit, autrement dit continue et continuera de fonctionner comme &lt;i&gt;terme générique&lt;/i&gt;. Voir ci-infra &lt;i&gt;psychothérapeute 1&lt;/i&gt;.&lt;br/&gt; &lt;strong&gt;8&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Clinique du mal-être, la &quot;psy&quot; face aux nouvelles souffrances psychiques,&lt;/i&gt; Paris, La Découverte, 2015, 174 p.–&lt;br/&gt; &lt;strong&gt;9&lt;/strong&gt; Qui qualifie le praticien (cinquième critère) – par opposition au &quot;méthodisme&quot; de la définition de la psychothérapie centrée sur la méthode, qui qualifie cette dernière.&lt;br/&gt; &lt;strong&gt;10&lt;/strong&gt; L&#039;IFGT a continué de revendiquer, par décision de son Assemblée générale en date de 2011, pour les psychopraticiens relationnels® le titre d&#039;exercice de psychothérapeute, tel que réservé strictement aux psychologues cliniciens et psychiatres par la loi de 2004 revêtue de ses décrets d&#039;application de 2010. La démarche politique de revendication d&#039;une titre d&#039;exercice ardemment protégée par une puissante corporation relève de l&#039;utopie et de la mise en danger. On comprend le mouvement de passion épistémologique, éthique et institutionnellement passionnel qui anime nos collègues. On peut en redouter l&#039;imprudence dans le contexte actuel. Cette ligne fut abandonnée depuis.&lt;br/&gt; &lt;strong&gt;11&lt;/strong&gt; La propriété intellectuelle est celle de l’&lt;i&gt;Affop&lt;/i&gt;.&lt;br/&gt; &lt;strong&gt;12&lt;/strong&gt; Une meilleure coordination des deux lieux de formation est rendue actuellement impossible en particulier par la mentalité du corps des psychologues, cela s&#039;appelle du corporatisme : pour accéder à notre formation à la psychopathologie il faut suivre le cursus complet de psychologie. Les écoles agréées &lt;i&gt;Affop&lt;/i&gt; et pour une part agréées FF2P fournissent donc les 500 heures de psychopathologie édictées comme nécessaires par la loi. Ces 500 heures non officielles d&#039;État n&#039;ont aucune valeur comme équivalence universitaire. Nous constituons un champ professionnel alternatif, l&#039;université française n&#039;étant pas pour le moment capable d&#039;organiser des partenariats avec les écoles alternatives existantes.&lt;br/&gt; &lt;strong&gt;13&lt;/strong&gt; Pour finir en &lt;strong&gt;février 2010&lt;/strong&gt; par se concerter et coordonner dans le cadre du &lt;i&gt;Groupe de liaison de la psychothérapie relationnelle&lt;/i&gt; – GLPR.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</div><div class=glossaryTooltipMoreLinkWrapper><a class=glossaryTooltipMoreLink href=https://cifpr.fr/glossaire/psychotherapie/ ></a></div> » href= »https://cifpr.fr/glossaire/psychotherapie/ » target= »_blank » data-gt-translate-attributes='[{« attribute »: »data-cmtooltip », « format »: »html »}]’>psychothérapie

(s)
, utilisant avec lui le pluriel d’un S entre parenthèses pour marquer ce qui allait devenir pour moi la multiréférentialité. Cela renvoie aux courants à l’intérieur d’un champ disciplinaire fondé sur le Modèle 3 de Fourcade. Ce champ n’inclut pas toutes "les psychothérapies" puisqu’il exclut celles relevant de l’ordre prescriptif, comme par exemple la thérapie systémique(2*) ou l’hypnose. On saisit ici le principe d’une remaniement classificatoire, d’une taxinomie opérant à partir de la définition de traits pertinents, ce à quoi nous nous appliquons ailleurs (3*).

Bien entendu il existe des mixtes. Quel est leur statut ? Il y aura lieu de juger si la combinaison est suffisamment d’ordre voir aussi- expérientiel- multiréférentialité- psychothérapie intégrative- psychothérapie multiréférentielle- multiréférentiel- intégratif- psychanalyse intégrative- patients-limites et psychanalyse intégrative- neurosciences et psychothérapie

&lt;/div&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;&lt;i&gt;par dans et pour&lt;/i&gt; la Relation&lt;/span&gt;Le tout est relation de nos jours peut valoir aussi peu que le tout est relatif pour expliquer la relativité. Relationnel accolé à psychothérapie signifie strictement que le ressort psychothérapique c’est la relation, l’intersubjectivité en action, la dynamique relationnelle, transfert et contre-transfert compris, entre les deux protagonistes de la rencontre psychothérapique, où l’un vient auprès du spécialiste se faire entendre. Et écouter au passage ce qu’il se trouve être en train d’exprimer, réverbéré par le dispositif de la relation suractivée par le cadre proposé.&lt;br/&gt;&lt;i&gt;

Les psychothérapeutes et psychopraticiens qui œuvrent par dans et pour la relation(1&quot;), à partir d&#039;elle et par son ressort, dans le cadre d&#039;une psychothérapie du lien et de la dynamique de la subjectivité, intégrant sous des formes diverses la dimension du transfert, ont choisi de se dire relationnels&lt;/i&gt; (Ces lignes en italiques proviennent de l&#039;article psychothérapie relationnelle. NdlR).

&lt;br/&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;relationnel&lt;/span&gt;Relationnel représente alors une valeur forte, témoigne du difficile dialogue entre soi et soi et l’autre, où se clarifie ce qui se passe quand je prends l’autre (ou moi-même) pour quelqu’un d’autre. En cas d’embrouille existentielle, cela se démêle avec beaucoup de patience, de savoir faire et d’art. D’art aussi de savoir faire être, savoir faire advenir.&lt;br/&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;&lt;em&gt;Relation&lt;/em&gt; avec majuscule&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;Soit Relation renvoie au couple &lt;strong&gt;Je-Tu&lt;/strong&gt; de Buber, un fondamental de notre profession — ça ne s’étudie pas ça se transmet et s’expériencie, soit, et cela n’est pas mutuellement exclusif, Relation renvoie à l’érosion progressive de la relation transférentielle au sens psychanalytique. Dans les deux cas, ce concept sert de pierre de touche pour distinguer notre psychothérapie relationnelle, celle des psychopraticiens du même nom, des simples psychologues, même cliniciens car les cliniciens n’ont pas appris dans nos écoles l’important complément à leur discipline autre, de type objectiviste, de l’ordre de la rationalité procédurale — en prise directe avec la possible médicalisation de l&#039;existence, apprise à l’université.&lt;br/&gt;Bref la psychopratique relationnelle, pour parler dans le cadre strict de la terminologie nouvelle que la loi nous impose, représente (depuis plus de trois décennies) un métier et une discipline spécifiques, complexes, mettant la relation au cœur de la pratique et théorisation, &lt;strong&gt; &lt;i&gt;une relation motrice à double implication,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; graphié par nous &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Relation&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; pour la distinguer de la relation à faible taux d&#039;implication &lt;strong&gt;Je-Cela&lt;/strong&gt;.&lt;br/&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff6600;&quot;&gt;consultation &amp;amp; processus relationnel&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;La psychothérapie sera dite relationnelle si au cours du processus intervenant dans le cadre de la relation (unité de temps de lieu et d&#039;action de la séance) celle-ci met en jeu l&#039;implication des subjectivités déployant leur interaction à risque comparable sinon égal. On est loin du puisqu’on est deux dans la pièce il est trivial que nous sommes en relation puisque nous nous parlons. Exact mais distinguer échange et prescription d’un expert tout sachant à un venu le consulter tout penaud, de parole vraie, à face à face mutuellement impliqué, en progression dialoguale vers l&#039;élaboration de moments de vérité par celui qui, par ce processus même, vient, parvient à lui-même.&lt;br/&gt;PHG&lt;i&gt;Entrée créée en 2010. Mises à jour : 9 octobre 2011, 7 mars 2012, 15 août 2012, &lt;/i&gt; &lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt; Rien à voir avec la proposition à la Homais : mais par son principe même toute psychothérapie est relationnelle puisqu&#039;elle engage deux personnes en relation thérapeutique. Dire psychothérapie relationnelle serait tout simplement tautologique. C&#039;est Monsieur Homais qui s&#039;embrouille dans sa platitude. Parce que voyez-vous dès que deux personnes s&#039;adressent la parole il y a de la relation entre elles. Cela tombe sous le sens commun. Commun oui. Non, certaines psychothérapies n&#039;engagent pas profondément dans toute sa vitalité et intimité dynamique les deux protagonistes également en relation, dans le cadre d&#039;une intersubjectivité intense. Seules celles qui exigent méthodologiquement que le praticien ait effectué un travail sur soi approfondi et suffisamment abouti, et que cette qualité d&#039;être, ce savoir être et faire être tout à fait particulier bien connu des psychanalystes et praticiens en psychothérapie relationnelle, que cette qualité relationnelle soit engagée profondément dans le processus entre les deux protagonistes, sont qualifiables au sens fort du terme de relationnelles. Que l&#039;engagement se joue sur une base phénoménologique ou psychanalytique, il reste moteur, à risque pour les deux en présence, et la dynamique de l&#039;implication, intégrant la question du transfert, autrement complexe, délicate et puissante. Il s&#039;agit ici d&#039;un concept et non plus d&#039;un lieu commun qui évacue la pensée. Nous nous trouvons alors véritablement dans l&#039;espace épistémique de la psychothérapie relationnelle proprement dite. Toute &quot;relation&quot; psychothérapique ne présente pas cette caractéristique, toute relation n&#039;est pas Relation.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</div><div class=glossaryTooltipMoreLinkWrapper><a class=glossaryTooltipMoreLink href=https://cifpr.fr/glossaire/relationnel/ ></a></div> » href= »https://cifpr.fr/glossaire/relationnel/ » target= »_blank » data-gt-translate-attributes='[{« attribute »: »data-cmtooltip », « format »: »html »}]’>relationnel

, en d’autres termes quel composant régit l’autre (ou le faisceau des autres). Une partie de la problématique de la multiréférentialité réside là. En cas d’intégration la décision est facile à prendre, on peut déterminer quel est le modèle directeur – à proprement parler recteur. Je réserverais la multiréférentialité et la nécessité de maintenir la tension de l’ambiguïté (4*) à un ensemble dont les composants relèvent tous du modèle 3 (5*).

Il demeurera des cas douteux. Le doute et la zone grise sont partout, avec leur charge d’inconfort et de réconfort : gêne, risque, et liberté. Aucun modèle jamais ne peut légitimement prétendre à verrouiller la réalité, quoique la tentation dogmatisante et totalitariste soit toujours là. À nous de trouver le chemin d’assez de sagesse pour rendre la vie vivable, et les concepts utiles mais jamais tyranniques.

usage du pluriel, présupposition méritant examen

Il demeurera également des cas de réserve. La référence en introduction au brulot de Sokal et Bricmont, qui ne pèse pas lourd devant l’autorité morale et scientifique de Derrida, Deleuze, Lacan, dont le génie ne saurait davantage se voir contester que celui de Mallarmé, lui aussi réputé "obscur", l’agression contre la "French Science" qui nous fait honneur à l’étranger, ainsi que l’usage problématique du pluriel pour désigner la psychanalyse, multiple mais singulière, ce qui induirait un pluriel symétrique regrettable pour désigner la psychothérapie relationnelle, peuvent se voir controverser. Nous maintenons sur ce point chacun son discours. Au lecteur de se soucier de cette controverse. Cela n’ôte pas à la réflexion que conduit Jean-Michel Fourcade dans son ensemble toute sa portée et pertinence scientifique.

Philippe Grauer



Quatre modèles heuristiques pour mieux distinguer les psychologies et les psychothérapies

par Jean-Michel Fourcade

Bien que j’aie déjà abordé cette question au premier colloque de la Fédération française de psychothérapie en novembre 1997,(1*) j’ai souhaité reprendre ce thème aujourd’hui pour avoir le plaisir, après en avoir débattu avec mes collègues de l’Université de Paris 7 et de la FLdP, de partager ces réflexions avec mes collègues européens.

Le contenu de ma communication est né comme réponse à une situation à laquelle je me suis trouvé confronté plus particulièrement en dialoguant avec mes amis représentant les psychologues dans les instances nationales. Dans ces rencontres la question de la scientificité ou non-scientificité des savoirs et des formations des psychologues et des psychothérapeutes est toujours posée avec des réponses/affirmations mettant souvent la rigueur scientifique du côté des psychologues et la fragilité scientifique du côté des psychothérapeutes. Ces affirmations sont ensuite utilisées par les psychologues et, plus particulièrement en France, par les universitaires, pour disqualifier la validité et la légitimité du Savoir psychothérapeutique dans des querelles théoriques, guerres idéologiques, luttes pour les crédits et les postes ou pour une reconnaissance dans les médias et l’opinion des politiques et du public.

Ce débat n’agite pas seulement psychiatres, psychologues, psychanalystes et psychothérapeutes. L’ouvrage récent d’Alan Sokal et Jean Bricmont a été compris comme une vigoureuse remise en cause du caractère scientifique, donc de la validité, d’une part importante des productions françaises en Sciences humaines à travers les œuvres de J.B Baudrillard, G. Deleuze, J. Lacan, J. Derrida et d’autres.

J’ai pris l’habitude depuis plusieurs années de parler des psychologies et non plus de la psychologie et des psychanalyses et non plus de la psychanalyse(2*), comme il est légitime de parler des psychothérapies (3*)

Comme je l’écrivais déjà dans mon article Modernité et psychothérapies : la fin du monothéisme, l’ensemble des sciences humaines a vu depuis les années 50 se produire ce que les épistémologues avaient enregistré pour les sciences expérimentales du début de ce siècle et particulièrement pour la physique : la chute des métathéories prétendant être la seule théorie expliquant le fonctionnement de l’objet dont elles sont la science, l’apparition de plusieurs théories dites « partielles » à propos du même objet, théories différentes, contradictoires, discontinues les unes par rapport aux autres et pourtant toutes « vraies » puisque validées par diverses procédures de vérification.

Dans le domaine de la psychologie, la neuropsychologie expérimentale, la psychologie des tests, la psycho-sociométrie des groupes, la psychologie clinique sont des savoirs ayant des caractéristiques scientifiques opposées, ainsi que je le développerai dans la suite de ma communication. Dans le domaine des sciences sociales on a assisté à l’effondrement du marxisme comme dernière théorie à prétention globalisante.

La psychanalyse a pu garder cette prétention de théorie globalisante malgré les attaques dont elle fait l’objet de la part des neurophysiologistes ou des systémistes(4*), malgré les nombreuses écoles qui s’opposent sous son étiquette, et parce qu’elle a su, dans sa branche française, faire sienne les innovations de pensée pourtant les plus contradictoires avec ses fondements (passer de la science psychique de l’individu à la pensée structuraliste sur ce même psychisme). Cette position ne peut être maintenue qu’au prix de quelques travestissements qui masquent les conflits théoriques à l’intérieur même du champ psychanalytique. Un excellent exemple de cette opération est représenté par l’article Chassez le Symbolique… il revient au galop (Autrement, Octobre 1982), dont les auteurs, citant Freud en début, puis uniquement Lacan, énoncent leurs positions théoriques lacaniennes comme étant celles de la psychanalyse freudienne…

Comme I’écrit Edmond Marc : « [La psychanalyse], solidement implantée aujourd’hui dans les universités et les institutions psychiatriques, a traité le plus souvent les nouvelles thérapies par l’ignorance, le mépris condescendant ou la condamnation théorique ; lorsque les psychanalystes prennent en compte ce type de démarche, c’est pour montrer qu’elle ne répond pas aux concepts, aux règles et aux techniques de la psychanalyse et donc qu’elle est, par là même, dénuée d’efficacité thérapeutique ; ou alors elle est qualifiée de pratique sauvage fortement déconseillée. Un exemple de ce raisonnement circulaire est l’usage qui est fait, pour étayer ce rejet, de l’accusation de passage à l’acte qui serait favorisé par les nouvelles thérapies ; en fait cette notion n’a de sens et de valeur qu’à l’intérieur du cadre psychanalytique et donc ne saurait être appliquée telle quelle aux nouvelles thérapies. Par ailleurs, lorsque l’on interroge les mêmes psychanalystes, ils reconnaissent n’avoir le plus souvent aucune expérience directe de ces pratiques et se réfugient derrière un point de vue épistémologique. »

Dans le souci et l’enjeu identitaire qui est le nôtre, comme il est celui des représentants des psychologues, parler de la psychologie et de la psychothérapie permet de faire passer auprès du corps social des signes et des représentations unitaires suffisamment cohérentes et fermées pour qu’elles soient adoptées par lui, et obtenir une place ainsi qu’un pouvoir cohérent avec cette représentation.

Le jeu social est alors joué et les juristes n’ont plus qu’à inventer ou modifier le Droit existant pour être en cohérence avec la légitimité sociale ainsi construite. L’enjeu est le même quand on continue de parler de la psychanalyse malgré I’hétérogénéité des théories et des pratiques. Je voudrais dire que la réalité, plus complexe, ainsi que la réflexion sur la construction des savoirs en psychologie et en psychothérapie justifie plutôt l’utilisation de pluriels.

Les travaux épistémologiques (c’est-à-dire la réflexion sur la construction du savoir) sont réputés arides. Et pourtant si nous n’examinons pas ces questions nous ne comprendrons pas la position scientifique qui fonde notre affirmation de la spécificité de la psychothérapie par rapport à la psychologie ou aux différents savoirs psychologiques. II nous faut revenir à des modèles centraux de la théorie du Savoir.

modèle 1

Le premier modèle que j’appellerai modèle 1, est celui du XIXe siècle qui concerne les sciences expérimentales : on définit un champ de la réalité qui devient I’objet de ce savoir, on émet des hypothèses théoriques, on définit les conditions de l’expérience qui permettra de vérifier la validité des hypothèses. L’expérience répétée donnera des résultats identiques qui permettront d’affirmer la cohérence de l’hypothèse, devenue Loi, avec la réalité. Dans ce cadre de pensée scientifique, une loi et la loi contraire ne peuvent être vraies à la fois ; et une loi et une seule est vraie : toute autre loi est non vraie. Dans ce cadre de pensée une théorie scientifique expérimentalement démontrée est vraie et tout autre théorie est fausse. Enfin l’objectif de cette vérité scientifique est de permettre la prédiction de l’avenir quand on manipule la réalité. Ceci permet de construire des procédures d’interventions qui permettent de modifier la réalité dans un sens prédictible.

Ce modèle est celui des sciences physiques, chimiques mais aussi des sciences biologiques et médicales, théorisées par Claude Bernard. C’est aussi le modèle théorique qui sous-entend la psychologie dite expérimentale mais aussi la psychologie comportementale et psychologie systémiste.

Ce dernier rapprochement peut paraître critiquable puisque Watzlawick s’est opposé au modèle scientifique des sciences expérimentales sur deux points principalement:

– la remise en cause du principe classique de causalité définie comme monocausalité linéaire, au profit d’une pluricausalité avec un fonctionnement circulaire.

– L’entrée du praticien dans le système sur lequel il agit, ce qui le fait à son tour devenir partie du système humain avec lequel il est en interaction – ce qui le rapproche du savant du troisième modèle que j’exposerai plus loin.

Malgré ces différences je pense que la conception du savoir du psychologue systémiste et son rapport à l’objet de ce savoir comme théoricien et comme praticien reste le même que celui du savant du modèle (1). Il ne s’implique pas avec ses caractéristiques psychologiques personnelles dans la relation à l’objet et ses prescriptions relèvent de son analyse objectivante et de son savoir.

Pour preuves :

• Les formations.

• L’utilisation de protocoles construits a priori.

• La facilité avec laquelle les psychiatres se forment à la thérapie systémiste comme aux thérapies comportementales.

Celà posé, je connais de nombreux et puissants thérapeutes familiaux qui combinent le systémisme avec un sens de la relation et de l’inconscient (Virginia Satir, Maria Selvini). L’acteur qui agit sur l’objet, dans le cadre de cette conception de la science, se conçoit comme extérieur à l’objet sur lequel il expérimente ou agit pour obtenir des modifications de la réalité : l’acteur du changement agit par prescription ce qui le laisse extérieur à l’objet sur lequel il agit. D’autre part il agit avec un savoir qui n’est pas nécessairement connu par l’objet de ce savoir, cet objet pouvant être la pomme qui tombe, l’oxygène qu’on combine à une quantité double d’hydrogène pour produire de l’eau, la cellule sur laquelle on fait agir un médicament, l’individu humain ou le groupe à qui on prescrit telle suite de comportements ou tel code relationnel. Le prescripteur, hors du système sur lequel il agit, n’a pas la nécessité, pour acquérir le savoir qu’il va utiliser pour concevoir des prescriptions à suivre pour obtenir tel ou tel résultat, de se soumettre lui-même à ce savoir ou à une expérimentation personnelle de ces prescriptions. Le psychothérapeute comportementaliste ou systémiste relève de ce modèle-là.

Modèle 2

L’autre modèle, modèle 2, est celui des sciences humaines « dures ». Dans ce modèle, qui concerne l’être humain seul comme objet, les personnes et le fait social, l’expérience pour vérifier les hypothèses au sens du modèle précédent n’est pas possible. Les hypothèses concernant les lois de fonctionnement ne peuvent être vérifiées par la construction d’une expérience scientifique mais par la répétition spontanée des faits mis en concordance les uns avec les autres, saisie et analysée par le biais de statistiques permettant de montrer l’existence de lois stables.

C’est aussi le modèle d’un certain savoir psychologique : celui des tests. C’est le modèle auquel Durkheim se réfère pour créer la science sociologique ; c’est le modèle de la psychosociologie des enquêtes par questionnaire sur des grands nombres ou sur des échantillons.

À part la question de l’expérience ce modèle ne diffère pas pour ses autres caractéristiques du modèle 1 précédent. C’était aussi le modèle du savoir de la psychanalyse conçue comme une science dans le projet initial de Freud. Dans sa recherche des lois du psychisme Freud restera jusqu’au bout avec l’ambition de construire une science ayant la même validité que les sciences médicales auxquelles il s’était formé. L’objet change c’est la psyché et non plus le corps. Mais l’objectif restera longtemps pour Freud de rechercher dans le traitement un effet prédictible grâce à un savoir répondant aux mêmes critères de scientificité que les sciences médicales, dans le but de guérir l’esprit malade ; à quarante ans sa fierté était d’avoir construit la « science des rêves ». De nombreux psychiatres sont encore dans ce modèle et peut-être plus de psychanalystes eux-mêmes qu’ils ne le croient, lorsqu’ils exigent le passage par la médecine pour former des psychanalystes « ayant l’esprit scientifique« .

Les sciences physiques avec la microphysique ou l’astrophysique et la biologie ont ouvert les voies du troisième modèle lorsqu’elles ont été contraintes, pour comprendre les faits qu’elles étudiaient, d’inclure la présence et les caractéristiques de l’expérimentateur, l’instrument qui permet d’observer les phénomènes, dans le type de résultats et de lois que l’expérience permet de formuler.

Modèle 3

Dans ce modèle (3) qu’on appellera des « sciences molles » pour l’opposer aux deux modèles précédents qu’on appelle des « sciences dures », deux caractéristiques diffèrent de celles des modèles précédents. L’expérience construite des sciences physiques n’a plus de sens ; le savoir ne peut se construire que par co-expérience du « savant » avec les sujets humains qui font l’objet de sa recherche. C’est ce que découvre la psychanalyse, puis la psychologie clinique dans sa part psychothérapeutique et, dans le même temps, la psychologie sociale clinique avec « l’observation participante(5*) » représentée aujourd’hui par Vincent de Gaulejac.

Repartons de la révolution psychanalytique. Malgré le projet scientifique et médical qui était le sien Freud découvre que ce savoir ne peut être compris, acquis développé par l’homme de science, le psychanalyste, que s’il analyse, comprend ce qui barre pour lui-même l’accès à ce savoir : les rapports entre son moi pensant/sentant et ses pulsions, organisés dans le meilleur des cas (celui du « savant » de structure névrotique) sur le mécanisme du refoulement et tous les mécanismes de défense dans leurs relations à l’intelligence et à la pensée. S’il ne reconnaît pas son propre inconscient, s’il n’en étudie pas le fonctionnement, l’apprenti « savant » psychanalyste ne pourra pas percevoir puis co-naître le fonctionnement du psychisme chez l’autre dans ses similitudes et ses différences avec le sien propre.

Être soi-même son propre objet de recherche, avec l’aide d’un savant qui a lui-même accompli une démarche semblable bien avant, est la condition préalable nécessaire pour percevoir l’existence et les lois de l’inconscient.

Cette caractéristique épistémologique entraîne une différence sinon une opposition, en ce qui concerne la formation du savant ainsi que la formation du praticien avec ce qui résultait dans ces domaines en cohérence avec les deux premiers modèles, différence tellement radicale que Freud, en 1926, à la suite du procès de Theodor Reik pour exercice illégal de la médecine, amené à prendre position sur la formation du psychanalyste, n’hésitera pas à écrire que la formation médicale est opposée à la formation du psychanalyste. Dans mes termes, concevoir l’acquisition du savoir psychanalytique selon le modèle (1) est une résistance à l’acquisition du savoir selon le modèle (3). Il défendra toujours l’analyse (et l’analyste) « laïque » contre la récupération du savoir psychanalytique et de la formation du psychanalyste dans le modèle (2) par les médecins.

Une deuxième caractéristique des hommes de science du modèle 3 est que – et cela est cohérent avec la première caractéristique – lorsqu’ils vont utiliser leur savoir dans des actions destinées à obtenir des changements prédictibles chez les objets/sujets de leur savoir, ils ne vont pas être en dehors de cette action pas plus qu’ils ne sont en dehors de ce savoir. C’est-à-dire qu’ils ne vont pas agir par des prescriptions mais par des relations – j’ai l’habitude de dire par la relation – dans lesquelles ils sont acteurs mais aussi agis et donc interagis. Le changement du patient est pensé, prévu, prédit dans la relation de transfert/contre-transfert où le psychanalyste est lui-même l’objet-sujet des transferts inconscients du patient qui mettent en route ses propres mécanismes inconscients.

La gestion de cette relation ne se fera en sécurité que si l’analyste a déjà acquis une connaissance suffisante de lui-même, de sa personnalité, de ses propres mécanismes inconscients pour repérer le connu, le su autant que l’inconnu et l’insu en lui-même et en l’autre, ce qui le conduit à construire de nouveaux savoirs et aussi, bien souvent, à faire à ce qui reste incompris la part qu’il a toujours dans l’infini mystère de la vie. Même lorsque la théorie qui les fonde est autre que l’une ou l’autre des nombreuses théories psychanalytiques, les sciences psychothérapeutiques (et psychologiques et psychosociologiques dites « cliniques ») qui ont dans leur clinique pour outil d’action la relation relèvent du même modèle scientifique et sont fondées à exiger dans la procédure de construction et d’acquisition du savoir ainsi que dans la formation du praticien, un travail qui lui donne une connaissance poussée de sa propre personnalité (incluant (ou pas) ses caractéristiques inconscientes).

Voilà pourquoi nous, psychothérapeutes, qui travaillons par la relation et dans la relation, nous avons, presque cent ans après la découverte de l’inconscient, généralisé l’exigence freudienne à l’ensemble du savoir et des pratiques psychothérapeutiques (par la déclaration de Strasbourg). Cette exigence nous a amenés à construire des formations de savants et praticiens différentes de celles du modèle 3 des psychologues cliniciens ou des psychothérapeutes formés dans le cadre des enseignements universitaires. Ces enseignements théoriques – même accompagnés de stages qui permettent une sensibilisation au champ psychothérapeutique et un début de questionnement sur sa propre personnalité –, ne permettent pas d’acquérir une connaissance suffisamment approfondie de soi-même et de ses capacités, avec entraînement à la Relation.

Ceci explique aussi nos « voisins »/ « cousins » psychologues français lorsqu’ils élaborent un projet européen de formation des psychologues à la « fonction » psychothérapeutique – puisqu’ils ne veulent pas reconnaître la différence de profession – soient amenés à ajouter cinq années de « formation » aux cinq années du DESS psychologie clinique. Mais, comme Freud à propos de la médecine, je dirai que cette formation initiale (théorique et sans travail psychothérapeutique personnel) est une déformation. Les apports théoriques préalables à l’expérience personnelle, permettent une résistance difficilement surmontable aux surprises éveillantes, et formatrices en profondeur, que provoque un travail sur soi-même préalable à toute formation théorique.

Voilà le pilier central de notre différence avec les psychologues « expérimentalistes », les psychologues cliniciens formés en France et avec les psychiatres : ils n’ont pas une formation en cohérence avec le modèle 3 de construction du Savoir des psychothérapeutes travaillant avec la relation. Vient s’ajouter à tout cela cette autre caractéristique que j’ai signalée plus haut et qui concerne aujourd’hui aussi bien les sciences du modèle (1) que celles relevant des modèles (2) et (3) – et cela ne simplifie pas notre recherche d’identité ni notre recherche de différence avec les psychologues cliniciens.

Depuis la rupture entre la psychologie expérimentale, dite « scientifique », et la psychanalyse d’une part, et, d’autre part, la fin de la prétention psychanalytique d’être le seul savoir vrai concernant le psychisme (par quels artifices nous présente-t-on les théories kleinienne ou lacanienne, pour ne parler que d’elles, comme des développements directs et cohérents de la théorie freudienne !) les sciences psychologiques et psychothérapeutiques sont dans le même état épistémologique que, au début du XXe siècle, celui des sciences exactes ou « dures » : la fin des métathéories exclusives dans la logique du modèle (1), la multiplicité des théories « partielles » toutes vraies, toutes utiles, mais non cohérentes les unes avec les autres, ayant toutes, quoiqu’en disent les tenants de la rigueur universitaire, des critères de validité scientifique – au sens des modèles (2) ou (3) – comparables.

Alors je dis souvent à mes étudiants : ne vous laissez pas impressionner quand un psychologue clinicien, un psychiatre ou un psychanalyste disent quelque chose comme « seul mon Savoir est scientifique, le vôtre ne l’est pas ». Il y a plusieurs vérités maintenant dans les sciences dures ou molles, comme il y a plusieurs chambres dans la maison du père.

Modèle 4

Je voudrais évoquer enfin ce que je ne peux appeler que paradoxalement, et vous allez comprendre pourquoi, un quatrième modèle du savoir. En effet ce modèle que je caractériserai ainsi, de façon extrêmement synthétique, dit : il n’y a pas de Savoir à statut scientifique possible dans les sciences humaines.

Le savoir est renvoyé au statut de l’Imaginaire et du Symbolique, catégories théorisées par Lacan et reprises par les épistémologues lacaniens. Toute tentative de construire un savoir sur le psychisme, de le lier à un savoir sur ce qui est d’un autre ordre (biologie ou chimie, etc.), d’articuler ces deux ordres ou d’élaborer un savoir sur cette articulation, comme le fait par exemple Max Pagès ou comme je le fais dans mon livre sur les patients-limites, est interprété comme déni de la rupture entre les ordres psychique et non-psychique, comme angoisse ou terreur de l’insu, du non prévisible, du non maîtrisable, en un dernier mot : de l’inconscient, pris ainsi dans une nouvelle acception d’impossible-conscient.

Cette radicalisation du non-savoir entre deux ordres opposés s’étend aussi au soit-disant savoir psychanalytique : tout le courant génétique, celui de Freud, d’Anzieu, est lui-même renvoyé à l’imaginaire, donc à l’illusion en ce qui concerne son statut de savoir scientifique positif. Un autre aspect de cette position épistémologique concerne la relation client-thérapeute : dans le travail avec l’inconscient, se mettre en posture d’attendre du prédictible et du connu ferme l’accueil à ce qui est imprédictible.

En décrivant quatre modèles heuristiques, j’ai bien conscience de procéder à ce que certains ressentiront comme une schématisation appauvrissante. Mais elle me semble utile pour bien comprendre ce qui est central pour chacun de ces modèles et ce qui les différencie, ainsi que les savoirs qui en résultent.

Dans notre réalité complexe nos savoirs proviennent des quatre modèles et non seulement nous utilisons des théories variées relevant du modèle (3) mais aussi d’autres venant du (2) et même du (1) ! Une des questions que cela pose – et pas seulement pour les théoriciens de la psychothérapie intégrative et multiréférentielle – est : comment articulons-nous ces différents savoirs en théorie et en pratique ?

Les batailles légales et institutionnelles qui opposent psychiatres, psychologues et psychothérapeutes ne recouvrent pas seulement une âpre lutte pour le partage d’un marché économique entre divers corporatismes. Elles renvoient aussi à des différences profondes que théoriciens, praticiens et public perçoivent mais sans savoir toujours comment les comprendre. Pour cela il m’a paru utile de partager quelques repères épistémologiques pour tenter de clarifier sur quels points les uns et les autres se ressemblent ou se différencient.

L’unité entre psychothérapies et psychothérapeutes modèle (2) (comportementalistes et systémistes) et ceux du modèle (3) ne sera pas facile à démontrer ni à gérer. Les psychologues cliniciens et les psychiatres le sentent fort légitimement. D’autre part cette compréhension des fondements épistémologiques de la Déclaration de Strasbourg a eu pour nous pour conséquence une approche critique du CEP (Certificat européen de psychothérapie) adopté par l’EAP (Association européenne de psychothérapie) en juillet 1997 : trop théorique, pas assez clinicien et l’élaboration de la mise en place d’une double procédure pour la reconnaissance des professionnels, l’une jouant une fonction d’instance tierce par rapport à l’autre : certification par les écoles d’une part, et habilitation par des pairs, d’autre part. Mais ceci est à développer pour l’avenir.


Mis en ligne le 4 décembre 2006

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