par Philippe Grauer
La pratique et l’idéologie du management au service du capital financier que décrit et dénonce à propos Vincent de Gaulejac, aboutit au désastre humain de l’épuisement professionnel. Autrefois on se contentait de parler de surmenage. Il s’agit en effet de sur-management. Mal du siècle ? mal du système plutôt, mal du personnel jetable, mal de la politique du taux de rendement à deux chiffres, impraticable à terme, mal de l’épuisement de la planète elle-même.
Face à cela seule l’éthique humaniste peut apporter une réponse non seulement à dimension humaine mais aussi bien techniquement ajustée. Alors, face aux destinées ravagées que dire, que faire, comment faire ? Comment faire accoucher une catastrophe d’une véritable nouvelle donne, cette fois axée sur la vie, la vie bonne ?
La psychothérapie relationnelle, comme la psychanalyse, les deux ailes du mouvement fondé sur la dynamique de subjectivation, ont à proposer leur alternative à un monde du travail sans pitié pour reprendre le
L’ ASSOCIATION DE LA PSYCHOLOGIE DE LA MOTIVATION APM
vous invite à sa prochaine rencontre
par le Dr Pierre Canouï
Le burn out : une problématique individuelle et collective, psychologique et sociale. Le terme burn out était méconnu ignoré, voire méprisé par les professionnels de la santé, il y a à peine quelques années. Il était décrit alors par ses nombreux détracteurs comme le fameux couteau sans manche dont on aurait perdu la lame. Maintenant il fait la une des journaux et est devenu un véritable problème de santé publique au point de ressembler parfois à une épidémie. L’usage en est devenu tellement habituel que le sens risque d’en être galvaudé et perdu.
Or l’étude de concept nous renvoie à une réflexion profonde de l’homme vis-à-vis de son travail d’abord puisqu’il a été décrit pour caractériser un état d’épuisement professionnel, mais aussi à une nécessaire pensée sur le sens de notre vie et de la vie dans sa globalité.
Crise individuelle et collective, problématique existentielle, le burn out peut devenir une chance pour la personne et peut-être aussi pour des groupes sociaux qui en sont atteints.
Au cours de cette soirée, nous nous proposons d’abord de définir introspectivement le concept et de tenter de partager une représentation commune du phénomène.
Ensuite nous réfléchirons sur des issues possibles tant sur le plan psychologique que social. En quoi une psychologie humaniste fondée sur l’introspection et la question du sens peut apporter des pistes de réflexions fécondes aux questions soulevées par le burn out : équilibre vie professionnelle, vie privée, motifs pour lesquels on s’investit tant dans sa profession. Est-il possible de faire autrement dans le monde actuel ? Existe-t-il des professions plus exposées ?
Conférence et témoignages
– Dr Pierre CANOUÏ, Pédopsychiatre, Psychothérapeute de la motivation
Président de l’APM(1) et de la FF2P
– Odile LECLERC, Psychologue clinicienne, Psychothérapeute
de la motivation
– Isabelle CANOUÏ, Professeur agrégée de Lettre classique, Psychopraticienne
de la motivation
Renseignements et inscription: rencontres@psychomotivation.net (Places limitées)
– Participation aux frais (boisson comprise) : 10 euros
Paul Diel, psychologue français d’origine autrichienne (1893-1972) a publié Psychologie de la motivation aux PUF en 1947. Serge Ginger qui lui consacre une rubrique dans son Guide pratique du psychothérapeute humaniste le présente comme un « précurseur des psychothérapies humanistes, » le concept de précurseur étant méthodologiquement prohibé du point de vue de l’historien, celui de « psychothérapies humanistes » tout autant, puisqu’à son époque on ne connaît que la psychologie humaniste (américaine). Apparaît ici un problème classique de classification. Qui classe qui rétroactivement ? La note de présentation de Ginger poursuit ainsi : il lutte pour réhabiliter l’introspection au cœur des sciences humaines et pour donner à la connaissance du monde intérieur, à la « psychique », la place qui lui revient. Avec ses élèves (médecins, psychologues, éducateurs) il crée en 1964 l’Association de la psychologie de la motivation – APM, présidée actuellement par Armen Tarpinian.
La même APM crée une revue en 1986 et en 1992 l’IFPM – Institut de formation à la psychologie de la motivation (présidence Dr. Cyrille Cahen).
Nous sommes ici au cœur du dispositif FF2P. Note de la Rédaction.