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31 octobre 2010

Autisme : Les enfants de l’indicible peur

PARUTIONS

À la presque veille du 23 ème Colloque SIHPP de Lyon, du Samedi 27 Novembre 2010 sur le sujet, voici que paraît :

Henri Rey-Flaud, Les enfants de l’indicible peur.
Nouveau regard sur l’autisme
, Aubier, Paris, Collection La Psychanalyse prise au mot.


Une approche qui contribue à une intelligence du cœur de l’énigme de cette folie si difficile à penser, qui nous bouleverse et interroge, moins à éradiquer ou dresser dans des programmes durs style c’est pour ton bien davantage propres à conformiser en surface qu’a s’efforcer d’entendre.

L’affaire reste difficile et multifactorielle, rien ne doit être négligé, surtout pas l’approche en profondeur de la personne et de la relation, de la personne-relation-langage, une relation sous terreur, plombée d’angoisse si l’on peut dire originale de forme.

Philippe Grauer


Ce livre met en lumière un visage inconnu de l’enfant autiste. Si cet enfant n’est jamais entré dans le « monde des gens », c’est qu’il a été frappé d’une indicible peur devant son étrangeté et médusé par sa beauté. Cette révélation rend la figure du petit garçon ou de la petite fille hors du temps et hors d’atteinte tout à coup moins énigmatique.

C’est non seulement cette rencontre manquée avec l’Autre que Henri Rey-Flaud nous fait découvrir, mais encore les stratégies savantes mises en œuvre par l’enfant pour ne pas être submergé par le réel, ni emporté par la dynamique du langage : ainsi Sarah accrochée à son coquillage-fétiche ou Antonio maniant son miroir, lieu de sa disparition et de sa renaissance. Que ces défenses soient insuffisantes à contenir sa peur, c’est ce dont témoigne la façon qu’il a de murer son regard, sa voix et son corps. Une rétention, quelquefois totale, difficile à soutenir pour les parents. Mais la forteresse dans laquelle il se replie n’est pas vide : un guetteur veille en permanence, attentif à l’Autre redouté et, on ne le sait pas, souvent attendu. Son visage « partagé par le milieu », selon la formule d’un patient, un oeil tourné vers l’intérieur et l’autre vers le monde, exprime cette contradiction. Le lien subtil ainsi maintenu avec la communauté des hommes montre que de telles conduites de retrait ne sont pas l’effet d’une incapacité mais d’un refus résolu qui invalide la mise en cause brutale des parents, avancée par les premiers spécialistes.

L’enfant autiste présente une figure inédite du « non-agir » promu par les sagesses orientales, qui détermine son rapport paradoxal à la « normalité » et montre que la guérison, dans son cas, signifie rompre le charme, lever l’enchantement qui le tient prisonnier.

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