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Glossairede la psychothérapie

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relation

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psychothérapie relationnelle

par dans et pour la Relation

Le tout est relation de nos jours peut valoir aussi peu que le tout est relatif pour expliquer la relativité. Relationnel accolé à psychothérapie signifie strictement que le ressort psychothérapique c’est la relation, l’intersubjectivité en action, la dynamique relationnelle, transfert et contre-transfert compris, entre les deux protagonistes de la rencontre psychothérapique, où l’un vient auprès du spécialiste se faire entendre. Et écouter au passage ce qu’il se trouve être en train d’exprimer, réverbéré par le dispositif de la relation suractivée par le cadre proposé, dont elle constitue le pivot. Impliquant d’égale intensité les deux sujets en co-présence.

Les psychothérapeutes et psychopraticiens relationnels® qui œuvrent par dans et pour la relation(1), à partir d’elle et par son ressort, dans le cadre d’une psychothérapie du lien et de la dynamique de la subjectivité, intégrant sous des formes diverses la dimension du transfert, ont choisi de se dire relationnels (Ces lignes en italiques proviennent de l’article psychothérapie relationnelle. NdlR).

relationnel

Relationnel représente alors une valeur forte, témoigne du difficile dialogue entre soi et soi et l’autre, où se clarifie ce qui se passe quand je prends l’autre (ou moi-même) pour quelqu’un d’autre. En cas d’embrouille existentielle ou psychanalytique, cela se démêle avec beaucoup de patience, de savoir faire et d’art. D’art aussi de savoir faire être, savoir faire advenir, dans le cadre d’une dynamique relationnelle complexe impliquant chacun des deux protagonistes. Donc le praticien advient lui aussi, pour sa part, au cours du processus. C’est sa part des anges.

Relation à majuscule

Soit Relation renvoie au couple Je-Tu de Buber, une des bases de notre profession — ça ne s’étudie pas ça se transmet et s’expériencie, soit, et cela n’est pas mutuellement exclusif, Relation renvoie à l’érosion progressive de la relation transférentielle au sens psychanalytique. Dans les deux cas, ce concept sert de pierre de touche pour distinguer notre psychothérapie relationnelle, celle des psychopraticiens du même nom, des simples psychologues, même cliniciens car les cliniciens n’ont pas appris dans nos écoles l’important complément à leur discipline autre, de type objectiviste, de l’ordre de la rationalité procédurale — en prise directe avec la possible médicalisation de l’existence, apprise à l’université.

Bref la psychopratique relationnelle qui, pour parler dans le cadre de la terminologie nouvelle que la loi impose, correspond à la psychothérapie relationnelle, représente (depuis les années 70-80) un métier et une discipline spécifiques, complexes, mettant la relation au cœur de la pratique et théorisation, une relation motrice à double implication, graphié par nous après Buber Relation, la distinguant de la relation « mondaine » Je-Cela, mais surtout de la relation au sens trivial du terme qui confondrait toute psychothérapie avec celle axée théoriquement et méthodologiquement sur le ressort relationnel.

au commencement était la relation

Am Anfang war die Beziehung

En reprenant le Au commencement était l’action (Am Anfang war die Tat) par quoi Goethe retournait le Logos traduisant le Bereshit ((hébreu : בראשית Au commencement) de la Bible, en le retournant une fois encore en disant « au commencement était la relation » (2) nous passons à la phénoménologie comme philosophie du XX ème siècle et de l’intentionalité croisée (« découverte d’une présence réciproque »), toute conscience l’étant de quelque chose, plus précisément note Buber de quelque chose ou de quelqu’un. Ce renversement fonde la psychothérapie relationnelle.

Mais pas seulement. Au principe de la psychanalyse on trouve sous les pavés du transfert la plage du travail inconscient qui meut les deux protagonistes et dont le praticien, dûment entraîné au cours de son propre parcours puis à son issue, œuvre au déchiffrage et se trouve à même de capter (souvent inopinément) des indices susceptibles de permettre de dégager des lignes de sens propres à dynamiser le processus en cours. Toute dynamique de la subjectivation part d’une interaction entre deux sujets. C’est cela que nous nommons relation au sens fort, spécifique, du terme.

Le système buberien se construit à partir d’une mystique phénoménologique de la relation. Buber pense véritablement la formule gœthéenne propulsée en philosophie anthropologique au commencement était la relation. La structure relationnelle Je-Tu, première, précède, la sphère de l’un et l’autre précède la sphère de l’un et de l’autre, ils n’existent que dans et par le contexte de leur dyade, matrice de leur rapport (3). Point de monade, l’individualisme n’est pas pertinent dans ce modèle. Le dispositif relationnel préexiste, ni Je ni Cela ni Tu n’existent pris séparément. Nomades certainement, monades, non. On pourrait dire que la Relation a lieu à trois, la Dyade, l’Un et l’Autre(4). Ensuite, ça n’est pas la nature de l’objet qui définit le caractère de la relation, mais le rapport que le sujet établit avec lui, le caractère de son intentionnalité. Je-Tu ou Je-Cela dépend de la nature de mon engagement existentiel.

trois types d’expérience

relative au monde et à l’autre selon Buber.

– l’ Erfahrung : avoir de l’expérience, être bien informé des choses – le monologue Je-Cela, rapport instrumental, transforme le monde et l’être humain en objet. Discours de l’expert, connaissance empirique.

– l’ Erlebnis : avoir fait l’expérience de, être expérimenté, avoir déjà une expérience vécue, personnellement éprouvée : »j’en ai vu d’autres ! » – encore insuffisant, toujours du monologue Je-Cela : l’expérience est éloignement du Tu. Discours de l’homme d’expérience. Utiliser vs. accueillir, observer vs. contempler.

– la Beziehung : attention, chaque Cela, s’il entre dans la relation(5), peut devenir un Tu. On sera alors passé de l’Erlebnis à la Beziehung, réciprocité immédiate en ouverture sans réserve. Pour différencier nous graphierons comme Buber Relation. Conçue comme réciprocité. Le terme avoisine la Rencontre (6), au sens de « lorsque j’ai rencontré ma femme », et désigne une relation impliquant l’être dans sa totalité, le moment où chacun est réellement présent à l’autre, aller et retour dans la matrice relationnelle dialogale Je-Tu. Beziehen caractérise la relation authentique, qui intervient entre deux êtres humains dont le dialogue les engage entièrement. Cela avoisine la parole pleine de la pensée psychanalytique. Discours de la psychothérapie relationnelle.

Dans une telle anthropologie l’être humain ne se réalise que dans l’authenticité de la relation Je-Tu, dans laquelle chacun confirme l’autre dans son altérité, au cours d’un engagement responsable. Tous deux, souverains, se rencontrent démocratiquement d’être à être(7), à égalité de condition humaine, en qualité de sujets.

simple relation, sens neutre vs. relation-rencontre, sens fort

On est alors à mille lieues du lorsque on est deux dans la salle il est constant que nous sommes en relation puisque nous voici ensemble à nous adresser la parole. Distinguons bavardage et parole : que dites-vous après avoir dit bonjour ? Ou le face à face mutuellement impliqué, en laborieuse progression vers un peu de vérité insaisissable, ou la prescription d’un expert tout sachant à un venu le consulter tout penaud. Je-Cela vs. Je-Tu. Deux mondes. On peut comprendre que ceux qui ne l’entendent pas de la bonne oreille n’y voient que du feu.

Philippe Grauer

entrée créée en 2010. Mises à jour : 9 octobre 2011 – 10 août 2012 – 29 octobre 2012 –

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