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Glossairede la psychothérapie

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autoréglementé

déclinaison : autoréglementation


Depuis 1966 les praticiens en psychothérapie (relationnelle avant la lettre) ont entamé de s’organiser en corps professionnel autonome et responsable, avec la création du Psy’G. Les bases d’une autoréglementation sont jetées.

En 1981 se crée le SNPPsy, avec des objectifs voisins et une sorte d’élan de type ordinal : l’autoréglementation de la nouvelle profession se complexifie et parachève : cinq critères, code de déontologie.

1990 : la Déclaration de Strasbourg européanise par une proclamation d’indépendance professionnelle le processus largement entamé en France par les deux syndicats.

1995 : le Psy’G et le SNPPsy fondent la FFdP

1999 : d’où ils sortent ensemble pour fonder l’AFFOP

1999 : l’Académie de médecine réalise que Les psychothérapeutes existent et gagnent en autorité morale et professionnelle dans la réalité sociale française. Elle décide de s’approprier le titre de psychothérapeute, de se débarrasser à moyen terme de la psychanalyse (1) par la même occasion, et de réussir enfin à coloniser et paramédicaliser la psychologie (2). Ces médecins scientistes se situent naturellement dans le cadre du Mouvement mondialiste centré sur le DSM américain en voie de transformation dégageant la psychiatrie de l’influence de la psychologie dynamique et de la psychanalyse. Dans ce contexte la conjonction à l’initiative du président de la SPP(3), Jean Cournut, d’un médecin ORL député UMP d’Annecy, et de Christian Vasseur, psychiatre conservateur, alors Président de la Société française de psychiatrie, produit les amendements Accoyer, lancés en rafale à l’Assemblée Nationale. Une campagne de onze ans, la bataille des charlatans, aboutit à la promulgation de la loi réservant depuis le 1er juillet 2010 le titre de psychothérapeute aux médecins, psychologues et psychanalystes (lesquels sont à peu près tous psychiatres, médecins ou psychologues, si bien que la catégorie de psychanalyste sans spécification fait fausse fenêtre institutionnelle, et redouble la dimension corporatiste des nouveaux psychothérapeutes).

1997-2000 : le SNPPsy forge le concept de psychothérapie relationnelle.

2004 : La FFdP deviend FF2P.

Depuis 45 ans – près d’un demi siècle – d’un travail militant continu les praticiens en psychothérapie (relationnelle) responsable promeuvent et honorent leur profession, la pourvoient d’une déontologie et de critères d’encadrement propres. Ils se démarquent vigoureusement de l’espace des sectes comme du psychologisme scientiste. Institutionnellement différenciés, ils représentent et font valoir leurs exigences de rigueur professionnelle et leur spécificité clinique (s’être soi-même au préalable qualifié par l’implication d’une psychothérapie ou psychanalyse suffisante) auprès des citoyens et des pouvoirs publics.

2004 : le SNPPsy crée le nom de métier de psychopraticien, auquel il joint le déterminant déjà existant de relationnel.

2010 : en fondant le GLPR les quatre organisations majeures responsables historiques de la psychothérapie relationnelle se regroupent et continuent de promouvoir et défendre ensemble leur profession sous le nouveau nom de métier de psychopraticien, soutenu par trois titres d’exercice dont celui de psychopraticien relationnel® pour le SNPPsy(4).

2017 : le GLPR se désagrège (avec le retrait du PSY’G, vivement opposé à a FF2P), maintenu sans appellation (le terme relationnel fait problème à la FF2P) par l’AFFOP, la FF2P, le SNPPsy.


Lors de la campagne Accoyer on se plut dans les milieux psys corporatistes à confondre volontairement les praticiens autoréglementés, dûment encadrés par des institutions professionnelles responsables, avec les professionnels ne relevant d’aucun encadrement sérieux, exerçant par conséquent sous le régime de l’autoproclamation.

Au nom de cet amalgame psychiatres et psychologues unis contre une profession émergente (5) veillent à tenter de réduire l’influence légitime des praticiens autoréglementés. Ils consacrent beaucoup d’énergie à tenter de dissuader les personnes désireuses d’engager la démarche de prendre soin d’eux-mêmes, de recourir au secteur psy encadré mais situé hors du champ de la médicalisation de l’existence.

De fait, il existe

a) une profession réglementée, pratiquée par les psychologues cliniciens (et les psychiatres), jouissant du titre d’exercice (enregistrement) de psychothérapeute

b) une profession autoréglementée, titre alternatif d’exercice professionnel : psychopraticien relationnel®.

c) les « autres » relèvent de l’autoproclamation. Dans ces métiers-là il y a toujours des « autres ».

— Question des garanties et des risques : considérer la légitimité d’une autoréglementation, est à même de procurer la sécurité indispensable à cette pratique de l’intime particulièrement exigeante que représente la psychothérapie relationnelle. Considérer cette légitimité à celle définie très différemment par la seule détention d’un diplôme universitaire certes ne requérant pas du praticien l’exigence méthodologique et éthique en cours chez les psychopraticiens relationnels dûment encadrés. Ces professions sciences humaines cliniques sont bien compliquées.

Philippe Grauer


Mise à jour : 24 février 2011 – 28 avril 2012 –

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