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Glossairede la psychothérapie

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DSM-IV

DSM-IV – 1980, le tournant des Sysiphes(1)

abandon du psychodynamisme

ALLEN FRANCÈS en est l’un des responsables majeurs, bien entendu sous la direction de Robert Spitzer. Retenir le moment du –IV car il marque le tournant d’une révolution psychiatrique américaine, ayant entraîné par voie de globalisation le monde entier à sa suite. Le DSM-IV, de conception radicalement nouvelle opère le basculement depuis une conception psychodynamique héritée de l’influence psychanalytique vers une conception dite athéorique de la classification statistisée – c’est pas ce biais que cela sera qualifié d’entrée dans la science – des maladies mentales.

athéorisme « scientifique »?

On peut débattre de la justification du terme athéorique. Il s’agissait de permettre à n’importe quel psychiatre de n’importe quelle obédience, ou sans obédience, mais on appartient toujours finalement à une école, un courant de pensée, celui qui fera référence désormais c’est le comportementalisme, assisté par neurosciences (en clinique, presque rien), une sorte de comportementalisme neuronal. Pourquoi pas ? mais alors on n’est plus dans l’athéorisme. Il est vrai que certains tenants de la psychothérapie relationnelle ont cru un moment pouvoir applaudir. Enfin dégagé de l’hégémonisme psychanalytique, l’ouvrage de référence de la psychiatrie américaine mondialisée allait permettre de raccrocher leur wagon à cette nouvelle locomotive d’aspect neutre. Las ! elle avait neutralisée la dimension humaine fondamentale relationnelle et roulait à toute vapeur destination médicalisation de l’existence.

qui a trahi ?

Allen Francès à présent proteste, on nous a trahi, Big Pharma en est la cause. La réalité est plus complexe que ça. Le principe même du pseudo athéorisme à la base du gigantesque chantier de l’AAP confié à Spitzer (« maintenant qu’ils m’ont donné le ballon je le garde ») marque un temps fort de décrochage clinique et théorique des conceptions heureusement influencées par la psychanalyse – puis par notre psychothérapie relationnelle, dans le sillage de la psychologie humaniste (américaine !) – connues sous l’appellation de champ théorique (eh oui) psychodynamique.

de STOP DSM à POST DSM ?

La dérive, impressionnante, a fini par en inquiéter plus d’un. Chez nous Patrick Landman avec son STOP-DSM milite contre le monstre. Le SNPPsy le soutient. L’affaire est complexe. Il ne suffit pas non plus seulement de changer de principe classificateur. Il faut en revenir au principe relationnel. Pour l’instant nous en demeurons les gardiens, dans le domaine de la consultation libérale indépendante. Dont maintenir et garantir précieusement l’indépendance (gare aux sirènes des pouvoirs publics).

Mis en ligne le 2 janvier 2016 – modifié le

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