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Glossairede la psychothérapie

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interdisciplinarité

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La diversité renvoie à des façons de dire — donc de penser. Appliquée au domaine psy, il s’agit d’une véritable jungle, infestée de serpents et autres hôtes de la biodiversité avec lesquels il faut savoir faire, qui ravissent certains écolos urbains qui n’ont jamais rencontré ne serait-ce qu’un orvet de leur vie. En laissant de côté les animaux, la simple classification des végétaux de la jungle en question n’est pas trop aisée, et les professionnels sont souvent les premiers à y perdre leur latin devant l’entremêlement de leurs ramures.

Ainsi interdisciplinaire, multiréférentiel, intégration, éclectisme, pluralisme, et nous en passons, représentent des notions et concepts loin de se voir pourvus de définitions claires correspondant à la possibilité de comprendre à quoi on a affaire et dans quelle position épistémologique on se trouve quand on les emploie de façon naïve.

Il faut pourtant entamer de démêler l’écheveau.

L’interdisciplinarité désigne la conjonction de disciplines distinctes. Ainsi, un comité de scientifiques de haut niveau inclura un poète parmi ses membres, pour que l’effet d’ouverture par hétérogénéité des modes de pensée, des sensibilités et des cultures prévienne le danger d’enfermement entre soi des physiciens.

Appliqué au domaine psychothérapique (dont on sait par ailleurs la propre hétérogénéité interne, d’un autre rang. En matière de sciences humaines, peu d’objets purs. Pas une raison pour tout mélanger) le principe interdisciplinaire prévaut quand on se situe au carrefour de plusieurs disciplines. Exemple, philosophie et psychothérapie. Le statut de discipline clairement individualisée de la psychopathologie[1] restant problématique par ailleurs, on pourra parler d’interdisciplinarité à propos de la conjonction de la psychothérapie ou de la psychanalyse (voir l’excellent Henry Ey) avec la psychopathologie. On peut augmenter le nombre d’acteurs jusqu’à l’anthropologie, les neurosciences, etc., toutes disciplines fascinantes quand on les croise.

L’interdisciplinarité fut le nom dont le CIFP non encore pourvu de son R s’intitula en 1985, avant d’avoir accédé au concept de multiréférentialité — initialement dégagé par Jacques Ardoino, discrètement influencé par le phénoménologue Guy Berger, tous deux collègues de Philippe Grauer en Sciences de l’éducation à Paris 8.

multiréférentialité/intégrativisme, discipline répartie en méthodes

Ce ne fut que par la suite, après l’apparition du concept de psychothérapie relationnelle (2001), à l’occasion d’un travail d’affinement conceptuel lors de la parution du manuel Se former à la psychothérapie relationnelle & multiréférentielle (Vincennes, 2010, 150 p.), puis d’une communication à un colloque AFFOP, auquel Ardoino était venu participer, que je fus conduit à discerner, identifier, décrire, les concepts jumeaux de multiréférentialité (Paul-Claude Racamier, maintenir les contradictoires) et d’intégrativisme.

À la base c’est à partir de la nécessité de

— recourir au concept de méthode, dégagé de celui de technique d’une part, de discipline de l’autre

— puis de disjoindre intégration / éclectisme

— enfin de respecter la différence entre contraire et contradictoire, provenant de la pensée d’Algirdas Greimas (ayant hérité du carré d’Apulée remanié par Blanchot)

que, pressé par le démon de la taxinomie j’ai fini par accoucher desdits jumeaux.

Inscrits dans le marbre institutionnel lors de la création de la FFrAPIM[2] (juin 1998) aux côté de Max Pagès, Jean-Michel Fourcade et Michael Randolph, les britanniques de l’AEIP ayant par anglo-saxonisme accepté de bonne grâce l’ajout du M final à ma demande.

L’ensemble du champ sémantique s’étant par mes soins constellé jusqu’au moment d’avancer l’idée de définir la psychothérapie relationnelle en 2018[3] comme un champ disciplinaire. Face à la psychanalyse qui avec René Major (États généraux de la psychanalyse. Paris, Sorbonne, 8-11 juillet 20008) s’était déclarée (au niveau international) discipline radicalement disjointe de la psychothérapie. On mesure le degré de flou conceptuel et terminologique de ce fouillis quand on sait que Freud intégrait la psychanalyse comme méthode dans le cadre de la psychothérapie, logiquement son champ disciplinaire englobant. Quand on songe à la ruée vers le nouveau titre d’exercice de psychothérapeute, de nos psychologues-psychanalystes dès la promulgation des décrets d’application de la loi Accoyer, on mesure leur indifférence aux dénominations et aux principes dont le caractère sacré s’évanouit dès que joue la concurrence corporatiste.

D’autant que s’il faut définir discipline les difficultés recommencent, concernant la psychanalyse, étudiée dans le cadre disciplinaire divers de l’histoire, de la littérature, de l’anthropologie, voire de la philosophie — son expulsion en cours d’hôte de marque hébergé dans le cadre des départements de psychologie ne simplifiant pas le problème. Car à part l’institut clinique de Berlin d’Eitingon durant les années 20 du siècle précédent, auquel la psychanalyse doit beaucoup de sa définition comme métier, cette dernière n’exista un demi siècle durant qu’à titre de parasite en psychologie et en psychiatrie, laquelle s’en débarrassa avec l’aventure scientistique du DSM à partir de 1994 (Robert Spitzer, Robert Francès). Il faut pour être complet mentionner l’instauration à Paris 8 (2010) d’un master débouchant sur un doctorat de psychanalyse, et de l’école doctorale de Paris Diderot[4] sous la direction de Christian Hoffmann (actuellement menacée de suppression).

paradigmatique complexe

Pour sa part et par ailleurs la multiréférentialité relève de l’affichage paradigmatique

  1. a) de discipline/discipline : psychanalyse /psychothérapie relationnelle, philosophie / psychothérapie, etc. s’agissant de penser leur disjonction
  2. b) d’obédience (psychanalyse) / méthode (en fait entité sub-disciplinaire, ici à titre d’élément constitutif d’une autre discipline, la psychothérapie relationnelle)
  3. c) de méthode /