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Glossairede la psychothérapie

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psychopathologie

La culture de base dans la discipline de la psychothérapie relationnelle, y compris dans le domaine de la psychopathologie, est fournie au sein de l’École. Ceux qui en possèdent déjà des éléments et même davantage auront l’occasion de les repenser et souvent réviser à partir du cadre qui est le nôtre. La psychopathologie et une réflexion approfondie sur ce qu’elle signifie et en quoi elle peut consister est dispensée tout au long de la scolarité, selon des modalités multiples.

La psychopathologie, fait de civilisation

par Roland Gori
Le concept de santé mentale est quelque chose que je déteste, qui est venu se substituer à la psychiatrie ou à la psychopathologie, et témoigne de l’état culturel dans lequel nous sommes pour traiter l’angoisse, la folie, le conflit. C’est-à-dire, pour reprendre ce que M. Foucault disait en 1954 dans Maladie mentale et psychologie, avant même l’Histoire de la folie à l’âge classique qui date de 1961 : la psychopathologie est un « fait de civilisation ». C’est un point très important : cela vient attester de cette « niche », pour citer I. Hacking, que sont les diagnostics psychiatriques — Hacking en parle à propos de certains troubles psychiques transitoires, comme les personnalités multiples, ou les fugues dites pathologiques.

texte de référence

On consultera Serban Ionescu, 14 approches de la psychopathologie, première édition 1991, réédité en 2012 chez Armand Colin, 256 p.-
[Insert de la Rédaction]

Cette niche écologique montre qu’il y a ce que j’appelle une réalité transactionnelle incessante dans la manière dont les experts permettent aux patients à un moment donné d’exprimer leurs souffrances psychiques en fonction de la culture dans laquelle ils sont tous deux immergés. Il y a des formes culturelles de la pathologie, qui se déduisent d’une négociation incessante entre les enveloppes formelles de la culture, l’histoire de la souffrance psychique d’un sujet et la manière dont on apprend à des experts à poser des diagnostics. Ce que j’appelle le nouveau sujet de la santé mentale, n’est plus de même nature ontologique et épistémologique que le sujet de la folie ou de la psychiatrie.

Roland Gori

Extrait de Divergence psychopathologie — santé mentale, ici même à Textes & documents.


Avant de rédiger ici même le nécessaire article sur cette gigantesque question nous vous livrons la méditation de Jacques Tosquellas telle qu’on peut la trouver dans l’offre de formation et transmission concernant le domaine de la psychopathologie rédigée à l’intention de la première promotion marseillaise de l’École. À titre d’amorce. PHG

2011 – Marseille

Y voir clair dans son histoire et humaine condition

La psychothérapie relationnelle fortifiée par la pratique rigoureuse d’une clinique fondée sur une psychopathologie dynamique à fondement expérienciel, poursuit sur le terrain avec les patients dans la rigueur du dialogue laborieux des cabinets et dans le débat idéologico scientifique son travail de fourmi humaniste et citoyenne. Individu entrepreneur de lui-même ou personne cherchant à y voir clair dans son histoire et humaine condition ? La réflexion psychopathologique que propose le CIFP par la voix du dr. Jacques Tosquellas se tient à Marseille, bien vivante et tonifiante au service de la cause humaniste. Une occasion à ne pas manquer.

Philippe Grauer


Psychopathologie, théorie et pratique

Le dr. Jacques Tosquellas entame sa série de samedis consacrés à la psychopathologie, théorie et pratique, au 33 avenue Robert Schuman 13002 Marseille (entrée par la façade en verre).

Dates

Le samedi les 30 avril, 28 mai, 2 juillet, 1er octobre, 3 décembre 2011

On prend contact avec le Cifp pour s’informer ou s’inscrire à tout moment (modèle du groupe continu au programme évolutif).

Cet enseignement, qui s’appuiera aussi sur l’expérience des participants, s’adresse aux psychothérapeutes et psychopraticiens relationnels de toute obédience, aux psychologues, psychanalystes, médecins et tous praticiens engagés dans une pratique de soin relationnelle, aux membres de sociétés confraternelles.

Les étudiants de la première Promotion du Cifpmed y sont admis de plein droit.


ARGUMENT

Réduction de l’être humain singulier à sa transparence « évaluée »

On assiste aujourd’hui à un mouvement de réduction de l’abord singulier de l’être humain dans tous les domaines. Celui-ci est, d’une part, autonomisé à outrance, conçu comme l’entrepreneur privé de sa propre existence, surtout social et professionnelle, avec perte des références collectives et des solidarités sociales. D’autre part, son humanité est réduite au monde de la sérialié au sens de Jean-Paul Sartre. Sa singularité disparaît pour ne laisser place qu’à la transparence, et au-delà, à l’évaluation. Nombre de dispositifs sont mis en place pour cela. La souffrance, particulièrement au travail, mais pas uniquement s’accroît considérablement, avec ses conséquences parfois létales.

L’avenir des psychothérapeutes d’État assuré

Pour ce qui est du monde des psychothérapeutes, certes l’avenir est assuré. Le marché va grandissant. On sait que des tickets de séances gratuites de psychothérapie commencent à être distribués par les entreprises.

Médecins et psychologues : chasse néolibérale gardée

Mais les pratiques de ce monde de la psychothérapie devront être évaluées et contrôlées, quantitativement et qualitativement. Il faudra qu’elles soient faites par des personnes « compétentes » dont l’université garantit le savoir et les bonnes pratiques. Ce qui indique qu’il faut éliminer de la profession tout ce qui n’est pas estampillé Université néolibérale, cela réserve le terrain aux médecins, parfois psychiatres et aux psychologues.

psychopraticiens relationnels : l’incontournable analyse individuelle et collective

D’un autre côté, il est sûr que le contact et le travail avec les sujets souffrants qui viennent rencontrer ce qui jusqu’ici se dénommait un psychothérapeute – on dit à présent psychopraticien relationnel –, ne peut être laissé à des personnes dont la formation serait insuffisante. Accueillir la souffrance de l’autre, de cet autre si semblable à nous, n’est pas chose facile. C’est toujours une rencontre entre deux (ou plus) subjectivités et singularités. Cet autre semblable, ce frère en humanité, nous touche nécessairement en notre propre personne humaine. Il nous touche tellement que nous risquons de nous perdre nous-mêmes et d’accentuer son errance. Il nous faut pouvoir nous repérer quelque peu, avec suffisamment de professionnalisme. À la fois a priori, avec le « bagage » de notre formation, en considérant que faire nos bagages est un acte jamais achevé, mais aussi suivant le déroulement de la rencontre, de chaque rencontre, avec les sujets qui se présentent devant nous. Le travail d’analyse, pendant chaque séance et après, est indispensable. Tout le monde le sait. Ce travail d’analyse est à la fois individuel et à la fois collectif.

Après-coup des séances

Collectif en effet, car nous convoquons des autres dans nous, ou souvent des autres qui se convoquent et s’imposent, en tout cas des autres qui, à un moment d’une séance, donc en présence du patient, nous sont indispensables pour penser, des autres évoqués ou parfois même qui apparaissent avec des formes incarnées, comme des ombres ou des fantômes. Ces autres, nous les rencontrons aussi, concrètement, lorsque leurs propres efforts d’analyse viennent se mêler aux nôtres, comme c’est le cas au cours des moments de contrôle ou de supervision, dans l’après-coup des séances, donc en l’absence du patient.

Qu’est-ce que je fais là ?

L’apport de la psychopathologie occupe un des points centraux parmi les systèmes de repérages qui nous sont indispensables. Elle permet d’approcher la question permanente que nous devons nous poser : qu’est-ce que je fais là ? Bien sûr le risque reste de transformer ce guide en dogme et de la mettre à une place qui nous empêcherait de penser pour son propre compte. Mais ce risque fait partie intégrante de la question de la psychopathologie comme de notre travail de psychothérapeute relationnel.

Voyage dans le monde de la psychopathologie

Alors, je vous propose un voyage dans le monde de la psychopathologie. Ce voyage laissera inévitablement de côté nombre de contrées. Il s’appesantira sur d’autres, indiquant parfois certaines dépendances plus ou moins défensives ou certains principes de base à propos desquels il n’est pas question de transiger.

Psychose d’abord

Le monde que je vous propose de visiter est d’abord celui de la psychose, ou plutôt des psychoses. Non pas, bien entendu, que les autres mondes ne soient pas intéressants, mais parce que celui-ci représente la partie sans doute la plus archaïque du processus de subjectivation et de ses avatars. Parce que le psychotique est un exilé. Je sais bien que, en tant que psychothérapeutes, en exercice ou non, vous ne rencontrez pas beaucoup de personnes dites psychotiques. Pourtant vous contactez nécessairement des personnes qui, au cours de vos rencontres, vont vous présenter de façon plus ou moins éphémère, des parties psychotiques d’elles, ou de façon plus permanente des noyaux psychotiques comme on dit.

La régression & nos failles personnelles

Parfois, la psychothérapie conduit cet autre souffrant dans des mouvements de régression intense où pointe l’effondrement, le clivage, la projection, l’identification projective pathologique, la dépersonnalisation, voire la dissociation, etc., toute une série de phénomènes qu’il convient de repérer et d’accompagner. Au moins par notre présence. Le fait d’être-là et de tenir suppose que nous ne soyons pas envahis par la peur ou par la contagion mise en route par nos identifications. Alors nos propres difficultés en rapport avec nos failles personnelles, notre fragilité pourra participer du ressort de la dynamique relationnelle psychothérapique par nous mise en œuvre.


PERSONNES CONCERNÉES

Praticiens en psychothérapie d’orientation relationnelle — encore appelés humanistes, psychanalystes, médecins et tous praticiens engagés dans une pratique de soin relationnelle, ainsi qu’aux étudiants du Cifp.


PROGRAMME

PROGRAMME


Il s’agit d’un programme non académique de haute teneur, se développant au continu sur des années, au cours d’une progression conduite selon la logique du dialogue groupal, des cas apportés et d’un proche en proche balayant l’ensemble du domaine, au rythme d’une pédagogie qu’on pourrait dire de type Balint. Au sens profond du terme il sera fait place à l’improvisation, conjointe à la vue d’ensemble critique que peut procurer le fait pour le dr. Jacques Tosquellas d’avoir traversé la triple expérience de la psychothérapie institutionnelle vécue de l’intérieur, exercé les responsabilités de psychiatre hospitalier, et continument aiguisé sa recherche dans le domaine du psychocorporel.

PHG


Pour ce voyage, je vous propose plusieurs types d’instruments pour se déplacer. Ces moyens vont s’entremêler sans cesse. Ils renverront tous à la possibilité de prise de parole des participants, parfois à la lisière de contenus personnels, voire intimes, privés comme on le dit.

1 — documents vidéos

Le premier medium consistera en documents vidéos divers. Certains pourront déclencher des phénomènes de rejet ou de révolté, d’autres de fascination. Ils n’auront au fond d’intérêt que si l’échange de paroles qui suivra atteint certaines intensités.

2 — Apports théoriques multiréférentiels

Le deuxième medium consistera en apports théoriques et en commentaires sur plusieurs approches psychopathologiques.

Deux problématiques du soin

Il sera complété par une proposition de deux schéma généraux qui situent la problématique du soin, entre un modèle médical objectivant et un modèle psychothérapique qui propose la promotion de la subjectivité.

DSM

Parmi ces approches psychopathologiques, je cite d’abord les apports d’une psychopathologie descriptive telle que propose la clinique psychiatrique classique et les classifications internationales, DSM et CIM 10. Avoir quelques idées de ces apports est indispensable, tout en gardant un esprit critique à leur sujet. Nous sommes ici dans le monde de la maladie comme entité morbide autonome ; hors de la subjectivité de l’individu malade. Les formes de maladies sont décrites sur le modèle médical.

Subjectivation

Dans notre voyage, nous passerons plus de temps sur les méthodes explicatives et interprétatives. Plus de temps parce que nous sommes ici dans le monde du sujet, de la subjectivation et de ses aléas. Au fond, il s’agira de l’étude des « phénomènes qui ont conduit le sujet à produire des transformations de la réalité, de son identité (c’est-à-dire une psychose) pour se protéger contre des angoisses impensables ou une dimension psychique de lui-même ».

Psychanalyse

Dans ces contrées, nous rencontrerons nécessairement la psychanalyse qui constitue le point central et incontournable de référence. Celle-ci « explique » la psychose à partir de l’histoire du sujet et de ses aléas dans l’organisation libidinale objectale ou pré-objectale. Elle fonde son travail et ses réflexions sur la question de la subjectivation d’un sujet singulier à partir des aléas de ses parole, adressées à un ou plusieurs autres.

Structure psychotique

Nous traverseront ainsi la question des principes et du schéma général proposé, puis celle de la structure psychotique et de ses caractéristiques essentielles. Parmi les stations, nous croiserons la position schizo-paranoïde de Mélanie Klein, la fonction alpha de Bion, les conflits entre le moi et le monde extérieur, la question de la régression et de la restitution, la rejet en tant que mécanisme central de la psychose, le travail du délire et de l’hallucination.

Paranoïa et schizophrénie

Nous ferons halte plus spécifiquement à la station Paranoïa et délire chroniques ou nous croiserons obligatoirement Schreber, une relation d’objet et des angoisses particulières, la question de la projection… Puis viendra la station Schizophrénie avec le point de fixation et la relation d’objet fusionnelle, les mécanismes de défense et la structuration du moi, les défaillances des limites du moi-peau, les angoisses schizophréniques, le rapport au langage, etc.

Conceptions structurales

Continuant notre voyage, nous allons rencontrer sur le chemin des conceptions structurales importantes, avec Jean Bergeret, Jacques Lacan, Jean-Claude Maleval, Serge Leclaire, Bruno Castets, Françoise Dolto.

Anti-psychiatrie, phénoménologie, communication

D’autres modèles seront cités pour mémoire et l’on y fera un arrêt seulement si nécessaire. Ainsi le modèle de l‘anti-psychiatrie anglaise et italienne, de la phénoménologie, de la communication et de Palo Alto, etc.

Psychiatrie communautaire, psychothérapie institutionnelle

Et puis nous nous prendrons du temps sur quelques problèmes particuliers qui ont à voir avec la relation avec une personne psychotique. Ici, la psychiatrie communautaire nous retiendra quelques temps, particulièrement avec son développement à Villeurbanne autour de Marcel Sassolas et de Jacques Hochmann, tout comme la psychothérapie institutionnelle. Il est possible que nous fassions halte également auprès de témoignages concernant l’évolution d’un ou plusieurs dispositifs.

3 —

Vos propres rencontres avec la psychose

Le troisième medium, essentiel, permettra de relancer le précédent. Il s’agit de vos propres expériences de rencontre avec la psychose, de vos interrogations, à partir de vos patients, des lieux que vous avez fréquentés ou à partir d’œuvres écrites ou filmées.

Étude de textes questions cliniques

Il est clair que le déroulement du séminaire ne va pas suivre un ordre tel que je viens de le présenter. Il s’orientera davantage selon les associations des uns et des autres. Il se peut que soit proposé aux participants l’étude d’un texte ou d’une question qui serait rapportée lors d’une séance.


DÉROULEMENT

Le séminaire se déroule à Marseille, au rythme d’une fois tous les deux mois, une journée entière, le samedi. Interécoles, il est organisé par le CIFPmed.


Mis en ligne depuis le 30 octobre 2008, augmenté le 26 février 2011.
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